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Le Mécanicien Légendaire | The Legendary Mechanic
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Chapitre 208 – Le vrai tueur (3)

« Si Xiao Jin s’est vraiment entendu avec le Fantôme noir, la situation est très mauvaise. Cela voudrait dire qu’il dispose d’une force considérable : il pourrait même prendre le pouvoir par la seule violence », dit quelqu’un.

Todd secoua la tête. « Ils n’oseront pas. S’il se passe quelque chose au quartier général et que les dignitaires de toutes les factions y sont massacrés, nos hommes des autres places vengeront les leurs jusqu’à la mort. Xiao Jin n’est pas stupide. Et puis le Fantôme noir est un étranger : selon nos règles, un étranger ne se mêle pas de nos affaires intérieures. »

Lagos ricana. « Sottise. Qu’en savez-vous, si Xiao Jin n’a pas trouvé meilleur port ? N’y a-t-il aucune organisation derrière lui ? Son cœur n’est peut-être même plus à Alumera ! »

Les yeux clos, Xiao Jin demanda : « Que se passe-t-il du côté de la faction du Foyer ? »

« Lagos tient tout en main désormais. Ils enquêtent sur la mort de Darryl, mais n’ont encore rien trouvé. À propos, la demeure de Darryl a été détruite par le Fantôme noir pendant le combat, et les indices avec. »

Xiao Jin suspendit son geste. « Qui a donné l’ordre d’amener le Fantôme noir sur les lieux ? »

« Le chef de l’équipe chargée de le contenir s’appelle Miri. Il a été tué par une balle perdue pendant l’échauffourée, ce jour-là. »

« Une balle perdue… » Xiao Jin secoua la tête. « Et que fait le Fantôme noir ? »

« Il n’a rien tenté. »

« Choix intelligent. » Xiao Jin hocha la tête. « Tant que la vérité sur l’assassinat de Darryl n’aura pas éclaté, aucune faction ne voudra l’approcher : quiconque le ferait deviendrait la cible de toutes les autres. »

Xiao Hai intervint : « Les Inhumains travaillent pour lui. Je ne comprends toujours pas comment il peut leur donner des ordres aussi facilement. »

« Laisse-le tranquille. Il ne peut pas être le vrai tueur. »

Après un silence, Xiao Jin demanda : « Et que font la faction de l’Île rouge et celle du Nord ? »

« Elles enquêtent avec la faction du Foyer. »

Xiao Jin se frotta la tempe et soupira. « Ce ne sont pas les chiens qui aboient qui mordent… »

Se Qi était assis dans son bureau. Il tira tous les rideaux, passa un appel et parla à voix très basse.

« Général, que devons-nous faire à présent ? »

« Quel est votre avis ? »

« Darryl est mort, la place de chef est vacante. Il faudra un vote pour lui trouver un successeur. Je me présenterai, et j’espère votre soutien. »

« Entendu. J’userai de mes relations pour vous rallier les voix des dignitaires. Quand vous tiendrez Alumera, souvenez-vous de qui vous y a mis, et n’oubliez pas notre accord. »

« Comptez sur moi. »

Se Qi raccrocha avec un soupir de soulagement, et un sourire mauvais, hideux, lui vint aux lèvres. Les plis de sa peau de Sharnuk se froncèrent tous ensemble.

Han Xiao était patient. Il restait chaque jour dans sa chambre pendant que les joueurs de Bamboo Rain lui rapportaient des renseignements. Ce n’était pas grand-chose, mais il n’était au moins pas tout à fait aveugle.

En retour, Han Xiao ne se montrait pas chiche en missions pour eux, puis récupérait leurs points d’expérience en ouvrant sa boutique de compétences. D’une manière ou d’une autre, il faisait fortune.

On l’a dit : tant que le niveau d’une compétence de Han Xiao dépassait celui du joueur, réapprendre cette compétence en relevait le niveau. Or le Grand Mécanicien Han avait tout porté au maximum : la condition était plus que remplie. Les joueurs de Bamboo Rain dépensaient sans relâche leur expérience dans sa boutique. Ils étaient prêts à en payer le prix, et Han Xiao était tout prêt à les laisser faire.

« Mon Combat de base est au maximum. » Bamboo Rain Fly triomphait, et toute la guilde vint examiner ses attributs.

Bamboo Rain Xuan se désola : « Le mien n’est qu’au niveau sept. »

Bamboo Rain Fragrance sourit. « C’est que tu dors trop et que tu n’es pas assez souvent en ligne. »

Ces joueurs ne se surveillaient pas en parlant, et Han Xiao entendait tout. Il avait remarqué une chose singulière : quand les joueurs conversaient entre eux, le système censurait d’ordinaire tout ce qui trahissait la nature de jeu du monde ; lui, pourtant, entendait tout. Cela ne pouvait venir que de son interface.

Toc, toc, toc.

Un pas ferme approchait.

La porte s’ouvrit d’un coup. Des dizaines de soldats attendaient dehors. Lagos se tenait au milieu d’eux, les mains dans le dos. « Fantôme noir, nous vous soupçonnons de vous être entendu avec Xiao Jin pour tuer mon père. Debout, et suivez-nous ! »

« D’où vous vient cette assurance ? » Han Xiao haussa les sourcils. Lagos s’est fait tout petit pendant des jours ; s’il se découvre soudain, c’est qu’il a trouvé du renfort.

De fait, Lagos ricana et s’effaça. Deux personnes se détachèrent de la foule : un homme et une femme.

« Je vois. » Han Xiao épousseta son pantalon et se leva. « On dirait que vous y avez mis le prix », dit-il posément.

L’homme et la femme étaient mari et femme : Luann et Vanessa, légendes du monde des mercenaires, qui y tenaient un rang comparable à celui de Han Xiao chez les tueurs. Leur puissance atteignait le sommet du troisième palier sur la planète Aquamarine, et ils survivraient jusqu’à la version 2.0.

Lagos les avait fait contacter en secret. Beaucoup avaient refusé dès qu’ils avaient su qu’il fallait affronter le Fantôme noir : ils n’osaient pas se faire de Han Xiao un ennemi. Ceux qui étaient venus avaient une confiance absolue. Lagos avait enquêté à fond, cette fois : il savait ces deux-là du niveau de Han Xiao, et le plus sûr était de les engager ensemble. Le Fantôme noir ne pouvait pas les vaincre de front.

Lagos ricana. « Quand je vous aurai pris, je vous ferai cracher tout ce que vous savez. »

Han Xiao secoua la tête. « Il fait pourtant bon vivre, non ? »

« Hmpf. Fort arrogant, à ce que je vois. » Luann était un Noir très musclé. Il fit craquer ses poings avec mépris. « On m’a dit que vous excelliez au tir de précision. Mais je suis à trois mètres, et je ne vous laisserai pas tirer un seul coup. Combien de mes poings pourrez-vous encaisser ? Soyez sage, désarmez-vous, ou je passe la serpillière avec votre cervelle. »

Une troisième voix s’éleva d’un espace vide : « Il y a longtemps, Monsieur Noir. »

Cette voix ne lui était pas inconnue.

Han Xiao haussa les sourcils. « Le Démon invisible ? Vous aussi. »

Le Démon invisible ne répondit pas. Une intention meurtrière emplit l’air.

Ce n’étaient pas deux adversaires redoutables, mais trois. Han Xiao sourit en secouant la tête. Pas étonnant que Lagos fût si sûr de lui : il avait vraiment mis le paquet.

Sentant l’hostilité des trois, Han Xiao sourit. Le changement qu’il attendait venait enfin : l’occasion de montrer sa supériorité absolue.

Les joueurs de Bamboo Rain ne savaient plus que faire : ils ne pouvaient rien contre des PNJ [Extrêmement dangereux].

Vrrr.

Un vent perçant frôla Han Xiao. Il eut le temps d’activer l’armure rétractable à commande magnétique : les griffes du Démon invisible raclèrent la surface en jetant des étincelles. En quelques mois, le Démon invisible avait pris deux niveaux et gagné un peu de force.

Naguère, Han Xiao n’avait pu le battre : le combat s’était soldé par un match nul.

Mais aujourd’hui, ils n’étaient plus du tout du même monde !

Han Xiao leva les mains. Les Lames dissociables à chaîne magnétique composite formèrent un cyclone qui fendit l’air. Des chiffres de dégâts s’affichèrent en foule, des plaies s’ouvrirent, le sang coula, puis tout disparut l’instant d’après : le Démon invisible pouvait rétracter sa peau pour dissimuler ses blessures.

Frappé de stupeur par les lames, le Démon invisible recula en hâte.

Avant que Han Xiao pût le poursuivre, une onde de pression fondit sur lui : Vanessa bondissait, les poings en pluie. Han Xiao para des deux bras, mais ils s’engourdirent : sa Force était inférieure à la sienne. Vanessa et Luann étaient tous deux des Pugilistes proches du niveau 60, et leur Force, leur Dextérité et leur Endurance dépassaient de loin celles d’un Mécanicien.

Luann le rejoignit soudain, ses deux poings n’en formant plus qu’un, changé en un météore noir enveloppé de flammes, et frappa la plaque pectorale de Han Xiao.

La douleur lui traversa la poitrine, et l’interface afficha des dégâts considérables. C’était une capacité de palier avancé du Pugiliste : un coup vibratoire qui ignore une partie de l’armure physique. Les joueurs, dans sa vie précédente, l’appelaient « frapper le bœuf par-delà la montagne ».

Un Pugiliste qui maîtrise les capacités de palier avancé est un adversaire redoutable, et Han Xiao en sentit la pression. Sans qu’un trait de son visage bougeât, il recula, un pistolet dans chaque main, et cracha à toute vitesse des balles de gros calibre. La puissance de ses armes à feu était encore montée, toutes ses compétences de tir étant au maximum.

Vanessa frotta ses mains et fit jaillir une sphère d’air diffuse, qui dévia les balles avant de se dissiper.

« Déflagration d’onde de choc. » Han Xiao fronça les sourcils. Encore une capacité de palier avancé. Le Pugiliste avait toujours eu la faveur des joueurs : ses capacités étaient spectaculaires et complètes.

Les joueurs de Bamboo Rain ouvrirent alors le feu. Ils se savaient parfaitement hors de portée de l’ennemi, mais ils avaient choisi le camp du Fantôme noir : il fallait bien aider !

« Attention au placement, n’approchez pas ! Fly et Cool, tir continu. Xuan, ne t’approche pas trop ! » Bamboo Rain Fragrance criait ses ordres : elle avait l’habitude de mener une équipe en donjon, et elle usait de la même tactique que contre un monstre gardien.

« Des Inhumains ? » Luann s’agaça. Il se couvrit les yeux du bras ; les balles étaient déviées par ses flammes protectrices et ne perçaient pas sa peau.

Vanessa se contenta de faucher latéralement de la jambe : une lame d’air jaillit comme un fouet et coupa en deux, à la taille, tous les joueurs de Bamboo Rain, qui se changèrent en lumière blanche et disparurent.

La guilde Bamboo Rain fut anéantie d’un seul coup. L’écart de puissance était trop grand.

En un instant, Han Xiao ramassa son sac plein de machines et se rua dans la pièce.

Luann allait le suivre, mais Vanessa l’arrêta. « Prudence. C’est un Mécanicien : il peut y avoir des pièges. »

Luann acquiesça. Il frappa violemment le sol du poing ; des fissures rayonnèrent du point d’impact et toute la maison se mit à trembler. Quels que fussent les pièges du Fantôme noir, ils ne vaudraient plus rien une fois la maison abattue et le terrain dégagé.

Lagos se hâta d’entraîner ses soldats loin de là.

Boum !

La maison s’écroula, et la poussière boucha la vue.

Luann plissa les yeux et distingua vaguement une ombre qui bondissait hors des décombres. Il s’élança comme un cheval de guerre, les poings frappant droit devant comme des marteaux, laissant derrière eux des traînées lumineuses.

« À terre ! » rugit Luann.

Mais l’instant d’après, il entendit un bourdonnement d’énergie et une voix métallique et froide.

« Mode renforcé. »

Bang ! Luann eut le sentiment d’avoir frappé un mur de métal. Non : même un mur de métal eût cédé sous ce coup. Or ce mur indestructible n’avait reculé que d’une dizaine de centimètres, et voilà que le métal se refermait sur son poing.



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