Mode Nuit Mode Jour

Le Mécanicien Légendaire | The Legendary Mechanic
A+ a-

Chapitre 164 – Les matériaux de l’endosquelette

Après avoir réfléchi un moment, Han Xiao fit son choix.

« Je veux la fibre nanosynthétique PE-0. »

« Ha, voilà qui est habile. Je pensais qu’un combattant comme vous, qui aime la bagarre, choisirait plutôt la membrane pare-balles. »

« Pour créer quelque chose, il me faudra du PE-0 en quantité suffisante. »

« Entendu. » Lei Zhen Yu hocha la tête. Des quatre objets, il jugeait la fibre nanosynthétique PE-0 le plus précieux : ce matériau neuf pouvait servir à bien d’autres armes. Il comprit que Han Xiao était décidément un Mécanicien habile, à l’œil sûr.

L’échange confirmé, Han Xiao regagna son camion et entreprit de fabriquer un nouveau sniper fantôme. Avec l’aide du plan, tout se déroula sans accroc.

J’ai fait une affaire en or !

La nouvelle fibre nanosynthétique jouerait un rôle capital dans la conception de son Mecha léger. Elle pouvait servir de système tendineux et squelettique ! Comparé à l’ancien système squelettique K600, le PE-0 marquait un progrès énorme sur presque tous les plans. Il était petit, léger et plus solide. Un excellent matériau de base pour créer un Mecha léger d’exception.

Le Mecha léger Python !

Il ne fallait pas juger le PE-0 sur sa simple description. Employé comme système squelettique interne, il se comporterait exactement comme un muscle. Quiconque s’en servirait le comprendrait.

Quant aux trois autres objets, deux étaient consommables : il les écarta d’emblée. La membrane pare-balles semblait fiable, mais elle contenait du platine, ce qui la qualifiait à peine pour la fonction pare-balles.

Pour créer un nouveau sniper fantôme, Lei Zhen Yu avait aussi apporté une quantité suffisante de fibre nanosynthétique PE-0, rangée dans une boîte métallique dorée.

Une fois l’échange conclu, Lei Zhen Yu s’éprit aussitôt du sniper fantôme. Ses travaux le portaient certes vers les Mechas légers, mais devant la promesse des armes électromagnétiques, appelées à devenir l’armement classique de la prochaine génération, il décida de les étudier lui aussi.

Jadis, le vieux Lu lui avait demandé de venir à Pin noir pour aider Lu Cheng. Comme Lei Zhen Yu lui devait une dette de reconnaissance, il avait accepté. Chaque journée lui pesait d’ennui, sauf celle-ci : il venait de rencontrer Han Xiao, un Mécanicien de son niveau. Cela le mettait en joie comme rien d’autre.

« Il me faut encore une chose, mais je n’ai aucun canal pour l’acheter. J’espère que vous pourrez m’aider à me procurer un mini-réacteur « Brasier ». » Han Xiao referma sa boîte et reprit la parole. L’objet dont il avait besoin était un module de Mecha léger.

Lei Zhen Yu était un maître Mécanicien. Il connaissait donc quantité de gens du métier et disposait de nombreuses relations. Il fallait à Han Xiao un savoir qui dépassait la [Composition avancée des matériaux] pour construire son arme : il se servait donc de Lei Zhen Yu comme d’un canal pour trouver certaines pièces.

« Cet objet-là n’est pas facile à obtenir. Et même si je demandais à mon ami d’Ordina de me le céder au prix coûtant, cela vous reviendrait encore à deux ou trois millions. Sans compter qu’il faudra du temps pour le fabriquer. »

« L’argent n’est pas le problème. »

Han Xiao eut un rictus, plein d’assurance.

Lei Zhen Yu était un maître dans le monde des Mécaniciens : il connaissait donc bien d’autres Mécaniciens de son rang. Il se montra chaleureux envers Han Xiao et accepta de contacter pour lui le vendeur du mini-réacteur « Brasier ». Pour lui, ce n’était que quelques appels téléphoniques.

Après avoir échangé leurs numéros, Lei Zhen Yu emporta son sniper fantôme et s’en alla, tandis que Han Xiao poursuivit son travail dans le camion jusqu’à minuit. Sa besogne achevée, il éteignit la lumière et regagna son logement provisoire avec les gardes.

La nuit était calme. Le campement de Pin noir n’avait pas de vie nocturne. La nuit tombée, tous les habitants rentraient se reposer. Dans les terres sauvages, il faut rester vigilant pour savoir que faire au moindre danger. Et le divertissement y était un luxe. Dans les terres sauvages, il y avait les monstres, la maladie, la faim et les catastrophes de toutes sortes. Les seigneurs de guerre avaient donc développé une attitude de perpétuelle vigilance.

Selon les circonstances, certains avaient été contraints de rejoindre les Six Nations après la guerre, tandis que d’autres étaient restés dans les terres sauvages, incapables de renoncer à leur haine et refusant de céder, quitte à mener une vie plus dure. Les uns y voyaient une sottise, les autres une conviction, voire une foi. Peu importait le pays d’origine de ces gens : les patriotes méritent toujours le respect.

Plus important encore : bien des errants s’étaient déjà habitués à vivre dans les terres sauvages. Leurs repas quotidiens avaient beau être incertains, et sans savoir quand ils mangeraient à leur faim, ils n’avaient à suivre aucune contrainte ni aucune règle. Ils vivaient libres. Ils savaient bien que rejoindre les Six Nations leur assurerait de manger à leur faim chaque jour, mais ils n’étaient pas prêts à renoncer à leur liberté.

En temps de paix, bien des gens s’engourdissent devant la vie. Pour survivre, ceux-là chassaient comme leurs ancêtres et vivaient pleinement chaque jour. La plupart des errants souffraient de malnutrition, et pourtant leur condition physique surpassait celle des citadins. Ils étaient robustes et travailleurs.

Les terres sauvages passaient pour un désert. Bien des cités abandonnées, des champs de bataille, des habitats de plantes et d’animaux, et même des zones radioactives nées de la pollution de la guerre, en étaient devenus des espaces interdits. Les Six Nations n’avaient pour l’heure aucune intention de s’y étendre : le coût était trop élevé, le profit trop maigre. Dans les premières années d’après-guerre, elles avaient choisi de stabiliser d’abord la situation intérieure. Elles n’avaient donc pas les ressources d’un agrandissement. Une flore sauvage s’était mise à pousser sur ces terres abandonnées, devenues le domaine des errants, des seigneurs de guerre et des grandes compagnies de mercenaires. Comme le vent qui repasse après la dévastation, le désert d’après-guerre avait retrouvé la vie.

Après une nuit de repos dans sa chambre, Han Xiao fit venir Frenzied Sword et Bun-hit-dog au matin.

« Je m’absente quelque temps. Vous pouvez rester à Pin noir, je vous contacterai plus tard. »

Bun-hit-dog resta impassible, tandis que Frenzied Sword montra sa mauvaise volonté. Il ne suivait Han Xiao que depuis quelques jours, et voilà qu’on l’abandonnait de nouveau.

« Vous pouvez chercher un moyen de régler la peste de Pin noir. » Han Xiao pointa le doigt vers Frenzied Sword. « J’ai confiance : tu révéleras ton vrai potentiel pendant cette période. Tu seras peut-être capable de manier de meilleures armes. »

Han Xiao sortit deux pistolets de gros calibre fraîchement fabriqués, faits pour tirer à moins de quatre-vingts mètres. Ils avaient été conçus spécialement pour renforcer les chargeurs et la puissance de frappe. Ils étaient de rang Vert et deux fois plus puissants que ceux qu’il avait vendus aux autres joueurs. Il les tendit à Frenzied Sword, qui regardait, la mâchoire décrochée.

« C’est pour moi ? » demanda Frenzied Sword, incrédule.

Han Xiao sourit et hocha la tête.

Frenzied Sword exulta et ne put s’empêcher de jouer avec ses deux pistolets. Il ne s’attendait pas à pareille aubaine. Han Xiao venait de lui offrir de l’équipement. Bun-hit-dog, posté sur le côté, en fut ébranlé lui aussi.

Serait-ce un avantage de la quête secrète ? Il suffit de bien se comporter, et le Fantôme noir vous récompense quand bon lui semble ?

Han Xiao avait fabriqué ces deux pistolets à dessein, pour aider Frenzied Sword à accomplir plus de tâches. Pour que ses ouvriers donnent le meilleur d’eux-mêmes, il leur fallait d’abord des armes. Et pendant la remise des récompenses, Bun-hit-dog pouvait filmer ; à la diffusion, davantage de joueurs verraient la scène. Beaucoup en concluraient alors que Han Xiao se montrait très généreux en récompenses et se presseraient de rejoindre sa « quête secrète ».

Il lui suffisait d’offrir des pistolets qu’il fabriquait sans peine et, avec un soupçon de générosité, il gagnerait bien davantage.

« Je crois que tu as un grand potentiel au corps à corps ; tu devrais apprendre quelques techniques de combat rapproché », lança Han Xiao. Frenzied Sword était doué pour la lutte et devrait devenir un Pugiliste mécanique. Il espérait naturellement le voir aussi fort que dans sa vie précédente, où, en Pugiliste mécanique, il avait déployé tout son talent d’artiste martial… du moins l’espérait-il.

Les mots de Han Xiao firent vibrer une corde chez Frenzied Sword. Lui aussi y songeait.

Ses instructions données, Han Xiao monta dans l’hélicoptère du Dark Net et quitta Pin noir.

« Le Fantôme noir est parti », rapporta l’adjoint à Lu Cheng.

Lu Cheng hocha la tête : Han Xiao lui avait laissé une forte impression. Il ordonna : « Prenez soin de ses deux amis, et gardez l’œil sur ces villageois bizarres venus de la ville de Green Valley. Enquêtez sur leur passé, aussi. »

Quand l’hélicoptère atteignit la compagnie Fabian, Han Xiao monta à bord de l’avion de transport et mit le cap sur un nouveau village de novices du continent Sud. Cette fois, il monopoliserait l’appareil longtemps : il voulait même franchir l’océan pour gagner les villages de novices du continent Ouest et du continent Nord. La compagnie Fabian n’avait guère de poids sur ces deux continents. Aussi la location prolongée de l’avion coûterait-elle cher. Même après la remise amicale d’Antonio, le prix restait à couper le souffle : du racket pur et simple.

Son compte du Dark Net était encore bien garni, et il avait quantité de plans pour accroître sa fortune. Il n’avait donc aucun souci à se faire pour l’argent.

À peine à bord, Han Xiao se mit à construire son Mecha. L’avantage de le construire soi-même, c’est que les différents modules pouvaient être fabriqués séparément, puis assemblés. Cela réduisait le risque, et le taux de réussite d’un Mecha de sa propre conception s’en trouvait accru.

Il n’avait pas les plans, mais il avait ses idées. Les fonctions du Mecha qu’il concevait pouvaient s’obtenir en imitant les autres Mechas de ses souvenirs. Le [Mecha léger Python] était un équipement avancé, précis et rare. Pour en obtenir le plan dans des circonstances normales, il faudrait combiner quatre connaissances avancées de groupes différents. Les conditions étaient en outre extrêmement exigeantes. Il fallait d’abord comprendre le rôle des divers composants du plan. La plupart des joueurs en étaient donc réduits à tenter leur chance.

D’autres plans exigeaient du joueur qu’il comprenne les modules qu’ils contenaient. C’était courant pour les plans de robots, de Mechas, d’armures et de véhicules de transport.



Rejoignez-nous et devenez correcteur de Chireads Discord []~( ̄▽ ̄)~*