Néo-Life
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Chapitre 56 – Académie (2)

« Tu te rends, amateur ? »

La voix de son adversaire, Romuald, était pleine de mépris, tout comme son regard, et bien que Marlon soit en mauvaise posture, cela ne le découragera nullement.

La colère l’envahit, froide et puissante, accompagnée de la voix familière de son alter ego qui revenait à la charge dès qu’il le pouvait, susurrant des promesses de violence et de meurtre à son esprit divisé.

Il parvint cependant à se contrôler et à ne pas lui céder son corps sous l’effet de ses pulsions colériques. Il maîtrisa sa respiration et ne laissa pas son cœur s’emballer sous l’effet de la honte qu’il ressentait à se faire dominer devant tant de témoins qui semblaient prendre un profond plaisir à le voir sous le joug de leur camarade.

Sans attendre, il attrapa le poignet de Romuald des deux mains et donna un violent coup de tête en arrière, arrachant un cri de douleur à l’apprenti alors que Marlon entendait son nez se briser sous l’impact.

Pendant un quart de seconde, Romuald fut déstabilisé, et c’est tout ce qu’il fallait au runiste pour reprendre le dessus. Il tourna le bras de son adversaire avec toute la force dont il était capable et voulut briser le poignet qu’il tenait fermement entre ses deux mains.

Mais Romuald ne se laissa pas faire, malgré la douleur qu’il semblait ressentir et le sang qui coulait abondamment de son nez brisé.

Comme s’il était fait de beurre, il arriva à glisser son poignet hors de la prise pourtant incroyablement serrée de Marlon. Il poussa en fait précisément son poignet au niveau de la jointure de ses pouces et de ses index, là où la force du runiste n’était pas totalement exprimée, et la microfaille qui en résultait suffit pour qu’il se dégage et recule de plusieurs pas, reprenant sa posture étrange aussitôt qu’il se fut éloigné de Marlon.

Ce dernier ne resta pas immobile, malgré l’étonnement qu’il ressentait et la bribe de doute qui commença à poindre dans son cœur.

Il inspira profondément, recentrant son esprit qui palpitait sous l’effet de la rage, devenant de plus en plus difficile à contrôler et à focaliser.

Il ramassa son épée en bois au sol mais déjà Romuald plongeait sur lui, semblait presque glisser sur le sol du terrain d’entraînement grâce à une succession de pas rapides et irréguliers qui rendaient toute prédiction de son attaque quasiment impossible.

Cela ne découragea pas Marlon et il balaya l’air devant lui en faisant un tour sur lui-même. L’apprenti esquiva comme prévu le coup prévisible du runiste, mais celui-ci n’en avait pas fini.

Il n’avait attrapé son épée qu’à une seule main, et lorsque Romuald se baissa pour passer sous la lame du runiste, ce dernier frappa avec sa main libre vers le visage de son adversaire.

Mais encore une fois, lorsque son poing semblait sur le point de toucher la mâchoire de Romuald, ce dernier sembla prédire le coup, ce qui aurait dû être impossible, et le contourna dans une esquive que Marlon ne comprit pas, car elle ne semblait pas du tout intuitive.

Il ne se contentait pas d’éviter le coup, il l’accompagnait, suivant le poing avec son corps tout entier, absorbant totalement la puissance du coup pour nourrir le mouvement qui semblait presque posséder sa volonté propre.

Et avant que Marlon n’ait fini son coup, entraîné par la puissance qu’il y avait mis, Romuald saisit les deux poignets du runiste et se contorsionna, dérivant totalement sa force pour se l’approprier et s’en servir pour projeter Marlon à l’opposé de lui.

Le jeune homme se retrouva brutalement en l’air, ne pouvant rien faire pour contrecarrer la riposte de Romuald, son esprit totalement déstabilisé par la manière de combattre de l’Apprenti.

Tout l’air de ses poumons fut expulsé alors qu’il s’écrasa contre le grillage du terrain, et il se retrouva en train de panteler au sol, cherchant sa respiration, et tentant d’ignorer la douleur qui provenait de son dos, ayant absorbé la majorité de l’impact contre la grille ultrasolide qui encerclait la totalité du terrain.

Il commença à se relever, mais aussitôt, un coup de pied vint s’enfoncer dans ses côtes flottantes, le soulevant littéralement du sol et manquant de lui faire perdre conscience tellement la douleur fut intense.

Il repensa à la raclée qu’il avait pris contre les gardiens de l’Enclos, ne voulant pas une fois de plus se faire ridiculiser, et la haine qui parcourait son corps finit de le submerger, oblitérant totalement toute trace de raison qui aurait pu subsister.

Il intercepta un deuxième coup de pied qui visait exactement la même zone, l’attrapant de ses deux bras, et mordit dans la chair, aussi fort qu’il le put, arrachant un cri de douleur à son adversaire.

Un coup de poing vint le cogner à la tempe, et il lâcha sa prise, un morceau de chair tombant de sa bouche alors que du sang jaillissait du mollet de Romuald.

Marlon roula au sol pour s’éloigner, pour se donner ne serait-ce qu’un quart de seconde de répit alors que son regard vacillait et que son esprit s’enflammait sous la colère.

De l’extérieur, l’on aurait dit un animal blessé, ses yeux renvoyaient une lueur de folie alors qu’un sourire carnassier était figé comme une grimace sur son visage. Romuald, lui, renvoyait une aura meurtrière alors que la douleur se lisait dans ses yeux, ainsi que le mépris qui ne l’avait pas quitté une seule seconde.

Marlon se redressa, prêt à plonger sur son adversaire, mais avant qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, une pluie de coups vint le cueillir. Au visage, au ventre, dans les côtes, et même sur ses jambes.

Chaque frappe était puissante et visait les muscles ou les articulations de ses membres, faisant vaciller à chaque fois un peu plus le runiste qui ne put que se mettre en garde sans rien faire d’autre que subir.

L’humiliation qu’il était en train de subir fit même refluer la colère qui ne laissa rapidement plus place qu’à une forme de désespoir enragé, une peur animale qui lui criait de se protéger pour survivre, une expérience qu’il n’avait plus vécu depuis des années.

Il serra les dents, et chaque coup qui le frappait à la tête provoquait des flashs puissants dans son esprit, où tout devenait blanc pendant un dixième de seconde, son cerveau cognant contre sa boîte crânienne sous la puissance de l’impact.

Il fit finalement la seule chose qui lui vint à l’esprit, à court de solutions viables pour défaire son adversaire qui semblait supérieur en tout point à Marlon.

Il plongea en avant, prenant quelques coups violents sur ses points faibles, et enserra de ses bras Romuald, qui fut surpris par cette approche.

Marlon frappa alors de toutes ses forces avec sa tête l’apprenti qui se retrouvait au piège de ses bras, mais encore une fois, le coup n’eut pas l’effet escompté.

Romuald contra en effet en baissant la tête, exposant son front au lieu de son nez à l’impact du coup de boule, et la douleur explosa chez Marlon dont le nez se brisa contre la solidité du front de son adversaire, ce qui fit lâcher prise à Marlon, et il perdit connaissance pendant un clignement d’œil avant de regagner le contrôle de sa conscience.

L’apprenti fut également sonné par le choc, même s’il le fut bien moins que le runiste, et il recula en secouant la tête, dissipant le brouillard qui avait envahi sa vision lors du choc frontal.

Malgré sa colère, malgré le désespoir qui l’emplissait, Marlon ne put se relever. Il resta pantois, la respiration courte, à quatre pattes, les yeux remplis de larmes qu’il retint de toutes ses forces. Le sang coulait à gros bouillon de son arête nasal complètement brisée et à vif.

Malgré l’état d’impuissance dans lequel il se trouvait, il entendit tout de même la voix de l’enseignant qui discourait sur le combat comme s’il s’agissait d’un exposé théorique banal.

« Voyez-vous, jeunes gens, c’est tout ce qu’il ne faut pas faire dans un affrontement. Notez le lâcher-prise de Revenge pour laisser libre cours à ses émotions, abandonnant toute maitrise technique et toute réflexion en faveur de son instinct. C’est quelque chose qui vous perdra, à moins que vous ne soyez un maître, mais cela demande des milliers, voire des dizaines de milliers d’heures d’entraînement. Quant à la technique, elle n’est pas mauvaise, pour le maniement de l’épée, s’entend, mais elle reste imparfaite, trop basique, dénuée de toute subtilité et de toute perception profonde. Pouvez-vous me dire ce qu’il manque également à Romuald ? »

Les élèves semblèrent étonnés par la question, absolument certains que l’apprenti avait dominé le combat du début à la fin, malgré les quelques blessures infligées par son adversaire. Voyant que personne n’avait de réponse, l’enseignant répondit alors à sa propre question. Son ton était très académique et il ne faisait qu’exposer les faits, très méthodiquement.

« Malgré sa supériorité technique, Romuald manque de rage, une rage contrôlée bien entendu, la volonté de voir son ennemi souffrir, ce dont Revenge ne manque pas, bien au contraire. Un combat réussi est un savant mélange de technique, de soif de sang, et surtout d’une volonté profonde de défaire votre adversaire. Si Revenge avait eu un peu plus de chance, ce n’est pas un morceau de mollet qu’il aurait arraché avec ses dents, mais la jugulaire de Romuald. Et il n’aurait pas hésité à le faire, croyez-moi. Regardez bien. Même dominé techniquement, battu au point d’avoir des côtes brisées et sûrement quelques organes abîmés, la soif de sang est toujours présente en lui… »

En effet, Marlon avait réussi à se relever et regardait Romuald avec une colère flamboyante, désireux de la faire payer cette humiliation au centuple, même si son corps entier n’était qu’une souffrance palpitante.

Romuald, lui, avait récupéré une certaine contenance, et la colère contenue dans ses yeux était presque égale à celle de Marlon. Il n’était pas un des élèves les plus brillants de l’Académie, mais il ne s’attendait pas à ce que cet étranger puisse le faire souffrir comme cela. Il le dominait, mais il avait quand même l’impression de s’être fait ridiculiser.

Il reprit sa posture dansante et s’élança avec une vitesse incroyable sur son adversaire, dont la vision trouble et la nausée menaçant de lui faire rendre tripes et boyaux l’empêchèrent de riposter, et même de se protéger correctement contre Romuald.

Il ne put que lever les bras faiblement devant lui alors qu’une nouvelle pluie de coup de poings et de pieds venait s’abattre sur lui, sans qu’il ne puisse rien faire.

Marlon était profondément déstabilisé. Il avait rencontré des adversaires un peu plus forts que lui techniquement, et sa rage, sa volonté de tuer l’adversaire, avait toujours suffi à prendre le dessus d’une manière ou d’une autre.

Un retournement de situation d’à peine une seconde était suffisant, lui permettait de sortir une de ses cartes maîtresses.

Mais ici, maintenant, sans ses runes, sans la réussite qu’il parvenait toujours à arracher sur le fil du rasoir, il se sentit faible, un sentiment qu’il n’avait plus éprouvé depuis des mois, sur Terre.

Chaque coup qui l’atteignait brisait un peu plus cette détermination inébranlable dont il avait été le héraut depuis son arrivée sur Gaïa, depuis ce moment où il s’était juré de venger sa mère et de faire payer à ceux qui lui avaient infligés cela.

Même la voix de son alter ego s’était tue, et chaque nouvelle douleur éveillée par les impacts des poings ou des pieds de Romuald renforçait ce silence, cette impression d’impuissance qu’il détestait tant.

Il fallait le tuer, effacer cette humiliation dans le sang et la douleur, quel qu’en soit le prix. Mais il ne pouvait rien faire. Il n’avait pas de runes pour le sauver, pas de temps mort pour réussir à en tracer, Romuald ne s’arrêtant pas un seul instant dans l’enchaînement de ses coups qui s’enfonçaient de plus en plus profondément dans la chair de Marlon.

« Cela suffira pour aujourd’hui, Romuald. »

Le ton de l’enseignant n’avait pas changé, il n’était ni agressif ni autoritaire, mais une aura se dégagea de sa phrase qui fit que l’apprenti se figea sur place, son poing s’arrêtant à quelques centimètres du visage de Marlon, qui était recouvert de plaies provoquées par les impacts successifs.

Ses yeux étaient presque fermés tellement ils étaient gonflés, son nez et sa bouche saignait abondamment, et plusieurs dents avaient disparues de l’intérieur de sa bouche à cause des assauts incessants de Romuald.

Bien qu’elles fussent couvertes par sa tunique, des plaques violacées étaient apparues sur son torse, signes de l’hémorragie interne massive dont il souffrait à cause de ses côtes brisées en de nombreux endroits.

La fin de l’échange unilatéral de coups fut comme un signal, et il tomba à genoux, comme si les coups étaient tout ce qui le maintenait sur ses deux jambes, toussant littéralement une flaque de sang, ses poumons percés en de nombreux endroits par ses côtes.

Il était bien trop hagard pour s’en rendre compte, mais ses bras étaient aussi cassés en divers endroits, et sa mâchoire était déboitée.

Certains élèves le regardèrent avec ce même mépris que Romuald, mais d’autres laissaient transparaître une forme de peur, celle d’être un jour confronté eux-mêmes à ce genre d’affrontement dont ils ne pourraient sortir vainqueur.

Mais l’enseignement de l’Académie était taillé sur mesure, et très vite la peur fit place à une détermination inébranlable.

Ils ne voulaient pas perdre et souffrir ? Il fallait donc s’entraîner jusqu’à être le meilleur, à n’importe quel prix.

L’enseignant s’avança et alors qu’une lueur verte puissante s’élevait d’une des Sangsues qu’il portait sous forme de bracelet au bras gauche, il se tourna vers les spectateurs du combat et continua sa leçon, alors que les plaies de Marlon disparaissaient doucement, se refermant comme si elles n’avaient jamais existé.

« Vous l’avez compris, vous pouvez avoir la rage d’un lion au ventre, si votre technique est insuffisante, vous finirez toujours par vous retrouver acculé. Pareillement, si votre technique est développée mais que vous manquez de conviction, de soif de sang, alors quelqu’un finira par vous surprendre et vous tuer de la manière la plus impitoyable qui soit. »

Marlon prit une grande inspiration, soulagé alors que la douleur qui avait menacé de lui faire perdre conscience quelques secondes auparavant avait presque totalement refluée et était sur le point de disparaître totalement.

Mais le sentiment d’humiliation qu’il ressentait restait profondément ancré dans son cœur et il comprit qu’il lui fallait plus, bien plus d’entraînement que ce qu’il avait pu avoir jusqu’à présent.

« Relevez-vous, jeune homme, et retenez bien la leçon. Il vous faudra travailler extrêmement dur pour devenir ne serait-ce que compétent par rapport aux standards de Forgeciel. Dîtes-vous bien que Romuald vous a battu à plates coutures alors que l’épée n’est pas sa spécialité, et malgré le fait que vous ayez réussi à le blesser, il aurait fini par vous tuer, quoique vous ayez pu croire… »

Il se pencha vers l’oreille de Marlon et parla plus doucement, de sorte que seul le runiste put entendre la dernière partie de sa phrase.

« Sachez que même si vous aviez pu utiliser vos runes, cela n’aurait pas changé grand-chose. Romuald sait également utiliser le mana et ses compétences, le combat purement physique n’est pas sa seule carte. Le combat est une science exacte, pas une approximation hasardeuse dénuée de la moindre logique. »

Marlon ne ressentit aucune menace dans les paroles de l’enseignant, mais elles résonnèrent étrangement dans le cœur du jeune homme, empreintes de vérité et secouant ses fondations même. Il savait que Marlon avait voulu utiliser les runes, et le fait que cela ne l’aurait pas aidé renforça sa certitude qu’il devait s’entraîner bien plus intensément.

« Co…pouvez-vous me donner cet entraînement dont j’ai besoin ? »

Une lueur brilla dans les yeux de l’homme vêtu en blanc, et ce fut la première fois que Marlon vit une émotion traverser le regard de cet homme intimidant non pas par sa stature mais par sa froideur.

« Mais, très cher, Forgeciel résiste depuis des siècles car nous savons très exactement dispenser ce genre d’entraînement. Il faut juste que vous puissiez résister à une quantité très élevée de souffrance et d’abnégation. Nous vous briserons avant de vous reforger, tel est le principe de la Forge Céleste. »

Le professeur s’éloigna et il continua pendant une bonne heure à souligner les nombreuses qualités et défauts de l’affrontement auquel venaient d’assister tous les étudiants, toujours avec le même ton égal et sans débordement émotionnel.

S’ensuivit également une démonstration pratique où il démontra avec un autre élève ses dires, modifiant l’approche qu’avait eu Romuald de plusieurs façons, toutes plus efficaces les unes que les autres, provoquant un regard de colère de la part de l’apprenti envers Marlon.

Ce dernier avait été également soigné par l’enseignant, mais au lieu du soulagement qu’avait éprouvé Marlon, il sembla ressentir de la honte et détourna le regard lorsque la sangsue projeta vers lui son aura verte luminescente.

La perfection, l’abnégation. Ces deux mots semblaient vraiment primordiaux dans l’enseignement de l’homme, et il les répéta à de nombreuses reprises.

La seule chose qui intriguait Marlon, c’était les postures dansantes qu’avait adopté Romuald, mais il était bien trop plongé dans son introspection personnelle pour questionner l’enseignant, repassant encore et encore le film de l’affrontement dans sa tête, écoutant d’une oreille les paroles de l’homme et ignorant les regards meurtriers que lui jetait Romuald.

La matinée passa très rapidement, mais la honte ne s’atténua pas, bien au contraire. Elle grandissait au fil des heures dans le cœur du jeune homme, jusqu’à complètement envahir ses pensées.

Une cloche résonna dans l’Académie, et Marlon comprit que c’était pour tout le monde l’heure de prendre son déjeuner. Il se sentait épuisé, mentalement bien plus que physiquement, et il ne suivit pas la majorité du groupe lorsqu’ils partirent en direction du Marché pour acheter des vivres.

L’enseignant jeta un œil à Marlon, mais décida de le laisser dans ses pensées alors qu’il partait dans la même direction que le reste du groupe.

Perdu dans ses ruminations, il ne se rendit pas compte que Romuald était resté en arrière, ni qu’ils se retrouvèrent uniquement tous les deux sur le terrain d’entraînement.

C’est un sentiment de danger imminent qui lui fit instinctivement lever la tête et il le fit juste à temps pour voir un pied arriver droit vers son visage, n’ayant même pas le temps de lever les bras pour se protéger, sentant sa mâchoire se briser pour la deuxième fois de la journée.

Il roula à terre, projeté par la puissance du coup, et se roula en boule alors que d’autres coups arrivaient sans cesse, visant comme lors de l’affrontement ses points faibles, ses articulations, ses parties sensibles.

Des flashs blancs illuminèrent de nouveau la conscience de Marlon, et il ne prit même pas la peine d’essayer de se relever alors qu’il se faisait rosser par Romuald.

« Espèce de petite merde d’étranger ! Tu croyais pouvoir t’en sortir comme ça ? M’humilier en me blessant alors que tu aurais dû te coucher comme le chien que tu es ! Comme ça, je manque de soif de sang, je manque de rage ?!?! Je vais te montrer ce que je ressens, HAAAAAAA ! »

La raclée dura bien cinq minutes, et le runiste se retrouva en aussi mauvais état que lors de l’affrontement précédent, et il serait surement mort si l’Apprenti ne s’était pas arrêté, crachant au visage de Marlon replié sur lui-même, ne bougeant pas alors que du sang s’étalait sous lui et s’étendait de plus en plus.

Romuald tendit la main et une lueur verte jaillit d’une de ses bagues, infiltrant le corps de Marlon dont les os cassés se ressoudèrent et les organes meurtris retrouvèrent leur aspect d’origine.

« Retiens bien cette leçon. Tu as de la chance, blesser gravement est interdit à Forgeciel, sinon je t’aurais laissé crever ici et maintenant, Shai’lac ! »

Le jeune homme ne réagit toujours pas quand Romuald l’insulta copieusement avant de sortir du terrain d’entraînement, sans cesser de le maudire de toutes les façons possibles et imaginables.

Les nombreux coups à la tête avaient secoué la conscience de Marlon, et la situation dans laquelle il venait de se retrouver sonnait bien trop familièrement dans son esprit.

Sans le vouloir, et sans comprendre les raisons qu’avait son esprit de faire cela, il se retrouva projeté dans ses souvenirs, des années auparavant.

Bien avant la mort de Lydia, sa mère, et surtout, bien avant Néo-Life, Loki, Luna, et toute cette folie qu’était devenue sa vie.



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