Néo-Life
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Chapitre 54 – Enclos corrompu

Pendant plusieurs minutes, Marlon chercha un moyen d’ouvrir le collier métallique qui enserrait le cou de Luna, mais sans aucun succès. L’objet avait été refermé par magie, et aucune fente n’était visible ni perceptible sur sa surface. Seul le relief des runes complexes ressortait et faisait un canevas cryptique que le runiste ne comprenait pas.

Il finit par s’asseoir à côté de son familier, grognant son désarroi et refoulant la colère froide qui menaçait de l’envahir, une fois de plus. Ouvrant la carte de l’interface, il remarqua que rien ne s’affichait, comme s’il n’était nulle part, aucune texture ni structure ne s’affichant sur la fenêtre qui flottait devant ses yeux.

Il jeta un coup d’œil autour de lui, et remarqua que les trois soldats gardant l’entrée lui jetaient des regards appuyés, surement à cause de cette même curiosité que devaient ressentir les habitants de Forgeciel en voyant quelqu’un vêtu de noir.

Il ne maintint pas le contact visuel avec eux, malgré son envie de les provoquer et de les pousser au conflit pour pouvoir se défouler et évacuer la rage qu’il ressentait au fond de lui. La rage d’être enfermé dans cette cité, d’avoir perdu Loki, de devoir se battre contre son propre esprit…toutes les raisons ne cessaient de défiler dans sa tête et il dut prendre plusieurs inspirations pour calmer son cœur qui battait de plus en plus fort dans sa poitrine.

Plusieurs dizaines de familiers se promenaient en toute liberté dans ce qui ressemblait fortement à une vallée paradisiaque. Certains avaient des formes familières, félines, canines ou même lupines. D’autres, par contre, ne ressemblaient à rien de ce qu’il avait pu voir jusque-là.

Des animaux à six pattes, haut de deux mètres au garrot, leur corps surmonté d’une tête avec une myriade d’yeux, faisant penser à des insectes, des mandibules blanchâtres entourant ce qui semblait leur servir de bouche.

D’autres semblaient être faits de flammes, de la fumée s’échappant de leur corps rougeoyant et des pattes qui semblaient être faites de magma incarné. Leurs yeux semblaient être faits de braises incandescentes et aucune pupille n’était visible, provoquant une impression dérangeante.

Beaucoup d’autres sortaient des conventions de ce qu’un familier pouvait être selon la conception de Marlon, et il sentit une impression de malaise s’ajouter dans ce qu’il ressentait.

Plus il s’attardait sur le paysage, plus il voyait des choses qui soulignaient le côté artificiel de cet endroit.

Il sentait une légère brise souffler sur son visage, mais aucun brin d’herbe ne bougeait, et lorsqu’il bougeait son pied dessus, il avait plus l’impression d’être en contact avec une mousse solide qu’avec de l’herbe.

Le soleil brillait d’une lumière aveuglante, mais il ne chauffait pas. Aucune chaleur n’était émise par ces rayons magiques, et il faisait à peu près la même température que dans le reste du volcan, si l’on excluait le Puits.

Il remarqua d’autres détails perturbants, comme certains familiers qui semblaient eux aussi blessés et trainaient la patte, la tête baissée comme s’ils étaient vaincus.

Il se changea les idées en refocalisant son attention sur Luna, passant ses mains dans son épaisse fourrure et posant sa tête contre la sienne, les vibrations de ses ronronnements si fortes qu’il eut l’impression de subir un massage frontal.

Il lui fallut encore quelques minutes pour se rendre compte que sous ses doigts courraient des plaies que Luna n’avait pas quelques jours auparavant. Elles n’étaient pas ouvertes et semblaient même cicatrisées, mais Marlon savait l’efficacité de la magie dans ce monde, et il était certain que Luna n’avait pas ce genre de cicatrices auparavant.

Fronçant les sourcils, il se redressa et regarda sa chimère.

« Qu’est ce qu’il s’est passé, Luna… »

Les ronronnements de sa chimère se transformèrent en grondement et elle tourna la tête en direction des soldats qui gardaient l’entrée, ainsi que vers trois familiers qui étaient allongés non loin d’eux.

Luna ne parlait pas, mais Marlon comprit à peu près ce qu’il se passait. La rage et la colère qu’il tentait de contenir explosèrent dans son cœur, et la voix devenue si familière résonna dans son esprit.

« Laisse-moi le contrôle, laisse-moi m’en charger, Marlon. Je peux le faire… »

Le runiste ignora la voix qui résonnait dans sa tête et il se redressa, se dirigeant vers les trois hommes vêtus de rouge, tentant de contrôler la haine qui résonnait en lui tel un tambour de guerre appelant à verser le sang de l’ennemi.

Les trois familiers qui se trouvaient à leurs pieds se redressèrent et Marlon put voir qu’ils ressemblaient à des pitbulls, si ce n’était leur taille bien supérieure, égale à celle de Luna, et le troisième œil qui se trouvait au milieu de leur front.

Leurs pattes se terminaient sur des griffes qui semblaient aussi acérées que des rasoirs et un grondement subtil résonna dans l’air alors que le runiste se tenait enfin devant les trois hommes.

« Que veux-tu, étranger ? »

Le ton était sec, méprisant, et après avoir posé sa question l’homme cracha sur le sol, non loin des pieds de Marlon. Des vagues de colère envahissaient maintenant son corps, et il dut faire un effort de volonté incroyable pour ne pas se laisser aller à une violence gratuite.

Les deux autres semblaient être dans les mêmes dispositions que le premier, le regard cruel et le sourire moqueur.

« Mon familier a des blessures qu’il n’avait pas avant d’arriver ici. Than m’a promis qu’elle serait bien traitée, et j’ai l’impression que ce n’est pas le cas… »

Le deuxième homme s’avança, et un rictus mauvais illuminait son visage, une cruauté affichée en toute connaissance de cause.

« Tu entends ça, Remir ? Ce type appelle notre chef à tous par son prénom…Than…vous êtes des grands copains, c’est ça ? Tu veux qu’on s’agenouille devant toi, peut-être ? »

Le premier et le troisième soldat éclatèrent de rire et leur regard se fit froid, glacial.

« Ne t’inquiètes pas, nous prenons soin des familiers. On s’arrange juste pour qu’ils ne s’ennuient pas, c’est tout. »

Le militaire avait dit cela en caressant la tête de son familier, qui avait le même regard cruel que son maître. L’un des comparses crut bon d’en rajouter et se pencha avec un air de conspirateur vers Marlon.

« Si tu veux, on peut parier entre nous et voir qui est le meilleur ? On arrondit nos fins de mois et nous les soignons de toute façon à la fin de chaque combat. »

« Ouais, ce n’est pas comme si c’était nouveau. Il y a même quelques personnes prêtes à payer cher pour voir ça, tu sais. On peut te donner une part si tu veux, hahaha… »

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase pour Marlon. Il cessa de contrôler sa rage et laissa la soif de violence l’envahir entièrement, l’adrénaline remplissant son système alors que son poing s’écrasait avec toute la force dont il était capable sur le visage de celui qui s’était penché vers lui.

Il entendit distinctement plusieurs os craquer sous l’impact, et un sourire aussi cruel que celui des soldats avait fait son apparition sur son visage.

Il s’attendait à se faire déchiqueter par les trois familiers, mais aucun d’eux ne bougea alors que le soldat s’écrasait sur le sol, une gerbe de sang jaillissant du nez cassé par le coup de Marlon.

Il se tourna vers les deux autres soldats mais n’eut pas le temps de continuer à déverser sa colère.

Un poing vint le cueillir au menton et il sentit sa mâchoire se déboiter sous l’impact alors que son corps se pliait sous l’impact d’une jambe qui vint le frapper dans l’estomac, délivrant une puissance de frappe qui aurait pu lui faire perdre conscience instantanément si ce n’était la colère qui maintenait un feu ardent dans son esprit.

A terre, il vomit le contenu de son estomac alors que deux rires moqueurs parvinrent jusqu’à ses oreilles.

« Tu as vraiment cru que tu pourrais nous avoir, merdeux ? Haha, tu es quoi, rang bronze ? Tous les soldats de Forgeciel sont au minimum rang Argent ! Et notre art de combat est bien supérieur à ce que tu as pu apprendre, haha ! »

« Il a couché Elkim, quand même, ce n’est pas rien, reconnais-lui ça ! »

« Tu parles, il l’a pris par surprise, c’est tout. Allez debout, Elkim, sac à foutre ! Tu n’as pas honte de t’être fait surprendre par un débutant comme ce type ? Tu devrais retourner à l’Académie, haha ! »

Le dénommé Elkim se redressa et une lueur verte brilla, s’élevant d’une des bagues qu’il possédait au doigt, avant de se fondre en lui et de lui tirer un soupir de soulagement. Son visage était tordu de colère et de honte mal dissimulée.

« Ne sois pas trop mauvais. Après tout, c’est toi qui as baissé ta garde. Le merdeux en a juste profité, hahaha. »

« Ou au contraire, défoules toi, on a fait le gros du travail pour toi ! Après tout, on a de quoi le soigner… »

Les deux soldats se moquèrent de leur camarade, ce qui ne fit qu’attiser sa colère.

Marlon tenta de se relever, profitant du fait que leur attention était peut-être focalisée sur autre chose, mais il se fit faucher immédiatement par un nouveau coup de pied qui vint frapper ses bras, le replongeant face contre terre.

En moins de quelques secondes, Marlon se retrouva recroquevillé sur le sol, ses bras et ses jambes repliées pour protéger ses organes vitaux ainsi que sa tête, grognant de douleur alors que les coups s’enchainaient de plus en plus vite et de plus en plus fort.

Luna, non loin de là, avait voulu se jeter sur les hommes qui frappaient son maître, mais une décharge incroyable traversa tout son corps, partant du collier pour se répandre dans tous ses muscles, la paralysant et lui arrachant des miaulements de souffrance, se tordant au sol dans des spasmes incontrôlés alors que les trois soldats riaient aux éclats en frappant sans discontinuer Marlon.

Il sentit ses avant-bras se briser sous la force des coups, et bientôt ce furent ses mains, puis ses jambes. La douleur irradiait dans tout son corps et il faisait de son mieux pour absorber les impacts qui lui arrachaient maintenant des hurlements de souffrance, chacun plus fort que le précédent.

Malgré le fait qu’il se protégeait, quelques coups parvinrent à frapper son visage, et il cracha plusieurs dents qui se déchaussèrent complètement alors qu’une inondation de sang prenait place dans sa bouche.

Ce calvaire dura plusieurs minutes, et lorsque le runiste crut que sa dernière heure était venue, ils arrêtèrent d’un coup de le frapper, en grande partie parce que Remir posa la main sur les épaules des deux autres en les tirant légèrement en arrière.

« On s’arrête là, les gars. Il a beau être un étranger, si on l’abîme trop, on va en subir les conséquences. »

Elkim frappa une dernière fois le corps meurtri de Marlon en grognant, se rappelant encore de son coup en traître qui l’avait envoyé au sol, avant de se pencher près de son oreille ensanglantée.

« Parle de cela à quiconque, et ton familier disparaitra mystérieusement sans que personne ne s’en inquiète. Et je me ferais un plaisir de m’en charger personnellement… »

Marlon, malgré la douleur, sentit la rage couler froidement dans ses veines et il se jura intérieurement qu’il se vengerait, d’une manière ou d’une autre.

Le premier soldat, voyant qu’ils avaient peut-être poussé un peu le bouchon loin sur la raclée infligée au runiste, activa sa bague et la lueur verte de soin vint pénétrer le corps de Marlon, ressoudant les os cassés, réparant les veines et les muscles déchirés.

Il sentit la douleur refluer alors que sa mâchoire se remettait en place et que ses dents réapparaissaient, comme s’il ne s’était rien passé.

Le militaire le plus froid s’arrêta avant qu’il ne soit totalement soigné, et il renifla dédaigneusement avant de s’adresser au runiste.

« Tu apprendras vite que les bizutages comme ceux-là sont monnaie courante à Forgeciel, alors n’en fais pas toute une histoire. Tu seras complètement soigné dans deux ou trois jours, ça te permettra de te rappeler qu’il ne faut pas essayer de t’en prendre à plus fort que toi, merdeux. Maintenant casse-toi et ne reviens pas avant la semaine prochaine. »

La voix hurlait dans la tête du jeune homme, et il se redressa en serrant les poings et en se mordant les lèvres si fort que du sang jaillit dans sa bouche, mais cela lui permit de ne pas céder aux sirènes de la colère qui lui ordonnaient de tuer ces trois hommes, de lâcher les vannes et de laisser libre court à ses pulsions meurtrières.

Mais le soldat avait raison, il ne devait pas s’en prendre à plus fort que lui, pas quand il n’était pas sûr de pouvoir l’emporter d’une manière ou d’une autre, et la raclée qu’il venait de se prendre lui avait servi de leçon.

Il garda la tête baissée, et après avoir rassuré Luna, dont les convulsions s’étaient arrêtées en même temps que les hommes avaient cessés de frapper Marlon, il s’éloigna en direction de la voûte.

Il mobilisa toute sa volonté lorsqu’il repassa devant les militaires pour ne pas leur sauter de nouveau à la gorge, même si chaque fibre de son être hurlait le contraire et le poussait à tuer, égorger, déchiqueter ces trois hommes quel qu’en soit le prix.

Il hâta le pas en s’approchant de la voûte, jetant un dernier regard à Luna et à ses trois tortionnaires, qui ne quittaient pas le runiste des yeux, un rictus moqueur sur le visage.

La sensation de vertige qui accompagnait le voyage en dehors de l’Espace Alternatif ne dura qu’un court instant, et Marlon se retrouva dans le tunnel de Forgeciel, seul et confiné de nouveau dans cet espace restreint.

Il vit qu’aucun soldat n’était dans son champ de vision et lâcha la bride à sa haine, qui tordait ses boyaux et le rongeait de l’intérieur, comme si de l’acide avait été versé dans son estomac et s’en prenait à tous ses organes, l’un après l’autre.

Il frappa le mur de roche gris avec toute la puissance dont il était capable, et la douleur qui traversa sa main lui fit du bien. Il sentit ses phalanges céder sous l’impact et n’attendit pas avant de frapper de nouveau le mur de l’autre main.

Encore et encore, il frappa, criant silencieusement sa haine pour ne pas alerter les soldats de patrouille dans les tunnels.

Au bout d’une dizaine de coups, chaque os présent dans ses mains était brisé, et la douleur irradiait jusque dans ses épaules, menaçant à chaque instant de kidnapper sa conscience et de la laisser sombrer dans l’inconscience. Du sang avait éclaboussé le mur du tunnel et assombrissait la couleur de la roche alors que des flaques commençaient à se former devant Marlon, de nombreuses plaies ouvertes sur ses mains laissant apercevoir la couleur blanchâtre des os.

Il tomba à genoux, ayant extériorisé la majeure partie de la colère qui l’avait consumé, et avec difficulté sortit un parchemin de [Soin] avant d’injecter une quantité conséquente de mana à l’intérieur.

L’aura verte épaisse s’éleva alors que le papier se consumait suite à son activation et il sentit les os se remettre en place et les plaies se refermer.

Le processus ne prit que quelques secondes et la douleur reflua de nouveau, disparaissant progressivement du corps de Marlon alors que toute trace de son lâcher-prise disparaissait, excepté la tache de sang qui marquait dorénavant la paroi du tunnel rocheux.

Il resta quelques minutes à genoux, son pantalon noir s’étant imbibé du sang qui s’était répandu sur le sol, reprenant son souffle et redirigeant ses pensées pour stabiliser son esprit.

Une fois que la colère reflua, il sortit un deuxième parchemin, insufflant du mana dans le [Soin de l’Esprit] et son cœur se calmant finalement alors que le sort prenait effet et finissait d’apaiser son esprit.

Il était passé dangereusement prêt de laisser le contrôle à son alter ego lors de l’altercation avec les soldats, et il savait pertinemment que cela aurait signifié son arrêt de mort, surtout vu le niveau des trois hommes.

Il lui fallait encore progresser, et vite. Ça devenait une question de vie ou de mort pour le runiste.

Il prit quelques minutes pour finir de se recentrer et se dirigea vers la Résidence, ignorant tous les gardes qu’il croisa et qui le regardèrent avec curiosité, bien souvent mêlée de dédain.

Il reprit l’ascenseur et déboula dans la maison qui lui était attribué, passant les différents contrôles aussi vite qu’il le pouvait.

Le calme de la résidence fut le bienvenu, et il se rendit compte que Palkor n’était pas présent.

Il alla prendre une douche brûlante, mettant ses vêtements souillés dans l’artefact qui nettoyait tout le linge sans l’abîmer, une merveille de technologie runique qui n’avait rien à envier aux machines à laver classiques qu’il avait connu sur Terre.

Il savait pertinemment à quoi il allait consacrer le reste de la journée.

Il se prépara un sandwich rapide composé de légumes grillés et de viande, puis il se replia dans sa chambre, sortant le livre d’introduction aux runes Astrales que lui avait donnée Than la veille.

S’il voulait progresser dans cette cité, il fallait qu’il connaisse leur alphabet, les runes sur lesquelles étaient basées la majorité de leurs connaissances.

Il commença par le commencement, et il vit que les runes astrales étaient divisées en plusieurs parties, certaines simples et d’autres bien plus complexes.

La partie simple était celle qui concernait l’alphabet. Les runes « communes » étaient au nombre de trente et étaient basées sur des sonorités et des assemblages simples très semblables à l’alphabet terrien que connaissait le jeune homme.

Est-ce qu’il aurait eu une compréhension automatique de ces runes si Loki avait été réveillé ? Il en aurait été très étonné, mais la pensée lui traversa tout de même l’esprit et il soupira en imaginant le labeur qu’il aurait pu éviter si cela avait été le cas.

Venaient ensuite les runes plus complexes, celles qui ne représentaient pas des sonorités mais des concepts entiers.

Il comprit que ces dernières représenteraient un défi bien plus costaud mettant à l’épreuve sa compréhension même, et il décida de se focaliser dans un premier temps sur l’alphabet pour pouvoir au moins s’orienter dans la cité de Forgeciel.

Lorsqu’il s’endormit, la nuit était bien avancée, le son de l’Appel nocturne ayant résonné depuis des heures, et il était pris par une migraine colossale qui cognait avec violence dans ses tempes.

Il avait réussi à mémoriser une grande partie des runes Alphabet et serait à même de comprendre quelques assemblages simplistes, même s’il était loin d’avoir tout assimilé.

Palkor était rentré à un moment, il ne savait pas quand exactement, et il avait entendu la porte de l’atelier s’ouvrir et se refermer aussitôt.

Le lendemain, il descendit pour manger et croisa un Palkor échevelé, ayant apparemment veillé toute la nuit sur ses expérimentations, et lui prépara une infusion herbale en même temps que la sienne.

L’apprenti lui en fut reconnaissant et lui demanda ce qu’il faisait.

Marlon lui expliqua qu’il apprenait les runes Astrales les plus simples et Palkor se proposa pour aider le runiste à intégrer les concepts de l’écriture runique ainsi que les différents assemblages utilisés dans la cité.

Le runiste fut surpris par cette proposition et accepta avec plaisir l’aide proposé, sachant pertinemment que l’apprentissage irait bien plus vite s’il était aidé par Palkor.

Ils furent rejoints au milieu de la journée par Vladimir, qui avait fini son entrainement matinal à l’Académie, et qui avant de venir à la Résidence était passé par le marché, emmenant des plats encore chauds des Délices de Sarthu. Suffisamment pour nourrir une petite armée.

Après avoir extorqué quelques pièces pour amortir son investissement alimentaire, ils discutèrent de quelques expérimentations de Palkor ainsi que de l’avancée de Marlon sur l’apprentissage de l’alphabet.

Le colosse blond, avant de repartir, aida également Marlon sur son apprentissage, lui apprenant en même temps que Palkor quelques subtilités de la langue.

Le runiste dut reconnaître que les termes appris par le colosse lui seraient certainement moins utiles que ceux donnés par Palkor, beaucoup d’entre eux se référant au sexe féminin ou à la nourriture, mais un apprentissage restait un apprentissage.

Ce soir-là, Marlon se coucha éreinté, non pas physiquement mais mentalement, ayant perdu l’habitude d’apprendre de cette manière, mais sa compréhension avait avancé à pas de géant en à peine vingt-quatre heures.

Et une impression étrange avait fait son chemin dans le cœur de Marlon pendant cette journée. C’était quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti, quelque chose de nouveau.

Lors des échanges, du repas qu’ils avaient partagés ensemble, et des corrections sur son utilisation balbutiante de l’alphabet, ce nouveau sentiment était apparu, de nulle part.

Il avait éprouvé de l’appartenance au groupe, une certaine camaraderie, ce qui était un changement abyssal comparé à ce qu’il avait connu depuis des mois.

Il s’endormit, et cette nuit il ne fit pas de cauchemars, s’enfonçant dans les bras de Morphée avec sérénité, peu habitué à ce genre d’émotions et ne sachant pas trop quoi en faire…



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