Néo-Life
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Chapitre 47 – Arrivée Glaciale

Marlon se réveilla, sa conscience engourdie par le froid glacial qui battait à ses oreilles et congelait chaque partie de son corps.

La couverture improvisée qu’il avait créée avec le tissu dont il disposait et dont il s’était enroulé le corps ne suffisait pas à le tenir au chaud, malgré la fourrure épaisse de Luna contre laquelle il se blottissait chaque jour depuis maintenant trois levers de soleils.

Ses dents claquaient les unes contre les autres de son réveil jusqu’au moment où il parvenait à s’endormir, ce qui se produisait par épisodes, plusieurs fois par jour.

Cela faisait maintenant près de vingt quatre heures qu’il ne sentait plus ses orteils, et lorsqu’il avait voulu y jeter un coup d’œil en enlevant ses chaussures, une douleur innommable l’avait fait renoncer à visualiser les dégâts, préférant l’engourdissement du froid.

Les portions de viande séchée qu’il avait rationner au maximum avaient toutes été consommées, la dernière nourriture solide ayant franchi la barrière de son estomac datant de plus d’une demi-journée.

Luna, elle, était calme, mais l’on pouvait ressentir l’inquiétude qu’elle éprouvait pour son maître qui s’affaiblissait d’heure en heure.

Marlon savait que si le voyage durait encore plusieurs jours comme cela, il mourrait surement. Il n’avait rien à brûler si ce n’était le radeau magique lui-même, tous les tissus enroulés autour de son corps glacé pour tenter de limiter au possible la fuite de sa chaleur corporelle sous les assauts incessants du vent glacial des montagnes.

Ses sourcils étaient recouverts d’une couche de givre, tout comme ses cils, et même le pelage épais de sa chimère avait fini par s’en retrouver couvert.

La vitesse de la barge avait été constante depuis qu’elle avait franchi les murs en bois de la station à Delia, le soulagement de s’en être sorti en vie avait vite laissé place à la solitude et au désespoir de finir congelé sans savoir combien de temps il restait à ce périple.

Faisant de son mieux pour faire circuler son sang, Marlon serra et desserra les mains autant de fois qu’il le pouvait, ignorant la douleur lancinante qui provenait du bout de ses articulations qui avaient commencées à noircir à cause des engelures de plus en plus sévères qu’il subissait. Il porta son regard au-delà de la barge, là où continuaient à défiler des cols et des montagnes qu’il ne connaissait pas, paysage monotone malgré sa magnificence.

Les pics blancs acérés apparaissaient et disparaissaient au gré des virages et pentes que prenaient le canal magique. Le reste des monts était gris, couleur de la roche dont ils étaient constitués, et quelques rares buissons épineux pouvaient être aperçus ça et là si l’on y prêtait attention.

Des amas de rocs étaient parsemés sur les montagnes devant lesquelles Marlon était passé et il lui avait même semblé apercevoir de sombres ouvertures à même les parois, autant de grottes disséminées le long des pics et abritant trésors où créatures mortelles, selon la chance de l’explorateur qui s’y risquerait.

Mais le jeune homme n’avait plus du tout le moral ni l’envie d’admirer ce qu’il voyait devant lui. Le vide qu’il ressentait en lui n’aidait en rien à l’amélioration de son moral.

Loki ne répondait toujours pas à ses appels intérieurs et la lueur à l’intérieur de la gemme était toujours aussi pâle, aussi terne, que lors de sa disparition.

Il fit de son mieux pour ne pas se concentrer sur la faim qui tenaillait son estomac et se pencha vers le bord de la barge, brisant avec difficulté une pique de glace s’étant formée sous l’effet du vent et des cristaux de neige projetés par le passage du radeau sur le canal magique.

Il la mit dans sa bouche et la suçota, appréciant l’eau qui coula dans sa gorge même si le fait de sucer un glaçon fit descendre encore un peu plus sa température interne.

Son visage était impassible, comme incapable d’exprimer quoi que ce soit, en partie du au froid qui gelait tous ses muscles et les pétrifiait, et d’autre part à cause du manque d’émotions autre que la douleur qui habitait le jeune homme depuis trois jours

Il retourna en rampant le plus vite possible, vu son état, près de la masse poilue de sa chimère qui ne bougeait pas, voulant abriter son maître le plus possible du froid mordant. Elle n’était pas le moins du monde impactée par ces températures, et la faim qu’elle ressentait était largement tenable. Son statut de chimère n’y était bien sûr pas étranger, et son ascendance Mantis renforçait cette ténacité et cette endurance dont elle faisait preuve.

« Au moins, je ne mourrais pas de soif, pas vrai, Luna ? »

Même sa voix était rauque et plate, reflétant son état intérieur.

La chimère grogna pour seule réponse, et le jeune homme commença à parler de tout et de rien, de ce qu’il s’était passé à Delia, de sa vie antérieure sur Terre, de ce qui les attendait à Forgeciel. Plus pour se changer les idées que pour une quelconque autre raison.

Il faisait de son mieux pour tuer le temps lorsqu’il ne dormait pas, résistant au désespoir qui l’étreignait, mais surtout, pour ignorer les murmures qu’il entendait au fond de son esprit.

Depuis son premier réveil, il pouvait de nouveau entendre la voix de son alter ego qui l’invitait à lui céder le contrôle pour ne plus ressentir cette souffrance due au froid. Elle se faisait à chaque fois de plus en plus insistante et le jeune homme l’ignorait sans aucune exception à chaque fois.

Il se rappelait clairement ce qui s’était passé lors du dernier combat, et le sacrifice que Loki avait dû faire pour permettre à Marlon de se libérer de la prison dans laquelle sa conscience se trouvait.

Etonnamment, le froid anesthésiait ses émotions presque aussi efficacement que son corps, et il lui était plus facile de ne pas céder aux chimères de sa folie lorsqu’elles se présentaient à lui. Mais d’un autre côté, il éprouvait si peu de choses en dehors du froid et de la douleur qu’il ne se sentait presque plus lui-même, surtout en l’absence de la voix de Loki.

Voulant se changer un peu plus efficacement les idées lorsque cette voix se refit plus intense dans son crâne, ressentant tout de même un certain soulagement quant au fait de ne pas voir sa mère apparaître devant lui, il mit en tremblant le dernier morceau d’écorce d’Arbol dont il disposait.

Placé près de Luna, il n’avait pas encore été recouvert par le givre et Marlon, tentant de contrôler les tremblements erratiques dont il était victime, entailla légèrement sa main pour se procurer un catalyseur.

Il jura lorsque des gouttes volèrent dans tout les sens, chaos dû au mouvement de ses bras qu’il ne contrôlait qu’à grand-peine.

Il ne se rappelait pas avoir jamais eu aussi froid dans sa vie, si ce n’était un vague flash, une impression tout au plus.

Il se revoyait vaguement, tout jeune, peut-être vers six ou sept ans, blotti contre sa mère dans la rue alors que la neige tombait autour d’eux.

Il ne pouvait revoir cette scène avec clarté, mais il était persuadé que cela faisait partie de son passé et ne sortait pas de son imagination.

Il prit une inspiration, évitant de la prolonger pour que l’air glacial ne brûle pas ses poumons et sa gorge, et il commença à tracer avec son sang le sort [Soin] sur le morceau d’écorce qui était posé devant lui.

Il jura alors que les traits se formaient, incertains, et que son intention était troublée par sa condition physique et mentale. Il ne parvenait pas à ignorer le froid qui l’assaillait, ni à le combattre efficacement.

Le sang qui coulait de sa main avait déjà coagulé. Gelé aurait surement été plus proche de la vérité, mais il esquiva cette pensée alors qu’il forçait son cerveau fatigué à finir les runes qu’il était en train de tracer sur le morceau d’Arbol.

Alors qu’il finissait laborieusement le traçage des runes sur l’écorce, il injecta son mana à l’intérieur du motif, ce qui entraîna la combustion immédiate de l’écorce.

Seulement, au lieu de la lumière verte habituelle du sort de soin, une aura grise verdâtre s’éleva en l’air et se dissipa comme un simple nuage de fumée sans que le jeune homme ne puisse ressentir aucune différence dans son état physique.

Il se laissa retomber mollement dans le pelage de Luna, ne sentant même pas les larmes couler le long de ses joues alors qu’elles gelaient presque instantanément et s’envolaient sous forme de poussière de glace dans le vent qui frappait constamment la barge et leurs occupants.

C’était le troisième échec d’affilée qu’il essuyait, et il hurla sa frustration en direction des montagnes immuables qui défilaient devant ses yeux fatigués, repoussant grâce à ce cri la vague de colère indomptable qui menaçait de l’engloutir comme un tsunami.

« HHHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAA »

L’écho de son cri se répercuta pendant de longues secondes dans les monts glacés qui les entouraient et cela ne soulagea en rien l’humeur du jeune homme, qui se laissa sombrer dans une torpeur triste et profonde où les voix de sa folie résonnaient à l’intérieur de son crâne et le tentait de plus en plus pour céder à l’abandon et à la facilité.

Il résista, encore une fois, et finit par s’endormir, d’un sommeil troublé et empli de cauchemars mêlant traumatismes de son passé et chimères étranges de son subconscient.

Il faisait toujours nuit noire lorsqu’il se réveilla, mais il sentit que Luna grondait légèrement, comme si quelque chose la travaillait.

Il lui fallut de longues minutes pour réunir l’énergie nécessaire pour se redresser, ignorant le manque de sensations de ses extrémités et la douleur lancinante qu’il ressentait intérieurement et lorsqu’il réussit finalement à le faire, il ne comprit pas d’où venait l’agitation de sa chimère.

La lune éclairait faiblement la nuit et sa lumière se réfléchissait sur les monts enneigés qui s’élevaient alentours. De nombreuses étoiles pouvaient être vues dans le ciel et brillaient avec constance dans la voûte stellaire.

Finalement, quand il porta son regard en direction de là où se dirigeait la barge magique, il vit quelque chose qui fit bondir son cœur dans sa poitrine. C’était une lueur, une simple lumière qui semblait irradier par-dessus la montagne qui lui faisait face, mais cette lumière avait une couleur qui n’était pas naturelle.

Rougeâtre, faisant penser à la couleur qui irradiait des feux ou encore de certaines lumières, elle faisait comme un halo qui se répandait comme un lever de soleil mais en plus petit.

Il fallut deux longues heures pour que la barge franchisse enfin le cap de la montagne qui bloquait la vue de ce phénomène, et Marlon piaffa d’impatience pendant tout ce temps, serré contre Luna mais ne quittant pas l’horizon des yeux dans l’espoir d’apercevoir enfin la destination qu’il devait atteindre : Forgeciel !

Quand ce fut enfin fait, Marlon ne cria pas, ni ne sourit. Non, il était bien trop bouche bée pour cela.

Face à lui se trouvait une montagne encore plus gigantesque que les autres, dont le sommet était un cratère d’où s’échappait un large panache de fumée et cette fameuse irradiation rouge qu’il avait aperçu auparavant.

Mais ce qui le choqua, ce fut l’aspect extérieur de cette montagne, ou bien volcan, il n’en était pas très sûr.

A partir de la moitié de sa hauteur, la montagne était taillée, excavée même. De nombreuses terrasses pouvaient être vues, même à cette distance, ce qui laissait présager de leur taille colossale. De nombreuses lumières s’élevaient de ces terrasses, toutes de la même couleur rougeâtre et donnant un air mystique au colosse de roche.

Toutes étaient de longueur et de hauteur différentes, et près du sommet, une sorte de ponton ou structure s’éloignait de la montagne sur ce qui semblait être une distance importante, et de nombreux appareils ressemblant à des dirigeables se tenaient alignés les uns à côté des autres, ballons semblant encore petits aux yeux de Marlon mais qui grossissaient à chaque seconde qui passait.

Oubliés le froid, les douleurs, la solitude et la folie. Le spectacle qui s’offrait à Marlon sortait tout droit d’un récit de fantasy et bien qu’il ne fût pas à sa première surprise, il resta coi devant celle-ci.

Opposée à la structure ressemblant à un ponton aérien, une plateforme s’élevait dans les airs et semblait presque flotter seule au-dessus de la montagne.

Marlon devait fermer les yeux de temps en temps pour que ses globes oculaires ne gèlent pas à cause du vent glacial qui les frappait de plein fouet, mais il ne pouvait détacher son regard de la cité taillée à même la montagne.

Le radeau magique ne ralentit sa course à aucun moment et plus il se rapprochait, plus les détails de la cité se faisaient clairs et visibles.

Il voyait des appareils volants qui n’étaient pas des dirigeables mais qui ressemblaient plus à boules de métal flottantes circuler au-dessus des multiples terrasses vers lesquelles le canal de l’écluse se dirigeait. Quelques êtres vivants étaient affairés dans ce qui ressemblait à des champs et à des plantations dont les cultures étaient inconnues au jeune homme.

Les boules métalliques semblèrent remarquer le radeau et commencèrent à se diriger vers lui, alors que l’allure de la barge commença à diminuer progressivement.

Presque au même moment, le vent qui avait mordu pendant des jours dans sa chair et menacé de le congeler jusqu’à la moelle se fit soudainement plus chaud, quelques degrés par quelques degrés, mais le jeune homme eut un soupir de soulagement, mêlé à des larmes de joies lorsqu’il comprit qu’il n’allait finalement pas mourir de froid sur cette embarcation magique.

Il voulait continuer à se plonger dans l’observation de la cité qui s’offrait à lui, mais les objets volants formèrent très vite une sorte de barrière autour de son embarcation.

Les voyant de très près, Marlon vit qu’elles étaient recouvertes de runes étranges, possédant un style tout à fait différent de celui qu’il connaissait, et il ne comprit pas ce qui était gravé sur les surfaces métalliques.

Il remarqua également la lueur presque argentée qui semblait émaner de chacune d’entre elles, et bien qu’aucune menace ne semblât être émise envers le jeune homme, il put entendre sa chimère se mettre à gronder plus lourdement et se redresser sur ses quatre pattes pour tenter de repousser ces choses étranges.

Soudainement, une voix humaine sembla s’élever de nulle part et s’adresser à Marlon.

« Ici le Corps de Défense de Forgeciel. Veuillez rester sur le module de transport et ne pas tenter de vous échapper. Les Orbes vont vous escorter jusqu’à la station d’arrivée de l’Ecluse où vous serez pris en charge. Toute résistance ou non-respect de ces consignes entrainerait une réponse immédiate de notre part. »

La voix ne comportait pas d’agressivité en elle, juste une détermination qui ne faisait aucun doute sur l’exécution de ses menaces en cas de tentative stupide de la part de Marlon.

La barrière hermétique formée par les objets sphériques laissait le devant de la barge libre, et le runiste remarqua que le canal s’enfonçait dans la montagne, laissant derrière lui le paysage enneigé et glacial pour faire place à quelque chose de plus…Marlon n’arrivait pas à trouver les mots.

Le canal évoluait dans une cavité énorme taillée à même dans la roche, et les parois semblaient briller alors que visuellement Marlon ne leur trouva rien de différent à de la roche ordinaire. Mais la lumière émanait définitivement des murs, cette même lumière rouge qui semblait être la signature de cet endroit.

La chaleur augmenta également au fil de son avancée dans la montagne, et lorsque qu’il sortit de la cavité dans laquelle la barge évoluait, il comprit pourquoi.

Il se trouvait maintenant dans une sorte de puits gigantesque, à l’échelle de tout ce qu’il avait pu voir jusque-là de la cité. La lumière de la pièce, entre le rouge et l’orange, semblait irradier encore plus fort qu’auparavant.

Quand Marlon baissa son regard et le posa sur le fond du puits, ce qu’il vit le laissa pantois, encore une fois.

C’était un puits de lave. Cette montagne était en fait un putain de volcan ! Et plus qu’actif à en juger par la quantité de magma qui semblait se trouver au fond du puits.

Des sphères semblables à celles qui flottaient autour de lui semblaient évoluer dans les profondeurs du bassin de magma et faisaient il ne savait quoi, évoluant entre des tuyaux qui semblaient pomper la lave et disparaissaient dans les parois rocheuses.

Il fallut quelques minutes à la barge pour traverser ce puits gigantesque, et le corps de Marlon continuait de se réchauffer suite à la différence de température avec l’extérieur.

Il fut frappé d’un coup par une vague de douleur intense qui le fit plonger sur le sol de la barge et hurler de douleur.

Ses extrémités semblaient être plongées dans un feu ardent et lançaient des pulsations qui résonnaient dans tout son corps sans se calmer le moins du monde même au bout de plusieurs minutes.

Le transport évoluait toujours dans les parois rocheuses de Forgeciel et il passait des intersections sans ralentir, Marlon bien trop absorbé par la souffrance qu’il ressentait pour tenter de voir où ils menaient.

Un des artefacts arriva à hauteur de son visage et la voix lui posa une question, mais la fièvre soudaine qui s’était emparée de lui fit qu’il ne comprit pas un traitre mot de ce qu’on lui demanda.

De la sueur coulait à grosses gouttes du front du runiste, et il sanglotait tellement la douleur était forte et parasitait ses pensées.

Les engelures sur ses doigts, bleues foncées, semblaient presque violacées maintenant sur les bords, et sa vision s’était troublée sous l’effet de la souffrance.

Une autre voix retentit alors, la sienne, ou plutôt celle de son alter ego, au pire moment qui soit.

« Laisse-moi prendre ta douleur, Marlon ! Laisse-moi être ! Tu n’auras plus à t’inquiéter de rien… »

Avant que sa conscience ne craque, il se mordit la lèvre intérieure avec force, et la douleur accompagnée du sang coulant dans sa bouche réussirent à distraire momentanément son esprit des autres sensations débordantes qu’il ressentait.

Il se retourna sur le dos et fixa ses pensées sur le plafond de roche qui défilait devant lui et ne changeait pas beaucoup au fil de leur avancée.

Trop concentré sur ses sensations intérieures, Marlon ne se rendit pas compte que la barge avait commencé à ralentir de plus en plus et s’enfonçait dans une nouvelle pièce ressemblant fortement à celle dans laquelle il avait embarquée à Delia.

Le canal magique s’avançait le long d’un débarcadère et la barge s’y retrouva presque à l’arrêt.

On pouvait distinguer des dizaines d’entre elles totalement bloquées sur le canal qui partait dans un autre couloir, à l’opposé de la pièce dans laquelle ils se trouvaient.

Sur le fameux débarcadère, une trentaine de personnes en armure de mailles rouge vif se tenaient debout, les armes sorties de leurs fourreaux et les regards nerveux, semblant prêt à se lancer à la guerre.

Lorsque, combattant sa douleur et le trouble dans son esprit, Marlon vit cela, il ne put s’empêcher d’éprouver une petite pointe d’angoisse, mais ne put rien y faire dans son état.

Dans un petit soubresaut, l’embarcation stoppa net au niveau des hommes en armure et Marlon eut à peine la force de croasser à l’intention de Luna.

« Reste…tranquille… »

L’un des hommes s’avança doucement et promena son regard à tour de rôle sur le fauve qui restait immobile et l’homme qui semblait très mal en point.

Il déglutit sans que sa détermination ne flanche et leva la main en direction de Marlon.

Sa main, couvertes de bagues toutes de forme et de couleurs différentes, se mit à briller d’une lueur verte en même temps que l’un des joyaux qu’il portait au doigt. L’aura lumineuse se superposa à sa silhouette pendant un moment puis s’élança brusquement en direction de Marlon, qui hoqueta alors qu’il sentait le flux de magie pénétrer son corps.

Aussitôt, la douleur reflua, les sensations revinrent dans ses pieds comme si les trois derniers jours n’avaient jamais existé, et les extrémités de ses doigts retrouvèrent une couleur normale, toute pulsation enflammée disparaissant instantanément sous l’effet du sort de soin que semblait lui avoir lancé le soldat.

Il prit une grande inspiration, tellement surpris de ne plus ressentir la souffrance qui l’avait accompagné sans discontinuer depuis plusieurs jours qu’il semblait lui manquer quelque chose.

Il porta les mains devant ses yeux, admirant la teinte rosée et uniforme qu’avait repris sa peau, et la détresse constante qu’il éprouvait depuis son départ de Delia s’atténua un petit peu, suffisamment pour qu’il ne se considère plus comme un mort en sursis.

L’espoir refit son apparition dans son esprit, mais il le contint et porta son regard dans les yeux de celui qui venait de le sauver.

« M…Merci, qui que vous soyez…vous n’imaginez pas ce que je viens de traverser. »

L’instant d’après, deux autres soldats s’avançaient vers Luna et Marlon et tous deux brandirent leur main droite, qui se mit à briller d’une lumière bleue.

Deux auras bleutées partirent en direction de la chimère et du runiste, et lorsqu’il fut atteint, il s’écroula sur la barge, profondément endormi et ayant sombré dans l’inconscience sans ayant pu y faire quoi que ce soit.

Luna s’écroula également en même temps que son maître, et même si elle tenta de résister plus que Marlon, rien n’aurait pu l’empêcher de sombrer dans le sommeil artificiel qui venait de lui être infligé.

Lorsque le runiste ouvrit les yeux quelques heures plus tard, il se rendit vite compte qu’il était enfermé dans ce qui ressemblait fortement à une cellule de prison, une petite pièce dont les cloisons étaient faites de roche grise et massive, la seule porte de la pièce étant en fait un enchevêtrement de barreaux métalliques qui laissaient voir de l’autre côté une pièce similaire.

Un homme à l’air sévère était assis devant sa cellule. Vêtu d’une tunique rouge comme la plupart des autres vêtements dans cet endroit, semblait-il, il avait une stature imposante et une moustache fournir lui donnait un air sévère que démentaient ses yeux rieurs d’un bleu azur profond.

« Bonjour à vous. Je me présente. Je suis Than, le Forgeur Céleste de Forgeciel. Autrement dit, le chef de la cité. Des rapports de Delia assez étranges nous sont parvenus juste avant votre arrivée, et si vous voulez sortir de cette cellule, il va falloir répondre à quelques questions de ma part. J’espère que cela vous convient ? »

Un frisson parcourut le dos de Marlon, son instinct lui criant que cet homme était bien plus dangereux que l’impression qu’il donnait aux premiers abords.

Alors le runiste fit ce qu’il fallait faire en une telle situation.

Il hocha la tête et se prépara à répondre à toutes les questions que voudrait lui poser cet homme.

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