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Chapitre 46 – Forgeciel (1)

Palkor courait à en perdre haleine dans les couloirs souterrains de Forgeciel.

L’air chaud et humide qu’il inspirait ne lui faisait plus ni chaud ni froid après toute ces années, et il était totalement acclimaté aux bizarreries de la cité taillée à même la montagne.

Ces fameux couloirs, dont les parois étaient grises, creusés dans les parois rocheuses, étaient un véritable labyrinthe pour qui ne s’y connaissait pas. Les quelques panneaux écrits en langue runique disséminés aux différentes intersections étaient pour la plupart érodés par le passage du temps et un mauvais choix de parcours pouvait vous faire déboucher dans une partie éloignée de la ville troglodyte.

Si vous ne faisiez pas attention, vous pouviez également vous retrouver dans les parties interdites de la ville et vous faire chasser par des gardes zélés qui ne pensaient qu’à une chose : accomplir leur tâche avec efficacité.

Les lumières magiques d’un ton orangé éclairaient cependant avec puissance chaque centimètre carré des couloirs, et la largeur même de ces passages faisait que l’on avait du mal à se sentir enfermé où même à se rendre compte que l’on était sous des kilomètres de roches granitique.

Le jeune homme, frôlant le mètre soixante, essuya d’une main la sueur perlant sur son front et en profita pour ramener sa longue chevelure bouclée couleur de jais en arrière, remettant en place le bandana qui n’arrêtait pas de glisser avec les tressautements provoqués par sa course effrénée.

Sa tenue, pantalon de lin marron et chemise taillée dans la même matière, reflétait son statut d’Apprenti Faiseur, et le rythme intense auquel il se soumettait témoignait du retard très important qu’il avait ce matin-là.

Il n’avait pu résister à l’envie de veiller en révisant ses cours sur la matière de Forge jusque tard dans la nuit, et son réveil n’avait pas suffi à le réveiller totalement.

Il n’avait ni pris le temps de déjeuner, ni celui de se laver avant de se précipiter pour ne pas finir de corvée de ménage toute la semaine.

C’était en général ce qui attendait les mauvais élèves dans l’Académie, le prestigieux institut de Forgeciel, qui ne supportait pas les écarts de comportement. Du moins ceux qu’il pouvait voir.

Il passa devant le poste de contrôle de l’Académie et en franchit les grilles, commençant à évoluer dans le dédale de bâtiments qui la composait en jurant et en maugréant contre son réveil tardif.

Cette Académie enseignait à deux des trois branches principales de Forgeciel. Les trois classes divisaient la population selon leurs compétences et leur souhait d’avenir, et comprenaient toutes les professions nécessaires au fonctionnement de la cité ainsi qu’au bien-être de l’Empire. Du moins en théorie.

Ces trois branches d’éducations étaient La Voie du Forgeur, Le Devoir du Soldat et Le Labeur du Méritant.

La Voie du Forgeur se composait de toutes les professions touchant de près ou de loin aux métiers d’artisanat, de forge, et de magie, la quintessence de cette branche étant le métier de Forgeur, celui auquel se formait Palkor. Les Forgeurs maniaient le flux de mana et la forge pour donner naissance aux Sangsues, artefacts capables de stocker le mana et d’activer divers sorts suivant leur conception. Ces artefacts étaient connus dans tout l’Empire et se négociaient à prix d’or.

C’étaient des créateurs spécialisés dans la magie et son utilisation par le biais d’outils. Une des professions les plus recherchées de l’Empire, et Palkor était particulièrement doué dans ce domaine.

Le Devoir du Soldat, touchait lui à tout ce qui pouvait être assimilé au domaine militaire. Du soldat d’élite jusqu’au gestionnaire logistique des forces armées, tous étaient formés dans l’Académie, et leur prestige n’était pas moins important que ceux de la Forge.

Bien souvent les groupes nouvellement diplômés étaient envoyés au front d’Embria pour affronter les Nécros et s’aguerrir au contact de la dure réalité. L’enseignement de l’Académie étant très poussé et surtout très élitiste, donc presque tous revenaient. Mais il y avait bien sûr des ratés, comme partout ailleurs.

Ceux qui faisaient partie de la branche du Labeur n’étaient pas formés à l’Académie, mais dans une autre institution, située plusieurs étages en dessous, aux Terrasses, là où l’espace agricole était situé, et où tous les métiers manuels ne faisant pas partie des deux premières branches étaient enseignés. Bien que moins prestigieuse, les élèves en sortant diplômés étaient ardemment désirés par le reste de l’Empire, car Forgeciel ne négligeait aucun enseignement, quel qu’il soit, et tous faisaient en général partie de l’élite de leur secteur.

Forgeciel, en quelque mots, étaient l’endroit d’où sortaient les élites de l’empire. La fierté de la cité tenait dans ce simple point, et tout était fait pour conserver cet état de fait, à un certain prix.

Palkor faisait partie des rares privilégiés. Il était le fils du Forgeur Céleste, la position la plus élevée de la cité. Son père était le chef de la ville, et également un Forgeur réputé, dont les compétences étaient vantées et reconnues depuis des années.

Mais cela ne facilitait en rien la vie du jeune homme, bien au contraire.

Il avait toujours eu accès aux meilleurs soins, aux précepteurs et à tout le confort dont l’on pouvait rêver dans un endroit tel que Forgeciel, mais son père avait toujours eu des exigences très élevées pour son enfant.

Pas un jour ne passait sans que son savoir ne soit mis à l’épreuve et retoqué là où il le fallait. L’affection et les preuves d’amour ne faisaient pas partie du quotidien du jeune homme, d’aussi loin qu’il pouvait se souvenir. Quelques compliments étaient proférés lorsqu’il connaissait le sujet sur lequel il était interrogé sur le bout des doigts, mais jamais aucune relâche n’était permise.

Les jours de repos n’existaient pas, les soirées entre amis non plus, ou presque pas. Chaque soirée était sujette à l’acquisition de nouvelles connaissances, et lorsque des repos étaient accordés aux autres jeunes étudiants, Palkor devait continuer à travailler et lire les archives impériales, retraçant les savoirs perdus ou d’autres choses que le commun de Forgeciel n’imaginait même pas.

Cela avait façonné le jeune homme, d’une certaine manière.

Il y avait longtemps qu’il s’était résigné, et même si de temps en temps il sentait sa volonté faiblir, cela ne durait jamais très longtemps et il repartait très vite la tête haute et la mâchoire serrée, bien déterminé à rendre son père fier et à devenir le meilleur de la cité.

Il était devenu, à force, passionné par tout ce qu’il découvrait et s’était créé une routine à la hauteur des espérances de son paternel.

Il était vite devenu le meilleur élève de sa formation, et certains ainés avaient même commencé à le prendre sous leurs ailes, malgré le fait que l’Académie désapprouvait ce genre de comportement pour éviter toute forme de favoritisme.

Mais au bout de cinq ans, il était devenu le génie de sa génération, et tous avaient été forcés de reconnaître le potentiel infini dont il avait hérité au travers de son dur labeur et de sa volonté farouche.

Il finit par arriver, au bout de maints détours et raccourcis qu’il avait mémorisé au fil des années, devant une porte épaisse en bois, qu’il poussa doucement en croisant intérieurement les doigts.

Lorsqu’il entra dans la pièce, le silence d’or qui y régnait le fit grincer des dents. La multitude d’apprenti, au moins une centaine, assis derrière leurs tables d’expérimentations, le fixaient avec pour la plupart un sourire narquois sur le visage.

Mais ce qui le fit grimacer fut l’air déçu et réprobateur qu’arborait le Sylvain qui leur faisait classe.

Longiligne, le visage en forme d’ovale et les yeux plus grands que ceux d’un humain donnaient à cet être des expressions très lisibles, bien plus accentuées et prononcées.

La robe pourpre qu’il portait se mit à voleter derrière lui alors qu’il s’avançait vers le jeune homme en secouant la tête avec exagération à son intention.

« Palkor, encore vous. Vous êtes peut-être doué, mais cela ne vous autorise en aucun cas à venir presque systématiquement en retard aux cours que je dispense ! Pensez-vous être au-dessus des autres ? Votre père serait-il content de savoir cela ? »

« Ex-excusez-moi, professeur. Je ne me… »

La main levée du Sylvain, lointain cousin des Elfes dont la famille émigra des siècles auparavant, balaya ses excuses d’un geste et il indiqua d’un geste dédaigneux le pupitre réservé au jeune homme.

« Peu m’importe vos excuses, Palkor. Allez-vous installer et puisque vous êtes arrivé en retard, vous resterez une heure ou deux en plus aujourd’hui pour rattraper votre suffisance éhontée. »

La pièce, tenant plus d’une caverne gigantesque que d’une véritable salle de classe, était très haute de plafond et faisait au bas mot plus de mille mètres carrés. Les parois étaient grises, comme la plupart des murs et parois de toute la cité, et de puissantes Sangsues Lumière étaient disposées à intervalles réguliers, diffusant dans l’entièreté de la pièce une lumière blanche éclatante, effaçant toutes les ombres qui auraient pu être présentes.

Le jeune homme ne dit rien et maugréa en silence alors qu’il prenait place derrière son bureau.

Tout était disposé sur cette table de manière à ce que les étudiants puissent pratiquer la Forge en toute sérénité.

Ce ‘bureau’ était composé de trois grandes parties et avait une forme de U évidente.

La partie de gauche comprenait les ingrédients nécessaires à l’exercice du jour, métaux, gemmes, et autres choses essentielles au raffinement d’une Sangsue fonctionnelle. Il y avait également un ouvrage conséquent disposé sur la partie centrale du bureau et qui comprenait toutes les différentes recettes communes pour les diverses Sangsues connues par Forgeciel.

Celles qui ne recelaient aucun danger, bien entendu. De par ses études poussées et sa curiosité sans fin, Palkor avait déjà découvert d’autres recettes bien plus dangereuses et donnant des résultats disons plus…intéressants que celles qu’il avait devant lui.

La dernière partie, à droite du plan de travail, comprenait les divers outils et moules nécessaires à l’accomplissement de sa tâche, rangés tous au millimètre près et alignés proprement devant lui.

Il soupira d’ennui en voyant ce qu’il devait créer aujourd’hui, une simple Sangsue Tunnel. Elle permettait de creuser la roche et de donner vie aux tunnels qu’il avait traversé en galopant quelques minutes auparavant, et ne représentait aucun défi réel pour le jeune homme…

Eroch, le Sylvain qui enseignait aujourd’hui, ne quittait pas Palkor du regard, connaissant bien trop son caractère légèrement rebelle envers le cursus classique qu’il leur dispensait. Il connaissait ses capacités mais ne voulait en aucun cas le favoriser, ne voulant pas qu’il soit encore plus la cible de ses camarades.

Car bien qu’étant le fils du Forgeur Céleste, ses capacités et son tempérament peu sociable lui avaient valu beaucoup d’inimitié de la part des autres étudiants.

Il n’était pas rare que Palkor fut la cible de moqueries et de blagues plus que douteuses plusieurs fois par semaine. Chahutages, vols, essais de Sangsues défectueuses sur sa personne…

Il était passé par tous les stades du harcèlement et avait fini par se faire une raison, ignorant totalement qu’Eroch et les autres professeurs avaient empêchés une bonne partie des actes vraiment malfaisants à son encontre.

Le Sylvain regarda donc d’un œil distrait le jeune homme se mettre au travail, les gestes précis et assurés distribuant les ingrédients de manière ordonnée dans la forge magique qui était posée sur la partie médiane du bureau leur étant attribué.

Les yeux de Palkor s’étaient faits distants, son cerveau et son corps ne faisant plus qu’un alors que toutes ses pensées étaient dirigées vers la création de la Sangsue Tunnel. Car même s’il trouvait l’exercice ennuyeux, il était hors de question qu’il ne le fasse pas correctement.

L’échec ne faisait pas partie de son vocabulaire. Plusieurs fois il avait passé des jours entiers à refaire les Sangsues lui posant problème, ne tenant en aucun cas compte de la fatigue ou de la lassitude qu’éprouvait son corps, ne voulant qu’une chose : la perfection.

Et il y arrivait toujours.

Une fumée jaune s’éleva de sa petite forge et virevolta jusqu’au plafond, plusieurs mètres au-dessus de sa tête. Lorsqu’il fut certain que tout était prêt, il sortit le premier amalgame de la structure de forge et commença à lui donner forme grâce aux différents outils présents sur la dernière partie de son plan de travail.

Plusieurs heures plus tard, et plusieurs passages de matériaux dans la forge, il avait devant lui ce qui ressemblait à un bracelet, mais dont les circonvolutions complexes et diverses gravures en forme de runes démentaient la simplicité, brillant d’une lueur jaune, tout comme la fumée qui s’était dégagée de la forge.

Les lumières blanches de la pièce jouaient sur l’alliage auquel il avait donné naissance et une pulsation légère pouvait être ressentie lorsque l’on se penchait près du bracelet.

Cette pulsation était la preuve de la qualité de son travail, et elle n’était présente que sur les ouvrages exempts de défauts de fabrication, ce qui était assez rare pour être souligné.

Eroch ne dit rien, mais ne loupa aucun reflet, aucune pulsation de l’œuvre crée par Palkor. Il complimenta le jeune homme d’un simple mouvement de tête et avança parmi les autres étudiants, commentant acerbement les multiples échecs ou atrocités dont il fut témoin, tout particulièrement après la réussite éclatante de Palkor.

Ce dernier ne s’enorgueillit pas de sa réussite, et profita du temps qu’il lui restait pour relire encore l’encyclopédie des Sangsues, ancrant encore plus profondément ses connaissances et devisant intérieurement sur des théories de fonte ou de modelage qui pourraient avoir des effets complémentaires quant à la création hypothétique d’une Sangsue nouvelle.

Certaines d’entre elles, faisant partie des artefacts légendaires, pouvaient sans aucun problème éclipser les pouvoirs d’un mage au niveau Grand Maître, mais elles faisaient partie des légendes.

La plus connue, la Sangsue Tempête, avait été vue au doigt de Magnus, le plus grand mage ayant jamais existé, mais elle avait disparue en même temps que lui. Il paraît qu’elle était capable de déclencher des tempêtes à même de remodeler des paysages entiers par sa puissance de destruction.

Mais tout cela n’était que racontars transmis de bouche à oreille au fil des générations, et déformées par le passage du temps.

Beaucoup rigolaient lorsque Eroch en parlait, mais Palkor était persuadé de l’existence de telles reliques, et son objectif ultime était de réussir à créer une telle œuvre. Cela ne se ferait pas avant des décades, mais il était quelqu’un de rigoureux. Vraiment déterminé et très, très patient.

Lorsqu’il sortit de la salle d’apprentissage, il savait que la soirée était bien entamée. Les Sangsues Lumières ornant les couloirs changeaient d’intensité et de couleurs en même temps que les cycles de jour et de nuit.

Elles étaient maintenant beaucoup plus tamisées et tiraient sur une teinte jaunâtre plutôt que blanche comme elles l’avaient été ce matin-là.

Eroch avait refait une leçon de morale à Palkor, insistant pour qu’il fasse attention à ses dérives comportementales, comme aimait bien les appeler le sylvain, le jeune homme abondant dans son sens en s’excusant et en promettant de faire des efforts.

Le professeur avait fini par lui dire à demi-mot que sa Sangsue du jour était digne d’éloges, mais cela avait laissé le jeune homme indifférent. Les attentes de son père étaient bien plus élevées que cela, il le savait, et ne se permit qu’un petit moment de détente intérieure en récompense avant de sortir et de repartir dans les quartiers où il résidait.

Les couloirs de Forgeciel étaient ponctués çà et là de cavernes gigantesques servant d’espaces sociaux où tous pouvaient se rencontrer et parler de leur journée, en mangeant un morceau ou en buvant des boissons non alcoolisées, l’alcool étant un tabou dans la cité souterraine.

Mais Palkor évitait ces endroits comme la peste, sachant pertinemment qu’un ou plusieurs étudiants ne pourraient s’empêcher de le prendre à partie et de se moquer de lui, de sa taille ou bien encore de ses retards, pour les plus gentils, si jamais il les croisait.

Il faisait donc souvent de grands détours pour éviter ces fameux espaces mais même cette technique n’était pas infaillible.

A quelques minutes à peine avant d’arriver à destination, là où il ne pourrait être atteint, dans la Résidence Céleste, il tomba au détour d’un couloir sur un groupe de jeunes qu’il ne connaissait que trop bien.

Talron, Deica et Narji. Tous trois étaient fils de Décisionnaires, les subalternes directs de son père qui siégeaient au Conseil de la cité, et n’hésitaient jamais à user de leur statut pour écraser les plus faibles et les moins affirmés parmi les étudiants.

Palkor était devenu leur cible de choix depuis qu’ils avaient compris que le Forgeur Céleste ne se mêlait pas des affaires de son fils et que ce dernier subissait sans broncher les différents sévices qu’on lui imposait par peur de décevoir son père s’il les rapportait à la Garde.

Ils étaient profondément jaloux de son talent et de son statut social, et Palkor avait fait l’erreur un jour de s’imposer grâce à son statut devant un enseignant qui les avait obligés tous trois à se soumettre au jeune homme.

Depuis, ils jouaient au jeu du chat et de la souris, et si le fils du Forgeur Céleste n’était pas un chaton sans défense, il ne pouvait pas faire grand-chose contre plusieurs individus, pas avec les Sangsues dont il disposait, car seuls ceux s’aventurant au-dehors de la cité ou bien les gardes étaient autorisés à posséder des Sangsues offensives pouvant occasionner de lourds dégâts.

Heureusement, les blessures sévères étaient lourdement punies dans la cité, aussi s’en sortait-il à chaque fois avec au maximum des bleus et quelques écorchures. Mais ces enfoirés savaient où taper pour que cela fasse mal sans laisser de séquelles, et à chaque fois son orgueil s’en sortait écorcher.

« Alors, Palkor, on essaie de nous éviter ? »

Najri, l’air pédant et imbu de lui-même, se mit au milieu du couloir, flanqué de ses deux acolytes, pour empêcher le jeune homme de passer et d’échapper à la correction qu’ils avaient prévus de lui infliger.

« Les gars, sérieusement, qu’est-ce que j’ai fait encore aujourd’hui ? Vous n’en avez pas marre de vous battre comme des lâches ? Vos pères seraient fiers de vous, hein ? De petits fils-à-papa comme vous incapables de porter leurs bourses comme de vrais hommes. »

Bon, il fallait avouer que Palkor avait une propension incroyable à mettre de l’huile sous le feu, et que sa répartie lui avait bien plus souvent valu des ennuis que ses actes.

Les trois jeunes gens rougirent de colère et le dénommé Najri se jeta sur Palkor en même temps que ses camarades. Ce dernier n’eut que le temps de décocher un coup dans l’estomac de son adversaire avant de se faire rouer de coups.

Il se mit en boule, prostré au sol, attendant que la tempête passe sans pousser un seul cri, les trois tortionnaires se contenant de le frapper juste avec suffisamment de force pour lui faire mal tout en l’insultant de tous les noms.

Palkor serra les dents en tentant d’ignorer la douleur, et ce qui ne dura que quelques secondes parurent pour lui être une éternité.

Soudainement, une voix gronda derrière le groupe qui s’acharnait sur le jeune homme.

« JE VOUS AVAIS PREVENU, BANDE DE MERDEUX ! »

Les coups se firent plus légers sur Palkor, et cela fut du au fait que l’un des agresseurs vola en l’air vers l’arrière, projeté par une main qui devait presque faire la taille de sa tête.

Un colosse blond, faisant plus de deux mètres de haut et étant composé en grande partie de muscles épais et d’os incassables avait fait son apparition, et ses deux sourcils épais et fournis se rejoignant presque tellement ils étaient froncés étaient la preuve de son énervement.

Celui qui avait été projeté se releva et son teint pâlit à la vue du géant blond qui roula des mécaniques alors que les deux autres s’étaient éloignés vers les parois des couloirs et regardaient d’un air craintif le protecteur de Palkor.

Celui-ci toussa quelque peu, grimaçant en se relevant alors que ses côtes et la plupart de ses os grinçaient de douleur.

Il fit un sourire ensanglanté à l’intention de ses agresseurs, crachant au sol et ricanant.

« Alors, les gars, deux contre trois et ça y est vous vous dégonflez ? Bande de chiffes molles. »

« Ton pote ne sera pas toujours là pour te protéger, Palkor, tu devrais surveiller ta bouche. Un jour, tu finiras au fond du Puits et personne ne se plaindra si ce n’est ton mutant de copain ! »

Les trois s’enfuirent en maudissant le jeune Forgeur et le géant blond lui mit une calotte amicale derrière la tête.

« Tu ne peux pas t’en empêcher, hein ? Il faut que tu les provoques ! »

« T’inquiètes, Vlad, je te jures qu’un jour je me les ferais ! »

Le géant secoua la tête avec un air désabusé faisant voler ses cheveux blonds dans tous les sens d’une manière presque comique tellement cela jurait avec sa stature.

Vladimir avait toujours été là pour lui, aussi loin qu’il s’en souvienne. C’était le seul véritable ami qu’il avait dans la cité, et son physique imposant ainsi que sa force démesurée en avait fait l’un des meilleurs élèves de la Branche du Devoir. Sans lui, Palkor aurait surement finit bien plus souvent tabassé par ses détracteurs.

Adopté à la naissance, car sa mère ayant succombée à l’accouchement, et son père mort au combat au Front Nécros, ce dernier faisait partie des pupilles de Forgeciel, nourri, logé et blanchi car ses compétences et son potentiel ayant été reconnu par tous. Il avait une personnalité très directe, franche et sans détours, ce qui avait fait qu’ils s’étaient tous deux très bien entendus dès leur rencontre.

Mais Palkor évitait de trop se reposer sur lui, plus pour ne pas être un fardeau que par fierté. Son ami était son ami, pas son garde du corps.

Palkor s’étira, geignant de douleur, avant de s’appuyer sur le bras de Vladimir et de se mettre à boitiller en direction des quartiers de la Résidence Céleste.

Vladimir ricana devant l’air geignard de son ami et le taquina quelque peu.

« Tu n’en rajoutes pas un peu ? Ces types sont en fil de fer, un souffle de vent les ferait s’écraser contre les parois des tunnels. »

« Pas du tout, ils ont bien visé, je te le jure. Et j’aime beaucoup la façon que tu as de les projeter, Ô ma tempête adorée, haha ! »

Ils rirent tous deux et se dépêchèrent de rentrer dans leurs quartiers respectifs, Palkor sachant pertinemment que son père allait le houspiller pour son allure dégingandée après s’être fait tabasser.

S’il se rappelait qu’il avait un fils bien sûr…

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