Les Chroniques d’un Pilleur de Tombes | Grave Robbers' Chronicles | 盗墓笔记
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Chapitre 35 : La Solution du Gros
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Lorsque Gros-lard annonça qu’il avait la solution, nous nous préparâmes à entendre une fois de plus les foutaises dont il était le spécialiste :

― Écoutez-moi. C’est une perte de temps de réfléchir à ce problème sans organiser nos pensées. Pourquoi ne pas écrire toutes les possibilités, les regrouper par catégories et essayer ensuite de les vérifier directement par nous-mêmes ? Voilà ce que je veux dire.

Il prit un bâton et écrivit les chiffres de un à quatre sur le sol :

― Chacun fait une suggestion sur ce qui nous rend si confus. Rien de précis, une idée générale suffit.

― Il y a un piège, dit Grande-Gueule.

Le Gros écrivit le mot « piège ».

― Il y a peut-être quelque chose qui affecte notre perception sensorielle, dit Shunzi, J’ai déjà vu cela à la télévision. C’est comme si quelque chose nous hypnotisait et nous faisait revenir malgré nous au point de départ.

Le Gros écrivit « illusion » sous le numéro deux et me regarda pour la prochaine suggestion.

― En théorie, dis-je, cela pourrait être lié au pliage de l’espace.

― Qu’est-ce que c’est que ça ? Je ne te comprends pas, dit Grande-Gueule.

― Ça n’a pas d’importance. Nous ne comprenons rien à ce qui se passe de toute manière, n’est-ce pas ? Mais nous le comptons.

Il écrivit les mots « pliage de l’espace » sous le numéro trois. Puis il dit :

― Je pense qu’il y a des fantômes. Et il écrivit le mot « fantômes » sous le numéro quatre.

― Quel est l’intérêt de les écrire ? demanda Grande-Gueule.

― Vous êtes instruits, répondit Gros-lard, mais moi je ne le suis pas, alors je dois écrire tout ce que je sais. Et il y a des avantages à cela. Par exemple, si tu as plusieurs choses à planifier, tu peux les mettre dans l’ordre à l’avance. Cela peut t’aider à gagner beaucoup de temps. N’avons-nous pas seulement deux jours ? Nous devons utiliser notre temps à bon escient. Ah oui, y a-t-il une cinquième idée ? Quelqu’un ?

Aucun d’entre nous ne répondit.

― D’accord. Vérifions le premier et le deuxième point. Ces deux points peuvent être traités ensemble.

Il avait l’air très content de lui, comme s’il avait un atout dans sa manche. Je sentis tout de suite qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Quel plan fou avait-il à l’esprit de toute façon?

Le Gros prit son fusil et dit :

― Ce tunnel fait entre mille et deux mille mètres de long. Mon fusil d’assaut peut tuer à une distance de quatre cents mètres, mais la balle peut parcourir trois mille mètres. Je vais tirer ici et voir ce qui se passe.

Je ressenti soudain un élan d’admiration pour le Gros. Bien que les sens humains puissent être trompés, les balles sont inanimées. Le tunnel pouvait nous affecter, mais il ne pouvait pas affecter une balle. Si cette situation relevait des règles du bon sens, le projectile disparaîtrait au bout du tunnel.

La meilleure partie de cette expérience résidait dans la vitesse de la balle. Dans un tunnel aussi court, elle pouvait parcourir toute la distance en quelques secondes. Aucun piège ne pouvait être tendu en si peu de temps.

Néanmoins, si la situation dépassait le cadre du bon sens pour entrer dans le domaine de la métaphysique, alors la balle transcenderait l’espace et ferait un virage à 180 degrés dans le tunnel rectiligne, tout comme nous l’avions fait.

C’était une solution simple et belle. J’avais un peu honte de ne pas y avoir pensé moi-même.
Le Gros sortit son fusil et s’apprêta à tirer dans le tunnel. Sur ce, je m’empressais de crier :

― Attend !

― Qu’est-ce qu’il y a ?

― Ne fais pas ça comme ça, dis-je, Si, et je dis bien si c’est vraiment un plan aussi diabolique, tu peux mourir en un instant si tu tires dans cette position et que la balle revient par là.

D’un signe de tête, il déplaça légèrement l’arme sur le côté. Si la balle revenait dans notre direction, elle frapperait quelque part près de la partie inférieure de la bouche du canon.

Nous nous cachâmes derrière la porte et le Gros ouvrit le feu. Une forte détonation résonna dans le tunnel, suivie d’une série d’échos. Puis la porte du tombeau trembla violemment, projetant un nuage de poussière dans l’air.

Le Gros se tenait toujours en position de tir et la fumée de son coup flottait autour de lui. À quelques centimètres sous le canon de son fusil se trouvait un trou de balle dans la porte du tombeau. Il était clair que nous n’avions affaire ni à un piège, ni à l’hypnose, mais à un problème d’ordre surnaturel.

Nous retournâmes dans la salle du trésor pour s’asseoir et en parler.

―Nous sommes foutus, dit Shunzi en jetant un coup d’œil au cadavre de son père.

Je savais ce qu’il pensait. J’avais la même chose à l’esprit. Désormais, nous savions tous pourquoi les cadavres portaient des expressions de désespoir et d’impuissance. Nous pourrions bientôt être en leur compagnie, avec les mêmes expressions misérables sur nos propres visages décédés.

Nous restâmes silencieux pendant un long moment avant que le Gros ne finisse par dire :

― Bon, nous l’avons tous vu de nos propres yeux, alors évitons les conneries et passons à la troisième ? Comment peux-tu expliquer le pliage de l’espace pour que nous puissions le comprendre, Jeune Wu ?

― Non ! Nous n’avons pas besoin de comprendre, dit Grande-Gueule, Il y a six corps ici. En supposant que huit personnes soient entrées dans cet endroit, deux d’entre elles ont dû en sortir, même si nous n’avons aucune idée de la façon dont elles l’ont fait. Mais si la troisième hypothèse du jeune maître Wu est vraie, alors personne ne serait sorti. Il n’est donc pas nécessaire d’y réfléchir, à moins que nous ne voulions abandonner et mourir.

― Comment sais-tu que huit personnes sont entrées ? Il pourrait n’y en avoir que six.

― Le nombre de personnes qui sont entrées ici n’a rien à voir avec notre situation actuelle, mais il est très important pour notre moral. Si deux personnes s’en sortent, notre état d’esprit sera complètement différent, ce qui nous permettra de réfléchir à leur méthode d’évasion. Au moins, cela nous donnerait un peu d’espoir, expliquai-je, Examinons les carnets des morts. Peut-être que l’un d’entre eux a tenu un journal qui nous fournira un indice.

Toutefois, en feuilletant les pages des carnets, je ne trouvai rien d’utile.

Je me demandai pourquoi ces gens écrivaient le moindre texte alors que leur mort était si imminente. Et puis je réalisai qu’ils n’avaient probablement pas de source de lumière avant de mourir. Les piles de leurs lampes avaient dû tomber en panne, et ils n’avaient rien pour se réchauffer, ce qui expliquait pourquoi ils se blottissaient les uns contre les autres pendant qu’ils quittaient ce monde.

Si huit personnes étaient entrées, quand deux d’entre elles étaient sorties ? Certainement pas quand les disparus étaient conscients, car ils les auraient suivis. Etaient-ils sortis dans l’obscurité, ce qui avaient empêché les autres de les voir ? La clé de notre évasion résidait-elle dans la notion d’obscurité, en quittant la chambre sans utiliser de lumière ? Je frémis, car je détesterai emprunter ce tunnel dans le noir.

― Éteignez vos lampes de poche, dis-je, Nous devons économiser les piles. Si nous allumons le réchaud de Grande-Gueule, nous aurons assez de lumière pour examiner attentivement ces carnets. En voici un pour chacun d’entre nous. Et regardez, ce type avait un roman. Shunzi, regardez le pour voir s’il y a des notes manuscrites.

Nous nous regroupâmes autour du réchaud, tournant les pages dans l’espoir de trouver un indice en lisant attentivement chaque mot.

L’écriture du carnet que je tenais était délicate et gracieuse, écrite par une femme. Je tournai plusieurs pages, n’y trouvant que des noms et des numéros de téléphone, puis une liste d’invités pour un dîner avec l’adresse de l’hôtel « Montagnes de Changbai ». Il y avait même quelques cartes simples dessinées à certains endroits avec des adresses et de courts mémos.

Les pages suivantes étaient vides, néanmoins je les parcourais une à une dans l’espoir qu’elle ait pu écrire quelque chose d’autre.

― Voici un indice, dit le Gros, J’ai vendu aujourd’hui le dernier exemplaire ramené de l’océan. J’en ai tiré trois mille yuans. J’ai rendu mille cinq cents yuans au vieux Li et j’ai remboursé ma dette. On dirait que cet homme était un pêcheur.

Je secouai la tête et souris avec ironie. Puis je me tournai vers Grande-Gueule. Son cahier était le plus fin de tous, il n’y avait presque rien d’écrit à l’intérieur, et il l’avait déjà terminé. J’observai ensuite Shunzi, qui était absorbé par son roman.

Contrarié, Gros-lard s’empara du bouquin :

― Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? jura-t-il, On vous a demandé de chercher des indices, et là, vous lisez pour le plaisir. Donnez-moi ce livre !

Le livre perdit des pages qui volèrent sur le sol. Alors que nous les ramassions, Grande-Gueule cria :

― Hé, il y a une photo ici. Il nous montra une photo noir et blanc jaunie.

Je la saisis, l’examinai dans la faible lumière et j’eu le souffle coupé. Sur la photo, on voyait mon oncle San, Wen-Jin et les étudiants en archéologie à l’embarcadère, avant qu’ils ne se rendent sur le site de la tombe souterraine.



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