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Le Mécanicien Légendaire | The Legendary Mechanic
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Chapitre 23 – Tu m’as bien eu !

À mesure que Han Xiao soudait et assemblait les pièces qu’il avait créées, le bras prothétique prit forme. Les autres furent surpris de constater que Han Xiao n’avait produit aucune pièce superflue. Il avait été d’une efficacité totale depuis le début, ce qui prouvait qu’il avait réellement tout planifié.

« Bon sang, il ne va quand même pas réussir ? » marmonna le vieux Lu, ce qui lui valut un regard noir de Lu Qian. Quel grand-père sournois !

Les voir aussi ébahis faillit faire éclater Han Xiao de rire. Comment aurait-il pu échouer alors qu’il avait déjà le plan en mémoire ?

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Vous avez créé [Bras bionique gauche (version mécanique)], ce qui vous rapporte 2000 points d’expérience !

[Bras bionique gauche (version mécanique)]

Objet spécial

Une prothèse très réaliste créée à partir des principes de la dynamique des machines et de la suspension. Réglable selon les besoins de l’utilisateur, elle est souple, mais extrêmement résistante !

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La prothèse métallique polie prit à Han Xiao 2 heures et 33 minutes au total. Un simple coup d’œil à sa structure suffisait à tous les présents pour voir que c’était une prothèse extrêmement fonctionnelle.

Tout le monde était sidéré !

Il l’a vraiment fabriquée !

Tandis que Lu Qian se couvrait la bouche, incrédule, une seule pensée lui vint à l’esprit. J’ai touché le gros lot !

« Cette prothèse aura l’air réaliste si vous la recouvrez de… »

« Épargne-nous tes salades, testons-la tout de suite », coupa le vieux Lu en ravalant sa salive. Han Xiao avait beau avoir largement dépassé ses attentes, sa décision n’avait pas changé.

Le grand vieillard leva les yeux au ciel devant le vieux Lu et prit la prothèse pour l’examiner. Il en tomba instantanément amoureux. Elle s’ajustait à son moignon avec un confort extrême, contrairement aux autres prothèses aux fixations rigides et non réglables. S’il n’aimait pas porter de bras prothétique, c’est qu’ils gênaient toujours ses mouvements. La création de Han Xiao, elle, ne lui posait pas ce problème. Elle semblait si réelle que, lorsqu’il la bougeait, il avait l’impression qu’un bras lui avait repoussé ! La suspension élastique lui permettait d’exécuter sans effort des mouvements simples.

La perfection !

C’était le seul mot capable de décrire ce qu’il en ressentait.

« Alors, qu’en dis-tu ? Satisfait ? » demanda le vieux Lu d’un ton détaché en sirotant sa bière.

Lu Qian regarda le grand vieillard avec anxiété.

Le grand vieillard se retrouva dans une position délicate. Devait-il aider son ami ? Ou dire ce qu’il pensait vraiment ? Qu’est-ce qui importait le plus ?

« Cette chose est excellente. Je suis satisfait ! »

Le vieux Lu recracha sa bière et foudroya le grand vieillard du regard en toussant sans discontinuer.

On n’était pas alliés ?! On avait un plan !

« Puisqu’elle vous plaît, vous pouvez la garder. » Han Xiao n’était pas surpris le moins du monde.

Le grand vieillard hocha la tête et répondit : « Je me souviendrai de ce service. »

Le vieux Lu était abasourdi. Ce bras a été fait avec mes matériaux ! Tu m’as demandé la permission ?!

« Alors, je peux rester ? » Han Xiao se tourna vers le vieux Lu, un sourire au coin des lèvres.

La stupeur du vieux Lu se mua aussitôt en embarras. En se retournant pour monter à l’étage, il répondit à contrecœur : « Peu importe, si tu veux rester, reste. On verra combien de temps tu tiendras. »

Lu Qian serra les poings de joie.

Le grand vieillard sourit à Han Xiao avant de quitter l’atelier. Une fois sorti de la ruelle, il monta dans une berline noire qui l’attendait.

Le chauffeur lui tendit respectueusement un téléphone portable. En le prenant, le grand vieillard changea complètement d’attitude. Il paraissait à présent d’une sévérité extrême, un tout autre homme que le vieillard affable de tout à l’heure.

« Le fugitif de l’organisation Germinal s’est infiltré dans la Capitale de l’Ouest. Voici les coordonnées… » dit-il d’une voix grave. « Que le service de renseignement le surveille pour l’instant. Je suis entré en contact avec la cible et je découvrirai peu à peu ses intentions. Sauf nécessité, n’intervenez pas. »

Les déserteurs de l’organisation Germinal étaient très prisés des Six Nations, car ils détenaient parfois de précieuses informations. Malheureusement, la plupart des déserteurs n’étaient en général que du menu fretin. Han Xiao, en revanche, était la première personne pour qui une prime avait été lancée ; il était donc fort probable qu’il détînt des informations cruciales.

Dans l’atelier, Han Xiao détourna les yeux de l’endroit par où le grand vieillard était parti.

Sa prestation avait dû faire comprendre au grand vieillard qu’il n’était pas hostile, et poser les bases d’une meilleure relation.

Han Xiao avait trois choses à gagner en venant à l’atelier. La première, c’était que le vieux Lu conservait une collection très complète de connaissances de base liées au Mécanicien.

La deuxième, c’était que cet atelier était un bon endroit où se cacher de l’organisation Germinal. Si l’organisation Germinal avait des espions dans toutes les Six Nations, elle n’en connaissait pas chaque moindre recoin. Cet atelier était l’un des rares lieux qu’elle ignorait. Et même s’ils le trouvaient, il y avait le vieux Lu. Le vieux Lu était bien plus fort que la Hila actuelle. Il avait beau avoir des airs de bon à rien insouciant, il était en réalité l’un des rares surhumains de classe D de la planète. Sur les planètes de départ de la version 1.0, les surhumains les plus puissants n’étaient que de classe C.

On débattait beaucoup des raisons pour lesquelles les Mécaniciens étaient une classe de surhumains, avec des arguments comme : « Si les Mécaniciens étaient limités aux normes d’un humain ordinaire, cela restreindrait leurs inventions de plus de 90 % », ou encore : « Seul un surhumain peut utiliser certaines des machines les plus puissantes qu’ils fabriquent. » À plus haut niveau, l’usage des machines fabriquées par les Mécaniciens était soumis à des exigences plus strictes. Certaines n’étaient même pas utilisables par les quatre autres classes, mais seulement par les Mécaniciens.

Les Mécaniciens, ce n’était pas que de gros flingues et des robots géants ! Un mécanicien de haut niveau pouvait se spécialiser dans l’une de mille choses. Il pouvait préférer manier l’épée, se spécialiser dans l’assassinat, ou même piloter des armures mobiles ! Ce n’étaient là que quelques-unes des possibilités infinies qu’offrait la classe.

L’information officielle décrivait la classe ainsi : « Maîtres de la machinerie de combat et du compactage. Bien équilibrés. »

Après avoir appris [Technologie de compression] et [Technologie spatiale], les mécaniciens pouvaient démonter et compresser d’énormes machines en petites capsules qu’ils activaient à volonté pour les réassembler instantanément !

Après avoir appris certaines compétences comme [Assemblage rapide], les Mécaniciens disposant d’une grande quantité d’énergie pouvaient créer des machines à la volée, sans outils ni équipement. Il leur suffisait d’assez d’énergie et des matériaux nécessaires pour court-circuiter le processus de création et fabriquer instantanément ce dont ils avaient besoin.

Les inventaires des joueurs respectaient le poids réel et, grâce à ces capacités, les mécaniciens étaient la seule classe, hormis les Mages et les Espers télékinésistes, à pouvoir s’affranchir des contraintes de poids.

La troisième raison de la venue de Han Xiao à l’atelier était la plus importante : la trame narrative secrète ! Ses récompenses étaient des plans d’équipements divins de bas niveau !

À l’avenir, le vieux Lu quitterait l’atelier en laissant derrière lui un coffre numérique contenant ces plans. Il chargerait Lu Qian de le remettre à son père à elle, Lu Cheng, un seigneur de guerre parmi les Errants. Lui et son propre père, le vieux Lu, étaient toujours en mauvais termes.

Dans le jeu, un joueur était parvenu à terminer la fastidieuse trame de quêtes et à obtenir le mot de passe du coffre. Il avait ensuite dû chercher à grand-peine les matériaux nécessaires pour fabriquer ces équipements. Mais tout cela en valait la peine. Rien qu’avec cet équipement, il avait pu dominer l’arène PvP et établir le record de 38 victoires consécutives !

Si tout ce temps et ces efforts en valaient assurément la peine pour ce joueur, Han Xiao, lui, n’avait pas à se farcir toute la trame de quêtes, puisqu’il connaissait déjà le mot de passe !

Bien que la trame secrète fût une quête compétitive, que seule une personne pouvait mener à terme, les autres joueurs qui s’y étaient essayés apprenaient eux aussi le mot de passe du coffre. Comme ce n’était pas un grand secret, le mot de passe avait été publié avec les informations sur la trame de quêtes sur divers forums.

Cela dit, la trame ne se déclenchait qu’après la sortie du jeu, il restait donc encore beaucoup de temps d’ici là. Han Xiao comptait d’abord entretenir de bonnes relations avec eux.

Pour l’équipement divin !

« Je vais vous expliquer votre apprentissage. Le gîte et le couvert seront assurés ; il y a une chambre inoccupée à l’étage. Vos fonctions consisteront à donner un coup de main pour l’entretien et les commandes. Je vous paierai 1000 dollars par mois, ça vous va ? »

Lu Qian regarda Han Xiao avec nervosité. Elle savait qu’il était doué, mais elle n’avait vraiment pas les moyens de lui offrir un salaire plus élevé.

« J’accepte ! » dit Han Xiao sans hésiter, ce dont elle se réjouit.

À l’étage se trouvait un appartement complet, avec un salon, une cuisine et plusieurs chambres.

Lu Qian conduisit Han Xiao à sa chambre. Elle était meublée sobrement d’un lit en bois, d’une armoire, d’une étagère à livres et d’un petit espace de travail.

« Voici votre chambre désormais », dit Lu Qian avec joie en remettant la clé à Han Xiao et en se mettant à épousseter les lieux.

Elle ne pouvait vraiment pas être plus heureuse. Mille dollars était une très petite somme, à peine de quoi couvrir les dépenses mensuelles de nourriture d’une personne ordinaire ! Han Xiao était une affaire !

Je dois bien traiter ce gamin pour qu’il ne s’enfuie pas ! songea-t-elle.

Han Xiao ne savait s’il devait rire ou pleurer. N’est-ce pas au candidat d’être nerveux, plutôt qu’à la patronne ?



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