Chroniques des Dieux Déchus | The Godsfall Chronicles | 陨神记
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Livre 2, Chapitre 85 – Les trois géants de la vallée des enfers

Gorefang tenait le manche de la lance à deux mains, les yeux grands comme des soucoupes. Il n’arrivait toujours pas à croire ce qui s’était passé. Un seul humain avait réussi à se faufiler entre mille soldats pour l’attaquer. Comment cela avait-il pu se produire ?

Même sans tenir compte de la stupéfiante attaque furtive, quelle sorte de pouvoir diabolique était-ce ?

Gorefang se voyait comme le plus fort guerrier de Blight-Tooth depuis cent ans. Un homme normal ne pouvait même pas s’approcher assez près pour attenter à sa vie. Et soudain, cette attaque bizarre lui avait coûté la vie. Ses yeux étaient devenus gonflés et rouges, le sang s’y était figé. Sa bouche s’était ouverte et fermée mais aucun son n’en était sorti. Il voulait crier, mais tout ce qu’il avait réussi à faire, c’était un gargouillis pathétique et quelques gouttes de sang crachées.

L’attaque de l’humain lui avait transpercé le cœur et dispersé toutes ses forces.

Cloudhawk pouvait voir le désespoir et la douleur du mutant écrits sur son visage. C’était une détresse qui allait au-delà de la mort imminente. En vivant aussi longtemps, il avait dû vivre des choses qu’une personne normale ne pouvait pas imaginer, souffrir de choses qu’aucune personne vivante ne devrait avoir à subir. La mort n’était pas quelque chose à craindre pour des gens comme lui. Pour eux, la plus grande terreur était de mourir avant la fin de leur mission.

Il savait ce qui se passait dans l’esprit de Gorefang dans ses derniers instants, mais il ne se sentait pas coupable. Il avait mis fin à la vie du balayeur sans hésitation et sans pitié.

Cette méthode était la bonne. C’était le monde dans lequel ils vivaient. Qui pouvait prendre la responsabilité de tout le monde ? Qui était capable de délivrer tous les souffrants de leurs tourments ? Il n’avait pas pour but de sauver le monde. Ce n’était qu’un insecte. Le seul intérêt d’un insecte était l’auto-préservation !

Blackfang rugit et se jeta sur l’assassin de son chef.

Cloudhawk leva les bras. Il souleva Gorefang, cloué au sol par sa lance, la lança sur son subordonné.

Leurs réactions étaient trop lentes. Il sauta sur la bête traquée que Gorefang avait quittée et saisit les rênes. Ses yeux étaient rouges et, prononçant un ordre infiniment froid, il tenta de dominer la bête sous lui par la seule force de sa volonté. « Vas-y ! »

La voix de cet humain résonnait comme le tonnerre dans l’oreille de la bête avec une note de commandement qu’elle ne pouvait défier.

La pression d’obéir était écrasante, car la créature avait rencontré une forme de vie qui lui était clairement supérieure. L’envie de faire ce qu’on lui disait semblait venir du plus profond de son âme.

Cloudhawk arracha une épée longue d’un fourreau attaché à la bête et lui donna un coup sec sur les hanches. Avec un sifflement reptilien, la bête traqueuse fonça. Deux balayeurs tentèrent de lui barrer la route, mais il les abattit sans grand effort.

Ses yeux étaient d’un rouge sanguin profond, comme des mares de sang. Il n’avait pas l’air imposant, mais l’énormité de son aura forçait les indigènes à s’écarter de son chemin.

Il disparut dans la brume alors que Blackfang était toujours aux prises avec son chef. Ce dernier posa le corps mou de Gorefang sur le sol et le regarda, essayant de comprendre comment libérer la lance. Il n’était pas sûr de pouvoir le faire sans causer plus de dommages que ceux déjà causés. A l’intérieur, il savait qu’il était trop tard.

« Maintenant… tu es… Gorefang. » Leur chef mourant avait encore quelques respirations, qu’il utilisa pour forcer quelques mots à sortir de sa bouche remplie de sang. Il attrapa les vêtements de son lieutenant et le fixa profondément dans les yeux. « Amène notre peuple… à la liberté… La liberté ! »

C’étaient les derniers mots de leur chef avant que l’obscurité ne le prenne. La dernière pensée qui lui traversa l’esprit – Je suis mort… Que va faire le clan ?

Les guerriers de Blight-Tooth s’étaient regroupés, stupéfaits et effrayés, furieux et désespérés.

Sa réputation parmi les membres de sa tribu était incontestable. Il les avait menés à travers les parties les plus sombres de leur histoire, gardant le feu de l’espoir vivant dans leurs cœurs. Il était un géant parmi les Blight-Tooth, un héros !

Leur Gorefang déchu était un homme comme aucun autre, irremplaçable.

Blackfang retira une paire de dents aiguisées de la bouche de l’honorable leader.

La tribu était appelée Blight-Tooth à cause des sacs de poison dans leurs mains et leurs bouches. Les griffes et les morsures étaient hautement toxiques. Ils croyaient que cette capacité était un cadeau de leurs ancêtres pour les garder en sécurité, donc leurs dents étaient la partie la plus importante de la dépouille d’un membre de la tribu.

« Trouvez ce tas de merde ! » Blackfang se jura d’enterrer les crocs de son chef dans la poitrine de ce bâtard. « Tuez-le ! »

Cloudhawk était déjà à plusieurs centaines de mètres.

Les cris furieux de Blackfang réveilla les autres de leur stupeur choquée. Leur chef le plus respecté, le plus adoré était tombé. C’était vers lui qu’ils se tournaient pour être dirigés et guidés. Sans lui, leur monde s’était effondré.

Pouvaient-ils laisser son meurtrier simplement s’échapper ? Les guerriers de Blight-Tooth s’étaient rassemblés pour exiger vengeance !

La colère et le désespoir avaient déchiré la horde. Leur haine pour les humains n’avait jamais brûlé aussi fort. Le Gorefang était mort. Le chaos commençait déjà à s’installer.

Alors que la structure s’effondrait chez l’ennemi, la pression sur Drake et les autres se relâchait. Lui et les humains restants s’étaient repliés dans l’entrée de la grotte pour monter une défense. Alors que la tourmente était évidente, aucun d’entre eux ne savait ce qui était arrivé à l’instigateur. Claudia était essoufflée et étourdie. « Il la fait. » Ce type l’a vraiment fait.

Il avait réussi comme ils l’avaient prévu.

Il s’était faufilé entre un millier de balayeurs en colère et avait porté un coup fatal à leur cœur. Si cela arrivait jusqu’aux terres élyséennes, Cloudhawk deviendrait célèbre.

Mais, il y avait un regret tenace au fond de son esprit. Il avait remué le nid de frelons. Quelles seraient les conséquences ?

Il s’élança sauvagement à travers la forêt sur la bête traquée tandis qu’une nuée de balayeurs enragés le poursuivait. Chaque seconde, des dizaines de flèches étaient tirées sur lui, et il utilisait son épée longue pour abattre celles qui s’approchaient trop près. Mais, il ne pouvait pas continuer. Avec un hurlement terrible, la bête traqueuse s’effondra sous lui.

Il était plus que capable de se protéger. Sa monture, cependant, n’était pas aussi chanceuse.

Il fallut sept ou huit flèches pour abattre la bête, ce qui prouvait sa solidité. Alors qu’elle commençait à tomber, il avait ajouté un coup de pied dans son dos. Cela l’envoya à plusieurs mètres dans les airs.

Un groupe de guerriers pygmées était rassemblé devant lui.

Il toucha le sol dans une roulade contrôlée, glissant à côté de deux des guerriers et leur coupant les jambes. Il sauta de nouveau dans les airs alors qu’une paire de cavaliers le rattrapait. Il atterrit sur l’un d’eux et lui enfonça le visage d’un coup de poing sauvage.

Ils étaient trop nombreux. Il ne pouvait pas tous les tuer.

Le second cavalier jeta son arme sur le côté et sortit un fusil. À cette distance, il n’osait pas risquer les dégâts qu’il pouvait faire, alors il fit appel au pouvoir de la pierre pour l’éviter.

Une vague de vertige l’envahit, le faisant presque tomber. Uh oh, quoi maintenant ?

Le cavalier préparait un deuxième tir. Il se jeta en avant et lui envoya un coup de pied au visage. Il le toucha, faisant sortir les yeux de leurs orbites et faisant couler le sang de ses oreilles. Son visage écrasé n’était plus qu’un rictus grotesque et tordu.

Il respirait difficilement. Il était épuisé, pas seulement mentalement mais aussi physiquement.

Allez, c’était lui le héros ! Il n’était pas censé mourir comme ça !

Avec le pouvoir de la pierre de phase, il aurait pu facilement se mettre en sécurité. Il avait choisi la tâche bien plus difficile et ingrate de tuer le chef des balayeurs. Pourquoi décider de faire quelque chose d’aussi imprudent ? Il s’en était voulu et avait décidé qu’il n’avait pas l’air d’un héros. S’il survivait, il avait décidé d’essayer de faire moins de choses héroïques à l’avenir.

Il n’y avait pas d’échappatoire. Il pouvait voir les faibles silhouettes de cavaliers se faufiler dans le brouillard. Il n’avait survécu aussi longtemps que grâce à la pierre de phase, mais même celle-ci avait ses limites. Il était trop faible pour y faire appel.

Mais, il y avait peut-être encore une chose qu’il pouvait faire !

S’échapper vers un autre monde !

Il n’était certainement pas maître de cette capacité. Depuis qu’il avait obtenu la pierre, cela ne lui était arrivé que deux fois, mais toujours dans des situations désespérées comme celle-ci. C’était sa dernière chance, alors il prit la décision d’essayer. Alors que les guerriers se rapprochaient de lui, il enroula ses mains autour de la pierre qui pendait à son cou.

La pierre de phase ressentit l’appel.

Une énergie intense s’en était échappée, se transformant en un champ de lumière qui s’était répandu dans toutes les directions. Il s’était mis à tourbillonner autour de lui comme de la crème. Les balles et les flèches qui lui avaient été lancées avaient été soit repoussées, soit incinérées, ne laissant que des ondulations.

Il y avait encore de l’espoir.

La vie ou la mort dépendait de ce moment unique !

Cloudhawk fit le vide dans son esprit, concentrant toute son attention sur ce processus. Puis, juste au moment clé, Blackfang émergea des brumes. Il lança une lance sur l’orbe de lumière, soutenu par tout le désespoir et la rage qu’il portait en lui. Elle fit un trou et détruisit le champ d’énergie et tout pouvoir phasique avec.

La lance resta plantée dans le sol. Une légère brise passa, la faisant s’effondrer en poussière.

Blackfang grogna aux autres : « Transformez ce trou du cul en un tas de viande pourrie. »

Une nuée de balayeurs s’abattit sur Cloudhawk. Il les regarda venir, impuissant.

Alors qu’il semblait devoir se faire piétiner, une chose à laquelle il ne s’attendait pas vint à son secours. De l’intérieur de la forêt, une grêle de flèches descendit et cloua au sol les guerriers qui s’approchaient. Les balayeurs étaient si bien touchés que le sang s’écoulait d’eux comme des passoires.

Un groupe de silhouettes apparut dans la brume.

Cinq à six cents soldats, vêtus d’armures élyséennes, apparurent devant lui. Les premières lignes tenaient leurs arbalètes prêtes. Trois individus en uniforme d’instructeur de la Vallée des Enfers ainsi qu’une douzaine d’assistants menaient le groupe. Le gros de la puissance de la vallée était arrivé.

C’était… l’armée de l’enfer !

Blackfang serra les dents. Il n’était pas prêt à abandonner. « Ne faites pas attention à eux ! Tirez vos flèches ! »

Le tintement des cordes d’arc suivit. Les balayeurs étaient hystériques de peur et de colère, et malgré les soldats élyséens, ils refusaient de laisser partir Cloudhawk. Cependant, leur détermination ne fut pas récompensée. Il était inacceptable qu’un cadet meure sous le nez de ces instructeurs.

Alors qu’il regardait, stupéfait, l’un des trois instructeurs s’avança. C’était une femme qui tenait dans une main un fouet de couleur cyan. Contrairement aux fouets normaux, celui-ci n’était pas “fait” de quoi que ce soit mais avait été forgé à partir du vent capturé. Agile comme un python, il s’était glissé autour de la taille de Cloudhawk et l’avait traîné en sécurité.

Ils avaient tiré les premiers, mais le fouet de la femme l’avait sauvé d’une mort certaine. Aussi rapides que soient les flèches, elles n’avaient fait que prouver à quel point elle était plus rapide !

Une chasseuse de démons ?

Cloudhawk la fixait, choqué. Son âge était difficile à déterminer, car si elle semblait avoir entre vingt et trente ans, son tempérament était presque celui d’une sage. Elle avait un attrait différent de celui de Hellflower – comme une brise fraîche, naturelle et rafraîchissante. Elle était tout à fait impénétrable.

Elle était vêtue de vêtements savants qui l’enveloppaient d’élégance et de mystère. Des hommes se trouvaient de part et d’autre d’elle. L’un d’eux était l’instructeur Cutter, hideusement marqué, et l’autre était caché dans une carapace de métal, comme s’il était enfermé dans une boîte de conserve.

Les Géants de la Vallée des Enfers étaient arrivés.

Finalement, un regard de désespoir apparut sur le visage de Blackfang. Comment les forces de la vallée s’étaient-elles rassemblées si rapidement ? Ce n’était possible que s’ils savaient que ça allait arriver.

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