Le Monde des Arts Martiaux | Martial World | 武极天下
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Chapitre 189 – Les militaires de la Tribu du Ver de Feu

Il suffit d’un coup d’œil à Lin Ming pour percevoir leurs niveaux de cultivation respectifs ; quatre artistes martiaux au sommet et un au milieu du Façonnage Osseux.

Une telle combinaison signifiait que, de toute évidence, ces cinq individus n’étaient pas originaires de la région. La Tribu Brumeuse comptant seulement quelques milliers d’âmes, comment pourrait-il y avoir autant de maîtres parmi eux ?

« Aubergiste ! occupe-toi de nourrir nos chevaux. Et prends en soin ! S’il manque un poil à leurs crinières, je rase ton établissement ! » rugit l’un d’eux en approchant, tandis que son corps tout entier dégageait une aura meurtrière. Ses épaules étaient recouvertes d’une peau d’ours.

L’aubergiste en question avait beau n’être qu’un mortel incapable de voir les flux de véritable énergie, il reconnut en revanche sans aucune difficulté la passementerie qui ornait leurs chapeaux. C’était le symbole des militaires de la Tribu du Ver de Feu !

La Vallée Brumeuse était sous occupation depuis bien longtemps. L’esclavage était monnaie courante à travers les Etendues Sauvages Australes. Lorsqu’une tribu était vaincue, la plupart de ses membres devenaient des esclaves. Mais, probablement de par sa petite taille, la Tribu de la Vallée Brumeuse avait réussi à échapper à l’anéantissement.

Désormais, les quelques gérants d’établissements de la région étaient si inquiets pour leur survie qu’ils en avaient peur des feuilles mortes tombant des arbres. Lorsqu’ils voyaient un membre de la Tribu du Ver de Feu, c’était comme s’ils faisaient face à la mort en personne !

Sans compter qu’il s’agissait ici de cinq membres de l’armée de la Tribu du Ver de Feu. Les provoquer aurait été impensable. L’aubergiste s’inclina donc hâtivement en se mettant quasiment à plat ventre.

« Qu’on nous apporte trente jins de Vin de Fleur de la Brume et les meilleurs plats qu’on puisse trouver !

     – Oui, oui, bien sûr, tout de suite ! » L’aubergiste parti s’exécuter avec empressement tandis que le tôlier s’approchait l’air inquiet pour leur servir de l’eau, un sourire inquiet au coin des lèvres.

L’auberge n’était pas si grande que cela et ces soldats de la Tribu du Ver de Feu se retrouvèrent séparés de Lin Ming et de son groupe par une table seulement.

« Ha ! ha ! Je n’avais pas fait d’exercice depuis deux mois ! Et puis cette fois c’est l’occasion d’être en première ligne pour le Chef. Mes frères, il est grand temps que nous montrions de quoi nous sommes capables. Alors faisons le bien ! » s’exclama celui qui portait une longue lance.

Na Yi entendit le mot ‘Chef’ et sa main avec laquelle elle tenait ses baguettes se mit à trembler. Elle tourna la tête pour regarder dans la direction des cavaliers et son teint pâlit.

« Mm ? Y a-t-il un problème ? lui demanda Lin Ming par le biais de véritable énergie.

     – Ces hommes sont des soldats de la Tribu du Ver de Feu et celui qu’ils appellent leur chef n’est autre que le Premier Général de leur armée, cet animal de Chi Guda !

     – Oh ! » Lin Ming fit un sourire songeur. Il n’avait pas imaginé obtenir des informations aussi précieuses tout juste après être arrivé dans la Vallée Brumeuse. Ce Chi Guda prévoyait apparemment de se rendre en excursion. Il n’avait donc qu’à s’asseoir et attendre.

Une jarre de vin fut rapidement apportée aux cinq cavaliers. L’artiste martial avec la peau d’ours arracha le bouchon de cire et se servit jusqu’à ras-bord dans un bol avant de dire avec un large sourire :

« Eh ! eh ! soyez tranquille patron. Nous est-il déjà arrivé de vous décevoir ? Je ne crois pas ! Et ce n’est pas aujourd’hui que ça risque d’arriver alors que nous devons simplement faire de la reconnaissance. Vous pensez, une mission pareille pour des gens comme nous…

     – Ne me flatte pas. Le Marécage Noirâtre est infesté de bête féroces de troisième niveau. On y croise même des bêtes féroces de quatrième niveau ! Nous devons y aller tous les cinq pour ouvrir la voie. En tant qu’éclaireurs chargés d’explorer le marais, nous devons condamner les bourbiers et tracer la meilleure route possible pour qu’une fois arrivée, l’armée du Chef puisse traverser la région immédiatement et sans encombre.

Il se fait déjà tard et le nord n’est pas un coin tranquille ; la route est dangereuse de nuit avec toutes les bêtes qui rôdent. Ce n’est pas tant que ça m’inquiète mais cette mission est trop importante pour que nous prenions le moindre risque. Imaginez qu’on perde nos chevaux et qu’on soit retardés. Ce serait encore pire ! Nous passerons donc la nuit ici et repartirons demain à l’aube, de sorte à atteindre le Marécage Noirâtre de jour », répondit calmement l’artiste martial avec la lance en se servant à son tour de vin.

« Oui patron ! répondirent les quatre autres soldats à l’unisson.

     – Mm. Et puis c’est pas tous les jours que nous sommes de sortie ! Profitons-en pour nous amuser un peu. Ce soir, festoyez, buvez et baisez comme vous le souhaitez ; nous nous rattraperons sur la route demain. Mais il faudra que vous soyez prêts à livrer un combat féroce, alors voici la règle : vous pouvez passer la nuit avec qui vous voulez à condition que vous soyez frais demain matin.

     – Ha ! ha ! vous faites pas de bile patron, on pourrait festoyer toute la nuit qu’on serait encore bouillonnant d’énergie le lendemain ! » En tant qu’artistes martiaux au Façonnage Osseux, ce n’est pas une nuit blanche qui les inquiétait.

« J’ai entendu dire que les femmes de la région ont des lèvres magnifiques et des silhouettes élancées, je m’en voudrai de manquer ça ! »

L’excitation les gagna tous en parlant des femmes. Cela faisait vraiment bien longtemps qu’ils étaient consignés à la caserne.

Lin Ming les écoutait à moitié en buvant silencieusement. Il avait beau ne pas les regarder, sa force d’âme était déjà verrouillée sur chacun d’eux.

« Quel rang ont-ils au sein de l’armée ? demanda-t-il à Na Yi par le biais de véritable énergie.

     – Deux d’entre eux ont des écussons de loups sur leurs chapeaux. Un écusson correspond au grade de capitaine d’une centaine d’hommes, deux au grade de capitaine d’un millier d’hommes et trois au grade de capitaine de dix mille hommes. Quant aux trois autres qui n’arborent aucun écusson, ce sont probablement des combattants aguerris ou des gardes du corps puisqu’ils utilisent des épées », répondit-elle.

Les soldats n’utilisaient généralement pas d’épée sur le champ de bataille, mais plutôt des lances. Les épées avaient beau être plus polyvalentes et proposer des styles variés, leur force de frappe n’en était pas moins inférieure. C’était particulièrement vrai pour les affrontements rangés. Par conséquent, seuls les gardes du corps étaient amenés à en utiliser couramment.

« Oh ? Il y aurait donc deux capitaines de dix mille hommes et trois maîtres bretteurs. » Deux d’entre eux arboraient trois écussons de loups sur leurs chapeaux.

Un artiste martial au sommet du Façonnage Osseux dirigeait dix mille hommes. Cela correspondait exactement aux standards du Royaume du Grand Avenir.

Tie Feng était lui aussi au sommet du Façonnage Osseux et essayait d’obtenir la direction d’une unité de dix mille hommes.

Cette simple Tribu du Ver de Feu avec son million d’âmes possédait en réalité une organisation militaire comparable à celle du Royaume du Grand Avenir. Les habitants des Etendues Sauvages Australes étaient vraiment braves et féroces.

De plus, un seul coup d’œil vers ces cinq cavaliers suffisait à ressentir tout le mépris qu’ils avaient pour les autres, jusque dans leur manière de parler avec une arrogance naturelle et insupportable. Ils étaient présomptueux et faisaient montre d’orgueil quant à leurs propres capacités. Cette aura d’arrogance était née de leurs nombreuses expériences au combat et des innombrables ennemis vaincus et décapités de sang-froid.  De tels soldats ne comptaient pas sur des tactiques ou des formations complexes pour remporter une victoire. Au lieu de cela, ils chargeaient courageusement en avant dans un élan meurtrier !

Même s’ils n’avaient jamais eu l’occasion d’étudier de puissantes méthodes d’entraînement, le seul fait d’avoir vécu autant de situations périlleuses et d’avoir côtoyé la destruction d’aussi près leur donnait un avantage certain. Si bien qu’en termes de pouvoir de destruction pur, ils étaient probablement bien plus dangereux que des artistes martiaux d’un niveau équivalent mais issus d’une maison martiale.

L’homme capable de diriger de tels soldats ne pouvait qu’être le maître d’un tigre.

Alors que Lin Ming se perdait dans ces pensées fantaisistes, il remarqua tout à coup que les cavaliers regardaient de plus en plus régulièrement et avec de moins en moins de discrétion en direction de leur table, et plus particulièrement de Na Yi et Na Shui.

Ils avaient commencé par jeter des coups d’œil furtifs, mais leurs regards se faisaient désormais soutenus et sans gêne ; à tel point qu’on pouvait ressentir un soupçon d’avidité et de perversité à travers leurs yeux.

Lin Ming s’en trouva agacé mais ne bougea pas d’un pouce. Aussi dérangeant et déplacé que cela puisse être, ils ne faisaient après tout que regarder. L’objectif de Lin Ming était de tuer Chi Guda, et pas de s’attirer des ennuis inutiles.

Sa patience commença néanmoins à s’épuiser. Les soldats se laissaient tout simplement aller à la débauche, leurs regards et les insinuations qui les accompagnaient devenant de plus en plus agressifs. Et plus ils buvaient de vin plus ils parlaient fort, discutant sans aucune retenue et avec des mots crus et déplacés des corps des sœurs Na et de ce que ceux-ci leur inspiraient.

« Patron, vous disiez qu’on pouvait passer la nuit avec qui on voulait, mais les femmes des bordels ne sont pas intéressantes. Moi mon type ce sont ces femmes de familles respectables.

     – Hé ! hé ! ces deux petites ont surement la peau douce et de jolies formes ! Ces voiles cachent à coup sûr deux jolis petits minois !

     – Elles ne doivent pas avoir plus de seize ans, ça doit être rafraichissant de partager leur lit ha ! ha !

     – En plus c’est qu’elles ont quelques bases en arts martiaux les poupées. Leur niveau de cultivation est plutôt bon pour leur âge. Par contre regardez-moi ce gamin qui les accompagne, on dirait qu’il n’a jamais tenu un couteau entre ses mains. Ah ! quel gâchis ! »

Après avoir fusionné avec le sang d’écaille dorsale, Lin Ming avait, sans le vouloir, atteint un stade de ‘retour à l’état naturel’. Ces soldats ne pouvaient tout simplement pas ressentir sa véritable énergie. Evidemment, cela n’aurait de toute manière pas changé grand-chose. Il s’agissait après tout de quatre artistes martiaux au sommet et d’un au milieu du Façonnage Osseux.

« C’est sûrement le cadet empoté d’une famille prestigieuse, mais je ne sais pas de quelle tribu il vient. Eh ! eh ! c’est le genre d’imbécile que j’aime plus que tout piétiner sous mes bottes. »

La plupart de ces soldats s’étaient élevés depuis les rangs les plus misérables de l’armée à la sueur de leur front. Par conséquent, ils n’avaient que du mépris à l’encontre des jeunes aristocrates.

Sans compter que ces cinq cavaliers n’étaient pas n’importe qui au sein de l’armée. Ils n’auraient probablement pas eu davantage d’estime pour Lin Ming s’il avait été un membre de la Tribu du Ver de Feu. Quoi qu’il en soit, ils ne savaient pas de quelle tribu ces trois-là venaient et cela ne les intéressait pas tant, ces hommes élimineraient quiconque se mettrait en travers de leur chemin peu importe ses origines, et ce sans éprouver le moindre scrupule. Les militaires de la Tribu du Ver de Feu étaient célèbres à travers l’ensemble des Etendues Sauvages Australes et se moquaient bien d’un quelconque prince d’une tribu de moindre importance.

Ils avaient beau se moquer de Lin Ming, ils ne firent rien pour autant si ce n’est continuer de parler avec provocation en buvant leur vin, plaisantant et riant à gorges déployées.

« Aubergiste, tes cinq plus belles chambres et que ça saute ! Tant que t’y es, va au Hall des Fleurs et fais-nous venir des femmes pour nous cinq ! Et pas n’importe quelle crasseuse, les meilleures qu’ils aient ! » commanda le cavalier à la peau d’ours en jetant une pièce d’or.

L’aubergiste se précipita dessus et répondit d’un air particulièrement peiné : « Messieurs de l’armée, c’est vraiment malheureux mais nos meilleures chambres sont déjà prises. Ça n’empêche pas qu’il nous reste de la place… si vous voulez jeter un œil…

     – Tu te fous de moi ? Tu veux qu’on dorme dans la porcherie ? » L’homme avec la peau d’ours frappa du poing sur la table et le carrelage en dessous se fendit instantanément. L’aubergiste écarquilla les yeux et recroquevilla la nuque comme un escargot cherchant à s’abriter dans sa coquille. Il était transi de peur.

A ses yeux, ces types pouvaient tuer quelqu’un par plaisir, avec autant d’aisance que l’on fauche un brin d’herbe. La destruction de son établissement serait une bien légère punition s’il ne les servait pas convenablement. Ils pourraient même l’éliminer que ce ne serait pas si surprenant.

La Vallée Brumeuse était sous le contrôle absolu de la Tribu du Ver de Feu. Les coutumes sociales et les habitudes culturelles des Etendues Sauvages Australes étaient extrêmement brutales. Les habitants de ces contrées ne respectaient rien davantage que la force. Certaines petites tribus parvenaient à exister dans l’ombre des mastodontes. Mais lorsque ces plus larges tribus décidaient d’asseoir leur domination sur de larges étendues de territoire, les petites tribus en question n’étaient plus rien d’autre que des brindilles attendant d’être brisées. Une tribu vaincue n’avait plus aucun droit ou capacité à prendre des décisions et son peuple éclatait généralement entre esclaves et parias.

L’aubergiste ne souhaitait pas offenser ces cinq anges de la mort. Ses yeux se posèrent immédiatement en direction de Lin Ming et des sœurs Na et il dit : « Deux de nos meilleures chambres viennent d’être réservées par les clients à cette table-ci. Je ne sais vraiment pas quoi… »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que les cinq cavaliers fixaient déjà leurs regards sur la table de Lin Ming, de larges sourires sur leurs visages. Celui-ci prit un air contrarié. L’aubergiste venait de leur rejeter toute responsabilité sans aucune hésitation. C’était complètement irréfléchi ! Lui qui ne voulait pas causer d’ennuis allait visiblement devoir se battre.

‘Si ton auberge tombe en ruine, ce sera entièrement ta faute !’ se lamenta-t-il au sujet de l’aubergiste.

« Ha ! ha ! si c’est ça, tu aurais dû le dire plus tôt ! Hey les deux beautés, que diriez-vous de nous rejoindre et de passer un peu de temps avec nous ? On va bien s’amuser ! Je vous promets que vous vivrez confortablement », les invectiva l’homme à la peau d’ours avec un large sourire répugnant.

Na shui pâlit immédiatement à cette idée, tandis que Na Yi, de son côté, ricana d’un air effronté.

‘Quelle bande d’idiots, ils ne tiennent vraiment pas à la vie !’

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