Néo-Life
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Chapitre 50 – Visite Guidée (1)

Marlon se réveilla en sursaut dans le lit qui lui avait été attribué par Palkor dans la maison construite et taillée dans la roche. Il transpirait abondamment et son souffle était court, le cauchemar qu’il venait de faire étant plus que réaliste et saisissant.

Les évènements de ces derniers jours s’étaient mêlés à des passages de sa vie antérieure sur Terre et les songes ainsi créés avaient été étranges, perturbants au plus haut point.

Il avait aussi rêvé de son alter ego, qui avait presque semblé discuter avec lui dans son rêve, jusqu’à l’étrangler pour prendre le contrôle total de son corps. Il avait encore l’impression de sentir la pression de ses mains autour de son cou et une angoisse presque palpable enserrait son cœur.

Il se leva et alla prendre une douche rapide pour se débarrasser de la transpiration qui rendait sa peau moite avant de descendre dans la cuisine et de se préparer un thé herbal grâce à une bouilloire disposée sur le plan de travail juxtaposé à la cuisinière. Il patienta quelques minutes, le temps que la rune illuminée en rouge fasse chauffer le contenu de l’appareil, et il entendit une porte claquer au rez-de-chaussée.

Etonné, il vit Palkor débarquer, les yeux creusés et l’air hagard, mais un sourire béat accroché sur les lèvres. Il reprit son air sérieux quand il vit Marlon dans la cuisine, mais celui-ci ne dit rien, prenant une deuxième tasse et versant de l’eau brûlante dans celle-ci avant de la tendre à Palkor.

Il l’accepta volontiers en hochant la tête et y plongea une boule de métal percée dans laquelle étaient les herbes permettant d’infuser le thé. Marlon en fit de même, soulagé que Palkor lui montre comment faire. Il s’était préparé à galérer beaucoup plus que cela.

« Tu n’as pas dormi du tout ? »

Palkor secoua la tête et sirota sa tasse avant de répondre.

« J’ai avancé dans mes expérimentations. Aujourd’hui il n’y a pas de cours et je te fais visiter la ville, chose que je pourrais faire les yeux fermés. Aucun besoin d’être en forme, j’ai donc mis tout le temps dont je disposais à contribution. »

Ce type était donc définitivement un passionné semblable à Drevos, prêt à tout pour ses expériences et sa passion. Cela pourrait se révéler utile pour la suite du séjour de Marlon, et il mit cette information précieusement de côté.

« Une question que j’aimerais te poser, Palkor. Ton père m’avait interdit d’utiliser mes runes, mais pourrais-je les utiliser maintenant ? »

Le jeune homme, dans sa stupeur hébétée de fatigue, sembla réfléchir à moitié avant de répondre.

« Je n’ai rien contre, mais ne fais rien qui pourrait être dangereux pour la cité. Les Observateurs sont entraînés à réagir à tout ce qui est inhabituel ou bien menaçant envers la cité. »

« Les Observateurs ? »

« Des boules de métal polies, gravées avec des runes… »

Palkor avait expliqué avec un ton que l’on aurait pu croire destiné à un enfant de sept ans qui découvre la vie, et cela agaça légèrement Marlon qui se garda bien de le montrer.

Ces artefacts portaient donc bien un nom…

« Un conseil, pendant que l’on y est. Ne fais pas d’esclandre. La loi est stricte à Forgeciel, comme tu as du le deviner. Si tu blesses quelqu’un gravement, la punition est la mort ou l’enfermement pendant une très longue durée. »

« Donc se battre est interdit, j’ai compris… »

Palkor grogna et secoua la tête comme s’il s’adressait à un enfant en bas-âge.

« Se battre n’est pas interdit, c’est même le contraire. Les conflits sont encouragés car ils donnent naissance à de la compétition et à de la méfiance. Ce qui est interdit, c’est d’infliger de lourdes blessures. Handicaper quelqu’un, le rendre infirme, même si la magie peut soigner, te vaudra une condamnation sans appel. »

L’absurdité de ce que lui énonçait Palkor laissa le runiste sans voix mais il n’exprima pas son incrédulité, laissant Palkor continuer sur sa tirade.

« C’est une de ces lois que je trouve profondément stupide, si tu veux tout savoir. Mais c’est comme ça, et même moi j’y suis assujetti. Crois-moi, si je le pouvais, je… »

Il s’interrompit, écarquillant les yeux et secouant la tête alors que la fatigue l’avait presque fait se confier à un parfait inconnu, nouveau venu dans la cité. Si son Père l’avait entendu, ou n’avait que soupçonné ce qu’il voulait dire, il se serait fait rosser abondamment.

« Bref, ne provoque pas de problèmes, et dans l’absolu je ne vois pas d’inconvénient à ce que tu utilises tes runes. »

Marlon hocha la tête, n’ayant rien loupé de ce que Palkor avait failli laisser échapper. Cela l’intriguait au plus haut point. Le fils du dirigeant de Forgeciel aurait-il des reproches à formuler concernant son lieu de naissance ?

Ils finirent tous deux de se préparer, et cela fut rapide pour Marlon, n’ayant récupéré aucune de ses affaires pour le moment.

Quand il retrouva Palkor devant la porte d’entrée, il lui demanda donc :

« Penses-tu que l’on va me rendre mes effets personnels ? »

« Oui, ne t’inquiètes pas. Ils vont être examinés et devraient arriver dans la journée ou dans quelques jours au maximum. S’ils ne présentent aucun danger, bien entendu. Bon, tu es prêt ? Forgeciel est une cité très étendue, et la visiter va nous prendre la majeure partie de la journée. Je t’expliquerais chaque quartier au fil de notre visite, et si tu as des questions n’hésite pas. »

Palkor avait l’air à nouveau mécontent pour une raison inconnue et quand Marlon lui posa directement la question, il secoua la tête.

« Ne prends pas cela personnellement, c’est juste que je progresse à grand pas dans ma compréhension des Sangsues, et perdre mon temps à visiter une ville que je connais comme ma poche me parait si…inutile. Mais je ne t’en veux pas. Après tout, tu n’as rien demandé toi non plus. Allez, plus vite on part, plus vite on revient. »

« Euh…un détail qui a son importance, je suis sans le sou. Je ne pourrais ni payer ma nourriture ni quoi que ce soit d’autre. »

« Ne t’en fais pas pour cela, chaque mois les résidents de Forgeciel reçoivent un montant d’argent pour leurs dépenses courantes. Suivant les performances de ton travail, les rapports des éducateurs, et autres preuves de bonne volonté et d’acharnement pour le bien de la cité, des bonus sont distribués. Tout est géré grâce aux Observateurs, qui sont présents presque partout. Et la somme qui t’est allouée m’a été confié en attendant de voir si tu t’intègres. »

Marlon fronça les sourcils en se demandant pourquoi on ne le laissait pas gérer lui-même son argent, mais il comprenait bien entendu les raisons sous-jacentes d’une telle méfiance.

« Quelle est la somme de base allouée ? »

« Dix Amecareth d’argent. Ce qui représente ici une somme très correcte permettant de vivre normalement en se faisant quelques plaisirs de temps à autre. »

Ce n’était en effet pas un montant insignifiant, et les préoccupations immédiates de Marlon disparurent momentanément. Il pourrait au moins se nourrir sans souci…

Il suivit Palkor qui avait franchi le seuil de la maison rocheuse et s’engagea sur les sentiers de gravier vers la sortie de la cavité immense qui abritait les différents édifices résidentiels.

« Ici, tu peux t’en douter, ce sont les résidences des Apprentis de l’Académie, uniquement. Cette grotte a été excavée par les fondateurs de Forgeciel et on peut y trouver des habitations, des aires d’exercice, et six différentes échoppes où tu peux te fournir en nourriture et fournitures diverses, qui vont des parchemins aux métaux les plus communs de la cité pour ceux qui expérimentent comme moi. »

Marlon remarqua que tous les gens qu’il croisait étaient vêtus d’une tenue marron comme celle de Palkor, et que personne ne portait de noir comme lui. Tous le dévisageaient d’ailleurs avec curiosité, parlant entre eux à voix basse et s’écartant légèrement sur son passage, comme s’il était dangereux.

Arrivée à la sortie de la caverne gargantuesque, Marlon demanda à son guide :

« Tu peux m’expliquer pourquoi tous me regardent comme un monstre de foire ? »

« Ta tenue. Les codes couleurs des tenues indiquent à quelle couche de la société tu appartiens. Ma tenue marron indique que je suis un apprenti de l’Académie. Les tenues rouges indiquent l’appartenance à l’Armée Céleste. Il y a des dizaines de code couleur différents. Le tien…et bien il indique que tu es un étranger n’ayant pas encore intégré nos mœurs. Cela arrive rarement, suffisamment pour que tu sois considéré comme une curiosité…allez, avançons, sinon on va y passer deux jours ! »

Ils passèrent ce qui ressemblait à un point de contrôle, où deux gardes demandèrent à Palkor de prouver son identité, ce qu’il fit en tendant sa main. Il produisit ensuite un document en papier en pointant Marlon et en expliquant sa situation et les gardes les firent passer en saluant le fils du Forgeur avec déférence.

S’enfonçant dans un tunnel qui était identique à ceux qu’il avait traversé la veille avec Than, Marlon demanda au jeune Apprenti ce qui venait de se passer. Ce dernier soupira et s’arrêta, restant sur l’un des côtés du tunnel pour ne pas gêner les autres gens traversant le passage d’un pas hâtif.

« J’oublies que tu n’es pas d’ici. C’est tellement évident pour moi ! « 

Il montra une bague noire qui enserrait son auriculaire et sur laquelle couraient des runes dorées.

« Ceci est une Sangsue que tout le monde possède à Forgeciel. Elle permet de nous identifier, de savoir qui l’on est et quelles zones nous sont autorisées. Sans cela, tu ne peux aller quasiment nulle part et les gardes t’arrêteront dès qu’ils te croiseront. »

Il secoua la feuille de papier qu’il leur avait montré d’un air sérieux.

« En même temps que tes effets personnels, tu devrais recevoir ta bague d’identification, et ce papier la remplace pour le moment. Mais tu dois rester avec moi, sans quoi tu seras jeté en cellule si quiconque ici veut te contrôler. Compris ? »

Marlon hocha la tête et ils se remirent en route, le runiste pressant le pas pour coller à celui de l’Apprenti. Il avait vraiment l’air pressé de terminer la visite de la cité…

Ils arrivèrent à une intersection et Palkor stoppa devant la croisée des chemins, montrant les runes gravées dans la roche à Marlon.

« Ce sont des directions, elles indiquent vers où te diriger pour atteindre telle ou telle zone de la cité. Tu ne comprends pas ces runes pour le moment, mais cela va être vite résolu, dans les prochains jours, au pire des cas. Rien de très compliqué si tu sais te servir de ton cerveau, ne t’inquiète pas. Allez, on va commencer par ce qui t’intéressera sûrement le moins, suis-moi. »

Palkor s’engouffra dans le couloir de gauche et au bout de quelques minutes de marche intensive, croisant des gens portant des tenues de toutes les couleurs, ils arrivèrent à une sorte de hall où se trouvaient plusieurs…cages d’ascenseur.

Marlon fut sidéré par ce qu’il voyait, et pendant un bref instant il se crut revenu sur Terre. Des dizaines et des dizaines de cages d’ascenseur étaient présentes dans ce hall, dont trois entrées différentes étaient gardées par des soldats vêtus de rouge, demandant à chaque personne pénétrant dans la pièce de montrer patte blanche.

Palkor, lui, tendait déjà le laisser-passer de Marlon aux gardes, imperturbable au décor ambient qui pour lui était tout à fait normal.

Marlon le suivit, ignorant le regard curieux des gardes qui le suivait, son attention fixée sur les cabines transparentes qui s’élevaient dans ce qui ressemblait à des tubes de verre géants pouvant transporter une quinzaine de personnes par voyage.

Certaines cabines s’enfonçaient sous terre, d’autres montaient vers le plafond et disparaissaient dans les galeries creusées à cet effet, menant il ne savait où.

Ils s’avancèrent dans une de ces capsules de verre, Marlon légèrement hésitant en voyant qu’il n’y avait aucune porte de quelque sorte pour refermer la partie où ils se trouvaient. Des runes couraient sur la surface de verre et Palkor effleura une ligne nonchalamment, des barres faîtes de la même matière que le reste de la cabine sortant du sol et sécurisant le pourtour de l’engin magique.

Le cœur de Marlon s’emballa alors que la cabine transparente s’enfonça brusquement sous terre et qu’une lueur magique bleutée s’alluma sous leurs pieds. La vitesse de la cabine était impressionnante, il pouvait le dire grâce à la vitesse à laquelle défilait la roche creusée devant ses yeux.

« Pas mal ces cabines, n’est-ce pas ? Tu verras, tu t’y habitueras vite, elles sont un moyen de transport incontournable de la cité, si tu ne veux pas passer des heures à marcher chaque jour. Pour le début de la visite, je t’emmène sur les Terrasses, la partie agricole de la ville. C’est là qu’est cultivée la nourriture permettant à toute la cité de se nourrir. »

« Je suppose que ces lignes désignent le quartier ? »

Palkor hocha la tête et montra les différentes lignes à Marlon.

« C’est tout à fait ça. Il y a quatre niveaux accessibles sans autorisation spéciale. Les Terrasses, le Fort, le Marché et enfin les Communs. »

La cabine sortit enfin de la galerie très sombre dans laquelle ils se trouvaient et cela coupa court à l’explication de Palkor. Marlon, lui, fut encore une fois ébahi par le spectacle qui se présentait à lui.

Des centaines de personnes s’affairaient en dessous d’eux, quasiment tous portant une tenue verte très visible. Des dizaines de sphères métalliques, les Observateurs, patrouillaient à intervalles réguliers au-dessus de tout ce beau monde, machines semblant réglées comme des horloges.

La caverne, qui semblait aussi grande que celle où il résidait, s’ouvrait sur l’extérieur et il pouvait deviner des hectares de cultures s’étendre à même le flanc du volcan.

Arrivés au niveau du sol, les piliers transparents s’abaissèrent dans un chuintement et Marlon suivit les pas de Palkor qui ne ralentit pas une seule seconde pour laisser au runiste le temps d’admirer l’ingéniosité et l’incroyable technicité requise pour créer ce genre d’endroit.

Les gens s’écartaient sur leur passage et semblaient bien plus préoccupés par leur travail que par la tenue noire de Marlon, contrairement à l’étage résidentiel.

Il leur fallut dix minutes de marche rapide pour arriver à l’ouverture de la caverne, et deux contrôles différents.

Enfin, lorsqu’ils arrivèrent au niveau des cultures, Marlon ne put se retenir et siffla d’admiration devant ce qu’il voyait.

« Pas de quoi s’emballer, ce sont juste des cultures, Revenge. »

Mais contrairement à ce que laissait entendre la remarque désabusée de Palkor, le spectacle était à couper le souffle. Les flancs du volcan avaient été réaménagés en terrasse de cultures, un peu comme les rizières qu’il avait pu voir dans les reportages sur les cultures anciennes lorsqu’il était sur Terre, et il pouvait deviner de nombreuses espèces de fruits ou de légumes différentes rien qu’à leurs formes variées et leurs couleurs divergentes.

Un nombre impressionnant de gens étaient occupés, les pieds dans l’eau, à vérifier ou récolter les plants. D’autres plantaient sur des terrasses vides et certains utilisaient des objets métalliques étranges qu’ils plantaient dans l’eau avant de verser ce qui devait être des nutriments ou de l’engrais à leurs pieds.

Il y avait même des gens qui semblaient réduire en poudre de la roche volcanique pour l’intégrer aux récoltes, soigneux dans le moindre de leurs mouvements.

« C’est…c’est incroyable ! »

Ces terrasses s’étendaient presque sur tout un côté du volcan, et le runiste ne pouvait qu’imaginer la quantité de nourriture qui en sortait à chaque récolte.

Un observateur vint à leur hauteur et sembla les observer pendant quelques secondes en flottant sur place avant de s’éloigner dans les airs et de retourner faire sa ronde de surveillance.

Palkor tapait du pied avec impatience sur le sol et semblait exaspéré par l’air béat qu’affichait Marlon.

« Si tu es impressionné avec ça, qu’est ce que ça va être quand je vais t’emmener aux forges…allez viens, tu pourras revenir ici si tu le veux quand tu auras ta bague d’identification. »

Palkor repartit dans l’autre sens, sans laisser l’occasion à Marlon de protester. Il le suivit donc, et ne put s’empêcher de remarquer la cadence militaire que tous les agriculteurs semblaient suivre.

Tout comme les habitants de la zone résidentielle, leur regard était froid, leur pas affirmé et cadencé, et tous semblaient savoir exactement où aller et quoi faire.

Depuis son arrivée sur Gaïa, il n’avait jamais vu telle discipline, et il semblait vraiment étonnant que toutes les classes de la cité confondues se comportent de cette manière.

Ils s’engouffrèrent de nouveau dans l’ascenseur runique, et ce dernier repartit dans les hauteurs, retournant à l’étage du quartier résidentiel. Marlon s’habituait doucement à progresser dans des galeries de roche.

« On est revenu aux résidences ? »

« C’est l’étage des Communs. Il y a bien plus que les résidences ici. Les Forges, l’Académie ainsi que quelques autres quartiers mineurs se trouvent à cet étage. Il y a même le Puits, que l’on verra plus tard. »

Le pas énergique de Palkor les mena dans les galeries et ils tournèrent à de nombreuses reprises, le sens de l’orientation de Marlon complètement perturbé par ces tours et contours à l’intérieur de la montagne sans aucun repère visuel qu’il pouvait utiliser.

Son guide ne prenait même pas le temps de déchiffrer les inscriptions runiques sur les murs, semblant connaître par cœur la disposition des lieux.

Au bout d’une dizaine de minutes supplémentaires de marche, ils débouchèrent sur une autre caverne, plus basse de plafond, mais plus étendue que celles qu’il avait vu jusque-là.

De nombreuses personnes se rendaient dans cette partie là de la ville, et lorsqu’ils arrivèrent devant le poste de contrôle, Palkor expliqua à Marlon ce qui se présentait devant lui.

« Voici l’Académie, l’endroit où tu étudieras. »

Sur la gauche de la caverne s’étendaient des édifices à deux étages et à la toiture plate, complètement blancs avec des liserés dorés peints sur les angles des bâtiments.

Des fenêtres, ressemblant plus à des baies vitrées, ceignaient chacun de ces édifices et l’on pouvait voir dans quelques-uns d’entre eux des gens assis derrière des bureaux, concentrés comme si leur vie en dépendait.

L’on apercevait de temps à autre des éclairs bleus ou rouges apparaitre et disparaitre tout aussi vite, la magie semblant à l’œuvre.

Sur la droite, les bâtisses étaient de couleur rouge, et les liserés étaient peints en noir, dégageant une impression bien plus agressive de par leur apparence.

Elles étaient également moins nombreuses que la partie gauche, de grandes cours dégagées se trouvant entre les différents blocs. Des gens occupaient presque tous ces espaces, et chacun semblait s’entraîner à un style de combat que Marlon ne connaissait pas.

Les cris de combat résonnaient dans l’immensité de la caverne et étaient impressionnants de par leur fermeté.

Entre ces deux parties, une grande allée de gravier blanche semblait s’étirer sur toute la longueur de la caverne et créait une sorte de frontière entre les deux côtés.

Personne ne marchait sur ce chemin, et Marlon eut la raison assez rapidement.

« Sur la gauche se trouve la partie magique et runique de l’Académie. C’est ici que j’étudie la création de Sangsues, par exemple. Sur la droite, c’est la partie militaire. Quelques-uns d’entre nous étudient les deux ensembles, mais c’est relativement rare, et le conflit entre ces deux pôles d’éducations est constant. Une sorte d’esprit de compétition permanent, comme aimerait à le décrire Père… »

Marlon sentait clairement la désapprobation et la colère dans la voix de Palkor, mais il ne demanda rien, se contentant d’observer ce qui se tenait devant lui.

« Et pourquoi personne n’emprunte le chemin de gravier ? »

Les étudiants évitaient en effet soigneusement de marcher dessus, et ceux se trouvant de chaque côté semblaient se lancer des regards chargés de menace, chien de faïence face à face.

« Une vieille habitude, tout simplement. C’est comme une frontière, il y a une forte concurrence entre les deux pôles d’éducation, ils évitent donc de se mélange entre eux »

Palkor se retourna et invita Marlon à le suivre lorsqu’une voix s’éleva non loin d’eux, apostrophant le jeune apprenti avec agressivité et condescendance.

« Alors, le fils à papa est revenu ? La raclée de la dernière fois ne t’a pas suffi, dis-moi ? »

Palkor jura en se retournant vers la voix, et Marlon en fit de même.

Il se retrouva face à un trio d’individus semblant tous trois sortis du même moule, et lorsqu’il parla, la voix de Palkor était chargée de rancœur et de colère.

« Talron, Deica et Narji. Vous n’avez rien de mieux à faire que d’emmerder les gens plus doués que vous ? C’est sûrement pour cela que vos résultats sont médiocres… »

Les trois arrêtèrent de sourirent bêtement et serrèrent les poings en se dirigeant vers Marlon et Palkor.

Instantanément, une voix que Marlon commençait à connaître un peu trop bien fit son apparition dans sa tête, le suppliant de le laisser faire et laissant remonter en lui une soif de sang qu’il n’avait pas encore ressentie depuis son arrivée.

Cela ne faisait pas quarante-huit heures qu’il était là, et déjà les ennuis s’accumulaient…

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