Le Chevalier des Elfes
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Chapitre 8

Glil : Messieurs, je vous avertis tout de suite, la désertion au cours cette mission ne sera pas punie de prison, mais de la peine de mort. Nous affronterons des circonstances difficiles, mais la survie de plusieurs royaumes elfes repose sur nous. Par conséquent il vous est interdit de flancher.

Arthur : Que devons-nous faire exactement ?

Glil : Nous enfoncer dans un dédale de tunnels, à la recherche d’un gisement de super pierre malnérale.

Arthur : Avons-nous un guide pour nous aider à nous orienter dans le labyrinthe souterrain qui nous attend ?

Glil : Malheureusement non, de plus nos adversaires sont les odieux skavens. Je vous conseille de ne pas vous rendre face à l’ennemi, tout ce que vous gagnerez sera de finir en tant qu’expérience de laboratoire.

Arthur : Il serait peut-être utile avant de nous aventurer dans les tunnels, que nous utilisions notre matériel plusieurs fois afin d’être plus opérationnels.

Glil : Ce n’est pas une mauvaise idée caporal Arthur. Pour une fois tu fais preuve d’une bonne initiative.

Quand les elfes sous les ordres du lieutenant Glil, comprirent la dangerosité exacte de la mission, plus de la moitié d’entre eux choisit de refuser de participer. Cela ravit et déçut Glil, en effet moins il y aurait de militaires sur le coup, plus il lui serait facile de s’attribuer l’essentiel du mérite. Mais d’un autre côté le nombre de boucliers elfes qui pourraient servir à le protéger serait limité.

Ainsi en cas de confrontation avec des skavens, les chances de survie de Glil s’avéraient amoindries. Cependant le lieutenant estimait avoir des raisons sérieuses d’espérer s’en tirer d’après son horoscope. De plus les probabilités étaient élevées qu’Arthur le fort meure, et que la mémoire du défunt soit celle d’un individu ignoble. Le voyant de Glil était formel, sa prédiction du mois était affirmative. Il y avait une conjonction astrale qui garantissait pratiquement à cent pour cent la réussite des projets du lieutenant, et que ses ennemis connaîtraient un sort funeste. Or Glil considérait le fort comme un adversaire terrible, poli par devant mais comploteur dès que l’on avait le dos tourné. Le lieutenant estimait qu’Arthur était un être sans foi ni loi, qui pour se faire bien voir n’hésitait pas à recourir à des stratagèmes odieux, comme par exemple la magie de domination.

Les troupes elfes commencèrent à quitter le campement, et Glil se mit à penser à beaucoup de choses.

Glil n’avait pas encore de preuves, mais sa conviction était absolue, Arthur était un monstre d’ambition, un humain qui ne savait pas rester à sa place. Il avait attaqué en justice le lieutenant pour diffamation. Par conséquent Glil avait été sommé par un tribunal militaire de cesser de saquer le fort. Il reçut un blâme et dût payer une lourde indemnité à Arthur. Néanmoins Glil était quand même de bonne humeur malgré son ressentiment et sa haine, car il sentait qu’il aurait bientôt l’occasion de s’occuper d’Arthur.

D’ailleurs le lieutenant développa d’autres rêves que celui du trépas du fort. Il s’imagina que s’il se montrait assez valeureux il était possible qu’il rejoigne enfin l’état-major de Lancelot, qu’il soit associé aux grandes décisions stratégiques de l’armée où il travaillait. Glil pensa même qu’il pourrait avoir accès à une position assez remarquable, dans le sens qu’il remplacerait les subordonnés les plus proches du général, et pourquoi pas Lancelot en personne. Après tout le lieutenant était l’individu avec le plus haut rang en tant que noble de l’armée, donc il était naturel d’après lui qu’il occupe le poste de commandement suprême.

Certes Lancelot était un officier supérieur qui méritait des éloges pour ses nombreuses victoires, mais Glil avait pour lui la supériorité en tant qu’aristocrate. Entendu Lancelot dépassait largement le lieutenant pour ses capacités à comprendre les stratagèmes ennemis, la faculté à concevoir rapidement un plan élaboré d’attaque ou de défense pour ses troupes, le dévouement à l’égard des subordonnés, le talent à réunir des fonds, mais Glil considérait quand même pouvoir briguer le poste de général à la place de Lancelot, ce qui était normal, il était l’héritier légitime d’un duc. Lancelot aurait pu briguer un meilleur statut social que Glil du point de vue du titre aristocratique, mais il se fâcha avec sa famille à cause de ses idées innovantes dans le cadre du recrutement militaire et de sa tolérance à l’égard de certains humains. Il partit loin de ses proches après avoir reçu une grosse somme d’argent et fonda sa propre compagnie militaire.

Les premières mesures de Glil quand il deviendrait général seraient simples, se débarrasser des arcs, flèches et arbalètes, mages de l’armée pour investir dans l’achat d’épées hors de prix et d’une centaine de chevaux très chers afin de se constituer une garde d’honneur faite d’aristocrates triés sur le volet. Ce serait très élégant comme mesure c’est certain, mais il vaut mieux prier pour que la cavalerie prestigieuse de Glil soit très résistante aux projectiles, aux pièges, aux lances, aux sorts et à beaucoup d’autres choses.

Après une bonne heure d’introspection chez Glil, ce lieutenant et ses troupes commencèrent à passer par une vieille mine abandonnée. Les poutres pourries s’entassaient, et il flottait une odeur d’humidité. Il fallait faire attention où marcher, en effet un pas de travers pouvait signifier un effondrement. Heureusement grâce aux connaissances dans le milieu souterrain d’Arthur des faux pas furent évités. Malheureusement le fort ressentit de l’angoisse, car Glil était remonté à bloc par la perspective d’une possible promotion. Cela inquiétait Arthur, quand le lieutenant était trop content, il commettait plus facilement des erreurs monumentales.

Puis les couloirs creusés par des humains laissèrent place à ceux des skavens, ils étaient faciles à différencier. Bien plus humides, et moins bien entretenus, et aussi d’une grande saleté, il se trouvait quantité d’excréments. En prime il commençait à se développer une certaine oppression, une sorte de désespoir latent, comme si des esprits vindicatifs essayaient de sortir du sol ou du plafond. Les skavens pratiquaient une magie spéciale pour renforcer leurs tunnels, le sacrifice d’âmes.

Il y avait de temps à autre dans les souterrains construits par les hommes-rats des messages écrits incompréhensibles pour les elfes à cause d’une méconnaissance de la langue skaven. Cependant il se trouvait parfois aussi des inscriptions en langage elfique certes rudimentaires mais très énervantes pour les soldats de Lancelot. Elles annonçaient diverses choses comme le temps de l’ère des hommes-rats, que les elfes seraient contraints de servir d’esclaves pour les skavens ou de nourriture. Le plus souvent elles contenaient des insultes comme le fait que les elfes adoraient tellement les chevaux, qu’il était naturel pour nombre d’entre eux de s’accoupler avec des étalons ou des juments plutôt que leurs semblables.

Cette injure s’appuyait sur la tendance des elfes à considérer avec une grande déférence les chevaux. Ils s’appuyaient sur une cavalerie mais ils étaient très gentils avec ces animaux. Les étalons tombés au combat avaient le droit à une tombe au même titre que les soldats.

L’imaginaire des elfes était rempli d’histoires où les chevaux remplissaient un rôle protecteur, contribuaient à sauver une communauté isolée ou une famille en détresse. Et même s’il existait plusieurs clergés chez les elfes, les différents cultes avaient généralement pour points communs d’accorder une importance cruciale au cheval, en tant que messager des dieux, animal sacré ou d’autres fonctions honorifiques.

Les elfes réagirent plutôt stoïquement aux quolibets skavens, ils disciplinèrent fréquemment leur élan de haine. Cependant même les plus posés des soldats descendant dans les souterrains ne purent s’empêcher de pousser un cri d’horreur, ou du moins de ressentir de l’effroi face au spectacle les attendant après deux à trois heures d’exploration.

Ici et là des corps d’elfes et de chevaux affichaient des expressions d’agonie, des rictus d’intenses souffrances. Les cadavres avaient été profondément lacérés et sans doute torturés pendant longtemps vu le nombre de coup de fouet et les blessures variées sur la plupart des dépouilles.

Pour ajouter à l’effroi il y avait même des fantômes d’elfes complètement abrutis par les tourments physiques qui ne pensaient qu’à gémir. Les quelques spectres étaient apparemment invoqués au moyen d’une magie pervertie. Ils ne faisaient que hurler encore et encore. Ce qui ressemblait à une famille comportant un mari, une épouse et leurs quatre enfants ne songeaient qu’à crier leur détresse. Les six fantômes émettaient en prime une lueur phosphorescente verte.

Les soldats auraient bien voulu se précipiter dans les souterrains pour exercer une vengeance cruelle. Mais les sergents et caporaux présents appelèrent au calme, foncer ne servirait qu’à faire le jeu des skavens. Se précipiter et oublier la discipline aboutirait à l’échec de la mission. Arthur fit partie des gens appelant à la modération. Il était indigné par ce qu’il appelait la monstruosité skaven. Cependant il estimait que les dépravations ennemies faisaient partie d’une stratégie afin de déstabiliser les troupes. Il fut très content que les militaires sous sa responsabilité arrivent à se calmer rapidement.

Par contre il éprouva un certain niveau d’amertume en voyant l’attitude de Glil. Le lieutenant était prêt à charger comme un enragé, et à provoquer une marche forcée.

Glil : Vengeance pour les morts, allons tuer des skavens.

Heureusement le tempérament lâche de Glil sauva rapidement la situation. Il réalisa que s’exposer comme il le faisait était très dangereux pour lui. Son élan d’héroïsme fut rapidement éclipsé par un puissant instinct de survie, et son désir d’ascension sociale. Et puis il était assez juste du point de vue financier, il pourrait difficilement acheter la réputation d’une autre personne. Il aurait du mal à convaincre avec de l’argent un héros de guerre de faire croire que lui le lieutenant avait accompli tel exploit guerrier. En outre il se rappela le contexte de la mission, il était vital de privilégier la furtivité avant toute chose, donc charger violemment n’était pas la meilleure des options.

Pendant un temps l’idée caressa Glil cependant de se détacher d’une partie de ses forces afin de les expédier dans la gueule du loup, de les envoyer en plein cœur des troupes skavens. Le lieutenant prenait un risque mais la possibilité de causer un trépas atroce et lent sur Arthur constituait une puissante sensation. Il se dit qu’il tenait là un excellent moyen d’obtenir une vengeance contre la résistance acharnée du fort à ses injures et outrages. Puisqu’il était compliqué de faire craquer Arthur, autant en profiter pour en laisser d’autres se charger du sale boulot. Plus Glil réfléchissait sur cette manigance plus il la trouvait remarquable.

Certes il y aurait aussi des soldats valeureux qui périraient avec le fort. Cependant le lieutenant calma sa conscience en argumentant sur le fait qu’il valait mieux se débarrasser d’elfes qui se montraient amicaux avec des humains. D’accord chaque vie elfique perdue était souvent une tragédie d’après Glil, toutefois se lier d’amitié avec un humain était une folie grave. Or le lieutenant considérait que les gens atteints de démence c’était une bonne chose de les massacrer.

Son raisonnement ne parvenait pas à calmer les remous de sa conscience, néanmoins abandonner un moyen efficace et relativement sans conséquence de tuer le fort paraissait idiot pour Glil.

Néanmoins le lieutenant se mit à songer qu’il n’était pas absolument certain qu’Arthur périsse. Il était capable pour sauver sa peau de devenir un agent des skavens selon Glil. En fait il avait une mentalité assez misérable et opportuniste pour nouer une relation très durable avec les hommes-rats d’après le lieutenant. Si le fort rencontrait des skavens, il y avait carrément une possibilité qu’il renforce sa position en fait.

Dans l’esprit torturé de Glil, c’était absolument indéniable, Arthur se porta volontaire pour la mission afin de nouer des liens avec des skavens. Il était donc nécessaire de surveiller plus que jamais le fort et de l’empêcher de s’éloigner. Le lieutenant jugeait qu’il était nécessaire d’instaurer carrément un périmètre de surveillance sur Arthur. L’ennui venait qu’il n’avait personne de fiable pour épier son ennemi. Par conséquent il faudrait qu’il fasse le travail d’espionnage lui-même. Il avait mal à la tête en s’imaginant la masse de travail le concernant. Déjà qu’il se coltinait une mission difficile, il devait en plus contrecarrer une menace très pernicieuse prénommée Arthur.

Avant toute chose il s’avérait impératif de ne pas dévier du cadre de la mission, cela faciliterait la surveillance. Donc il donna un ordre pour revenir sur ses pas, cesser de poursuivre les skavens responsables de l’exposition des cadavres d’elfes et de chevaux. Il inhala une odeur surnaturelle qui rendait bien apparent dans le langage les ambitions et les peurs, chez les faibles volontés. Les skavens en tant que piégeurs avaient différents tours, ils ne faisaient pas que tuer, ils désorganisaient aussi, en favorisant les mauvais penchants de leurs adversaires avec des enchantements pernicieux.

Glil : Euh … il est vital pour ma promotion …, euh la mission d’être prudent, donc j’annule mon ordre.

Arthur était un peu outré mais en même temps soulagé, il n’aurait pas besoin de défier les directives d’un supérieur hiérarchique afin de contenir un désastre.

La descente dans les tunnels des skavens se passait plutôt bien. Arthur craignait à un moment que le côté labyrinthique des souterrains s’accompagne d’un long détour voire d’un égarement massif. En effet il remarqua que le lieutenant s’y prenait comme un pied pour les guider. Par exemple il fallut que le fort intervienne pour signifier à Glil qu’il se trompait pour fournir de bonnes indications avec la carte destinée à les guider. Heureusement Arthur fut assez malin pour tracer à la craie des informations qui permirent à ses camarades de retrouver leur chemin. Ensuite le fort grâce à un mélange de flatterie et d’hypocrisie présenta comme une tâche plutôt réservée aux troupes en bas de l’échelle militaire le fait de lire une carte durant une expédition.

Le lieutenant tomba dans le panneau et confia à un soldat le soin de les orienter dans les souterrains. Après le coup de la carte mal lue, il poussa un éternuement presque tonitruant qui joua une fonction parfaite pour renseigner les skavens sur la position des elfes. Heureusement rien ne se passa, les hommes-rats ne semblèrent pas alerter autre mesure par la gaffe de Glil.

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