Le Chevalier des Elfes
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Chapitre 23 –

Mais finalement Thérésa décida de persister, à continuer à avoir une relation amicale avec le fort. Elle considérait que se soumettre aux revendications d’un imbécile raciste constituait un comportement pitoyable. De plus la partie égoïste de la modérée n’appréciait pas du tout l’option de l’abandon. Cela favorisait les chances qu’Arthur noue une relation amoureuse avec une autre personne.

Or Thérésa avait beau essayer de se montrer raisonnable, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la jalousie chaque fois qu’elle apprenait qu’Arthur avait du succès avec un membre de la gente féminine.

En effet si Arthur inspirait la crainte et l’antipathie chez de nombreux elfes de l’école de Sar, il n’empêchait qu’il avait un réel succès chez les naines. Sar accueillait surtout des élèves elfes, mais une partie des travailleurs chargée de préparer les repas, faire le ménage, n’appartenait pas à la race elfique. Le fort par besoin de compagnie avait bavardé avec des cantinières et des nettoyeuses naines. Résultat il s’était fait quelques amies, et avait même conquis des cœurs. Deux naines avaient été jusqu’à faire des avances sexuelles à Arthur.

À cause des menaces d’Othion le sommeil de la modérée fut plutôt agité, cela se remarqua sur son visage, des cernes y apparurent. La folie du vaniteux impressionna fortement Thérésa. Pour camoufler les traces d’angoisse sur son visage, la modérée recourut à du maquillage, mais elle ne s’y prit pas assez adroitement pour camoufler complètement les séquelles de sa mauvaise nuit de sommeil.

Arthur sentait que quelque chose clochait, mais il ne savait pas exactement quoi. Pendant un temps il soupçonna son refus de construire un couple amoureux avec Thérésa d’être la raison du comportement un peu distrait de son amie. Puis il se concentra, et il remarqua une attitude liée à la peur chez son interlocutrice. Ce qui ne cadrait pas avec ses suppositions selon lesquelles la modérée était probablement affectée par la colère.

Toutefois le fort hésitait à engager la conversation afin de découvrir la vérité exacte. Il craignait d’être indélicat ou du moins indiscret. D’un autre côté son affection pour Thérésa l’incitait à poser des questions. En effet Arthur considérait que la fonction d’un ami était de chercher à réconforter ses proches. Or il était franchement manifeste que la modérée s’avérait dans un état d’esprit agité. Le fort ne savait pas sur quel pied danser, il hésitait entre prendre le risque de fâcher Thérésa, et accomplir son devoir d’ami.

Finalement il opta pour le fait d’interroger la modérée, l’inaction était généralement vue comme une belle idiotie par Arthur. Le fort parla à son amie à l’intérieur d’un couloir désert, qui se caractérisait par ses murs blancs et surtout ses nombreux portraits d’élèves illustres. Il s’agissait de la galerie des excellents, un endroit où les élèves qui obtinrent la mention excellent à leur examen final était répertorié, il y avait des années à Sar où personne n’obtenait la mention illustre.

Arthur : Thérésa, tu sembles soucieuse, que t’arrive t-il ?

Thérésa : Un elfe m’a menacé de représailles si je persistais à te voir. Mais il a caché son identité habilement, je ne saurais sans doute pas le reconnaître.

Arthur : As-tu des éléments sur l’identité de celui qui essaie de te faire peur ?

Thérésa : Mis à part qu’il est très prétentieux, je n’ai aucun indice sur mon ennemi.

Arthur : Si tu veux, je peux enquêter afin de savoir qui cherche à briser notre amitié.

Thérésa : C’est gentil, mais ce n’est pas la peine de vouloir se renseigner.

Arthur : J’ai un sombre pressentiment, il faudrait peut-être mieux que je démasque ton ennemi.

Thérésa : Tu te fais du mauvais sang pour rien, Arthur. De plus je n’ai pas envie que tu joues les protecteurs à mon égard. Je suis assez grande pour résoudre mes problèmes, surtout quand il s’agit de tracas mineurs.

Arthur : Très bien, mais si tu changes d’avis, si tu penses que de l’aide est requise pour toi, n’hésites pas à me le faire savoir.

Thérésa : Merci de ta considération Arthur, mais je ne suis pas une elfe sans défense.

Arthur se mit à penser à abandonner son amitié avec Thérésa la modérée, certes cela le navrerait profondément, et il perdrait aussi probablement de superbes occasions d’appui pour sa carrière. Cependant il voyait la protection de Thérésa comme une priorité importante. Entendu elle serait un peu déçue et triste pendant quelques temps en cas de rupture, toutefois elle devrait se remettre assez vite.

En effet elle avait une famille aimante, et de nombreux gens désireux être proches d’elle. Le fort admettait que ce serait bête de céder face à l’adversité, en particulier des ennemis arrogants. Néanmoins il voulait être un soutien pour son amie, et non une source d’ennuis. Puis il songea à son rêve de devenir une légende guerrière, d’acquérir une renommée personnelle qui resterait vivace et bien connue pendant plusieurs siècles et au fait que la modérée constituerait un superbe atout pour arriver à ses fins.

La famille de Thérésa comportait comme subordonnés des bardes très célèbres, des chanteurs connus sur plusieurs continents parfois. Si le fort arrivait à se faire bien voir des parents de la modérée, il pourrait bénéficier d’un moyen de diffusion de sa gloire particulièrement efficace.

Arthur pencha entre son désir de protection et sa cupidité. Il oscillait entre son envie de rendre service et son égoïsme. Finalement il choisit de ne pas abandonner, en partie par fierté individuelle, mais aussi par affection. Entendu il désirait se forger une destinée élogieuse, mais il voyait aussi les amis sincères comme une richesse très précieuse qui valait mieux que l’or.

Alors il continuerait à fréquenter Thérésa, et il ne modifierait pas sa décision à moins que de graves conséquences se produisent sur la modérée. Le fort était conscient qu’il jouait une partie potentiellement dangereuse pour son amie. Mais il refusait de capituler avant d’avoir livré bataille.

Othion espérait de tout cœur entendre parler du rejet d’Arthur par Thérésa. Ainsi il aurait la consolation de bénéficier enfin d’une victoire sur son ennemi le fort. Il essaya à diverses reprises de remporter quelque chose contre son adversaire. Il l’affronta aux dames, aux échecs et à divers autres jeux mais il se fit battre à chaque fois. Pourtant il déploya tout son savoir-faire afin de l’emporter. Et s’il y avait bien un domaine où il était vraiment sérieux, c’était l’entretien de ses talents pour les jeux de réflexion. Toutefois ses nombreux efforts et le fait qu’il ait commencé très tôt à s’entraîner, dès la petite enfance, ne suffirent pas à empêcher Othion de collectionner les défaites.

Ce dernier ne comprenait pas comment il était possible qu’une personne chevronnée comme lui dans les échecs soit inférieur en technique et en capacité à feinter son concurrent. Il essaya plusieurs dizaines de fois de prendre au dépourvu son ennemi, mais tout ce qu’il obtint ce fut dans le meilleur des cas un répit passager de quelques coups avant de voir sa situation sur le plateau de jeu se détériorer davantage. Passe encore pour Othion que grâce à la protection d’une divinité de la guerre, un humain comme Arthur triomphe d’un elfe comme lui dans un duel martial.

Mais cela relevait de l’absurde selon Othion que le fort arrive à le battre aux échecs, un domaine où l’elfe s’investissait avec énergie depuis l’âge de quatre ans. D’ailleurs il faisait en partie la fierté de ses parents pour son talent reconnu comme élevé dans les jeux de réflexion ; alors il n’arrivait pas à comprendre la raison des victoires de plus en plus marquées sur lui aux échecs de la part de son ennemi.

Othion remarquant l’air concentré d’Arthur l’interrogea. Il était occupé à nettoyer la poussière dans leur chambre commune. Chaque fois qu’il lisait le parchemin vantant ses performances en tant que nettoyeur d’excréments, il sentait la colère l’envahir. Même après vu des dizaines de fois l’écrit problématique, il n’arrivait pas à éviter une montée d’émotions négatives.

Othion : Vous avez l’air contrarié monsieur. Que se passe t-il ?

Arthur : Un elfe complètement idiot s’en est pris à Thérésa, sous prétexte qu’elle m’aime beaucoup.

Othion (angoissé) : Vous avez une idée sur l’identité de celui qui a nui à Thérésa ?

Arthur : Non mais si je mets la main sur ce lâche, ce dégonflé, il passera un sale quart d’heure.

Othion : Je vous souhaite bonne chance dans votre enquête, monsieur. La situation de Thérésa me navre.

Arthur : Moi aussi je suis triste pour Thérésa, c’est très dommage qu’un imbécile parmi les imbéciles vienne s’en prendre à Thérésa parce qu’elle est tolérante. Houlà mon cours d’escrime va bientôt commencer, je dois y aller.

Othion (une fois Arthur parti) : Puisqu’apparemment Thérésa s’entête à t’aimer Arthur, elle devra payer le prix de sa folie. Mais je vais m’occuper de toi d’abord.

Othion le vaniteux avait beaucoup de mal à contenir sa fureur, il voulait tuer à petit feu Arthur, et violer Thérésa. Puis au prix d’un grand effort de volonté il se reprit. Le vaniteux savait que la colère était mauvaise conseillère. De plus seul il aurait beaucoup de difficultés à s’occuper d’Arthur, c’était pourquoi il sollicita de l’aide auprès d’un des esprits les plus retors et vicieux du monde de Gerboisia.

En effet Othion entra en contact avec un skaven occupant la fonction de devin rouge. Il était vrai que le vaniteux s’allia avec une personne disposant de moyens conséquents de nuisance et possédant des pouvoirs magiques impressionnants, cependant il s’acoquina aussi avec un arnaqueur de premier plan.

Dans la plupart des cas les devins rouges pratiquaient l’escroquerie et, dès qu’un de leur allié cessait d’être utile, il subissait un sort pitoyable. Le skaven auquel fut confronté Othion n’était pas une exception, il proposait de monnayer son aide dans une partie de dés où les chances pour le camp adverse de gagner était d’une sur un milliard.

Ainsi le vaniteux même s’il eut une chance insolente dut s’engager à fournir de grosses contreparties. Le devin rouge avait la ferme intention qu’Othion rampe devant lui un jour ou l’autre. Les skavens mettaient souvent un point d’honneur à ce que leurs débiteurs deviennent rapidement des esclaves prêts à toutes les extrémités. Autrement dit le vaniteux pour se débarrasser d’un ennemi se mit dans un fâcheux pétrin. Il risquait fort de regretter le jour de sa naissance, tant que le devin rouge serait vivant. Mais pour l’instant Othion se concentrait surtout sur le moyen d’anéantir la vie d’Arthur.

Il fomenta pour perdre son ennemi un piège bien retors, il l’emmènerait dans un lieu où il estimait que son adversaire mourrait quasiment à coup sûr. Certes le fort était un guerrier redoutable cependant il ne faisait aucun doute dans l’esprit du vaniteux, que son ennemi était bel et bien perdu.

Othion avait d’ailleurs des idées pour agrémenter sa vengeance, il demanderait à son contact le devin rouge de transformer Arthur en fantôme et de l’enfermer dans une boîte à torture spirituelle. Il s’agissait d’une boîte remplissant une fonction glauque, elle servait à organiser un supplice sur l’âme d’une personne décédée. Les morts n’avaient pas de nerfs actifs, toutefois ils pouvaient ressentir la douleur en recourant à la magie. S’acharner sur une personne réduite à l’état de fantôme, en n’ayant pour unique motif le sadisme était extrêmement mal vu dans les royaumes elfiques.

Néanmoins Othion s’en moquait éperdument, il avait déjà acheté un prix élevé une boîte destinée à contenir l’âme du fort. Et il comptait bien profiter pendant un long moment de son acquisition. Il ne pourrait pas se vanter en public des tourments qu’il infligeait à Arthur, mais il sentait qu’il éprouverait une satisfaction très intense à la perspective de s’amuser à organiser des jeux détestables avec l’esprit d’un ennemi.

De plus il existait d’autres motifs que l’envie de se divertir qui animaient le vaniteux. Neutraliser définitivement le fort revenait à se débarrasser d’un obstacle de taille dans la conquête du cœur de Thérésa. D’accord cette dernière avait peu d’intérêt pour Othion. Toutefois selon le vaniteux la séduire sera relativement facile, une fois l’influence détestable d’Arthur disparue. Il ne restait plus qu’à appâter le fort avec une jolie histoire.

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