Fox-Eared Detective
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Chapitre 47 – Sleeping Little Beauty : Mystère d’Internet ; Cinquième Ligne
Chapitre 46 – Sleeping Little Beauty : Mystère d’Internet ; Quatrième Ligne Menu Chapitre SP1 – En Plein Coeur

Nous sommes désormais le jeudi 15 Septembre. Le soleil n’est toujours pas levé, ses rayons se montrant à peine dans l’horizon du pays de Bélium. Le doux calme est gentiment brisé par les quelques musiques des oiseaux matinaux et certaines voitures qui roulent en direction de leur lieu de travail. Certains habitants se réveillent doucement, les enfants sortent petit à petit de leur sommeil pour leur journée d’école et quelques âmes vont dormir maintenant, après une longue nuit de travail ou de jeu. Les chats miaulent déjà devant la porte de leur maison, demandant leur nourriture bien méritée. La vie s’éveille donc ainsi, mais dans le pays de Bélium, certaines personnes sont déjà en mouvement… prêtes pour ce qui arrive.

– ‘SLB5’ ici.

Un homme cagoulé avance dans une étroite allée, arrivant ainsi dans un petit jardin abandonné. Là-bas, deux autres hommes l’attendent.

– ‘SLB2’.

– ‘SLB6’.

– Vous n’êtes que deux ?

L’un des deux hommes qui attendaient sur le morceau de bois utilisé comme banc secoue la main.

– Non, ils sont déjà tous en position.

– Je vois… Est-ce qu’on est certain que c’est bien ici ?

– C’est certain, il n’y a que de cette façon qu’on peut résoudre les codes du Chef.

L’homme qui vient d’arriver reste debout et attrape le pistolet qui lui est lancé.

– On ne sait jamais si quelque chose tourne au vinaigre, c’est mieux que tu gardes cette arme sur toi. Tu as préparé un véhicule pour fuir s’il le faut ?” demande l’homme qui répond au surnom de ‘SLB2’.

L’homme range le pistolet sous ses vêtements et sourit derrière sa cagoule.

– Une moto et j’ai même un vélo s’il le faut vraiment.

– Un vélo, hein ? Eh. Un assassin qui roule à vélo pour fuir…

– J’en aurai pas besoin si le code ne se trompe pas.

– Impossible qu’il se trompe, sinon nous sommes dans la merde.

– J’espère…

– Nous avons tous réfléchi ensemble pour trouver ce code. Tsk, si le Chef acceptait de nous parler directement au lieu de s’amuser comme ça… Il était bien plus complexe que l’autre !!

L’homme qui répond au surnom de ‘SLB6’ frappe le sol en râlant, mais ‘SLB2’ lui ordonne de se calmer sur le champ, ce qu’il fait à contre cœur. Ils sont tous trois cagoulés et habillés assez similairement, avec comme différence le chiffre de couleur différente sur leur veston. Leurs habits sont foncés et peu montreurs. Les deux hommes assis sur le banc se lèvent et s’observent avant d’acquiescer.

– L’heure tourne, on dirait qu’on a plus beaucoup de temps,” avoue l’un des hommes en regardant sa montre.

– Je venais juste vous chercher, vu que vous êtes ceux qui vont jouer le rôle de la mort. Est-ce que vous êtes convaincu que vous pourrez vous en sortir à temps ?

– Nous n’allons pas nous faire arrêter. Promis.

L’homme au surnom de ‘SLB5’ sourit derrière sa cagoule avant de se retourner.

– Ne tardons pas, alors.

Il s’avance dans l’étroite ruelle, sortant du jardin abandonnant.

– Nous avons une personne à endormir à peine se réveillera-t-elle.

CHAPITRE 47  
Sleeping Little Beauty : Mystère d’Internet ; Cinquième Ligne


‘SLB2’ et ‘SLB6’ prennent un autre chemin et courent dans la rue en s’assurant que personne ne peut les voir. Certaines voitures passent dans la rue, mais le soleil ne s’est toujours pas levé, alors il y a peu de gens qui se trouvent à l’extérieur ou qui regardent à travers leur fenêtre : ils peuvent donc bouger sans risquer d’être vus. Ils arrivent finalement à la porte d’entrée d’un immeuble à quelques étages seulement, ne dépassant même pas la dizaine. Ils y entrent après avoir utilisé une clef qu’ils ont prise à l’avance et s’y dirigent en faisant attention de n’être vus de personne. Actuellement, ils ont tous deux des capuches sur la tête pour que personne ne remarque leur cagoule sur leur visage. Ils montent les escaliers avec vitesse, évitant les caméras de surveillance dans l’ascenseur, et montent les marches en se pressant. Ils arrivent devant la porte qui mène au toit et utilisent un faible explosif qui ne produit aucun bruit pour passer, vu qu’elle était fermée. Ils arrivent ainsi sur le toit de l’immeuble et scrutent les environs, mais ils trouvent rapidement ce qu’ils cherchaient. Ils s’approchent de la boîte en métal et l’ouvre avant de sourire.

– Eh, c’est de la qualité !

‘SLB2’ attrape le sniper qui s’y trouvait et son compagnon attrape l’autre en l’analysant.

– C’est vrai que c’est une bonne arme. Tu sais comment l’utiliser ?

– Eh, j’ai déjà utilisé plusieurs armes à longue distance dans ma vie, ça ira.

– … Je te crois.

Sans même douter de son partenaire, pourtant qu’il connaît à peine, il s’avance sur le toit en regardant la porte en métal derrière lui, celle qui permet d’entrer dans le bâtiment.

– J’espère que ‘SLB4’ vérifie bien si personne ne va venir par derrière…

– Tout devrait bien aller. Faisons rapidement notre travail au cas où.

Ils se regardent et acquiescent ensemble avant d’aller au bord du toit, deux snipers dans leurs mains.

*******************************

Les rayons du soleil se montrent de plus en plus dans la ville. Un certain homme qui dormait jusqu’ici ouvre doucement les yeux, ressentant la chaleur du matin sur sa peau. Quelques instants plus tard, il lève son tronc et bâille avant de tourner le visage vers la fenêtre fermée et cachée derrière des tentures de l’hôtel. Depuis l’extérieur, il serait impossible de le voir à l’intérieur. Il se lève du lit avec calme, les yeux encore lourds, et gratte dans ses cheveux gris. Sans même penser à enfiler ses pantoufles, il marche sur le sol tapissé de sa chambre d’hôtel et se dirige en direction de la salle de bain. Il y allume la lumière et attrape sa brosse à dent avant d’y mettre du dentifrice. L’homme s’admire attentivement dans la glace du miroir et se touche les cheveux, mais il décide qu’il les coiffera avant de partir. Il se brosse donc les dents en bougeant doucement la brosse à dent électrique dans sa bouche, se réveillant petit à petit intérieurement. Lorsqu’il a terminé, il fait rapidement sa toilette avant de coiffer ses cheveux gris. Convaincu qu’il est beau et qu’il peut sortir de la sorte, il rejoint sa chambre avant d’attraper le téléphone de l’hôtel. Il y compose un numéro avant d’attendre quelques instants qu’on lui réponde. Les secondes passent avant qu’on décroche de l’autre côté du fil.

– Oui… ?

Une voix féminine et fatiguée retentit enfin. L’homme sourit en l’entendant.

– Tu es déjà réveillée, mon amour.

– J’avais mis un réveil…

Elle bâille et l’homme retire son pyjama en bloquant le téléphone entre son épaule et son oreille droite.

– Comme prévu, nous allons partir dès le tôt matin, à l’aube. Tu te prépares ?

– D’accord… Je t’attends dans le couloir.

Il acquiesce et raccroche sur le moment. Il est déçu de ne pas avoir pû dormir avec sa femme ce soir, mais elle avait besoin de tranquilité à cause de la mort de son grand-père, surtout qu’elle est moins tactile et collante que lui. Il ne peut rien y faire et il l’aime quand même, surtout qu’elle fait des efforts, mais il ne peut que la laisser tranquille si elle en a besoin : il profitera de câlins quand elle se sentira mieux. Il s’habille en pensant à elle et s’admire une nouvelle fois dans le miroir, vérifiant que ses boutons sont bien attachés. C’est au même moment que quelqu’un vient toquer à sa porte. Sans réponse, il s’y dirige et l’ouvre après avoir vérifié l’identité du visiteur à travers la lentille en verre.

– Est-ce que tout va bien ?” demande l’homme qui vient d’arriver.

Une carrure droite et carrée, des muscles qui sculptent les vêtements et un air neutre sur le visage. Un gros menton et des yeux perçants : voilà l’homme qui vient d’arriver devant la porte de celui qu’il doit protéger. Après tout, il est le garde du corps de cet homme aux cheveux gris et aux rides naissantes.

– Je vais bien, je me suis à peine réveillé.

– L’autre garde du corps est avec votre femme. Nous partons sans plus attendre.

– Nous ne risquons rien ici, ne soyez pas trop pressés…

L’homme aux cheveux gris soupire et range sa valise sous les yeux perçants de son garde du corps qui vérifie l’état du couloir. Personne n’y passe et le silence règne totalement dans les lieux.

– Allons-y.

Le résident de l’hôtel ferme la porte derrière lui et marche aux côtés de son garde du corps. Ils avancent dans le couloir sans bruit, l’homme gardant sa valise avec lui, dans une main : elle est à roulettes, après tout. Ils arrivent devant l’ascenseur, mais ils s’y arrêtent.

– J’espère que le trajet ne sera pas trop long…” soupire une femme.

– Il ne devrait y avoir aucun embouteillage aussitôt, ne t’inquiètes pas,” lui répond son mari.

Le garde du corps de la femme salue l’autre homme qu’il doit protéger et il secoue doucement sa main. Ils appellent ensuite l’ascenseur et attendent patiemment. Alors qu’ils attendent, un homme marche dans le couloir, les mains en poche, une casquette sur la tête. Il continue sa route et passe à côté des quatre personnes avant de les regarder rapidement, mais ils n’y prêtent pas la moindre attention. Certes, les deux gardes du corps s’assurent que ce n’est pas un ennemi, mais le jeune homme continue juste sa route avec une pose loin d’être droite. L’ascenseur arrive enfin et ils y vont tous les quatre, tandis que l’homme continue sa route… avant de s’arrêter au milieu du couloir. Il approche la partie haute de son vêtement vers sa bouche et plisse les yeux.

– Ici ‘SLB7’. La cible est dans l’ascenseur.

– Ici ‘SLB13’. Je suis à la porte d’entrée de l’hôtel.

Un autre homme aux cheveux blanchis fume sa cigarette en baissant la tête, parlant au presque invisible microphone caché dans les plis de ses vêtements.

– Je préviendrai quand la cible sort à peine,” dit-il.

– Je préviens quand la cible est sur le point de sortir, alors,” lâche un autre homme dans le hall d’entrée.

Celui-ci mange un petit-déjeuner autour d’une table, seul. L’ascenseur arrive petit à petit au rez-de-chaussée, sans que personne ne les dérange. Sur le toit, deux personnes avec des snipers dans les mains approchent leur vêtement de leur bouche.

– Nous sommes prêts aussi,” avoue l’un des deux.

– Eh.

Ils sourient tous et l’ascenseur arrive enfin au rez-de-chaussée. L’homme sort avec sa femme, lui tenant la main et discutant avec elle. Les deux gardes du corps marchent sur le devant et ils s’avancent dans le long couloir. Une femme au comptoir les salue. L’homme qui mange seul tousse avant de s’essuyer la bouche sur son vêtement, mais cela est pour parler à ses compagnons :

– Ils sortent dans six secondes.

Les personnes sur le toit ne répondent rien et leur cible continue son chemin dans le couloir. Les portes d’hôtel s’ouvrent toutes seules et tous les quatre sont désormais visibles depuis l’extérieur. L’homme jette sa cigarette par terre et se retourne.

– Maintenant !

Il lâche un cri étouffé, se préparant à fuir sans le moindre délai. Il s’attend à voir l’homme derrière lui tomber avec une balle dans la tempe, la vie s’échappant de son corps dans l’instant…

Mais rien ne se passe.

L’homme s’arrête et se retourne avant de froncer les sourcils.

– Oi, vous faites quoi ?!

Il chuchote encore, évitant d’être vu des quatre personnes qui viennent sortir de l’hôtel.

– ‘SLB5’ vous parle !” dit-il ensuite.

– J’en suis fortement désolée.

Une voix répond à travers son écouteur. Il ouvre grand les yeux et tourne rapidement le visage vers le toit où devraient se trouver ‘SLB2’ et ‘SLB6’… mais—

– Disons juste qu’ils n’ont ni leurs armes, ni leurs mains de libres, hihi !

‘SLB5’ comprend instantanément ce que cela signifie et veut fuir, mais un homme roux arrive devant lui et le fait tomber par terre avant de lui placer des menottes.

– Ne bougez pas !” crie Gatito.

– C-Comment ?!

– C’est grâce à eux.

L’homme au surnom de ‘SLB5’ ouvre grand les yeux et l’inspecteur de police qui se trouve au-dessus de lui sourit.

– Grâce à deux— non, trois génies.

L’homme qui vient de sortir avec sa femme et ses gardes du corps s’arrête et il se retourne vers le policier qui s’approche de lui, un homme menotté qui grince des dents à côté de lui.

– On dirait que tout s’est bien passé ?” demande l’homme.

– Exactement,” répond Gatito.

Les gardes du corps et la femme soupirent de soulagement et la femme se gratte les cheveux.

– Si vous aviez foiré et que mon mari venait à mourir…

– Les hommes à l’intérieur de l’hôtel sont tous arrêtés. Les deux sur le toit ont été attrapés par Mariah et un autre policier. Il semblerait que deux autres ont été arrêtés, mais nous vérifions que personne d’autre ne soit dans ce plan d’assassinat. Enfin, nous savons qu’il y a encore un autre…

Gatito sourit.

– Le chef de cette opération.

– Merci encore pour votre sauvetage.

– Oui, si vous ne nous en avions pas parlé hier, j’aurais trop eu peur !

La femme attrape le bras de son mari et sourit.

– Mais au moins, nous pouvons rentrer chez nous sans avoir peur !” lâche-t-elle.

– Dis donc, tu me mets la gêne…

L’homme rougit doucement, mais il ne repousse même pas sa femme. Gatito regarde les portes de l’hôtel qui s’ouvrent et remarque que les autres agents de police sortent avec les deux autres coupables.

– Nous allons rapidement les emmener au poste de police. Vous pouvez rentrer chez vous sans souci.

L’homme qui a été la cible de l’assassinat sourit et s’incline devant le policier.

– En tant que bourgmestre de Venniers, je vous remercie pour votre travail.

– Il n’y a aucun souci. C’est notre travail.

Le bourgmestre s’excuse donc et rejoint sa voiture accompagné des deux gardes du corps et de sa femme, tous avec un sourire sur le visage : ils sont certains de vivre encore un nouveau jour, évitant d’être assassiné dès le tôt matin. L’homme qu’a attrapé Gatito grogne, mais le regard furieux du policier le rend silencieux en l’espace d’un instant. Il se retourne et plisse les yeux.

Il ne manque plus qu’à attraper le chef… et c’est terminé.

******************************

Un peu plus loin, un bus scolaire attend au coin d’une rue. Un homme se trouve au volant, une casquette sur la tête qui cache ses cheveux et une partie de son visage. Il attend patiemment, bien que cette même patience commence à s’épuiser. Il regarde sa montre et serre les dents.

Ils font quoi, ces idiots… ?!

Il s’était assuré qu’ils étaient bien venus et qu’ils avaient compris les codes qu’il avait inscrit sur le site de ‘Sleeping Little Beauty’, donc il n’avait pas peur qu’ils soient là. De plus, les armes étaient encore là une heure avant qu’il n’arrive ici, alors il n’avait pas peur que la police ou que d’autres personnes aient compris le code. Certes, il est certain qu’un jour, ils allaient comprendre, mais il n’aurait qu’à changer de façon de coder, surtout qu’il a déjà des idées en tête. Si trop d’attention est portée sur le site, il pourra même trouver une autre manière de poster les codes et travaux d’assassinat. Il regarde derrière lui, en direction des sacs qui se trouvent sous certains sièges.

Devoir les payer m’saoule, mais ils n’accepteront jamais sinon.

En réalité, il n’y a aucun argent dans le sac : s’ils sont payés alors qu’il se trouve encore dans le bus, rien ne dit que l’un d’eux ne le tuera pas sur le champ, alors il préfère leur donner l’argent en s’assurant de sa propre sécurité. Durant l’assassinat de Conri Tanisha, il avait donné l’argent à chacun dans une petite maison abandonnée. Ici, il avait déjà son plan en tête.

Après, ce sont des assassins qui ont accepté sans être certains d’être payés en premier lieu, mais vu ce qu’ils mettaient sur leur mur privé…

Il n’avait pas oublié les messages qui lui étaient dédiés indirectement : des menaces de mort s’il ne les payait pas. Il aurait pû rester caché dans son coin, mais des assassins de la sorte trouveraient probablement sa réelle identité s’ils le souhaitaient réellement, alors il préférait jouer la sécurité. De toute façon, il possède suffisamment d’argent et en a volé une bonne somme quelques années d’ici, alors il peut l’utiliser pour ces assassinats. Toutefois, il a peur que s’il continue dans cette voie-là, il ne pourra pas payer tout le monde… Alors qu’il est dans ses pensées, une personne toque à la porte du bus. L’homme au volant se relève et observe la personne qui se trouve devant et cligne des yeux.

– Pardonnez-moi…

L’homme est habillé d’une veste ouverte et ses cheveux rouges sont en contraste avec sa peau plus foncée.

– Tous vos hommes sont arrêtés.

Dash Tarway sourit et l’homme au volant ouvre grand les yeux. Il allume le courant directement et s’apprête à fuir, mais cela n’est pas une possibilité :

– Ne bougez pas !!!

– Restez où vous êtes !!!

Plusieurs hommes crient et sortent des coins de la rue ; même celui qui vient de toquer sort un pistolet et vise le conducteur en fronçant les sourcils.

– Je vous déconseille de faire le moindre geste.

Le conducteur grince les dents… mais il s’exécute en baissant la tête. Les policiers entrent dans le bus et attrapent l’homme en le menottant, le forçant en dehors sans tarder.

– Alors comme ça la police a compris les codes à temps… ‘Tain.

L’homme crache vers Dash, mais ce dernier évite le crachat en souriant.

– On était aidé de gens intelligents, faut dire.

– …

L’homme ne répond rien et est apporté par plusieurs policiers, tandis que certains vont voir l’intérieur du bus.

Pendant ce temps…

**************************************

La fille à la queue de renard mange son petit-déjeuner en discutant avec Korone et Minos, amusée de leurs blagues. Alors qu’elle est en train de rire, son téléphone vibre devant elle, laissé sur la table au cas où on viendrait à l’appeler ou l’envoyer un message. Elle l’attrape sans attendre et calme son rire avant de regarder ce qu’il lui a été envoyé. Korone et Minos s’y penchent, intéressés, et Deshya leur lit le message avec le sourire.

– « Un total de 8 personnes ont été arrêtées et le bourgmestre est sain et sauf. Bien joué, vous trois ».

Un message du père de Deshya, Gatito Oveja. Minos et Korone sourient et tous les trois se tapent dans les mains avec joie : ils viennent de sauver la vie de quelqu’un, après tout.

Le jour d’avant, alors qu’ils venaient d’arriver dans le bureau de Gatito, ils se posèrent tous sur des chaises et Mariah fut la seule qui s’assit sur le bureau, les jambes croisées.

– Vous avez donc compris comment résoudre les codes, si je comprends bien ?” lâche-t-elle en regardant principalement Minos Kiyon.

L’homme acquiesce avec le sourire.

– Je sais qui est l’assassiné demain, l’heure précise et même comment ça va se passer. Bah, j’étais pas seul, donc je ne prendrai pas tout le crédit.

Il tourne gentiment le regard vers les deux filles à côté de lui et celles-ci sourient joyeusement. Gatito éclaircit sa voix et croise les bras.

– Pas besoin de tourner autour du pot et de se jeter des fleurs, est-il possible de savoir ce que disent les codes ?

– On a pris du temps à résoudre ça, j’ai le droit d’avoir la joie d’expliquer tout ?” demande Minos.

Gatito soupire, mais Mariah sautille sur le bureau.

– Je veux savoir !

– Pareil, en vrai,” avoue Dash.

– … Bah, d’accord.

Les paupières de Gatito s’abaissent.

– On est des membres de la police et on a le temps de faire ça…” pense-t-il.

Minos les remercie et commence ainsi son explication.

– Je vais aller droit au but, alors ; rien ne sert de prendre tout mon temps.

Il croise les jambes et garde son sourire.

– Les messages codées sont séparés en deux parties : une première avec des nombres et une deuxième avec des symboles en tout genre.

– Pourtant, il y a des chiffres et nombres même à la fin des lignes ?” dit Gatito, surpris.

– C’est simplement pour que ça soit compliqué à voir. Par exemple.

Minos sort son téléphone et cherche ses captures d’écran avant de le montrer aux policiers.

– Si je prends la ligne « 04[9]951XDadt49:8e++a », il est possible de voir que le « X » sépare le « 049951 » du reste, même s’il y a un 49 et 8 après. Pour la ligne « 95[3]43014654–dzs12 », le « 95343014654 » est séparé du reste par les tirets, même si un 12 est à la fin.

– Okay, je comprends.

– Dans la biographie du compte d’Alveva589, celui qui a commencé de parler du site de Sleeping Little Beauty et n’a jamais nié en être l’auteur, il est dit ceci : « Création de Dieu. Dans mes premiers moments, je suis entre 1 et 1000 de la constante de l’I754. Observateur des cinq. ».

– …

Gatito ne comprend toujours pas, réfléchissant. Mariah et Dash écoutent sans essayer de trouver la réponse, vu que Minos, Deshya et Korone savent déjà la vérité. Pera, qui est assise à côté de sa fille, reste silencieuse avec le sourire. Minos continue :

– Le « Création de Dieu » n’offre aucun indice pour le code, vu qu’il doit simplement refléter la personnalité égocentrique de l’homme derrière Alveva589. Cependant, le reste est important.

Minos se tourne vers Deshya qui parle à son tour.

– Comme Minos vient de le dire, il y a deux parties dans les messages codés : bref, dans la biographie, on peut comprendre que le « Dans mes premiers moments » parle de la première partie.

– Donc des chiffres,” pense tout haut Mariah.

Deshya approuve.

– Ce qu’on ne comprenait pas était surtout à partir de la constante d’I754, mais aussi le « entre 1 et 1000 ».

– Toutefois, ce qui m’a permis de découvrir la vérité n’est pas forcément la biographie, mais deux choses : ce qu’a dit Deshya et ensuite, l’un des nombres au début des lignes.

Minos continue donc, vu que ce n’est pas Deshya qui est celle qui a compris cette partie. Mariah sourit en regardant la fille au pull renard.

– De quel nombre parles-tu ?” demande Dash, intrigué.

– 4159. C’est la dixième ligne du troisième message. Toutefois, le 1592 de la première ligne du premier message m’a fait comprendre la vérité.

– 4159 et 1592…

Mariah réfléchit et plisse les yeux : elle se laisse prendre par la déduction de Minos et décide donc d’y penser à son tour. Desha parle ensuite.

– J’ai remarqué que certains nombres viennent du même groupement ! Du genre, 0288, 02884 et 5028841.

– Si on prend tout ça en compte…

Minos fixe Mariah avec le sourire. La femme ouvre la bouche et finit par sourire.

– 4159… 1592… Donc 41592…

Elle soupire et se tourne vers Dash qui cligne des yeux.

– Je ne sais pas…” avoue-t-il.

– Si tu mets un chiffre devant ?” propose-t-elle.

– Un chiffre ?

Elle acquiesce. Dash lève le regard.

– Lequel ?

– Tentes par le premier !” lâche Korone.

– Avec le 1 ? 14159… Ah !

Dash et Gatito ouvrent grand les yeux et Minos sourit à pleine dent.

– Bref…


– Les premières décimales de « pi » ?!


Ils le disent en même temps et Mariah rigole donc. Elle joue avec une boucle de ses cheveux tout en fixant Minos.

– Tu veux dire donc que les nombres qui sont au début des lignes sont des décimales de pi ?” demande-t-elle.

– C’est exact.

– Attends, mais c’est réellement possible ?

C’est Gatito qui pose cette question.

– Il y a un nombre infini de décimales, comment s’y retrouver ?” demande-t-il, choqué.

Minos va parler, mais c’est Korone qui prend la parole en premier.

– La biographie dit comment faire !

– Ah bon ?

Elle acquiesce.

– Entre 1 et 1000. Bref, entre la première et la millième décimale !

– Aaaaah !!

Korone pouffe lorsqu’elle les voit réagir de la sorte. Dash déglutit et se tourne vers Minos.

– Mais si tu n’avais pas compris grâce à ces nombres-là, comment comprendre qu’on parle de pi ?” demande Gatito.

– Il est dit dans la biographie.

C’est Mariah qui répond, mais elle regarde Korone en souriant.

– Je veux savoir comment tu peux savoir une telle chose, cependant,” dit-elle en s’adressant à la petite fille.

Korone cligne des yeux et ensuite sourit.

– C’est parce que quand Minos le beau-gosse a compris que c’était probablement des décimales de pi, j’ai regardé sur internet et j’ai vu qu’on appelle pi ‘la constante d’Archimedes’ !

– Comment est-ce que I754 se traduit en ‘Archimedes’ ?” le questionne Gatito, étonné.

En réalité, Mariah n’en est pas certaine, même si elle se doutait que c’était cela. Toutefois, elle a sa réponse par Korone qui répond avec son sourire habituel :


– C’est le code cadastral de Syracuse !


Personne ne parle. Même Minos et Deshya qui savent déjà cela observent la petite fille avec un même sourire idiot.

– Elle a compris que c’était le code cadastral sans même regarder sur internet… Ce n’est même plus être un génie, c’est être inhumain…” pense Minos.

– Il faut vraiment que je comprenne comment elle peut savoir ça…” soupire intérieurement Deshya.

– L-Le code cadastral ?” demande Dash.

– On appelle ça un préfixe de section cadastral,” répond l’homme aux cheveux blonds. C’est ce qui permet d’identifier d’une façon unique les parcelles qui viennent de communes absorbées ou fusionnées.

– Pourquoi choisir un truc si complexe ?! Et pourquoi Syracuse ?!!

Dash n’arrive pas bien à comprendre, mais Minos lui répond sans hésitation.

– Parce qu’il fallait quelque chose de trouvable, mais quelque chose qui demanderait énormément de recherche. Utiliser le code postal de Syracuse serait bien trop simple, vu que simplement mettre ‘96100’ sur internet donnerait cela dès la première recherche. Il aurait pû mettre le code ISTAT de Syracus qui est ‘089017’ et aurait paru être un code T9 ou quelque chose dans le genre, mais il est possible que ça soit bien trop complexe. Bah, en recherchant les différentes constantes possibles, je suis certain que tomber sur la constante d’Archimedes, qui est donc ‘pi’, viendrait à mener à la même réponse que nous avons.

Les policiers sont tous ébahis ; même Pera l’est. Minos ne s’arrête pas dans ses explications.

– Après avoir compris que les nombres au début de chaque ligne sont des décimales de pi qui sont entre la première et la millième, c’était très simple de comprendre la suite. S’il n’y a qu’un chiffre entre crochet, c’est parce qu’il faut prendre ce chiffre là en compte, ce qui est très simple à déduire. Il faut tout bonnement trouver quelle décimale est ce chiffre précisément. Par exemple, le « 05820[9] » qui est dans le troisième message codé est la cinquante-cinquième décimale. Bref, le ‘9’ entre crochets veut dire ‘55’.

– Pourquoi faire ça dans les mille premières décimales ?” demande Pera, acceptant de prendre la parole durant cet échange.

– Parce que comme dit avant, il y a bien trop de décimales dans pi, alors certains groupements de nombres vont forcément se répéter, ce qui rendra le code très complexe à comprendre, voire impossible. De plus, il n’avait pas réellement besoin d’aller au-dessus de 1000, mais je vais expliquer pourquoi.

Lorsqu’il termine sa phrase et va continuer, Korone le coupe en s’adressant aux policiers devant elle.

– Aussi vu que Minos a oublié de répondre, la raison pour laquelle c’est Syracuse qui a été choisi est parce que c’est la ville où est né et où est mort Archimedes !” explique-t-elle.

Les regards sont désormais tous posés sur elle et elle se gratte les cheveux.

– Je l’ai vu sur internet en recherchant, hihi.

Personne ne réplique quoi que ce soit et Minos continue donc.

– Avant de comprendre le code actuel, il fallait simplement résoudre le mystère des ‘+’.

– Le mystère des ‘+’ ?” répète Gatito.

Minos acquiesce.

– « 62[0]89+62[0]89 » et « 2862[0]8+2[0]89 ». On pourrait croire que le symbole ‘+’ signifie la fin de la première partie du message, mais en réalité, ce n’est pas le cas. Le même chiffre est entre crochets et c’est le même groupement de nombre, donc c’est le même endroit dans les décimales. Pourquoi faire ça, cependant ?

Personne ne répond, donc Minos s’explique sans attendre.

– J’ai d’abord cru qu’il fallait additionner les deux, mais ça ne faisait aucun sens à mon goût lorsque j’ai compris quelle décimale c’était.

– Laquelle est-ce ?” demande Dash.

– 77.

– …

Mariah est la première à comprendre.

– Attends. Si c’est 55, 77… Eh.

Elle sourit.

– Laisse-moi deviner.

Tout le monde se tourne vers elle et la détective policière parle donc.

– C’est du code ‘multi-tap’, c’est ça ?

– Qu’est-ce que c’est que ça ?” demande Pera.

Mariah ferme les yeux en baissant la tête, toujours souriante.

– Le code SMS, ou T9, pourrait être quelque chose dans ce genre là : ‘627424’. Ce que j’ai dit signifie ‘Mariah’ lorsqu’on code de la sorte. Avec du multi-tap, ça serait plutôt ‘6 2 777 444 2 44’.

– C’est exact,” sourit Minos.

– ‘C’ est ‘222’, ‘S’ est ‘7777’, ‘A’ est ‘2’. Pour faire encore plus simple, ‘A’ est ‘2’, ‘B’ est ‘22’, ‘C’ est ‘222’. Ensuite, ‘D’ est ‘3’, ‘E’ est ‘33’ et ‘F’ est ‘333’. C’est simple qu’on le pense.

Gatito ne connaissait pas cette façon de coder, alors il écoute attentivement. Dash est impressionné par Mariah, mais encore plus de la part de Minos, Korone et Deshya.

– Et vous avez donc compris ça ?” demande-t-il.

L’homme aux longs cheveux blonds acquiesce.

– Il faut prendre en compte les décimales entre la première et la millième, donc le ‘S’, qui est ‘7777’, ne peut pas être mis dedans. Il a donc mis deux fois le ‘77’ et le symbole ‘+’ entre les deux ne nous dit pas de les additionner, mais les mettre ensemble, ce qui fait le ‘777’7’. Le ‘Z’ est ‘9999’ par exemple et il aurait dû mettre deux fois le ‘99’, mais cette lettre n’a pas été utilisée une seule fois dans tout le code.

– Eeeh…

Dash lâche ce petit bruit sans rien rajouter. Gatito est le prochain à parler.

– Alors ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

– Avant que je ne vous le dise, il y a aussi la deuxième partie du code.

– C’est vrai qu’on dirait un vrai charabia… Ce n’est pas simplement pour mener les gens sur une fausse piste, alors ?” demande Mariah.

Minos secoue la tête, mais il propose à Deshya de leur expliquer, vu que c’est elle qui a compris en premier. Elle accepte avec joie et se met donc à parler.

– Dans la biographie, ça fait référence au ‘Observateur des cinq’. Il ne parle pas des chiffres ‘5’ ou des lettres ‘C’, ‘I’, ‘N’ et ‘Q’, mais d’une autre façon de voir le message. C’est aussi de ça dont parle l’indice qui a été posté sur internet qui me concerne.

– Quel indice ?” demande Dash.

Il ne s’était pas penché sur l’affaire de Sleeping Little Beauty, donc il n’en savait pas grand-chose. Mariah s’y était courtement intéressée par ennui et parce que ça semblait concerner Deshya, mais en sachant que Minos était dessus en parlant avec Gatito, elle s’est dit qu’ils n’auraient pas besoin de son aide.

– « Le renard détective vous offre la voie cornée » est ce qui a été posté sur leur site avant que les codes ne commencent,” avoue Deshya.

– Renard détective… Je comprends que ça parle de toi. Cependant, la voie… ‘cornée’ ? Hein ?

Dash se gratte la joue, incertain de comprendre. Deshya sourit.

– C’est réellement idiot. C’est si idiot qu’honnêtement, j’y ai pensé en réfléchissant au truc le plus stupide possible,” avoue-t-elle.

– Ah ? Et donc… ?

– Mon nom de famille est ‘Oveja’, qui veut dire ‘Mouton’ en espagnol. En parlant de ‘cornée’, ils parlent des cornes du mouton. Bref, ce n’est pas un indice qui explique comment comprendre le code, mais qui explique qu’une partie de celui-ci est en espagnol.

– Et comment comprendre la deuxième partie du code ?” demande Gatito.

– Il faut simplement observer les cinq. Ne prenez pas en compte les décimales de pi et observez-les.

– Les-Les cinq ?

Son père soupire et croise les bras.

– Dis-nous juste.

– Pas drôle,” fait la moue Deshya.

Toutefois, elle s’exécute.

– Par exemple, dans la première ligne du premier code, c’est « [1]592aPoET9èmme)xq ». Si je retire les décimales de pi, ça fait « aPoET9èmme)xq ». C’est maintenant qu’il faut observer les cinq.

Elle sourit à pleine dent.


– Prendre en compte tous les caractères 5 par 5.


– Co-Comment ça ?

Son père est toujours perdu et Deshya tourne le regard vers lui.

– Dans « aPoET9èmme)xq », le ‘a’ est le premier caractère. ‘P’ le deuxième, ‘o’ le troisième et ‘E’ le quatrième. Bref, ‘T’ est le cinquième. Ensuite, ‘9’ est le sixième, ‘è’ le septième, les deux ‘m’ le huitième et neuvième, ensuite le ‘e’ le dixème. Le ‘)’ est le onzième, ‘x’ le douzième et ‘q’ le treizième, donc on s’en fiche de ça. Il faut donc prendre en compte les caractères qui sont dans une place qui est multiple de ‘5’ : bref, le ‘T’ et le ‘e’.

– Te…

– Il faut simplement faire ça à chaque ligne en recommençant. S’il y a des lignes qui sont courtes, c’est parce qu’il n’y a pas plus de cinq caractères après les décimales de pi, donc il ne faut pas les prendre en compte.

– … J’y crois que vous réussissez à comprendre ça.

L’inspecteur policier se touche la tête et Mariah en rigole. Pera essaie de rassurer son mari, mais ce dernier place une main devant lui, l’autre toujours sur son front, et regarde sa fille.

– Et du coup ? Il veut dire quoi, ce code ?

Deshya regarde Minos et ce dernier hoche la tête, lui faisant signe qu’elle peut l’expliquer elle. Elle sourit et se lève donc.

– Le premier code est « 3 33 88 99 0 7777 66 444 7 33 777 7777 » et « Techo al frente. ». Bref…

Elle sourit.


– « Deux snipers » et « Toit d’en face. ».


Sa queue de renard se balance dans son dos.

– Le deuxième code est « 333 88 444 8 33 0 22 88 7777 0 7777 222 666 555 2 444 777 33 » et «Salida del sol. ». Bref…

Elle tourne le visage vers son père.


– « Fuite bus scolaire » et « Lever du soleil », donc l’aube.


Korone et Minos se lèvent à son tour et Deshya termine.

– Le troisième code est « 5 666 44 66 0 6 444 222 55 2 777 8 33 999 » et « Hotel azul brillante. ». Bref…

Ils ont tous trois un regard déterminé sur le visage.


– « John Mickartey » et « Hôtel bleu vif. ». En gros, le bourgmestre de Venniers et l’hôtel à Sléron, la ville juste au-dessus de la nôtre.

*********************************

– La police de Sléron a été sympathique de nous laisser agir,” avoue Gatito.

Il mange un pudding entouré de sa femme, de ses deux filles et du meilleur détective de Bélium, Minos Kiyon. Il est 16h45 et il discute avec eux.

– Nous avons réussi à arrêter les sept assassins qui étaient sur les lieux, ainsi que l’homme qui était derrière le compte d’Alveva589 : c’était lui qui était dans le bus scolaire,” avoue-t-il.

– Pourquoi il y est allé ? Je pensais qu’il aurait posté des codes de la sorte pour justement ne pas avoir à les rencontrer en vrai…” demande Deshya.

– Il n’a pas encore tout avoué, mais quand on lui a posé la question, il a simplement dit qu’il comptait leur expliquer qu’il n’est qu’un assassin comme eux, vu que personne ne peut savoir qu’il est leur chef. Toutefois, nous sommes allés voir chez lui et avons trouvé son compte, ses plans et de l’argent volé.

– Qui était-ce ?” demande Minos.

– ‘Maurice Herod’, un homme âgé de 47 ans qui a déjà été emprisonné quelques mois pour agression dans la rue. 1m82 et habitant de Shiru, il n’a pas réellement d’amis et passe énormément de temps sur internet à parler de ses points de vue sur la vie et la mort. Un homme détestable qui a eu la tête rongée par la religion…

– C’est pour ça qu’il a mis ‘Création de Dieu’ sur sa biographie ?” lâche Korone.

– Quand il a créé son compte Alveva589, il n’avait que ça en biographie, mais il a rapidement ajouté le reste quand il a pensé à ce plan. Il a écrit dans certains sites très douteux et illégaux à propos de Sleeping Little Beauty et écrivait d’une certaine sorte pour faire comprendre aux assassins, meurtriers et personnes mal intentionnées qu’il aimerait faire des plans d’assassinats. Honnêtement, il est très chanceux que ça aie fonctionné, parce que la plupart du temps, ils assassinent leur cible, prennent l’argent qu’il leur sont dûs et font tout pour trouver le chef de l’opération pour le tuer ou le donner à la police, ensuite gagnant de la popularité, de l’argent ou de la reconnaissance de notre part, ce qui peut les aider au cas où ils sont capturés.

– Je n’y crois pas que ça peut être aussi simple…” lâche Deshya.

Gatito termine son pudding et dépose sa cuillère sur la table.

– Bah, il est surtout chanceux qu’il est tombé sur des gens qui voulaient simplement s’amuser en tuant. Y a des merdes dans c’monde.

– Chéri, ton langage…

– Pas bien les gros mots !” lâche Korone.

Tout le monde se met à rire, mais Minos reprend rapidement son calme et s’adresse au policier.

– Est-ce qu’on en sait plus sur l’opération, le site et l’homme ?

– Même si Maurice ne parlait pas avec ses employeurs, eux-mêmes discutaient ensemble en ligne pour résoudre le code et savoir qui ferait quoi. On a donc su qu’ils étaient bel et bien sept sur place, mais nous avons réussi à localiser les huit autres, mais l’un d’entre eux a réussi à s’enfuir et un autre a mis fin à sa propre vie. Bah, pour celui qui s’est enfui, il ne faut pas trop s’inquiéter, vu qu’on dirait qu’il était plutôt un ‘espion’ dans leur camp.

– Un espion ?

– Il semblerait qu’il soit un homme connu sur internet pour infiltrer certaines opérations et donner les détails à la police, mais cette fois-ci, il n’a pas agit. C’est fort probable que cela soit le cas parce que les autres membres des opérations ne lui faisaient pas confiance et avaient créé une boîte de tchat différente sans lui sans qu’il le sache.

– Pourquoi s’enfuir, alors ?” demande Deshya.

– Il reste un homme qui était dans leur groupe, donc il sera envoyé au poste de police et interrogé là-bas. Je suppose que c’est sa raison de fuite, mais je me demande comment il savait qu’ils étaient repérés…” répond Minos.

– C’est un mystère qui ne m’intéresse pas. De toute façon, un homme suspicieux a été aperçu dans la ville de Lamur, là où il habite, donc il est fort probable qu’il soit bientôt attrapé.

– Parfait !

Minos est heureux de savoir cela, mais Gatito continue de parler.

– Il semblerait que le nom pour le site ait une signification, aussi. ‘Sleeping’ parle bien de ‘dormir’, mais plutôt du repos : celui éternel, dormir à tout jamais, donc la mort. ‘Little’ est parce qu’il considérait chacune de ses victimes comme ‘petites’ dans ce monde, des hommes et femmes qui sont vus comme populaires, puissants ou ‘grands’ aux yeux de la société, mais ‘petits’ dans les yeux de Maurice. Pour finir, ‘Beauty’ est à propos de la beauté de la mort, vu qu’il considère que la vie est belle uniquement parce qu’on meurt. Bref, c’est un taré.

Tout le monde acquiesce et Deshya ressent un frisson dans le dos, se disant que de telles personnes existent dans ce monde.

– Pour finir, Maurice comptait depuis le début faire des messages codés comme ceux-ci, mais il a commencé plus simplement pour s’assurer que les quelques personnes dont il a attiré l’attention sur les sites illégaux comprendraient sans trop de problèmes : il voulait des gens un minimum intelligents.

– Je vois… Au moins, ce site va pouvoir se reposer pour de bon.

Minos sourit et se lève en faisant grincer la chaise sur le sol, ce qui crispe Deshya. Elle se fait tapoter l’épaule et l’homme aux cheveux blonds lui montre son beau sourire.

– Tu m’as bien aidé et c’est même toi qui a trouvé une partie du code, donc comme promis, je te donne le tiers de mon argent ! Oh, tu peux refuser en disant que tu n’en veux pas ou que tu ne considères pas le mériter, mais j’en ai rien à faire !

– Je ne comptais pas le refuser,” avoue Deshya.

– Alors parfait ! Il faut assumer dans la vie que l’argent, c’est pas si mal !

Tous deux se mettent à rire, tandis que les parents de Deshya plissent les yeux.

– J’espère que ça ne va pas lui monter à la tête, à notre chérie,” lâche Pera.

– J’le bute sinon,” répond froidement Gatito.

Minos s’étire et regarde l’heure sur son téléphone, sa valise prête et rangée à côté de lui.

– Il est à peine 18h30…

Il sourit et se tourne vers Deshya.

– Est-ce que ça te dit une p’tite danse ?

Elle rougit et cligne des yeux.

– U-Une danse ?

Sa question avait été directe et venue de nulle part. L’homme acquiesce.

– Je connais un bon bar pas loin d’ici. Ne t’inquiètes pas, pas d’alcool pour toi et j’y toucherai pas !

– M-Mais pourquoi danser ?” demande-t-elle.

– Pourquoi ?

Il reste sans voix quelques instants avant de sourire à pleine dent.

– On a arrêté un assassinat ! On a empêché quelqu’un de mourir, Deshya !

Il lui attrape les mains et hoche la tête.

– Même si j’ai déjà résolu plusieurs affaires et j’ai déjà sauvé de nombreuses vies, qu’est-ce que ça change ? Que je sauve une vie pour la première fois ou la millième fois, ça ne change en rien que j’ai sauvé une vie ! Bon, la plupart du temps je suis appelé pour savoir qui est le meurtrier et je ne peux pas sauver la personne, mais qu’importe !!

Son sourire est brillant.

– On a permis à la police d’arrêter Maurice et ses hommes, ainsi que de sauver le bourgmestre de Venniers ! On mérite un peu de s’amuser, non ? En plus, on va bien être payé, héhé !

Deshya pouffe avant de se mettre à rire, amusée par l’énergie rayonnante de l’homme. Elle finit par acquiescer et lui dit qu’elle va demander à ses parents si elle peut. Il accepte et Korone arrive ensuite, descendant les marches d’escalier.

– Vous partez ?” demande-t-elle.

– On va juste dans un bar danser un peu, mais je pense que tu es trop petite pour ça. Ne t’inquiètes pas, je m’assure que ta grande-sœur ne fait pas de bêtises !

– Toi non plus, pas de bêtise !

– Je suis adulte, je ne ferai aucune bêtise !

– Ce sont les adultes qui font le plus de bêtises.

Minos veut répliquer, mais il réfléchit avant d’hausser les épaules.

– Tu gagnes ce point.

– Korone est meilleure que Minos !! Wahoooo !!

Elle saute dans les airs avant de courir dans le hall d’entrée en étirant les bras des deux côtés, comme des ailes d’un avion. Minos se met à rire en la voyant courir, mais lorsqu’elle arrive dans la cuisine et qu’il ne peut plus la voir, il plisse faiblement des yeux.

Cette fille… Cheveux blancs, yeux mauves… Est-ce que c’est possible—

– Mes parents veulent bien !

Minos tourne le visage et Deshya revient vers lui. Il sourit et tend la main en la retournant.

– Allons fêter notre réussite, Deshya !

– D’accord !!

Et comme prévu, ils vont tous les deux au bar dont parlait Minos. Il n’y a pas grand monde, vu que c’est un jeudi et qu’il n’est même pas passé 20h, mais cela est justement tant mieux pour eux deux : Deshya n’a pas besoin d’être trop gênée et Minos ne vas pas être reconnu de tous. Sur la piste de danse, qui n’est pas la plus grande, mais suffisante pour plusieurs dizaines de personnes, Deshya et Minos dansent ensemble sur le rythme des différentes musiques qui passent. Minos attrape la main de Deshya et la fait tourner sur elle-même, autour de lui et même une fois la porte quelques instants sur la fin de la musique. Elle rigole avec joie et sa queue de renard ne peut s’empêcher de bouger dans tous les sens. Elle doit faire attention à ce que sa capuche ne tombe pas, mais elle est chanceuse et cela n’arrivera pas une seule fois, surtout qu’elle la tient parfois. Ils boivent des jus différents — mais sans alcool, bien évidemment — et profitent des deux heures qu’ils restent là-bas, heureux d’avoir résolu le mystère de Sleeping Little Beauty et avoir sauvé la vie du bourgmestre. Ils dansent jusqu’à ne plus en avoir l’énergie et Deshya se laisse tomber dans les bras de Minos pour finir, ventilant, mais souriant. Une soirée qui lui donne l’impression de vivre à fond.

– C’est ici que nos chemins se séparent,” avoue Minos.

Deshya a rejoint Minos jusqu’à la garde de Tetazo, accompagnés de son père qui les conduit : se promener seule le soir peut être risqué. Minos s’incline doucement vers eux deux — ou plutôt, eux trois, vu que Korone est dans la voiture, en train de saluer l’homme.

– C’était un honneur d’être sur une enquête avec vous !!” lui dit Deshya en s’inclinant à son tour.

– Ahah, je pense pareil !

Il se relève et serre sa valise dans sa main.

– J’espère qu’on se reverra bientôt, Deshya Oveja.

La fille cligne des yeux, mais elle finit par sourire à son tour et acquiesce.

– J’espère aussi, Minos Kiyon.

Il se tourne ensuite vers l’inspecteur de police.

– Gatito, un plaisir de t’avoir revu.

– Ne drague pas ma fille par téléphone.

– Tu veux bien arrêter ?

L’inspecteur de police sourit et s’excuse.

– Plus sérieusement, un plaisir. Par contre, plus sérieusement, tu peux venir voir ma fille quand tu veux, mais s’il te plait.

Il plisse les yeux.

– Ne la mets pas en danger, d’accord ?

Le détective se frotte le dessous du nez.

– Ce n’est pas mon but et ça ne le sera jamais, tu le sais bien. Après tout…

Il plisse les yeux à son tour, mais son expression est différente de celle de Gatito.

– … Eh.

Il ne termine pas sa phrase et salue la fille qui est dans la voiture.

– On se reverra un jour aussi, p’tite Korone !

– D’accourd, monsieur le beau gosse numéro 2 !!

– N-Numéro 2 ?! Je ne suis pas premier ?!

– Hihi, c’est pour Maruno, ça !

– Maruno… ?

– A-Ah, un ami de classe,” lui explique Deshya.

– Eeeh… Je vois !

Minos rigole avant de se retourner, la valise dans les mains.

– Mon train arrive et je dois retourner à Bexel, donc je vous dit à bientôt ! Je ne promets pas de parler tous les jours, vu que je suis plutôt occupé, mais je t’enverrai l’un ou l’autre message quand je peux ! Oh, et je répondrai le plus rapidement possible si tu m’envoies quoi que ce soit, mais ne me spam pas, ahah !

– Je ne promets rien !

– Ahahah !!

Minos rigole en les saluant, s’éloignant et rejoignant son train. Deshya sourit avec sa joie qui rayonne de son corps et Gatito attrape avec douceur sa fille d’un seul bras.

– Allons-y.

– Hm.

Ils retournent à la voiture et Gatito allume le moteur. Deshya regarde une dernière fois en direction de la gare et ne peut s’empêcher de sourire : elle est devenue ‘amie’ avec Minos Kiyon, l’un des détectives qu’elle préfère, alors comment pourrait-elle faire pour ressentir quoi que ce soit d’autre ? Ils retournent donc tous à leur maison, l’affaire de Sleeping Little Beauty résolue…

– Oh, grande-sœur !

– Oui ?

– Tu vas t’acheter quoi avec l’argent que Minos va t’envoyer ?

– … Aucune idée.

– Gardes-le pour plus tard,” lui répond son père.

– … Je verrai !!

[à suivre dans le SPECIAL 1 :]
En Plein Coeur



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