Sous le Chêne | Under the Oak Tree
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Chapitre 82 – Un baiser audacieux (1)

Riftan répondit d’un ton légèrement décontenancé : “C’est exact. C’était un noble de Libadon.”

Max s’est soudainement senti mal après la confirmation de Riftan. Est-ce que j’ai encore fait quelque chose de mal ? Il y avait un soupçon tenace dans son esprit que peut-être les choses n’auraient pas dérapé si elle avait acquiescé aux demandes de l’homme et lui avait offert une entrée paisible à Anatol…

Semblant sentir l’inquiétude sur son visage froncé, il replaça ses mains vers ses cheveux ébouriffés, enroulant ses doigts autour de ses boucles avec précaution avant de la pousser vers lui pour pouvoir déposer un chaste baiser sur ses joues. C’était un geste destiné à apaiser son anxiété. Il a ensuite entrepris de vaincre toute forme de réflexion excessive en elle.

“Mais il n’était pas un seigneur féodal comme il le prétendait. Il n’était que le fils. Il n’était pas très d’accord à ce que son père choisisse son demi-frère comme successeur de la famille. Alors il a volé le trésor familial et s’est enfui avec à Whedon.”

Riftan défait doucement les nœuds de sa crinière ardente tout en continuant : “Il a erré dans le pays avec les chevaliers qui l’ont suivi, puis a eu vent d’une rumeur selon laquelle j’aurais saisi des trésors rares de l’expédition du dragon. ”

Les yeux de Max s’écarquillèrent à cette information. “Alors… il est venu ici pour faire du mal à Riftan ?” répondit-elle d’un ton inquiet.

Lorsque cette question arriva à ses oreilles, les doigts qui jouaient avec ses mèches se figèrent momentanément. Pendant un moment, son regard ne s’est posé sur elle que pour la scruter, mais avec une grande fascination. Max trouva son regard fixe déconcertant et faillit se soustraire à son contact lorsqu’il éclata soudain de rire.

“Il n’est pas si fou.” Il a dit, un petit sourire aux lèvres. “Il n’aurait jamais pensé que je traverserais la terre de Drakium à Anatol en huit jours seulement. Il s’est trompé dans son timing, il était loin du compte.”

En y réfléchissant, Max se souvient que Ruth lui a dit que Riftan pourrait raccourcir le voyage de 15 à 10 jours s’il se dépêchait. Pour qu’il soit capable de raccourcir ce voyage à deux jours de plus, il a dû voyager dans une grande hâte.

“Ou… c’est moi qui ai bien choisi le moment ? Si j’avais eu un ou deux jours de retard… ça aurait été terrible…” Ses mots se sont soudainement arrêtés alors qu’il était plongé dans ses pensées. “Il avait avec lui trois hommes qui étaient des chevaliers de haut rang. Rob Midahas lui-même maniait un puissant appareil magique. Il aurait été difficile, peut-être même impossible, d’arrêter ses troupes avec les soldats restants à Anatol.”

“Des outils… ma-magiques ?” Max a demandé avec une certaine incertitude. Le domaine de la magie et leurs nuances lui apparaissaient encore comme une existence et une connaissance étranges.

“C’était l’héritage familial qu’il a volé. Un outil magique capable d’invoquer un sort de flamme de haut niveau. C’est ce qui a transformé la porte en cendres.” Au souvenir de la porte soufflée, son visage s’est soudainement durci.

“Avec Remdragon hors du territoire, il a pu penser qu’il avait probablement une chance de gagner. En fait, il aurait été difficile de le localiser s’il avait dévalisé nos coffres et fui vers Libadon au moment où je suis arrivé.” Il grogna de colère à cette pensée, comme une bête éveillée prête à se battre.

Le voyant s’échauffer, Max a saisi son bras avec anxiété. Bien qu’elle sache que sa fureur était justifiée, il y a toujours le fait qu’il ne pourrait pas éviter un conflit dommageable s’il blessait imprudemment quelqu’un de la noblesse. Même si ce noble a fait quelque chose d’insensé.

Lorsque Riftan baissa les yeux et vit ses yeux inquiets, il sourit amèrement, apparemment conscient de ce fait.

“J’étais censé lui couper la tête et l’accrocher au mur. Un exemple pour ceux qui veulent envahir nos murs. Mais… ce serait vraiment dévastateur de s’engager dans une guerre.”

Max savait que Riftan était têtu jusqu’à la moelle, donc quand elle a entendu l’homme parler d’un ton compromettant, elle a été assez décontenancée. “Al-alors… ?”

“Demain à l’aube, je contacterai son père. Et là, je lui crierai de discipliner son enfant après lui dire de compenser les dégâts.”

Face à une réponse qui parlait de peu de violence, sauf, peut-être, pour quelques jurons mineurs, Max soupira de soulagement. Riftan était plutôt satisfait de l’idée, d’autant plus que sa femme l’était aussi. Enfin, trouvant une conclusion à cette affaire ennuyeuse, il commença à déplacer ses lèvres vers ses épaules, déposant de doux baisers sur sa peau tandis qu’un petit sourire se formait sur ses lèvres. Ses baisers se déplaçaient de manière alléchante vers son décolleté, puis vers ses joues chaudes, et alors qu’il se rapprochait d’elle, Max pouvait sentir une odeur parfumée provenant de ses cheveux humides.

Soudain, les paroles de Ruth lui revinrent à l’esprit, celles où il lui disait que Riftan ferait probablement la moue si elle l’incitait à utiliser du savon parfumé pour être plus satisfaisant aux yeux de Madame. Elle ne put empêcher le rire qui jaillit de sa poitrine. Ce qui, à son tour, suscita un regard curieux de la part de l’homme qui l’a couvrait de bisou.

“Pourquoi tu ris ?”

“Eh bien, le, le parfum des roses… de tes cheveux…” commença-t-elle franchement, provoquant une légère rougeur sur ses joues.

“J’ai seulement pensé… que tu aimerais plus si ça sentait bon…”

En le regardant lisser ses cheveux mouillés avec embarras, Max sentit son coeur se serrer.

Il y a quelques temps seulement, elle l’avait rencontré pour la première fois. À l’époque, avec ses mots menaçants et sa silhouette imposante, elle avait supposé qu’il serait aussi féroce que son père, sinon, encore pire… Pourtant, elle n’avait jamais pensé qu’il serait en fait tout le contraire. Un homme qui ne ressemblait pas à son apparence extérieure pouvait être si gentil…

Et elle n’aurait jamais cru qu’elle le trouverait maintenant si charmant, ce mari dont elle avait eu si peur autrefois.

“Hum… je ne suis pas assez viril ?” murmura-t-il soudain, la sortant de ses pensées. Alors qu’il reniflait l’odeur persistante du savon sur son corps, quelque chose poussa Max à se lever lentement malgré son corps somnolent et à presser doucement ses lèvres sur ses joues. Au doux contact, sa réaction fut instantanée : son corps se durcit comme une pierre. ( … Certainement “tout” son corps … Maxi… je me demande si tu fais pas exprès )

Réalisant ses actions effrontées, sa tête s’est sentie faible alors qu’une rougeur brûlante s’est installée sur son visage. Pourtant, elle s’acharnait à déposer un dernier baiser sur la pointe de son menton, elle pouvait aussi bien aller jusqu’au bout.

“Oh, non. Ça sent très bon. Et Riftan, tu… tu es… toujours viril.”

Riftan, qui était resté silencieux tout ce temps, a finalement dit. “… Alors je vais utiliser ce savon pour le reste de ma vie.”



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