Le Monde des Arts Martiaux | Martial World | 武极天下
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Chapitre 192 – Oiseau Vermillon égaré

« Crois-moi ou non, mais quel est ton choix ? » Lin Ming sourit avec cruauté. Ses pupilles se mirent à nouveau à tourner lentement en formant deux vortex noirs. Ses yeux n’avaient plus rien d’humain.

Un frisson venant du plus profond de son âme traversa le soldat en les voyant. Lin Ming venait de lui dire que son âme serait annihilée et qu’il ne pourrait pas accéder au cycle du Samsara et de la réincarnation. La possibilité que cela puisse être vrai le terrorisait. Il ne craignait pas la mort, puisqu’il croyait qu’une fois mort, la réincarnation attendait chaque être vivant. Dans dix-huit ans, il serait à nouveau un homme.

Mais l’idée d’être annihilé et de ne plus jamais pouvoir entrer dans le Samsara le terrifiait.

C’était la mort véritable et définitive, le destruction pleine et entière de l’âme. Il n’existait probablement pas de châtiment plus sévère, même aux enfers.

Evidemment, Lin Ming lui mentait peut-être. Mais il se souvenait trop bien de la douleur déchirante ressentie un instant plus tôt, comme si une partie de lui-même avait été arrachée à son âme.

Et puis, n’avait-il pas vu tous ces fragments de mémoires, ces morceaux de vie de son Samsara ? Qu’adviendrait-il s’il disait vrai ? Le soldat n’était pas prêt à prendre un tel pari…

Sans compter qu’il avait déjà perdu toutes capacités martiales. Que gagnerait-il à mourir en n’ayant rien révélé ?

Ce raisonnement à l’esprit, il se mit à hésiter.

« Alors, qu’en est-il ? As-tu pris le temps d’y réfléchir ? » demanda Lin Ming avec un sourire.

Le soldat inspira profondément, sa figure affichait une mine résolue.

« Pose donc tes questions, je te dirai ce que je sais, répondit-il gêné.

– Mm. Parfait. »

Lin Ming posa rapidement ses questions et obtint les réponses qu’il attendait. Désormais, il était quasiment sûr que la ‘flamme éternelle’ était bel et bien un Esprit de Feu, et que son gardien, le Chaman Ver de Feu, possédait une cultivation au milieu du Houtian.

Quant aux motifs de la venue de Chi Guda au Marécage Noirâtre, il y en avait deux. Son premier objectif était de raser la Tribu Sombre Marais qui occupait un territoire à la frontière du marécage.

C’était une petite tribu dont la population ne dépassait pas, à l’origine, une vingtaine de milliers d’individus. Mais ils avaient découvert une veine de Minerai de Fer Profond il y a une dizaine d’années, ce qui leur avait permis de se développer rapidement. De nombreux étrangers les avaient rejoints au cours de ces dernières années, amenant leur population à une quarantaine ou cinquantaine de milliers d’âmes.

Avant son anéantissement, la Tribu Na constituait, avec la Tribu du Ver de Feu, les deux tribus majeures dont les forces s’équilibraient mutuellement. Aucune des deux tribus ne souhaitait voir l’autre se renforcer, ce qui avait permis à la Tribu Sombre Marais d’exister paisiblement et de se développer dans son coin. Personne ne se mêlait de leurs affaires tant qu’ils présentaient chaque année un tribut d’acier noir.

Cependant, cet équilibre précaire entre les deux grandes puissances régionales avait pris fin il y un an, conduisant à l’extermination de la Tribu Na et à un grand chambardement politique. N’ayant plus d’adversaire sérieux pour la contenir, la Tribu du Ver de Feu agissait désormais selon son bon vouloir, tyrannisant les plus faibles à sa guise. Nombre des petites tribus alentours avaient déjà été complètement absorbées par cet ‘ogre’.

La Tribu Sombre Marais et son Minerai de Fer Profond constituait une cible des plus intéressantes. Une fois conquise, leur peuple servirait d’esclaves dans les mines et le minerai ainsi obtenu permettrait à la Tribu du Ver de Feu de fabriquer une impressionnante quantité d’armes pour préparer leur avenir de domination sur les Etendues Sauvages Australes.

Ce premier objectif n’étonna guère Lin Ming, cependant, le second le consterna.

En plus de vouloir conquérir la Tribu Sombre Marais, Chi Guda était à la recherche d’un Oiseau Vermillon.

C’était une Bête Sacrée tout juste inférieure à une Bête Divine et dont les origines étaient très proches de celles du Phénix.

Dans les légendes antiques de ce monde, il y avait des contes et des récits à propos de certaines Bêtes Divines comme le Dragon Véritable, le Phénix Pur ou le Roc Ailes-Dorées.

Mais toutes ces créatures légendaires étaient aussi impressionnantes qu’elles étaient rares. Sans même parler du Continent du Grand Dévers, il n’y en avait presque pas une seule à travers l’ensemble du Domaine des Dieux. Le puissant aîné ayant inventé la technique de déplacement du Roc Doré Déchirant le Vide avait eu la chance inouïe d’assister à une bataille entre un Dragon Véritable et un Roc Ailes-Dorées. Ce spectacle exceptionnel lui avait donné une certaine inspiration et il s’était retiré du monde pour étudier et appréhender ces secrets pendant soixante années.

La force incommensurable d’une Bête Divine représentait un concept inimaginable pour un mortel. A tel point que même les plus puissants anciens du Domaine des Dieux ne pouvaient pas rivaliser.

Les Bêtes Sacrées venaient juste après les Bêtes Divines dans cet ordre de puissance.

Il s’agissait par exemple du Serpent Aquatique, de l’Oiseau Vermillon ou de la Tortue Spirituelle, et ces dernières étaient nettement plus ordinaires que les Bêtes Divines. C’était cependant uniquement valable au sein du Domaine des Dieux. Sur le Continent du Grand Dévers, une Bête Sacrée était une créature unique.

D’où la surprise de Lin Ming lorsque le soldat lui avait appris qu’un Oiseau Vermillon était apparu à travers les Etendues Sauvages Australes. Ce n’était après tout qu’une minuscule région reculée à l’échelle du Continent du Grand Dévers dans son ensemble.

La valeur d’un Oiseau Vermillon était inimaginable. Chi Guda n’était pas fou au point de penser avoir une chance quelconque de l’attraper. Il espérait simplement chercher des traces de son passage afin de collecter quelques-unes des flammes qu’il laissait dans son sillage. D’après les légendes, les oiseaux vermillons aimaient vivre perchés au sommet d’arbres wutong millénaires, sur lesquels ils laissaient des fragments de flammes.

Chi Guda espérait pouvoir en récupérer afin d’alimenter la flamme éternelle de la Tribu du Ver de Feu. S’il était chanceux, il pourrait peut-être même trouver une plume d’Oiseau Vermillon et en tirer un immense profit.

Mais Chi Guda n’était pas le seul à être intéressé. Maintenant qu’il en avait entendu parler, Lin Ming aussi devenait curieux. Mais ce n’était pas sa priorité, lui, ce qu’il voulait vraiment, c’était la flamme éternelle du Chaman Ver de Feu. Aussi exceptionnelles qu’elles puissent être, les flammes de l’Oiseau Vermillon n’étaient, en définitive, que de simples flammes.

Que fait une telle créature dans la région ? Puisque c’est une bête sacrée, faut-il y voir un présage ? se demanda-t-il en se frottant le menton.

Le Marécage Noirâtre s’étendait sur un millier de kilomètres et plus vous vous y enfonciez, plus il devenait dangereux.

A son autre extrémité, l’on trouvait la fameuse Montagne Frappée par la Foudre, dont la pointe la plus élevée atteignait trente-mille mètres de haut et traversait les nuages en donnant l’impression de poignarder le ciel. Les éléments s’y déchaînaient avec violence et le sommet était constamment recouvert par la neige.

Cinq jours plus tard, les opérations de recherche de la Tribu du Ver de Feu battaient leur plein. Vingt-mille soldats étaient mobilisés pour fouiller la région de fond en comble. Le Chaman Ver de Feu avait également envoyé de nombreux maîtres. Ils étaient tous à la Condensation de l’Impulsion, et certains d’entre eux avaient même atteint le sommet de la Condensation de l’Impulsion. Ils étaient donc à peine moins fort que Chi Guda.

Les recherches continuèrent ainsi durant dix jours, sans qu’ils ne trouvent la moindre trace de plume ou d’étincelles, tandis que plusieurs centaines de soldats étaient déjà morts, sacrifiés dans les étendues noirâtres du marécage.

Chi Guda était des plus irritables. Il n’espérait pas trouver l’Oiseau Vermillon, mais ils n’avaient même pas aperçu la moindre flamme, ce qui le rendait furieux. Il comptait s’attirer les bonnes grâces et la reconnaissance du Chaman grâce à cette opération. Cela lui aurait permis d’accroître ses chances de devenir le prochain chef de la tribu. Mais tout cela tombait désormais à l’eau.

Son humeur était si affreuse qu’il prit la décision, trois jours plus tard, d’attaquer la Tribu Sombre Marais sur un coup de tête.

Ces derniers possédaient une armée forte de seulement cinq mille hommes et dont la majorité n’étaient que des miliciens. Comment pouvaient-ils faire face à la puissante armée de métier de la Tribu du Ver de Feu et les vingt mille hommes mobilisés dans cet assaut ?

Le résultat de cette guerre ne laissait aucun doute. L’armée de la Tribu Sombre Marais fut mise en déroute à la première bataille et tous les survivants placés en esclavage.

Après quoi les troupes d’élites de la Tribu du Ver de Feu s’élancèrent jusqu’aux quartiers généraux de leurs adversaires !

Chi Guda chevauchait un Cheval de Sang Cramoisi avec une lance de trois mètres dans les mains. Du sang coulait et des têtes tombaient partout où ils passaient dans leur charge ; Chi Guda prenant un plaisir tout particulier à massacrer tous ceux qu’il voyait, telle une faucheuse que rien ne semblait pouvoir arrêter. Il tranchait des gorges comme s’il débroussaillait un jardin.

Les portes du quartier général s’ouvrirent brutalement dans un bruit d’explosion. Chi Guda qui se trouvait aux premières loges fut le premier à y pénétrer. C’était ici que la Tribu Sombre Marais stockait la majeure partie de ses richesses, et de nombreuses beautés s’y étaient réfugiées. C’était l’équivalent d’un palais royal.

Les soldats allaient pouvoir se donner à cœur joie dans leur activité favorite, le pillage ! A travers laquelle ils pouvaient voler des richesses et laisser libre cours à toute leur sauvagerie et à tous leurs désirs. Les dames et les concubines qui s’étaient réfugiées ici, autrefois les plus nobles et les plus gracieuses de leur peuple, furent toutes violemment abusées et humiliées.

Lorsque le gros de l’armée du Ver de Feu finit par se frayer un chemin jusqu’ici, les quartiers généraux de la Tribu Sombre Marais n’étaient déjà plus que ruines. Une partie de la population, prévoyant leur défaite à venir, s’était déjà enfuie.

Cependant, la plupart ne connaissaient rien aux arts martiaux et n’avaient nulle part où aller. A quoi bon fuir pour terminer, deux jours plus tard, dévoré par une bête féroce ? Par conséquent, un grand nombre de personnes, principalement des femmes et des enfants, avaient trouvé refuge dans les quartiers généraux. Les guerres tribales connaissaient systématiquement leur lot de victimes innocentes. Cette fois-ci, il n’y aurait personne pour se soucier de leur sort misérable.

Chi Guda ricana en criant : « Transmettez mes ordres ! Je veux que tous les captifs soient rassemblés dans le hall principal avec les richesses pillées ; dressez-en un inventaire précis. Général en Second !

– Ici ! répondit un homme en s’extirpant de la masse de soldats.

– Prenez la tête de cinq mille soldats et poursuivez les fuyards. Vous enterrerez les hommes vivants et donnerez les femmes aux soldats, qu’ils en fassent ce qu’ils veulent !

– Comptez sur moi ! » L’homme salua son supérieur et rassembla immédiatement ses troupes.

Prendre la fuite après une défaite nécessitait aussi beaucoup de courage et de détermination tant le sort qui attendait ceux qui se feraient attraper était cruel. Leur fin serait pire que misérable. Les hommes seraient massacrés avec violence et les femmes lentement torturées par les soldats.

Si bien qu’un grand nombre de personnes préféraient encore rester dans l’espoir de survivre en tant qu’esclave plutôt que de prendre le risque de se faire attraper en fuyant.

L’armée de la Tribu du Ver de Feu se dispersa immédiatement afin de prendre les fugitifs en chasse. Les yeux des soldats devinrent rouges comme ceux des prédateurs en imaginant les récompenses qui les attendaient. L’on aurait dit des requins qui venaient de sentir l’odeur du sang.

Les cris des hommes et les pleurs des femmes résonnèrent bientôt partout à travers le ciel de la nuit.

Chi Guda sourit d’un air sadique, il n’aimait rien de plus que ces hurlements de douleur et ces râles d’agonie.

Une heure plus tard, les derniers prisonniers étaient poussés avec violence dans la salle principale. Les hommes étaient tous blessés, certains même gravement. Quant aux femmes, leurs vêtements étaient en partie déchirés et leurs corps meurtris, avec des taches bleues et noires éparses.

Leurs visages à tous, hommes comme femmes, vieillards comme enfants, n’étaient plus marqués que par la tristesse et le désespoir. Les braises éclatantes de la vie ne brillaient plus dans leurs yeux.

Les soldats de la Tribu du Ver de Feu défilaient les uns après les autres en apportant de grandes boites remplis d’argent, d’or et de biens précieux. Ils avaient pillé l’ensemble du bâtiment, jusque dans ses moindres recoins. Le butin ainsi amassé formait déjà une petite colline.

L’armée du Ver de Feu autorisait chaque soldat à garder une partie des richesses pillées et à abuser des femmes capturées. Il fallait bien leur donner de la chair fraiche pour préserver leurs instincts bestiaux.

« Grand Chef, nous avons trouvé un frère et sa sœur au fond d’un puits. Une servante des quartiers généraux prétend qu’il s’agit des enfants du chef de la Tribu Sombre Marais », rapporta un soldat en poussant deux gamins de seize ou dix-sept ans. Ils portaient des vêtements de pauvre facture et leurs visages étaient sales et couverts de cendre, comme s’ils avaient pour habitude de faire du feu. Mais il suffisait de les regarder avec attention pour voir que leurs mains étaient lisses et délicates, sans la moindre cal. Ces deux-là n’avaient visiblement jamais eu à faire de durs labeurs.

« Bien. » Le visage de Chi Guda arborait un sourire maléfique. Leurs traits étaient fins et gracieux. Le garçon pourrait être vendu comme animal de compagnie à des femmes chefs de tribu. Tandis qu’il pouvait garder la fille pour lui.

Il s’approcha des deux enfants avec un air satisfait et frappa la jeune fille au menton sans aucune raison apparente. Il lui agrippa brusquement le bras en groumant froidement. La jeune fille cachait une arbalète dans le pli de ses habits, dont les carreaux suintaient un liquide bleu foncé manifestement toxique.

« Tu veux crever ! » s’emporta-t-il en la frappant de plus belle. Le son des os qui se brisent laissèrent presque immédiatement la place aux cris de douleurs. Le visage dégoulinant de sueur de la jeune fille était d’une pâleur inquiétante. Elle faillit s’évanouir sur le coup, le poignet brisé.

A ce moment-là, l’expression de Chi Guda changea tout à coup et il bondit soudainement en arrière. Un léger bruit de déchirure traversa l’air tandis qu’une ombre blanche le frappait à la taille depuis un angle improbable. Il n’eut pas le temps de réagir que son corps s’engourdissait et que du sang lui montait à la bouche.

« Qui ose ?! »

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