Maintenant qu’il s’était échappé de l’organisation Germinal, Han Xiao n’avait plus accès aux ressources dont il aurait besoin pour se renforcer. Rejoindre les Six Nations réglerait ce problème.
Han Xiao avait déjà un plan en tête.
Dans Galaxy, on savait qu’une rencontre secrète était cachée dans la Capitale de l’Ouest.
Han Xiao arriva devant la porte d’un atelier dissimulé dans une ruelle quelconque. L’atelier n’avait pas de nom, mais il avait une clé à molette pour logo.
La rencontre secrète sera mienne, dans cette vie !
Une table de jeu était installée à l’entrée de l’atelier. Deux vieillards y disputaient une partie.
Leurs allures contrastaient fortement l’une avec l’autre. Le plus petit des deux était barbu et arborait de longs cheveux hirsutes, tandis que le plus grand était tiré à quatre épingles. Tous deux fixaient le plateau avec intensité.
Han Xiao remarqua qu’il manquait un bras au grand vieillard.
Ni l’un ni l’autre ne prêta grande attention à Han Xiao lorsqu’il pénétra dans l’atelier.
Han Xiao jeta un œil au plateau. Ils semblaient disputer une intense partie de go.
Soudain, Han Xiao comprit que ce n’était pas du go du tout ! C’était un Gomoku !
Pourquoi vous faites une tête aussi sérieuse, bon sang ?!
Une femme apparut du fond de l’atelier. « Vous avez quelque chose à réparer ? »
Elle avait le teint clair, les joues roses, et mesurait environ 1,65 m. Ses cheveux étaient relevés à l’arrière par une pince noire, et elle portait un gilet noir par-dessus un short en jean. Han Xiao n’irait pas jusqu’à la qualifier de beauté renversante, mais elle avait un visage extrêmement avenant. C’était tout à fait la proverbiale fille d’à côté, au regard doux et au sourire chaleureux. Elle semblait avoir dans les vingt-cinq ans : la préférence personnelle de Han Xiao.
Les femmes de vingt ans, on peut les comparer à des pêches : belles à regarder, mais pas encore mûres.
Les femmes de trente ans, elles, sont comme des raisins mûrs.
Bien sûr, ce genre de chose est toujours affaire de goût.
Quant aux femmes de quarante ans…
Hein, et celles de cinquante ?
Les femmes de cinquante ans ne peuvent plus être décrites comme des fruits ! Ce sont des pommes de terre !
« Puis-je savoir si cet endroit a besoin d’un apprenti ? » demanda Han Xiao.
Pour une raison ou une autre, la femme fut ravie de l’entendre. Elle attrapa vivement Han Xiao par le coude et le tira à l’intérieur, comme si elle craignait qu’il ne change d’avis.
« Entrez, vite ! Vous pourriez attraper froid. »
Han Xiao leva les yeux vers le soleil de plomb et se demanda : « Attraper froid », c’est le mot du coin pour insolation ?
L’atelier était en grande partie décliné en noir et blanc, et il y avait un étage.
Le rez-de-chaussée était la zone de travail, un espace assez vaste. Il y avait plusieurs plateformes pour véhicules et des établis équipés de divers outils et machines. Han Xiao devinait aux marques sur les établis qu’ils étaient relativement anciens. Un bon nombre d’étagères métalliques étaient aussi alignées contre le mur, empilées de toutes sortes de métaux et de pièces détachées.
« Je m’appelle Lu Qian. C’est moi, la patronne, ici. Vous pouvez m’appeler Sœur Qian », se présenta la femme.
« Sœur Qian », salua Han Xiao. Puis il s’enquit : « Je souhaite entrer en apprentissage ici. Y a-t-il des conditions ? »
« Racontez-moi votre situation », répondit Lu Qian. Sa première impression de Han Xiao était plutôt favorable. Elle appréciait particulièrement son regard éteint : il donnait à Han Xiao des airs de bon à rien.
Il se contentera sans doute d’un petit salaire, songea-t-elle.
« Je viens de loin. Je m’appelle Han Xiao. J’ai 21 ans et je possède quelques compétences de mécanicien de base. Vous pouvez m’appeler Technician Han. »
Technician Han ? Une expression perplexe se peignit sur le visage de Lu Qian.
« De loin… donc vous n’êtes pas un élève de l’Université de la Capitale de l’Ouest ? »
L’Université de la Capitale de l’Ouest était une école d’élite où seuls quelques rares privilégiés pouvaient s’inscrire. Elle suivait un cursus spécial fondé sur le savoir légué à Aquamarine par la civilisation galactique. On y enseignait les connaissances de Pugiliste et de Mécanicien. Nombre de ses diplômés devenaient d’importants personnages de Stardragon.
Cependant, comme moins d’une personne sur 10 000 possédait des super-pouvoirs, être encadré n’en facilitait pas l’éveil pour autant.
« Je n’ai appris que quelques bases de la théorie du Mécanicien », répondit humblement Han Xiao.
« C’est bien dommage… » déplora Lu Qian.
« Pardon, je ne voulais pas dire ça », ajouta-t-elle en hâte.
« Ce n’est rien. »
« Quoi qu’il en soit, je dois quand même vous tester. J’ai bien besoin d’un aide, mais vous devrez d’abord répondre à mes critères. »
Lu Qian alla chercher un appareil électroménager défectueux pour tester Han Xiao. Avant que Han Xiao ait pu commencer, le plus petit des vieillards, au plateau de jeu, prit soudain la parole. « Gamin, pourquoi es-tu venu ici ? »
Lu Qian fronça les sourcils, perplexe. N’était-ce pas simplement pour trouver du travail ?
Han Xiao regarda le vieil homme et répondit : « Je cherche juste du travail. »
Pour une raison ou une autre, sa réponse contraria le vieil homme, qui renversa le plateau.
« C’est moi le propriétaire de cette boutique. Réussis mon épreuve, et je te laisserai rester. »
« Hé, vieux Lu, tu refais le mauvais perdant », s’emporta le grand vieillard.
« J’ai quelque chose d’important à faire », déclara le vieux Lu, l’air de rien.
« Sans vergogne », répliqua le grand vieillard, excédé.
