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Le Mécanicien Légendaire | The Legendary Mechanic
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Chapitre 101 – Croire en la science

Tout en réparant son véhicule, Han Xiao réfléchissait aux faiblesses que la bataille précédente lui avait révélées.

Son style de combat actuel reposait lourdement sur ses aptitudes de sniper. La meilleure tactique dont il disposait consistait à se servir de ses tirs pour attirer ses adversaires. Mais sa vitesse de déplacement n’était pas encore à la hauteur ; il voulait donc fabriquer quelques petits engins pour l’augmenter.

Une jambe mécanique semblait une assez bonne idée. Han Xiao la jugeait toutefois trop encombrante. Et puis il avait acquis de nouvelles connaissances et une nouvelle expérience, qui lui permettaient de concevoir des engins plus mobiles.

Han Xiao cherchait encore à améliorer ses capacités de combat. Il voulait se constituer une armée de robots capables de lui fournir un tir de couverture suffisant : ils l’aideraient à compenser sa faiblesse et lui permettraient de tirer à une cadence relativement plus basse.

Comme les membres de la classe des Mécaniciens se procuraient aisément des pièces mécaniques, Han Xiao pourrait trouver la matière première et remplacer sans peine les pièces manquantes.

Ses réparations achevées, Han Xiao conduisit le véhicule le long du chemin qu’indiquaient les coordonnées du radar, jusqu’à l’entrée de Felonia. Il repéra aussitôt la piste des pas qui disparaissait au bord de la grotte. Après un bref moment de réflexion, il en déduisit qu’un groupe de vagabonds avait pénétré dans la caverne.

Un individu ordinaire se serait sans doute inquiété de voir d’autres emporter les objets de valeur que recelait la grotte. Mais Han Xiao avait aussi une façon de penser bien à lui. Il estimait que laisser d’autres explorer les premiers un territoire inconnu lui profitait en réalité.

Han Xiao se tenait au bord de la grotte. Il regarda vers le bas et distingua les strates de roche et les à-pics. À la frontière de la lumière du soleil et de l’obscurité, il aperçut une chaîne métallique rouillée qui descendait.

Il y a des traces d’exploitation minière sur la roche des parois. Il flotte une odeur dans l’air… l’odeur de la rouille. Je n’ai encore jamais exploré cet endroit, alors autant descendre maintenant.

Han Xiao empoigna tout son matériel, la lampe torche serrée entre les dents.

Tandis qu’il descendait le long de la falaise, il braquait le faisceau de sa lampe vers le bas.

Plus il approchait du fond, plus la lumière du soleil se dérobait, et il sentait sous ses doigts les arêtes arrondies de la roche.

La lumière du jour s’évanouit rapidement, et les ténèbres enveloppèrent les alentours. Le faisceau de sa lampe restait l’unique source de lumière. Cette atmosphère sinistre mit Han Xiao en alerte. Il sentait un froid lui gagner les os et ramper vers son cœur. Il aurait voulu ralentir les battements de son cœur, qui cognait à toute allure, pour apaiser la nervosité qui montait en lui.

Après trois minutes de descente environ, le faisceau de sa lampe atteignit enfin le sol. Au fond du gouffre s’étendait un plancher métallique couvert de poussière. D’épaisses toiles d’araignée pendaient dans les conduits, et l’endroit semblait n’avoir pas été exploré depuis longtemps.

Han Xiao toucha le sol avec un bruit sourd. Dans cet environnement d’un noir d’encre, le son parut particulièrement lugubre et inquiétant.

Les alentours étaient vastes et vides, et la lumière de la lampe ressemblait à un îlot solitaire dans une mer de ténèbres. Un mélange de sons montait de l’obscurité, semblable à celui de sa propre chute. Cela attira l’attention de Han Xiao.

Après avoir balayé la zone du faisceau de sa lampe, Han Xiao constata qu’il se trouvait dans un corridor métallique conçu comme une base militaire. Des structures de béton armé s’élevaient de toutes parts, et les murs eux aussi étaient croûtés de rouille. Des insectes bizarres semblaient également grouiller sur les parois.

Le plancher métallique était couvert de poussière. On y distinguait une piste d’empreintes fraîches qui s’enfonçait dans l’obscurité. Ces pas appartenaient sans doute aux pèlerins arrivés sur les lieux peu avant lui.

Il y a probablement d’autres compartiments et d’autres espaces sous ce plancher métallique.

Han Xiao dirigea le faisceau de sa lampe dans une autre direction et éclaira ses pieds. Il vit ce qui se trouvait sous lui.

Sous le plancher métallique ajouré brillaient d’innombrables lumières rouges, serrées les unes contre les autres, qui ressemblaient à des yeux d’insectes.

Putain !

Han Xiao sentit la tension lui monter à la tête. Il baissa aussitôt l’intensité de sa lampe et marqua le niveau inférieur comme secteur interdit.

Cela posé, Han Xiao suivit prudemment les traces des pèlerins. Un silence de mort régnait, troublé seulement par le bruit ténu et intermittent des insectes qui rampaient. Mais dès qu’on tentait d’isoler ces sons, ils s’évanouissaient. C’était extrêmement inquiétant, et Han Xiao ne pouvait maîtriser sa nervosité.

Après une longue marche, une bifurcation apparut devant lui. Les empreintes des pèlerins menaient vers la voie de droite.

Han Xiao hésitait encore sur le chemin à prendre quand il entendit des pas venir de la voie de droite. Il vit alors de nombreuses personnes courir vers lui, prises d’hystérie.

Han Xiao se déporta immédiatement de l’autre côté de la bifurcation. Il éteignit sa lampe et enfila la visière à vision nocturne que la compagnie Fabian lui avait fournie.

« Courez, courez vite ! »

« Un monstre ! »

Les pèlerins affolés jaillirent de la bifurcation comme s’ils fuyaient une créature. Leurs vêtements portaient de nombreuses taches de sang. Le groupe, en outre, avait beaucoup diminué.

De quoi ces types se cachent-ils ? Han Xiao était perplexe.

Soudain, de la voie voisine monta le grondement sourd d’une bête. Le râle était rauque et grave, comme le soupir d’un géant. À l’instant même où il l’entendit, Han Xiao sentit son pouls s’emballer, et une sensation désagréable commença à monter dans sa poitrine.

C’est la menace d’une bête de haut niveau. Elle est forcément au-dessus du niveau 40 !

Les pèlerins avaient l’air terrifié. On aurait dit qu’ils venaient de voir une chose inimaginable. Des mains et des jambes, ils reculaient en rampant, comme fous.

Pourtant, la bête ne sortit jamais de l’obscurité. Les pèlerins s’écroulèrent au sol. Ils étaient soulagés d’avoir échappé aux griffes de la créature.

Aucun bruit de pas ne trahissait la bête.

« Joel a été dévoré par la bête… »

« Cet endroit est trop terrifiant. »

Les pèlerins tremblaient, et l’effroi se lisait clairement sur leurs visages. On aurait dit que toute leur énergie les abandonnait. Ils déclarèrent : « Cet endroit n’est pas Felonia. Nous n’y trouverons pas ce que nous cherchons. Partons, et poursuivons la quête des vraies ruines. »

Selon la légende, les ruines magiques étaient censées être mystérieuses et archaïques. On y trouverait d’innombrables gravures incompréhensibles. Les ruines devaient aussi former une cité de pierre et de blocs de roche. Or ils se tenaient dans une base métallique bâtie de main d’homme. Sur les murs figuraient des symboles qui ressemblaient aux armoiries de l’ancien royaume. L’endroit était sans doute une installation militaire secrète de ce royaume.

Les pèlerins retrouvèrent leur calme. Un jeune pèlerin déclara : « Peut-être que cet endroit est bel et bien la Felonia que nous cherchons. Notre ancien pays a découvert les ruines de Felonia et décidé de bâtir une installation pour étudier le trésor qu’elles renfermaient. »

Le trésor du désert était celui dont parlait la légende de Felonia. Quiconque le possédait serait en mesure de contrôler le désert de Somar.

Les vieux pèlerins secouèrent la tête et dirent avec un rire amer : « Impossible. Si l’ancien royaume avait détenu le trésor, pourquoi le régime aurait-il été détruit ? »

« Ce n’est pas l’endroit que nous cherchons. Les vraies ruines de Felonia se cachent forcément dans quelque autre recoin du désert ! »

Les vieux pèlerins parlaient d’un ton catégorique et ferme.

Les pèlerins s’aidèrent les uns les autres à se relever et quittèrent les lieux.

Après avoir entendu leur conversation, Han Xiao était perplexe lui aussi. D’après ce qu’il savait, il n’existait aucun élément magique sur la planète Aquamarine. Le prétendu trésor du désert devait être une arme technologique de pointe.

Mais les gens ont souvent tendance à surinterpréter ce qu’ils ne comprennent pas. Ils bâtissent alors des histoires invraisemblables. Et par-dessus le marché, ils sont fermes et confiants dans l’idée que leur imagination délirante est la réalité même. Han Xiao songea à l’histoire de cet homme qui refusait de fuir quand sa maison fut inondée. Il attendait au contraire, perché sur son toit, que Dieu lui envoie une arche.

Il ne comprenait pas pourquoi les pèlerins tenaient tant à associer Felonia et la magie. Mais cela semblait ne pas le regarder… à moins que ce ne fût l’indice d’une autre mission cachée ?

Han Xiao reprit ses esprits et sortit de sa cachette une fois les pèlerins partis. Lui non plus ne savait quelle voie prendre à l’embranchement.

Les pèlerins avaient dit qu’un monstre se tenait sur la voie de droite. Mais celle de gauche était un territoire inconnu, et elle pouvait fort bien se révéler plus dangereuse encore. Comment trancher ?

D’après mon expérience, ces pèlerins sont un appât destiné à m’attirer dans le donjon d’instance. Ils ont laissé entendre qu’un monstre se trouvait à droite. Il y a deux façons de comprendre leurs paroles. La première, c’est qu’ils disent vrai. La seconde, c’est qu’ils m’orientent délibérément vers la voie de gauche.

Han Xiao serra fermement les dents et choisit la voie de droite. L’inconnu était assurément plus effrayant que le monstre. Il se rappela ensuite les insectes entrevus pendant sa descente, et leurs yeux rouges pressés les uns contre les autres. S’il tombait sur ces bestioles, leurs morsures lui arracheraient la peau à coup sûr.

Han Xiao enfila les gants tranchants thermoélectriques. Il n’utilisait aucune lampe : il ne comptait que sur sa visière à vision nocturne. Une fois engagé sur la voie de droite, un vert sombre envahit son champ de vision. Il distinguait à peine la route devant lui.

Le sol portait des empreintes anormalement grandes. Elles étaient l’œuvre du monstre. Comme les humains, la créature avait deux jambes et cinq orteils à chaque pied. Le monstre devait mesurer trois mètres.

Après avoir marché un moment, Han Xiao tomba sur une pièce dont la porte était grande ouverte. Les empreintes du monstre s’arrêtaient là.

Han Xiao se glissa jusqu’à la porte, et une puanteur écœurante lui monta aux narines, comme celle de la viande en putréfaction. Une faible odeur de sang s’y mêlait.

Il leva la tête et regarda à l’intérieur de la pièce.

Une paire d’yeux, larges comme des cloches de bronze, le fixait. Un demi-mètre à peine le séparait du monstre !

Han Xiao fut saisi de stupeur et d’effroi.



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