Chapitre 12 – Vendu
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Je connais bien M. Porte ? À part M. Le Fou, les sept divinités sont les seules personnes que je connaisse. De plus, je ne suis allée qu’à la cathédrale du Dieu de la Vapeur et des Machines… Fors, perplexe, se remémora rapidement avec quelle entité de haut niveau elle aurait pu entrer en contact.
Comme il n’y en avait pas beaucoup, elle élimina rapidement toutes les autres possibilités. Ses yeux s’illuminèrent lorsqu’elle fit le lien avec les propos que M. Le Fou lui avait tenus.
Elle fixa le bout de la table de bronze enveloppé d’un brouillard gris. Sa voix tremblait lorsqu’elle demanda : « Est-ce lui qui a provoqué ces divagations lors de la pleine lune ? »
Klein rit doucement en hochant la tête. « Exactement. »
Des divagations pendant la pleine lune… Qu’est-ce que c’est ? Audrey et ses compagnons échangèrent des regards, comme s’ils étaient de simples gens qui venaient de pénétrer dans ce monde mystérieux.
Ils n’avaient jamais entendu parler de ces fameuses « divagations de pleine lune ».
Comme prévu, Mlle. Magicienne n’est pas si simple. Elle connaît effectivement M. Porte et les détails de la situation. Mon intuition initiale était juste… Bien que les ingrédients Transcendants dont elle a besoin soient relativement peu nombreux, les possibilités sont trop nombreuses… Cattleya hocha la tête d’un air indistinct, prévoyant de poser davantage de questions sur M. Porte lors de l’échange gratuit. Elle était également prête à payer un certain prix pour cela.
Une existence mentionnée sérieusement par l’Empereur Roselle et abordée avec une certaine formalité par Monsieur Le Fou devait forcément receler de nombreux secrets. C’était assurément loin d’être simple !
À cet instant, Fors laissa échapper un soupir de soulagement. Elle sentait qu’elle était un pas plus près de lever sa malédiction.
Au moins, je sais maintenant qui est à l’origine de ces divagations à la pleine lune… Elle baissa les yeux et dit sincèrement à Monsieur Le Fou : « Merci de me l’avoir rappelé. »
Klein ne dit rien de plus, et ne fit aucune allusion au fait que Monsieur Porte était soupçonné d’être l’ancêtre de la famille d’Abraham, Bethel. Après avoir balayé la table du regard, il déclara d’un ton désinvolte : « Vous pouvez commencer. »
Sur ces mots, il contrôla aussitôt Le Monde pour qu’il annonce d’une voix rauque : « J’ai deux objets mystiques à vendre. »
Deux objets mystiques… M onsieur Le Monde a récemment réussi à produire quelque chose de grande valeur à chaque réunion… Il mérite bien son surnom de « Béni de M. Le Fou… Audrey soupira d’admiration, le regard fixé sur l’autre extrémité de la longue table en bronze. Visiblement, elle attendait avec impatience les explications de Monsieur Le Monde concernant les pouvoirs de l’objet.
Alger était tenté, car il savait que les objets mystiques vendus par Monsieur Le Monde étaient d’une qualité exceptionnelle. Cependant, repensant à son manque d’économies, et sachant que le secret de l’île primitive lui avait déjà été révélé, il ne put que soupirer silencieusement, accablé par le désespoir.
Il lui restait encore cinq heures avant d’arriver à l’île de Pasu et il brûlait d’envie de s’y envoler immédiatement pour terminer son rapport. Ensuite, il pourrait quitter la zone, trouver un Obninsk et devenir un Chantre de l’Océan.
Une fois cela fait, il pourrait explorer cette île primitive avec M. Le Monde, obtenir les récompenses correspondantes et ainsi améliorer sa situation financière !
Quant à Derrick, Emlyn et Fors, bien qu’ils fussent quelque peu curieux de l’objet mystique, ils n’avaient aucune envie de l’acheter.
L’un d’eux pouvait soumettre une candidature au conseil des six membres pour choisir un objet mystique parmi ceux que la Cité d’Argent possédait afin de devenir un Séquence 6. L’autre souhaitait recevoir les récompenses du concours de chasse, mais il ignorait lesquelles ; acheter des objets à l’aveuglette risquait donc d’entraîner des doublons et du gaspillage. De plus, il ne disposait que des deux à trois mille livres nécessaires pour la récompense des indices. Quant à la dernière, elle n’avait même pas l’argent pour l’acheter.
Cattleya observa Gehrman Sparrow avec un intérêt piqué, songeant aux origines possibles de l’objet mystique.
S’il convenait, sans interférer avec les deux objets mystiques qu’elle possédait déjà, elle n’y voyait pas d’inconvénient à l’acheter.
Voyant l’intérêt manifeste des deux principaux clients, M. Le Monde laissa échapper un rire grave.
« L’un d’eux est l’Échelle de la Chance. C’est le nom que je lui ai donné… »
Tout en parlant, il demanda à M. Le Fou de faire apparaître le collier d’argent auquel était suspendue une pièce ancienne.
Après avoir exposé ses effets mystiques et négatifs, il jeta un coup d’œil à Audrey et la mit en garde : « Je déconseille aux Transcendants qui manquent de force au combat de l’acheter. Bien qu’il puisse permettre d’éviter un coup fatal, le contrecoup est tout aussi dangereux. Il faut une force de combat suffisante et des réflexes aiguisés pour espérer y survivre. »
Se souvenant de son rôle de soutien, axé sur le contrôle et l’influence, et de son manque d’expérience au combat, Audrey hocha la tête avec une légère déception. C’était un signe que M. Le Monde avait raison.
M. Le Monde est plutôt gentil avec moi et les membres du Club de Tarot. Il est prêt à donner un tel avertissement. Cela pourrait l’avoir empêché de le vendre… Audrey repensa à sa perception de Le Monde.
L’Ermite trouva la description étrangement familière. Elle avait apparemment entendu parler des effets de l’Échelle de la Chance. Des images lui traversèrent l’esprit à toute vitesse avant de se fixer sur quelques scènes précises. Les yeux de Cattleya se plissèrent lorsqu’elle s’exclama, surprise : « Senor ? »
C’est probablement le collier de l’Amiral de Sang ! Il lui ressemble beaucoup, et les effets sont identiques ! Où Gehrman Sparrow l’a-t-il trouvé ? Qu’a-t-il encore fait ? Ai-je manqué des informations importantes ces derniers jours, pendant que le Futur était en mer ? Cattleya soupçonna instinctivement que Le Monde avait encore déclenché quelque chose d’énorme !
Klein y réfléchit et ordonna à Le Monde de rire profondément.
« Il est déjà mort. »
Il n’était pas contre l’idée que Mlle. Justice et ses compagnons découvrent que Gehrman Sparrow était l’équivalent de M. Le Monde. Après tout, deux personnes étaient déjà au courant, et il n’avait pas l’intention d’utiliser fréquemment cette identité à l’avenir.
Un membre influent et actif renforçait le sentiment d’appartenance du Club du Tarot.
Il est déjà mort… Gehrman Sparrow a tué Senor ? Lors de notre précédent affrontement, je n’avais qu’un léger avantage sur lui … Cattleya se trouvait de plus en plus incertaine de la force de M. Le Monde.
Bien que la prime de l’Amiral de Sang fût supérieure à la sienne, c’était principalement parce qu’il avait commis davantage de méfaits. En termes de force et d’objets mystiques, Cattleya était légèrement plus puissante.
Ce n’était pas comme si elle n’avait jamais affronté Senor. Elle avait eu l’avantage à plusieurs reprises, mais n’était jamais parvenue à le blesser mortellement.
Quant à Gehrman Sparrow, elle le considérait comme son inférieur lors de leur rencontre sur le Futur. Il était même peu probable qu’il puisse vaincre la vice-amirale Tracy Ailment au sommet de sa forme.
Ce n’est que lorsque cet aventurier Le Fou eut achevé sa progression et traqué le Boucher, Kircheis, qu’elle reconnut en lui la force d’un véritable amiral pirate et qu’il était de son niveau.
Cependant, une semaine s’était écoulée et Gehrman Sparrow avait terminé une autre chasse. Il avait vaincu l’Amiral de Sang, Senor, l’un des trois meilleurs amiraux pirates !
Cattleya savait qu’elle en était incapable !
Il est mort ? L’Amiral de Sang, Senor, est mort ? C’est Gehrman Sparrow qui l’a fait ? Il tue un Séquence 5 par semaine ? De plus, chacun d’eux est plus fort que le précédent… Même s’il est le Béni de Monsieur Le Fou, une telle force n’est-elle pas absurde ? Surtout qu’il n’est pas devenu un demi-dieu… A-t-il été aidé par les autres Bénis ? L’Église devrait avoir les archives, mais à mon poste actuel, je ne pourrai pas les consulter… Alger, secrètement alarmé, se mit aussitôt à chercher une explication plausible.
Audrey était toujours dans le château familial, dans le comté d’East Chester. Elle ne lisait que quelques journaux et magazines d’actualité nationale et ignorait tout de ce qui s’était passé en mer. Cependant, au ton et aux paroles de Madame L’Ermite, elle comprit que Monsieur Le Monde avait encore commis un acte incroyable !
Senor… Monsieur Pendu en avait apparemment déjà parlé. C’est le nom de l’Amiral de Sang… Monsieur Le Monde a éliminé cet amiral pirate et s’est emparé de son objet mystique ? Formidable ! C’est presque ce dont je rêvais ! Quand j’ai entendu parler des Sept Amiraux Pirates, je m’imaginais devenir un puissant Transcendants, partir à l’aventure sur les mers pour les capturer et les livrer au royaume… Notre Club de Tarot est donc déjà aussi puissant !
Hmm, il faut que j’enquête pour savoir qui a tué l’Amiral de Sang. Ainsi, je pourrai découvrir la véritable identité de Monsieur Le Monde… Mais cela lui déplaira-t-il ? Non, il l’a mentionné lui-même, alors il est probablement prêt à se révéler… pensa Audrey avec joie.
Fors, qui devait consulter divers journaux pour rassembler des informations, se souvint instantanément d’un article qu’elle avait lu récemment :
On soupçonnait l’Amiral de Sang, Senor, d’avoir été tué par l’aventurier fou, Gehrman Sparrow !
Se pourrait-il que M. Le Monde soit cet aventurier Le Fou dont la tête est mise à prix pour 50 000 livres ?! Fors éprouva du respect. Elle commença à croire qu’il pouvait l’aider à éliminer l’Oracle de l’Ordre d’Aurora, le Voyageur présumé, Lewis Wien !
Emlyn partageait les mêmes sentiments qu’Audrey. Il lisait rarement les journaux locaux. Son domaine d’activité ne comprenait pas la collecte d’informations. Quant à Derrick, il n’était pas le moins du monde surpris. Il avait depuis longtemps la certitude que M. Le Monde était extrêmement puissant. Même si M. Pendu avait mentionné la grande puissance de l’Amiral de Sang, il le jugeait inférieur à M. Monde, faute d’avoir eu l’occasion de le côtoyer directement.
Après quelques secondes de silence, Cattleya demanda : « À quel prix comptez-vous le vendre, ou avec quel objet souhaitez-vous l’échanger ?
» Si le prix est convenable, je peux y réfléchir.
Parfait ! Enfin quelqu’un d’intéressé ! Klein, accablé par d’immenses difficultés financières, parvint à faire dire à M. Le Monde : « 12 000 livres d’or. »
Craignant que Cattleya ne soit effrayé par un tel prix, il ajouta rapidement : « Vous pouvez choisir de payer une partie en pièces d’or. Dans ce cas, vous n’aurez besoin que de 11 000 livres. »
Klein était persuadé que l’Amirale des Étoiles, qui avait pillé des navires chargés d’or de diverses nations, possédait certainement des réserves. Même si elle n’en avait pas beaucoup, elle pourrait s’en procurer auprès d’autres pirates. Cela lui permettrait d’effectuer son premier paiement à Mlle. Messagère.
Quant à la récupération d’épaves, Klein pensait que, compte tenu de l’existence de l’Église des Tempêtes, les irascibles frères Tempête auraient déjà repéré tous les navires facilement repérables.
Le Roi des Mers n’est pas plus faible que le Dieu des Mers, et il devait bien y avoir quelques individus de son niveau au sein de l’Église des Tempêtes !
Cattleya fit un calcul silencieux et déclara : « 4 000 livres en pièces d’or et 6 500 livres en espèces. Nous pouvons conclure l’affaire si cela vous convient. »
Réunir l’argent n’était pas chose facile, même pour elle, mais elle bénéficiait du soutien de l’Ordre Ascétique de Moïse. Dépenser environ 10 000 livres pour obtenir l’Échelle de la Chance n’aurait posé aucun problème à aucune organisation secrète.
Comme on pouvait s’y attendre de la part d’un amiral pirate… Malheureusement, je dois éviter l’École de Pensée de la Rose, et je ne peux pas piller le navire de l’Amiral de Sang… Klein laissa le Monde y réfléchir à deux fois avant de dire : « Marché conclu. »
