Chroniques des Dieux Déchus | The Godsfall Chronicles | 陨神记
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Livre 2, Chapitre 94 – Mer de souvenir

Cloudhawk ne comprenait pas vraiment ce que le fantôme ardent lui disait, à vrai dire, il n’était pas intéressé par les détails. Il avait entendu “héritage”, c’est tout ce qu’il devait comprendre.

Donc, il y avait plus ? Comment pouvait-il refuser cette opportunité ?

Lorsque la pierre de phase avait absorbé le pouvoir du crâne, toutes sortes d’images et de sons avaient été projetés dans son esprit. De vagues souvenirs se tordaient dans son subconscient, trop pour qu’il puisse les absorber tous en même temps. Ce qu’il avait pu saisir, c’est qu’il s’agissait de scènes d’une guerre à laquelle l’ancien propriétaire de la pierre avait participé.

Une coupe, coupant une rivière. Un pas, piétinant une ville. Un coup de poing, rasant des montagnes. Un rugissement, faisant trembler les cieux. Maintenant, en temps de paix, rien de tout cela n’était apparent.

Peut-être que, de son vivant, le fantôme était un seigneur terrible, une créature qu’aucun homme ne pouvait vaincre. Il avait dû mettre le monde sens dessus dessous.

Cet étranger aurait même pu être plus fort qu’Arcturus Cloude. Non… pas « aurait pu ». Il l’était vraiment. Cloudhawk – un opportuniste invétéré – n’allait pas ignorer l’opportunité que le fantôme lui présentait. Il pouvait s’entraîner âprement toute sa vie et ne jamais s’approcher de ce niveau de puissance. S’il s’appropriait tout, ce que l’ancien propriétaire avait laissé derrière lui, même le gouverneur ne serait pas capable de lui résister.

Aurore Polaris devrait le regarder d’un œil nouveau. Atlas, Frost et tous les autres qui se sont dressés contre lui, subiront leurs choix passés.

L’esprit de feu avait tremblé, et une multitude de braises avaient flotté hors de lui. En quelques secondes, l’image humanoïde n’était plus qu’une silhouette terne de ce qu’elle avait été. Cependant, même si l’esprit s’affaiblissait, il pouvait toujours voir dans son cœur. Ces mots avaient brisé les rêveries du jeune homme. « Tu ne seras jamais capable d’acquérir toute ma sagesse. Tout comme tu ne pourras jamais utiliser toute mon ancienne puissance. »

Le pouvoir était le premier héritage qu’il avait reçu de ce mystérieux esprit. Il était enfermé dans la pierre de phase et avait été libéré lorsqu’il l’avait prise pour la première fois. Le temps érode tout, donc la pierre ne contenait pas tout ce que l’esprit avait pu léguer. Mais, s’il en obtenait ne serait-ce que la moitié, c’était plus que suffisant.

Cela ne signifiait pas, qu’il n’avait pas été déçu, lorsqu’il réalisa la vérité. La vaste mer à l’intérieur de la pierre était ce qui restait de la volonté de son ancien maître, en prendre ne serait-ce qu’une partie était très difficile. Pour l’instant, c’était un vain espoir de penser qu’il le pouvait. Il devrait un jour devenir aussi fort que cet homme l’avait été. Il aurait aussi bien pu demander la lune.

« Ne t’inquiète pas, mon successeur. Ce ne vient pas de ton incompétence, ne sous-estime jamais ton potentiel ». L’homme au feu écarlate parla directement dans son esprit. On aurait dit un crépitement de braises. « Ma mission est d’ouvrir un portail et de te guider à travers lui vers ta destinée, pas de te modeler à mon image. Tu seras plus grand que je ne l’étais – tu dois être plus grand que je ne l’étais. Sinon, tout ce qui a été sacrifié n’aura servi à rien. »

« Est-ce même possible ? Que veux-tu que je fasse… ? »

« C’est possible. Tout est possible. Si ce jour arrive, alors tu seras capable de revêtir mon armure et de manier mes reliques. Alors, les réponses deviendront claires pour toi. »

« Quoi, tu ne me fais pas encore confiance ? Putain, une réponse à moitié décente aurait été un réconfort. »

Dire ça n’était pas conseillé, bien sûr. Il ne voulait pas mettre en colère cet esprit délibérément mystérieux. Il était préférable de ne rien dire du tout !

Cloudhawk vit que tandis que l’esprit continuait, son corps continuait à s’effacer. Que restait-il ? Il devait prendre tout l’héritage qu’il pouvait avant que le temps ne passe. Ils ne pouvaient pas continuer à claquer des lèvres très longtemps. Il était de plus en plus nerveux, à cause, de l’esprit.

Le maître mort de la pierre sentit ses pensées. « Tu ne comprends toujours pas ? Tous mes souvenirs t’ont été transmis. Ils existent dans ton esprit. L’héritage t’appartient déjà. »

Les mots avaient chuchoté dans son esprit, et ensuite, la mer de son esprit s’était retournée. Des vagues terrifiantes de souvenirs s’étaient abattues sur lui comme des raz-de-marée. Il se sentait comme un petit bateau regardant le mur d’eau s’élever.

Des visions étranges et peu familières l’avaient assailli. Le volume d’informations était incalculable. Il aurait pu vivre pendant des décennies, et cela n’aurait pas approché la durée de vie de cet être. C’était trop. Il ne pouvait pas tout analyser. Essayer lui aurait brisé l’esprit.

Il ne put retenir ses jurons. Avait-il fait une erreur ? Le savoir s’accrochait à lui comme une pâte, remplie de choses qu’il n’arrivait pas à comprendre. Une grande partie était au-delà de sa capacité à traduire. C’était accablant, mais il ne s’agissait que des premiers milliers d’années de la vie de l’esprit. Tout le reste de ce qui était contenu dans le crâne avait été perdu. Ce qui restait n’était qu’un ensemble hétéroclite de fragments négligemment mélangés ensemble comme un tas de ferraille. Il n’avait même pas osé commencer à l’organiser.

« En toi, se trouvent maintenant deux océans : un de pouvoir et un de connaissance. Quand – et dans quelle mesure – tu pourras y faire appel, ce sera déterminé par le hasard et la fortune. »

L’esprit tendit une main ardente vers lui. Les frelons qui bourdonnaient dans son crâne se calmèrent enfin, permettant à quelques pensées complètement formées de flotter à la surface. Cette connaissance concernait le combat et les reliques. C’était ce dont il avait le plus besoin en ce moment.

Il prit une longue inspiration pour se calmer. C’était comme ça que cela se passait ? Tout le reste n’avait été que temps et efforts perdus…

C’était un véritable trésor : le savoir sur des entraînements efficaces ainsi que les connaissances de manipulation et de créations de relique du maître.

« Tu ne pourras jamais me surpasser avec seulement ça. Tu finiras par atteindre une limite. » Il fit une pause, puis poursuivit d’un ton plus grave : « Accumuler des données ne suffit pas. Tu dois t’adapter et t’initier – tout comme tu l’as fait dans ta quête de pouvoir. Mais le recours au combat et aux reliques est réservé à l’homme ordinaire. L’homme ordinaire est limité dans ce qu’il peut accomplir. Ton destin doit être d’aller au-delà de ça. »

« Le ciel et la terre sont le fourneau dans lequel tu seras transformé en relique. Le destin t’a richement doté de la capacité de comprendre les reliques à un niveau plus profond que quiconque. Ne prends pas tes dons à la légère. Un jour, quand tu seras réveillé, tu comprendras les origines de tout. »

« Et ainsi, ma mission sera accomplie. »

L’esprit avait été réduit à un scintillement comme la flamme d’une bougie menaçant de s’éteindre. Il rétrécit jusqu’à n’être qu’une boule, puis fondit à nouveau dans la poitrine de Cloudhawk. Il s’enfonça dans sa volonté, son âme, là où la marque du feu demeurait. Un nouveau flot de souvenirs émergea.

« Les grandes portes de bronze se sont ouvertes ! »

Vingt à trente combattants d’élite de Dark Atom s’étaient déversés, mais Cloudhawk n’était pas là. Ils n’avaient trouvé que des morceaux d’os éparpillés sur un piédestal, les restes d’un crâne. Ses fragments usés ne ressemblaient à rien de spécial.

« C’est ça ? » L’un des soldats fronça les sourcils, déçu. « Ça n’en a pas l’air. »

Buzzard était tout aussi perplexe, mais ce n’était pas le moment de se poser des questions. « Y a-t-il autre chose ici ? »

Non, il n’y a rien. Les morceaux du crâne devaient être ce qu’ils cherchaient. Buzzard rassembla tout ce qu’il put et les fourra dans un sac. D’un geste sans mot, lui et les autres partirent.

Lorsqu’ils sortirent, les envahisseurs dispersèrent de puissants explosifs dans la pièce, puis partirent un par un. Ils étaient réticents à l’idée de quitter la vallée des enfers avant que le travail ne soit terminé, mais les deux camps avaient déjà beaucoup souffert de l’échange.

« Patron, je l’ai ! »

Les chasseurs autour de Wolfblade rayonnaient tous de joie. Leur mission était terminée. L’objet qu’ils étaient venus chercher était en main. Non seulement, ils avaient réussi à envahir et à détruire la base élyséenne, mais ils avaient également réussi à prendre leur trésor. C’était une claque vicieuse au visage de ces fanatiques.

Il était temps de rappeler tout le monde !

Dark Atom avait plus de monde, mais un long combat n’allait pas tourner en leur faveur. Même s’ils gagnaient, cela n’en valait pas la peine. Leurs armes puissantes étaient le résultat d’efforts considérables pour les déterrer et les remettre en état de marche. Leurs combattants d’élite étaient le fruit d’années d’entraînement. Ses lieutenants étaient triés sur le volet et soigneusement cultivés. Ces quelques centaines d’hommes et de femmes étaient le cœur de l’organisation de Wolfblade, et chaque perte était coûteuse.

Les soldats vétérans étaient également une ressource limitée pour Skycloud, mais même s’ils étaient tous anéantis, ils rempliraient cet endroit de renfort prochainement. De plus, ils avaient déjà attiré trop d’attention sur eux avec cette mission. S’ils continuaient à la faire traîner en longueur, le soutien du domaine finirait tôt ou tard par arriver. À ce moment-là, il sera trop tard.

L’instructeur Cutter vit les signes. « Ils essaient de battre en retraite ! Arrêtez-les ! »

Wolfblade tenait sa main en l’air avec les cinq doigts écartés, puis les serra rapidement en un poing. C’était le signe qu’il fallait se replier. Les dirigeables avaient libéré le reste de leurs munitions dans un déploiement violent et spectaculaire. Soudain, l’armée des enfers fut submergée dans une mer de feu et d’éclats d’obus.

« Go ! »

Les soldats restants de Dark Atom avaient utilisé le bombardement comme couverture pour leur retraite. Ils atteignirent une zone plus élevée et équipèrent de nouveau les jetpacks qu’ils avaient utilisés pour infiltrer la base. Les dirigeables avaient continué à les couvrir et étaient descendus suffisamment bas pour que les soldats puissent se glisser à nouveau à bord.

Wolfblade ayant commencé l’assaut en détruisant les docks de la base, les forces élyséennes n’avaient aucun moyen de les poursuivre.

Buzzard saisit la corde suspendue à l’un des dirigeables, en sortit une manette et appuya sur un bouton. Une série d’éruptions fracassantes suivirent. En bas, d’énormes parties du complexe s’étaient effondrées. D’autres avaient été soufflées à un kilomètre de là. Un champignon atomique cauchemardesque avait rugi au-dessus du bâtiment et vers les cieux.

Les soldats du complexe firent comme s’ils voulaient les suivre, mais le monde s’ouvrit devant eux avant qu’ils ne puissent le faire. Une onde de choc traversa toute la vallée, les laissant stupéfaits. Tout ce qui restait dans ce bâtiment après une telle explosion avait dû être complètement détruit.

Le temps que la fumée se dissipe et que les soldats se frayent un chemin à travers les décombres, les envahisseurs étaient partis depuis longtemps. Eckard avait envie de les poursuivre, mais Natessa le retenait. D’une part, leur base n’était pas en état de poursuivre le combat. D’autre part, leur ennemi avait l’avantage. Poursuivre l’ennemi ne ferait que les mettre dans une position encore plus faible.

C’était bien. Ils avaient encore leurs fondations. Ils pouvaient reconstruire.

La question la plus urgente était de savoir comment expliquer cela à Skycloud.

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