Chroniques des Dieux Déchus | The Godsfall Chronicles | 陨神记
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Chapitre 113 – La maîtresse d’armes

Livre 1 chapitre 113 – La maîtresse d’armes

En plus d’être lourd et tenace, le filet de fer qui tombait sur Cloudhawk fut immédiatement rempli d’électricité. S’il s’était agi d’un simple charognard, le choc l’aurait tué ou paralysé.

On aurait dit que cent millions de fourmis se glissaient dans sa peau, mais il n’avait pas perdu la raison. Heureusement, la cape qu’il portait dévia ou absorba la majeure partie de l’électricité. Le jeune homme était sans cesse surpris par cette relique de l’autre monde, qui, en plus d’être très utile, était également indispensable pour la défense.

Alors, qui diable essayait de le tuer ? Ses idées s’emballaient, alors que plusieurs possibilités lui venaient à l’esprit.

L’académicien Roste n’était pas susceptible de faire un geste contre lui, et Chimp n’avait pas eu assez de temps pour planifier une embuscade. Les seules autres personnes ayant les moyens et le mobile étaient soit Hellflower, soit Hyène ; il avait des infos sur la première, et il était tombé sur le sombre petit secret de Hyène il n’y a pas longtemps.

Alors, ils avaient essayé de le tuer pour le faire taire ? Bien sûr, la raison n’était pas importante à ce moment-là.

Ses assaillants savaient ce qu’ils faisaient. Le filet de fer était destiné à immobiliser leur proie et à briser ses défenses. Chacun d’entre eux portait également des armes, bien qu’ils aient tiré des fléchettes au lieu de balles. Les fléchettes étaient un meilleur choix, car elles ne faisaient pas beaucoup de bruit, ce qui leur permettait de le tuer sans alerter personne. Une fois l’acte accompli, ils pouvaient s’enfuir et personne ne serait vu. Une fois le corps retrouvé, rien ne pourrait être tracé.

Un flot de colère le traversa. Il avait fait face à la mort à de nombreuses reprises, ayant même affronté un démon et en était sorti vivant. Allait-il laisser ces merdes méprisables le tuer ? Il y avait peu de chances.

Ses yeux étaient devenus rouge sang.

Une explosion d’énergie, à laquelle ses assaillants n’étaient pas préparés, émana du plus profond de lui.

Le filet de fer ne pouvait pas être brisé à la main, mais lorsque les lames du bâton d’exorciste le touchèrent, les fils métalliques se fendirent comme des vrilles de cheveux fendues par une épée. Un trou béant avait été creusé.

Une autre fléchette fut tirée, avant de frapper son masque. Des étincelles jaillirent et lui donnèrent le vertige, mais quelle arme était capable de passer à travers le masque de la reine ? Impossible ! Ce n’était pas une relique très puissante, mais même un tir à bout portant au visage ne pouvait pas le briser !

D’autres fléchettes avaient atteint leur cible. Elles s’étaient logées dans l’armure de peau d’ours et avaient réussi à faire des dégâts, mais le poison upas1 dont elles étaient enduites était inutile. Les deux couches de protection lui avaient sauvé la vie.

Alors que ses assassins étaient sous le choc, il sortit de leur piège sans effort. En réponse, une douzaine d’hommes masqués attaquèrent de toutes parts. Leur embuscade ayant échoué, il n’y avait pas d’autre choix que d’attaquer de front. Ils s’étaient précipités sur lui, brandissant des matraques chargées électriquement.

Il n’eut pas besoin de les expérimenter lui-même pour savoir que leurs armes étaient dangereuses. S’il s’agissait d’un combat direct, les choses n’auraient pas été en sa faveur.

Alors que pouvait-il faire ? Courir !

Alors qu’il se relevait, il sortit son revolver et tira quelques coups au hasard vers ses attaquants. Il les força à reculer, lui donnant assez d’espace pour sauter en l’air. Au point culminant de son saut, le jeune homme s’était volatilisé dans les airs. Bien qu’ils ne puissent pas le voir, c’était son unique chance de s’enfuir.

« Ne le laissez pas s’échapper ! »

Un des hommes masqués cria, et tous sortirent leurs armes mortelles. Plusieurs d’entre eux pointèrent leurs armes en l’air et aspergèrent la zone de balles. Les armes typiques des friches étaient à un coup, tandis que les plus rares étaient peut-être semi-automatiques. Ces armes étaient clairement supérieures et inondaient la ruelle de plomb chaud.

Il se jeta désespérément dans une ruelle et laissa son invisibilité s’estomper. Il était si effrayé qu’il était trempé de sueur. Les pas se rapprochaient, alors qu’il tournait en rond, les mains tendues. Grinçant des dents, Cloudhawk s’avança avec les deux bras comme s’il essayait de pousser un rocher de mille livres.

L’air fut soudain étouffé par le sable.

Comme un serpent qui s’agite, le sable se dirigea vers ses poursuivants et les avala. Cela ne leur fit aucun mal, mais ils avaient été aveuglés par la tempête de sable. Le garçon en profita pour faire demi-tour et courir dans l’autre direction.

« Mais d’où vient cette tempête de sable ? ! »

« Peu importe ! Rattrapez-le ! »

Le temps inattendu ne les avait que légèrement ralentis. Il s’agissait manifestement d’assassins entraînés, et bien qu’il puisse probablement en gérer deux ou trois, il en avait dix à ses trousses. S’ils le rattrapaient et l’encerclaient, il n’aurait aucune chance. Il devait continuer à courir.

Il ne connaissait pas la disposition de la base, alors il s’était lancé dans les rues au hasard. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne se retrouve dans une impasse. Il s’était arrêté devant un grand mur, le visage crispé, pris de panique. Les autres étaient proches et seraient sur lui d’un moment à l’autre. Il ne pouvait pas revenir en arrière comme il l’avait fait.

Tout cela n’avait-il servi à rien ?

En dehors de son haut niveau d’habileté, il était sévèrement surpassé en matière d’équipement. Ils n’avaient même pas besoin de s’approcher pour le transformer en un satané nid d’abeille avec leurs fusils perfectionnés. Ils devaient savoir qu’il était pris parce qu’il pouvait entendre leurs pas ralentir. Il vit une douzaine de canons sombres pointant vers lui.

« Tuez-le ! »

Cloudhawk avait l’impression de regarder la mort en face.

À ce moment, une silhouette aussi agile qu’un lion de montagne surgit derrière eux.

Hellflower s’était envolé dans les airs avec un fusil dans chaque main. Ils rugirent alors qu’elle tirait quatre ou cinq coups de feu, chacun d’eux déchirant le crâne d’un assassin.

Ses assaillants avaient été pris par surprise. Frappés par le changement soudain de la situation, ils tournaient en rond pour se défendre. La nouvelle venue marcha sur la pierre lisse du mur aussi facilement que si elle courait sur le sol. Ses mains se déplaçaient à la vitesse d’un fantôme. Bang, bang, bang, bang  ! Elle continua à tirer sur la gâchette alors que le feu jaillissait du bout de ses fusils. Les armes elles-mêmes étaient uniques, tirant si vite qu’il était difficile de le croire, et pas une seule balle n’était gaspillée. L’une après l’autre, elles avaient percé des trous mortels entre les sourcils des assassins.

C’était la perfection absolue, au millimètre près. Son jeu de tir était plus qu’habile, c’était une forme d’art.

« Hellflower ! »

Elle remit langoureusement les armes dans ses étuis lorsqu’elle se posa sur le sol. De son apparition initiale à sa course le long du mur et à son atterrissage devant lui, tout le processus avait pris quelques secondes. Ses cibles étaient mortes avant qu’elle n’atteigne le sol – un ouragan que même lui ne pouvait suivre.

Si vous lui aviez demandé auparavant, Hellflower était la dernière personne que Cloudhawk attendait pour le sauver. Il avait toujours su qu’elle était une femme dangereuse, mais pas de cette façon. Finalement, elle s’était révélée être une artilleuse hors pair des terrains vagues.

Jusqu’à présent, le meilleur tireur qu’il avait vu était Slyfox, mais comparé à ce qu’il venait de voir, le mercenaire n’était même pas de la même classe. Le contrôle des armes et sa visée étaient presque parfaits.

Ce qu’il ne savait pas, c’est qu’elle était une maîtresse d’armes renommée.

Peu importe l’arme ou l’outil qu’elle maniait, Hellflower pouvait les maîtriser presque immédiatement. C’était une guerrière tout aussi meurtrière que Hyène, bien que la bête puisse facilement la déchiqueter à bout portant. Mais tant qu’elle gardait ses distances, elle pouvait tuer dix Hyènes avant qu’ils ne s’approchent.

Il eut l’impression que son cœur allait lui éclater la poitrine. Soudain, il était très reconnaissant de ne pas avoir maltraité la scientifique de quelque façon que ce soit. S’il l’avait fait, il était sûr qu’il se serait très vite retrouvé avec quelques dizaines de balles dans le cerveau.

Elle n’avait même pas fait attention à la foule de cadavres. Se dirigeant vers Cloudhawk, elle s’adressa à lui d’un ton neutre: « As-tu fait ce que tu étais censé faire ? »

Cloudhawk fit rapidement un signe de tête. « Oui, pas de soucis. Les papiers et les clés sont de nouveau là où ils sont censés être. »

Elle soupira de soulagement. Enfin, elle tourna la tête et regarda les corps, perplexe en lui marmonnant : « D’où viennent ces hommes ? Pourquoi voulaient-ils te tuer ? »

L’académicien Roste n’avait aucune raison de vouloir sa mort. Chimp n’avait ni le temps ni l’opportunité. Elle, elle s’était retirée de la liste des suspects, ne laissant plus que…

« Hyène ! » Cloudhawk s’écria : « J’ai appris son secret ! »

Avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche pour en savoir plus, les rues s’étaient transformées en un vacarme assourdissant. Une dizaine de gardes de sécurité de la base s’étaient précipités. Lorsqu’ils étaient arrivés sur les lieux, ils étaient choqués et confus, car ce genre de rencontres violentes était rare, surtout celles qui aboutissaient à tant de morts.

La foule s’était dispersée, et une fine silhouette s’était approchée d’eux à l’aide d’une canne, flanquée de deux lézards mutants. L’académicien Roste inspecta la scène du crime avant de jeter un coup d’œil à Cloudhawk et à Hellflower. Son visage sage et paisible fut remplacé par un regard dangereux et dur comme du fer. Bien que l’érudit ne soit guère plus que de la peau et des os, l’air autoritaire qu’il laissait échapper rendait difficile de le regarder dans les yeux. C’était un air cultivé par des années de pratique du commandement.

« Qui est responsable de cela ? »

Hellflower s’approcha de certains des corps et les regarda, pour finalement se redresser et répondre à son supérieur : « Ce sont tous des étrangers. Les seules personnes capables d’engager autant d’assassins sont vous, Chimp, moi-même… et un autre. »

La voix de l’académicien Roste devint froide comme de la glace. « Prenez des hommes et amenez-moi Hyène ! »

Hellflower s’inclina légèrement. « Oui, monsieur ! »

Elle emmena avec elle plusieurs douzaines de soldats équipés de pistolets high-tech pour arrêter Hyène. Roste se mit à côté de Cloudhawk et le regarda avec inquiétude. « Mon jeune ami, mes subordonnés manquent cruellement de discipline. Que s’est-il passé ? »

Il s’apprêtait à partager son expérience dans les laboratoires, quand soudain, il eut une meilleure idée. Il était si près de tout partager qu’il en eut des sueurs froides.

Il avait presque fait une chose très stupide ! S’il lui disait ce qu’il avait vu, il avouerait s’être introduit dans les laboratoires ! Comment expliquerait-il comment il y était arrivé ? Finalement, il impliquerait aussi Hellflower.

Les yeux aiguisés de l’académicien semblaient capter son hésitation. « Qu’est-ce que vous ne me dites pas ? »

« Je ne sais pas ! » répondit-il en secouant la tête. « J’étais sorti pour me dégourdir les jambes quand ils m’ont attaqué sans raison. Je n’ai donné à Hyène aucune raison de se venger. Je ne sais pas pourquoi il veut me tuer ! »

Il était nerveux. Les choses allaient mal car une fois Hyène amené ici, l’académicien demanderait pourquoi il avait agi comme ça. La vérité allait forcément sortir.

« Est-ce que c’est … » Roste savait qu’il cachait quelque chose. Le jeune homme n’était pas un menteur assez habile pour le tromper. Cependant, il n’insista pas pour obtenir d’autres réponses. Au lieu de cela, il se retourna lentement et parla aux gardes du corps qui le suivaient : « Vous deux, allez aider Hellflower. Je vais m’occuper de cette affaire moi-même. »

Les hommes-lézards, de simples créatures ayant subi d’intenses mutations, ne pouvaient pas parler mais étaient néanmoins aussi intelligents que de jeunes adolescents. Ils n’avaient aucun mal à comprendre l’ordre et à l’exécuter.

Whoosh !

En un clin d’œil, ils étaient partis.

L’académicien se retourna vers le garçon. « Viens avec moi. »

Il regarda le vieil homme descendre la rue en boitillant avec l’aide de son bâton. Les doigts du jeune homme lui démangeait, luttant contre l’envie de sortir son arme. Les talents du savant résident dans son intellect. Il était capable de construire une armée de bêtes fidèles à ses moindres caprices. Cependant, son corps était faible et il était seul. Il pouvait le tuer sur-le-champ s’il le voulait.

Mais, pour des raisons qu’il ne comprenait pas, chaque fois qu’il pensait à dégainer son arme, une voix dans sa tête le retenait. Quelque chose lui disait que c’était un plan stupide et fatal.

1 : Originaire du sud-est de l’Asie (de l’Inde et du Sri Lanka à l’est jusqu’au sud de la Chine, aux Philippines et aux Fidji), il produit un latex très toxique connu dans l’île de Java sous le nom de upas (du mot javanais signifiant poison ) ou antiar.

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