Le Monde des Arts Martiaux | Martial World | 武极天下
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Chapitre 219 – Je te laisserai te débattre avec désespoir

« S’en prendre à la Famille Lin… » Ouyang Dihua hésita pendant un moment, perdu dans ses pensées. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait, mais il craignait Qin Ziya.

Avec le Tournoi des Factions, celui-ci s’était mis en tête de retrouver Lin Ming au plus vite. Peut-être même qu’il le suspectait déjà, mais sans aucune preuve pour appuyer ses spéculations.

S’il agissait maintenant contre la Famille Lin, Qin Ziya finirait forcément par découvrir quelque chose…

« Je sais ce qui vous tracasse, reprit Zhang Fengxian en le voyant hésiter. Pourquoi ne pas laisser mon Union Commerciale s’occuper de cette affaire ? J’utiliserai des moyens tout à fait légitimes pour écraser les affaires de la Famille Lin. Figurez-vous que j’ai mené mon enquête à leur sujet. Ils sont quelques milliers et possèdent seulement deux domaines de quelques centaines d’acres de terres agricoles. Quant au reste d’entre eux, ils dépendent de petits commerces un peu partout dans le pays pour subvenir à leurs dépenses quotidiennes.

Si je m’arrange pour bloquer tous les échanges avec eux, la Famille Lin ne tardera pas à s’effondrer. Et le Maître de la Maison Martiale n’aura rien à dire à ce sujet, au nom de la libre concurrence commerciale ah, ah ! Il nous suffira de les regarder décliner et, une fois les parents de Lin Ming à la rue, ce sera un jeu d’enfant de les capturer discrètement. La situation sera telle que personne de leur entourage ne s’en préoccupera. Qu’en pensez-vous, Monsieur Ouyang ? »

L’intéressé acquiesça. C’était probablement l’option la plus raisonnable qui s’offrait à eux. Même Qin Ziya ne pourrait rien leur reprocher. La Famille Lin possédait bien une certaine influence dans la région du Mûrier Vert, mais rien de comparable avec l’héritage pluriséculaire de l’Union Commerciale.

« Très bien, nous procèderons de la sorte. J’anéantirai cette famille et tous ses membres s’il le faut ! Jusqu’à ce que ce rat ait le courage de se montrer, et à ce moment-là, je le tuerai. S’il reste dans l’ombre, il aura tout le loisir d’assister au déclin de sa famille et à la chute lente et douloureuse de ses parents, qui se retrouveront à mendier dans la rue et à lutter contre les chiens pour quelques miettes ! »

Une lueur sinistre traversa les yeux d’Ouyang Dihua.

Zhang Fengxian souriait d’un air satisfait lorsqu’il pensa tout à coup à quelque chose. Il resservit du vin à Ouyang Dihua et lui dit : « Ne vous inquiétez pas, Monsieur Ouyang. Je pousserai pas à pas la Famille Lin dans l’impasse, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus que le choix de marier leurs filles au premier venu, voire de les vendre en esclaves. N’oublions pas que c’est une famille de cultivateurs martiaux, de piètre niveau certes, mais ils ne manquent pas de talents de grade trois. Le moment venu, j’aimerais pouvoir vous honorer Monsieur Ouyang, en vous assistant dans votre cultivation. Personne n’y trouvera rien à redire si les Lin se mettent à vendre leurs filles de leur plein gré, eh ! eh ! Vous pourrez en disposer comme bon vous semble. D’ailleurs, qui pourrait bien vous en empêcher… »

Sa coupe remplie à ras bord, Ouyang Dihua la porta à ses lèvres en riant hardiment.

« Bien ! Très bien ! Je ferai en sorte que cet animal regarde attentivement toutes les femmes de la famille Lin se presser à mes pieds ! » s’exclama-t-il avant de vider d’un seul trait sa coupe. Après quoi, il la brisa dans sa main en souriant d’un air sombre et pervers.

Une fois la Famille Lin acculée, il se servirait de leurs femmes comme ‘matériel’ de cultivation.

« Lin Ming ! peu importe que tu sois mort, vivant ou même que tu m’épies dans l’ombre, je te laisserai profiter de ce merveilleux spectacle ! »

Il eut tout juste achevé de prononcer ces mots qu’il ressentit une vaste et intense aura meurtrière pénétrer ses os, le glaçant de la tête aux pieds.

« Qui va là !? » s’écria-t-il en bondissant brusquement de son fauteuil, sa véritable énergie circulant à toute vitesse à travers l’ensemble de son corps. Tel un faucon, son regard balaya les environs sans rien remarquer d’anormal. Ses quatre gardes du corps étaient toujours en place juste à côté, comme si de rien n’était.

Zhang Fengxian se leva à son tour, dérouté. Il pensa qu’Ouyang Dihua devait être particulièrement nerveux. Ils se trouvaient au quartier général de l’Union Commerciale après tout, que pourrait-il bien leur arriver ? Un maître Houtian se tenait prêt à intervenir à tout moment. Quiconque osait faire irruption ici ne demandait qu’à se faire tuer.

Mais alors qu’il leva les yeux vers le haut, Zhang Fengxian eut le souffle coupé. En tant que président de l’association de l’Union Commerciale, il avait survécu à toutes sortes de complots et tentatives d’assassinat. Disons qu’il devenait difficile de l’impressionner en la matière ; or, à présent, son visage arborait une expression d’horreur indicible.

Il suivit du regard, impuissant, un jeune homme glisser lentement depuis le ciel pour venir flotter dans l’air juste au-dessus de la surface de l’eau.

Ce dernier les regardait avec un sourire sournois.

« Il vo-vole ! »

Zhang Fengxian pratiquait également les arts martiaux et, bien que sa cultivation soit faible, il savait pertinemment ce que cela signifiait pour un artiste martial de voler.

Seul un maître Xiantian pouvait réaliser une telle prouesse !

Un assassin Xiantian était venu jusqu’ici pour le tuer ? Non… non, c’était impossible !

Le visage d’Ouyang Dihua s’assombrit. Il regardait fixement ce jeune homme qui flottait de manière spectaculaire dans les airs, le cœur retourné et submergé par la peur. Non seulement il volait, mais son corps n’émettait aucune fluctuation de véritable énergie, de sorte qu’Ouyang Dihua était incapable de voir son niveau de cultivation. Il semblait avoir atteint le stade légendaire du ‘retour à l’origine’ ! Rien d’étonnant, pensa-t-il. Après tout, il n’avait rien remarqué avant que cette aura meurtrière ne s’abatte brutalement sur lui. Son ennemi était arrivé jusqu’à lui avant même qu’il ait eu le temps de s’en rendre compte !

« Lin Ming ! »

Lâcha-t-il entre ses dents serrées tout en sortant une épée longue de son anneau spatial. Pourquoi était-il capable de voler ? Comment était-il parvenu au stade du ‘retour à l’origine’ ?

Il ne pouvait pas avoir atteint le Xiantian. C’était impossible ! Pas même les sages et les saints des temps anciens qui avaient fondé les Terres Sacrées n’étaient parvenus au Xiantian à seulement quinze ans !

Quelles qu’en soient les raisons, Ouyang Dihua eut comme l’intuition que Lin Ming avait toujours caché son jeu. Et aujourd’hui, il se décidait finalement à sortir les crocs !

Il allait très probablement dévoiler tous ses atouts dans cette confrontation, révélant toute l’étendue de sa puissance réelle !

« Qui es-tu ? » interrogea Ouyang Dihua, dont le flegme habituel s’était envolé. Il comprenait, maintenant, à quel point il n’avait jamais vraiment réalisé qui était Lin Ming. Avait-il tué Huo Gong ? Dans ce cas-là, sa force dépassait probablement déjà la sienne ! Un individu de cet acabit, une existence aussi exceptionnelle n’avait pas sa place ici-bas ; il appartenait à un autre monde ! Qu’était-il venu faire à la Maison Martiale des Sept Véritables ? Que cherchait-il ?

« Qui suis-je ? demanda Lin Ming, surpris, avant d’éclater de rire. Oh ! s’il te plaît, c’est vexant ! Un peu plus d’un mois et tu ne me reconnais déjà plus ? Tu es trop négligeant, mais force est de reconnaître que tu n’es pas sans ressource. Réussir à trouver quelqu’un capable de se métamorphoser à la perfection sous les traits de Qin Ziya pour m’attirer dans les Etendues Sauvages Australes, c’était brillant ! Quel dommage d’avoir envoyé un si piètre assassin, le pauvre n’a pas fait long feu. Pas de chance ! tu as failli réussir. »

Ouyang Dihua sentit un frisson lui parcourir l’échine en entendant ces mots. Il avait envisagé que Lin Ming ait pu tuer Huo Gong, mais l’apprendre de cette manière, de sa propre bouche, c’était une tout autre affaire ! Il ressentait une peur réelle pour la première fois de sa vie. Lin Ming avait probablement les capacités de le tuer là, ce soir et maintenant.

« Lin Ming, je crois que c’est la première fois que l’on se rencontre. » Zhang Fengxian souriait et le regardait d’un air serein, les mains croisées dans le dos. Il s’était rapidement ressaisi de son bref instant de panique. Ce n’était pas un maître Xiantian puisqu’il s’agissait de Lin Ming. Il pouvait bien voler, cela n’avait aucune importance. Il n’était pas au Xiantian, alors tant pis pour lui s’il était assez fou pour oser foncer ici tête baissée. Qu’il ose m’attaquer, pensa-t-il, et il le paiera de sa vie !

« Laisse-moi t’informer que nous nous trouvons au sein du quartier général de l’Union Commerciale. Que crois-tu faire en t’amenant ici ? Nous tuer ? Ah, ah ! J’imaginais, visiblement à tort, que tu connaissais le statut de Monsieur Ouyang. Alors, laisse-moi te faire une piqure de rappel, c’est l’Émissaire des Sept Véritables au sein du Royaume du Grand Avenir, mais aussi le neveu d’un des Aînés les plus influents de la secte ! De combien de vie disposes-tu au juste ? Tu oserais t’en prendre à nous ?
Il est encore temps pour toi de t’enfuir la queue entre les jambes !
Tu t’es introduit sur mon domaine et tu oses défier l’autorité de l’Émissaire des Sept Véritables ? Humph, fit-il froidement, je serais dans mon bon droit de te faire éliminer sur le champ ! »

Tandis qu’il parlait pour gagner du temps, dans son dos, ses doigts s’affairaient autour d’un talisman de transmission sonore. Il ordonnait au maître Houtian de son service de protection de venir sur le champ. Dès lors qu’il les aurait rejoints, surhomme ou pas, Lin Ming mordrait la poussière !

Ce dernier voyait parfaitement clair dans son jeu, mais il s’en fichait. L’illusion qu’il avait mise en place ne pouvait pas être brisée par un artiste martial au sommet du Houtian, alors Zhang Fengxian pouvait toujours essayer de la traverser avec un talisman de transmission sonore inférieur…

« Si je suis votre logique, il pourrait faire ce qu’il veut sans devoir en payer les conséquences sous prétexte que son oncle est un Aîné des Sept Véritables ? Allons ! vous cherchez bien à m’éliminer, alors pourquoi ne pourrais-je pas vous tuer ? Comme attendu de la part du chef de l’Union Commerciale… tel père tel fils ! Zhang Guanyu aussi était arrogant, du moins jusqu’à ce que je détruise ses méridiens et que je lui tranche la main. Attendez ! maintenant que j’y pense, pourquoi ne pas vous envoyer le rejoindre ?

     — Tu es mort ! tu m’entends ! » Zhang Fengxian entra dans une colère noire à la mention de son fils, le regard débordant d’intention meurtrière. Cette insulte vint le frapper au plus profond de son être.

« N’espère pas t’enfuir aujourd’hui, tu ne ressortiras pas d’ici vivant !

     — Tiens donc, vraiment ? » rétorqua Lin Ming avec dédain.

Les yeux d’Ouyang Dihua lui sortaient de la tête. Zhang Fengxian venait d’utiliser un talisman de transmission sonore dans l’indifférence la plus totale de Lin Ming. D’où lui venait toute cette assurance ?

Un terrible pressentiment commença à le ronger en y réfléchissant.

« Gardes ! s’écria-t-il tout à coup en direction d’un groupe de quatre individus. Qu’est-ce que vous fichez à rester planter là comme des imbéciles ? Venez nous débarrasser de cet assassin ! »

Ces quatre artistes martiaux constituaient sa garde personnelle. L’un d’eux était même au milieu de la Condensation de l’Impulsion ; dans l’ensemble, leur niveau n’était pas si éloigné du sien.

Lin Ming le regarda s’époumoner inutilement, un large sourire sur le visage. Il dégageait une étonnante impression de sérénité avec ses bras croisés sur la poitrine. Comme s’il assistait au spectacle d’un clown.

« Gardes ? Gardes ?! » Ouyang Dihua réalisa qu’il avait beau crier de toutes ses forces, ses appels restaient sans réponse. À croire qu’ils ne l’entendaient même pas, alors qu’ils se trouvaient juste sous ses yeux à quelques dizaines de mètres seulement !

Un frisson de terreur lui morcela le cœur lorsqu’il réalisa ce qui se passait. Il se retourna vers Lin Ming et dit d’une voix tremblante : « Toi… qu’est-ce que tu as fait ?

     — Hurle autant que tu voudras, jusqu’à ce que tes cordes vocales s’engourdissent s’il le faut, mais personne ne viendra te sauver. »

Lin Ming avait d’abord pensé l’éliminer rapidement et proprement, mais à son arrivée, ces deux-là ourdissaient un plan des plus abominables. Heureusement, son retour dans la capitale arrivait à point nommé. Qui sait quel sort affreux les membres de la Famille Lin, et plus particulièrement ses parents, auraient subi si leur projet s’était concrétisé ?

Tuer Ouyang Dihua une centaine de fois ne suffirait pas à réparer un tel malheur !

Et dire qu’à l’origine, il n’entretenait pas la moindre animosité à son égard… Ouyang Dihua ne pouvait en vouloir qu’à lui-même d’avoir tenté de s’en prendre à lui encore et encore. Il n’avait reculé devant aucune fourberie pour parvenir à ses fins, conduisant Lin Ming dans un piège où il avait bien failli perdre la vie. Et maintenant, sans même savoir s’il vivait encore, il envisageait de s’en prendre à ses proches ? Cette rancœur ne pourrait tout simplement pas prendre fin avec la mort d’Ouyang Dihua.

Lin Ming allait le pousser dans ses retranchements pour le regarder se débattre avec désespoir et réaliser qu’il ne survivrait pas à cette nuit. C’était la seule manière d’apaiser la haine qui noircissait son cœur et affligeait son esprit.

Réalisant que quelque chose n’allait pas, Zhang Fengxian se remit à paniquer. Le talisman de transmission sonore devrait déjà être arrivé, pensa-t-il. Le maître Houtian était censé pouvoir les rejoindre en une fraction de seconde, alors pourquoi n’y avait-il pas le moindre mouvement ?

« Toi… qu’est-ce que tu as fait ? »

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