Le Monde des Arts Martiaux | Martial World | 武极天下
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Chapitre 168 – Se faire passer pour un imbécile

« Qu’importe qu’il soit stupide ou cherche seulement à paraitre comme tel. Ce n’est jamais qu’un gamin à la Transformation Musculaire, il ne pourra pas nous jouer de tours. Gardons simplement un œil sur lui, qu’il ne puisse pas communiquer. D’ici la fin de la journée, nous nous serons suffisamment enfoncés à travers la jungle pour que plus aucun talisman de transmission sonore ordinaire ne puisse nous atteindre. A ce moment-là, ce ne sera plus qu’un morceau de viande à la merci de ma lame », se dit l’homme à la tête de singe avant de répondre : « Je m’appelle Zhou et lui c’est mon frère, tu peux l’appeler le Chauve.

     – Super ! Mon nom de famille est Mo, je m’appelle Mo Lin. » Lin Ming choisit un nom au hasard. Les Etendues Sauvages Australes étaient incroyablement vastes et comptaient d’innombrables tribus. Ouyang Dihua aurait du mal à le trouver, quand bien même il saurait qu’il était ici. Mais qu’importe, Lin Ming préférait être prudent et ne pas s’attirer des soucis inutiles.

« Eh bien en avant Petit Frère Mo ! Mademoiselle Na Yi, il va falloir que vous chevauchiez le même cheval que votre sœur. »

Na Yi garda son calme et s’exécuta sans dire un mot. Elle ne pouvait que soupirer en pensant à Lin Ming.

Etait-ce un imbécile ? Ou alors son ignorance pouvait-elle le rendre aveuglément optimiste ?

Pensait-il vraiment que ces deux hommes allaient le laisser partir tranquillement après coup ?

Na Yi avait néanmoins déjà suffisamment de souci à se faire pour son propre sort et celui de sa sœur pour ne pas se préoccuper des autres.

Le groupe de cinq reprit tranquillement sa route à dos de cheval de montagne. Ces bêtes étaient courtes sur pattes et plutôt lentes. En revanche, elles possédaient une incroyable endurance et des capacités de franchissement exceptionnelles, d’où leur nom.

La végétation devenait de plus en plus luxuriante à mesure qu’ils s’enfonçaient dans la jungle. La forêt dans laquelle Lin Ming s’était écrasé lors de son arrivée dans les Etendues Sauvages Australes était nettement plus ouverte qu’ici, avec des clairières et des étendues marécageuses. Désormais, la végétation était si dense que les rayons du soleil eux-mêmes ne parvenaient plus à traverser la canopée. Un voile de pénombre recouvrait l’ensemble de la forêt comme s’il faisait nuit. L’herbe dans laquelle ils progressaient s’élevait à hauteur d’homme, abritant toutes sortes de dangereux serpent. Un artiste martial trop faible qui s’aventurerait ici aurait peu de chance de survivre.

Le Chauve chevauchait en tête et ouvrait le chemin avec son sabre, tandis que Zhou fermait la marche. Lin Ming et les deux sœurs se retrouvaient donc protégés entre eux. Tant qu’ils n’avaient pas atteint la Terre Sacrée du Sorcier, la sécurité de ces trois-là était essentielle.

« Viens donc me donner un coup de main Petit Frère ! Nous progressons trop lentement avec moi tout seul en tête. Il faut que nous quittions ces hautes herbes avant la tombée de la nuit, sinon on sera danger », dit le Chauve à Lin Ming en bataillant avec la végétation. Celle-ci était particulièrement dense et vivace. Les plantes s’entrelaçaient pour former une barrière naturelle infranchissable pour les chevaux. Il n’y avait pas d’autre choix que de se frayer un chemin à grand coup d’épée.

« Oh. Bien sûr ! » répondit Lin Ming en sortant comme si de rien était un sabre du degré humain de grade moyen de son anneau spatial ayant appartenu à Huo Gong.

L’arme était de conception simple, avec un fourreau de belle facture recouvert d’une peau de serpent. De toute évidence, il avait déjà servi à de multiples occasions. Un symbole d’inscription de couleur pourpre trônait sur la lame à une quinzaine de centimètres de la garde. D’attribut feu, celui-ci avait un taux d’efficacité d’environ quarante pour cent. A lui tout seul, ce symbole valait déjà plus de dix mille taels d’or.

A en juger par sa qualité, ce sabre était manifestement le fruit d’un processus de fabrication particulièrement difficile. Huo Gong avait probablement utilisé cette arme pendant longtemps, avant de la remplacer par une autre sans toutefois être prêt à s’en séparer.

Le Chauve écarquilla les yeux en voyant Lin Ming le sortir.

« Bon sang ! c’est un trésor du degré humain de grade moyen ! Et même un de la plus haute qualité ! Ce n’est que le troisième qu’il m’est donné de voir de ma vie », s’exclama-t-il intérieurement.

Une lueur d’avidité traversa également les yeux de Zhou à la vue du sabre.

Il remarqua également l’anneau d’apparence ordinaire que Lin Ming portait à son doigt. C’était un anneau spatial, cela ne faisait aucun doute !

Un anneau spatial ! Même un de la plus mauvaise qualité valait au minimum plusieurs dizaines de milliers de taels d’or. Zhou avait toujours voulu en posséder un, mais comment aurait-il pu se le permettre vu sa fortune ?

Il explosa intérieurement de joie et un large sourire se dessina sur son visage. Il était impatient d’éliminer Lin Ming pour lui dérober cet anneau spatial et voir quels autres trésors il pouvait bien contenir.

« Qui sait quels autres choses de valeur il possède ? Eh ! on a touché le gros lot cette fois, pardi ! C’est notre jour de chance ! Ce gamin à l’air tellement candide, à croire qu’il ne sait même pas ce que représente toute cette richesse. Il sort un sabre pareil devant nous, là, comme si de rien était. On serait vraiment trop bête de ne pas le tuer pour le lui prendre !

     – Encore un peu de patience. On s’occupera immédiatement de lui une fois arrivé au sanctuaire du Sorcier. »

Lin Ming fit mine de ne pas avoir remarqué les regards avides des deux hommes et entreprit de défricher avec détermination à l’aide de son sabre, dont la lame fendait les herbes avec la même aisance qu’un soldat coupe du tofu.

L’on entendait seulement le bruit du passage de l’arme tandis que de larges portions de végétations étaient fauchés.

Le type au crâne dégarni déglutit nerveusement en voyant faire Lin Ming. Il s’imaginait probablement que ses capacités au combat feraient un sacré bond en avant avec un sabre pareil.

Il utilisait une masse à l’heure actuelle. Mais ce genre d’arme était tout sauf répandu ; la demande n’étant par conséquent pas élevée, très peu de raffineurs en fabriquaient. Sa masse n’était donc qu’une masse ordinaire.

Quant à l’homme à la tête de singe, il utilisait une hache du degré humain de grade bas, qui était néanmoins de piètre qualité et ne possédait qu’un symbole ordinaire ne valant pas plus de deux mille taels d’or.

Pour la grande majorité des artistes martiaux, plusieurs milliers de taels d’or correspondait à un prix prohibitif pour un trésor. Seuls les membres de familles fortunées pouvaient s’offrir de tels objets, les autres n’en avaient tout simplement pas les moyens. Tie Feng, l’artiste martial qui avait acheté le premier symbole de la Rune Ecrasante de Lin Ming, était au sommet du Façonnage Osseux. Mais il venait d’un milieu défavorisé et n’avait pas les moyens de s’offrir une arme de classe prodigieuse.

Et même si un artiste martial pouvait utiliser ses talents pour gagner de l’argent, il fallait encore qu’il achète des remèdes et des pilules pour pouvoir continuer de s’entraîner. La plupart du temps, c’était une activité à perte. Seuls ceux qui parvenaient à atteindre la Condensation de l’Impulsion voyaient leur situation économique s’améliorer en recevant un titre et un salaire. Cette barrière naturelle empêchait d’ailleurs généralement les personnes pauvres de pratiquer les arts martiaux.

« Jeune Frère, Jeune Frère, appela le Chauve en s’adressant à Lin Ming devant lui.

     – Mm ? Que se passe-t-il ? répondit Lin Ming en le regardant d’un air indifférent.

     – Laisse-moi jeter un œil à ton sabre. Je n’avais encore jamais vu un trésor du degré humain de grade moyen.

     – Oh, cela… » Lin Ming fut embarrassé. Il faisait l’imbécile mais il y avait quand même une limite. Il ne pouvait pas non plus se permettre de leur mettre une arme pareille entre les mains.

Il réfléchit quelques secondes et reprit : « Ce sabre représente l’héritage de ma famille. Mon père m’a dit de ne pas le montrer à d’autres et de le conserver jalousement. En revanche, j’ai encore d’autres sabres que je peux vous prêter si vous voulez. »

Tout en disant cela, il sortit deux sabres prodigieux de son anneau spatial. Il s’agissait de trésors du degré humain de grade bas ; des sabres encore neufs qu’Huo Gong avait fabriqué de son vivant et qui ne comportaient pas encore de symbole d’inscription.

Leurs lames étaient fines et allongées, mesurant un mètre de long pour trois centimètres de large. Le plat de la lame était tout aussi étroit et celle-ci s’imbriquait dans une poignée relativement courte. Cette construction favorisait la vitesse.

« Quels sabres ! » dirent à l’unisson les deux comparses, dont les yeux rougirent d’envie. Ce gamin naïf possédait bien trop de choses de valeur ! Il venait de sortir deux trésors du degré humain de grade bas avec indifférence.

« Quel idiot, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi bête ! Ce gamin à la Transformation Musculaire est tellement stupide de sortir autant de trésors devant nous alors que nous sommes au sommet du Façonnage Osseux, dit le type chauve à son frère à l’aide de véritable énergie.

     – Il faut dire qu’il a seulement quinze ans. Je pense qu’il vient d’une famille aisée et qu’il n’a probablement jamais quitté sa maison jusqu’à aujourd’hui. Il n’imagine pas à quel point le monde des humains est cruel ! Tâchons de nous retenir encore un peu, nous lui montrerons ce qu’il en est une fois arrivé au sanctuaire du Sorcier, répondit l’intéressé.

     – J’approuve ton plan Grand Frère. Je ne tiens plus en place !

     – Hé ! hé ! une fois qu’il sera mort, à nous la fortune. Nous pourrons acheter des pilules rares et une fois le pouvoir du Sorcier en notre possession, nous n’aurons aucun mal à atteindre la Condensation de l’Impulsion ! A ce moment-là nous nous élèverons mon frère ! Haha !

     – J’en salive déjà ! A nous un siècle de vie supplémentaire. J’achèterai des dizaines d’esclaves et vivrai comme un roi ! »

Na Yi ne manqua pas de voir l’excitation dans leurs yeux et ne put s’empêcher de se lamenter intérieurement en prenant sur elle. Pouvait-on ignorer à ce point le bon sens ? Ce jeune aristocrate ne connaissait-il donc rien des lois humaines et de l’ordre des choses ? Comment avait-il pu survivre jusqu’à maintenant ?

Zhou se retourna vers Lin Ming et lui dit : « Dis-moi Petit Frère Mo, accepterais-tu de nous prêter ces sabres à mon frère et moi ? De nombreuses bêtes féroces rôdent dans les parages tu sais, tapies dans l’ombre de cette végétation luxuriante. Ce serait vraiment dommage qu’on se fasse attaquer et que quelqu’un soit blessé parce que nous n’avions pas de quoi nous défendre au mieux. Cela nous causerait de gros ennuis pour la suite.

     – Ton raisonnement est parfaitement logique Grand Frère Zhou. Tenez, prenez donc ces sabres », répondit Lin Ming après un court instant de réflexion et en tendant un sabre à chacun des deux hommes.

Lorsqu’il prit l’arme en main, le Chauve ravala nerveusement sa salive pour ne pas éclater de rire. Un trésor du degré humain de grade bas, c’était un trésor du degré humain de grade bas ! Il ne rêvait pas ! Comme si cela ne suffisait pas, l’arme était magnifiquement ouvragée. C’était probablement la première fois de sa vie qu’il obtenait aussi facilement quelque chose d’une telle valeur. Pourquoi n’avait-il jamais rencontré un idiot pareil dans le passé ?

Il saisit fermement la poignée du sabre et envoya quelques coups dans le vent pour tester la prise en main. L’arme était trop légère pour lui.

En vérité, Lin Ming ne leur avait pas donné ces sabres pour rien. Ils utilisaient tous les deux des armes lourdes, une massue et une hache.

Mais les sabres en question étaient tout fins et privilégiaient la vitesse. Ces deux-là seraient bien incapables d’en utiliser tout le potentiel. Il avait beau ne pas avoir peur d’eux, Lin Ming ne souhaitait pas non plus se créer des soucis inutiles en les aidant à augmenter leur puissance. Après tout, il ne pourrait jamais en bloquer qu’un seul s’ils essayaient de lui échapper.

Il prévoyait de les endormir dans un faux sentiment de sécurité pour mieux pouvoir les attaquer au moment où ils s’y attendraient le moins. Il serait beaucoup plus facile de s’occuper du second s’il arrivait à en tuer un par surprise.

Une voix résonna alors soudainement dans son esprit, c’était Na Yi.

« Je pensais que tu te faisais seulement passer pour un idiot afin d’attendre le meilleur moment pour t’échapper. Mais tu es en réalité si stupide que tu es allé leur donner des sabres de classe prodigieuse. Tu viens de creuser ta propre tombe ! Je n’en reviens pas… C’est un miracle qu’un crétin comme toi ait réussi à survivre aussi longtemps, vraiment ! » lui dit-elle sur un ton glacial empreint d’une touche d’ironie.

Son attitude désagréable et son sale caractère n’allaient pas du tout avec son visage doux et enfantin.

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