Le Monde des Arts Martiaux | Martial World | 武极天下
A+ a-
Chapitre 147 – Ce soir je te mets en pièce

 

« Foutu Yang Zhen ! » s’emporta Murong Zi en serrant les dents, le cœur emplit de haine. Le banquet était organisé au Palais Royal mais à l’initiative du Prince des Nuages. Ce qui expliquait pourquoi personne ne connaissait l’identité de l’invité d’honneur des Sept Profondes Vallées avant ce soir. Probablement que Yang Zhen s’était déjà assuré de son soutien, en lui proposant de l’aider à trouver les plus belles femmes du pays.

Sa présence attira immédiatement l’attention de tous les convives. Le Roi lui-même prit la peine de se lever à moitié et d’hocher la tête.

Pourtant, c’est en direction de Lin Ming que les yeux d’Ouyang Dihua se posèrent en premier. Il arborait une expression malveillante, pleine de dédain et de moquerie.

Surpris, Lin Ming fronça légèrement les sourcils. L’on aurait dit le regard méprisant de quelqu’un qui, par son statut, était supérieur à celui qu’il toisait.

A mesure qu’Ouyang Dihua avançait dans la salle principale, ses yeux se promenèrent entre les convives, en s’arrêtant un court instant sur Bai Jingyun, Wang Yuhan et Qin Xingxuan.

Ce détail réveilla l’anxiété de Bai Jingyun. La situation était désespérée, dorénavant, Yuhan était également en danger !

De son côté, Qin Xingxuan ne craignait rien. Elle était déjà disciple principal de la Maison Martiale et, quoique son statut soit inférieur à celui d’Ouyang Dihua, son talent de grade six la plaçait hors d’atteinte. Elle avait de grandes chances, dans le futur, de devenir la disciple direct d’un des aînés des Sept Profondes Vallées.

Mais il en était autrement pour Wang Yuhan. Elle n’avait rien à opposer à son influence pour le tenir à l’écart.

Ouyang Dihua toussa pour s’éclaircir la voix et prit la parole : « C’est avec un immense plaisir que je me trouve ici, au Royaume du Grand Avenir. Je suis ravi de pouvoir rencontrer toute l’élite du pays ce soir. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi je suis là ? Eh bien d’abord pour m’enquérir des développements récents du royaume, mais également pour rencontrer les jeunes et puissants héros de ce grand pays. De plus, l’Emissaire des Sept Véritables étant appelé ailleurs, je me chargerai de le représenter pour les six prochains mois. »

Cette dernière phrase ébranla Bai Jingyun, qui fut prise de violents vertiges. Ouyang Dihua allait réellement être l’Emissaire des Sept Véritables du royaume ?

C’était… c’était une nouvelle catastrophique. Les choses auraient difficilement pu être pires.

Elle s’attendait déjà à ce que les six prochains mois se transforment en un cauchemar pour toutes les belles filles de la Ville du Grand Avenir.

Toutes celles qui étaient un peu connues, comme Murong Zi ou Wang Yuhan, allaient être prises pour cible ; cela ne faisait aucun doute. Elles pourraient essayer de se cacher que cela ne servirait à rien.

Elles étaient déjà trop connues. D’ailleurs, Ouyang Dihua avait peut-être déjà pris la décision qu’il en ferait ses proies avant même d’arriver dans le royaume.

Murong Zi l’entendit prononcer son petit discours depuis le couloir tortueux par lequel elle quittait la salle principale. Elle savait désormais que se cacher n’avait aucun sens. Si Ouyang Dihua était ici en qualité d’Emissaire des Sept Véritables, c’était précisément pour elles.

Elle serra les poings et pensa à voix haute : « Salaud de prédateur sexuel, ose poser un doigt sur moi et je te coupe les co**lles ! La mort ne me fait pas peur ! »

Le Prince Héritier Yang Lin ne sembla pas non plus apprécier la nouvelle. Ce banquet était organisé par son dixième jeune frère, le Prince des Nuages. Comment interpréter l’accueil d’Ouyang Dihua par Yang Zhen ? Il apparaissait comme évident que le Prince des Nuages était parvenu à trouver un arrangement avec Ouyang Dihua concernant le futur de la couronne.

Yang Zhen n’avait pas hésité à inviter en nombre les magnifiques jeunes filles des grandes familles respectées du royaume, tout en cachant l’identité d’Ouyang Dihua ; l’offense était immense à l’encontre de ces familles. Il pouvait se le permettre uniquement parce qu’Ouyang Dihua s’était accaparé le statut d’Emissaire des Sept Véritables et pouvait ainsi le couvrir.

Yang Lin savait pertinemment que Zhang Guanyu était proche de son frère. Ces deux-là avaient très vraisemblablement formé une alliance, et c’est Lin Ming qui les y avait indirectement poussé à le faire.

C’était leur ennemi commun !

De toute évidence, Ouyang Dihua avait été invité par Zhang Guanyu. Yang Lin ne pouvait pas imaginer quel prix il avait payé pour obtenir un tel soutien.

Il inspira profondément. En obtenant l’appui de Lin Ming, il pensait avoir à moitié gagné la bataille. Mais avec ce retournement de situation opéré par Zhang Guanyu et Yang Zhen, c’était comme s’il avait perdu avant même de pouvoir réagir.

Ces deux-là n’étaient pas du genre à baisser les bras. Comment auraient-ils pu rester assis à attendre de mourir simplement à cause de Lin Ming ?

Ce dernier remarqua le changement d’expression sur le visage de Yang Lin, ainsi que l’attitude euphorique de Zhang Guanyu et de Yang Zhen, et il comprit aussitôt que tout cela était dû à Ouyang Dihua. Il n’avait pas immédiatement compris pourquoi celui-ci, en arrivant, l’avait regardé comme un chat lorgne sur une souris.

« Alors c’était donc ça… Je serais la souris… » pensa Lin Ming, qui resta calmement assis dans sa chaise comme si de rien était.

Mais à ce moment-là, Zhang Guanyu se dirigea vers le Prince Héritier en agitant son éventail. Lin Ming se trouvant près du prince, le regard de Zhang Guanyu se posa inévitablement sur lui. Son visage arborait un air satisfait, similaire à l’expression d’Ouyang Dihua un peu plus tôt ; de celle d’un chat jouant avec une souris. Quoi que, derrière cette façade souriante, l’on pouvait remarquer un soupçon d’intention meurtrière.

« Votre Altesse le Prince Héritier, dit-il en s’inclinant.

– Sir Zhang », répondit l’intéressé en maintenant son attitude amicale et bienveillante, même si, au fond de lui, il souhaitait le voir mourir.

« Votre Altesse, il semblerait que mademoiselle Lan, Lan Yunyue, se trouve dans votre palais. Il s’avère que monsieur Ouyang aimerait la rencontrer et je voulais savoir ce que votre Altesse en pensait. »

Même s’il avait parlé lentement, Lin Ming était si proche qu’il n’aurait pas pu ne pas l’entendre.

Lan Yunyue et lui n’avait plus aucun rapport depuis maintenant longtemps, pourtant, ce méprisable Zhang Guanyu continuait d’essayer de l’utiliser pour s’en prendre, en vain, à son cœur des arts martiaux. En réalité, Lin Ming avait surtout l’impression d’être dérangé par une mouche qui n’arrêtait pas de voler autour de lui ; c’était plus ennuyeux et agaçant qu’autre chose.

L’expression de Yang Lin changea un bref instant, avant que son sourire bienveillant ne réapparaisse aussitôt.

« Je suis vraiment désolé, mais ce prince a déjà renvoyé mademoiselle Lan. Quant à savoir où elle est allée, vous serez navré d’apprendre que je ne le sais pas moi-même. »

Zhang Guanyu ricana et reprit avec un sourire plein de malice : « Votre Altesse, je ne me serais pas permis de déranger quelqu’un d’aussi important que vous sans prendre la peine de vérifier les informations dont on m’a fait part. De plus, je ne suis pas du genre à tourner autour du pot, alors laissez-moi donner quelques conseils à votre Altesse. Monsieur Ouyang a déjà précisé qu’il aimerait se concentrer sur son entraînement. Il n’a donc pas la moindre intention de s’immiscer dans la lutte pour le trône. Mais voyez-vous, Lan Yunyue pourrait lui être d’une grande importance. Si votre Altesse voulait bien la lui remettre, alors je suis convaincu que Monsieur Ouyang restera en dehors du conflit qui oppose votre Altesse à son jeune frère, le Prince des Nuages. Si je puis me permettre, n’est-ce pas là ce que vous désirez, votre Altesse ? »

Le visage de Lin Ming s’assombrit aussitôt. Il ne put s’empêcher de reconnaître à quel point c’était rusé, fourbe et vicieux de la part de Zhang Guanyu.

Il essayait d’éloigner le Prince Héritier de Lin Ming.

Yang Lin ne souhaitait évidemment pas se mettre Ouyang Dihua à dos. Tout cela était dû à Lin Ming. Effectivement, si lui et Zhang Guanyu n’étaient pas ennemis, alors Ouyang Dihua ne serait jamais venu dans le royaume, et Yang Zhen n’aurait jamais eu le soutien d’un Emissaire des Sept Véritables. C’était un coup fatal porté à l’influence du Prince Héritier.

Il s’était tourné vers Lin Ming en espérant que celui-ci l’aiderait ; au lieu de cela, non seulement leur relation ne lui avait pas été si profitable, mais il se retrouvait en plus avec de nouveaux ennuis sur les bras.

Zhang Guanyu venait d’offrir la neutralité d’Ouyang Dihua dans la lutte entre les princes. Yang Lin avait beau savoir qu’il cherchait à l’éloigner de Lin Ming, il était incapable de refuser. Ouyang Dihua représentait une menace trop importante ! Le Prince Héritier ne pouvait pas se permettre d’aller contre sa volonté.

C’était vicieux, on ne pouvait le décrire autrement ! Zhang Guanyu cherchait à isoler Lin Ming.

Zhu Yan était l’exemple le plus parlant, S’il avait terminé dans un état si misérable, c’était à cause de la grande force de Lin Ming, qui avait amené le Dixième Prince et la Famille Zhu à le craindre. Ne leur laissant finalement pas d’autre choix que de renier Zhu Yan afin de protéger le reste de la famille.

Désormais, Zhang Guanyu essayait de se débarrasser de Lin Ming de la même manière et, pour y parvenir, avait fait appel à Ouyang Dihua. Non seulement Lin Ming échouerait au test de disciple principal de la Maison Martiale des Sept Véritables, mais il perdrait en plus le refuge et le soutien du Prince Héritier, disparaissant finalement de la même manière que Zhu Yan.

Yang Lin ne parvint pas à se contenir davantage.

« Zhang Guanyu ! Quel sinistre personnage ! » pensa-t-il avec colère. Il ne put s’empêcher de regarder Lin Ming.

Celui-ci prit alors la parole : « C’est vous qui avez porté secours à Lan Yunyue votre Altesse. A partir de là, je n’ai aucunement le droit d’interférer avec votre décision. Je vous prie de prendre votre décision en toute liberté votre Altesse », dit-il avec impartialité.

Yang Lin inspira profondément. D’habitude calme et posé, à cet instant, ses paumes dégoulinaient de sueur. Un pressentiment l’habitait, comme s’il s’agissait de la décision la plus importante de sa vie. Soit il décidait de rester aux côtés de Lin Ming, soit il se soumettait à l’Emissaire des Sept Véritables – Ouyang Dihua !

Un long et profond silence qui dura bien le temps de dix respirations s’écoula avant que le prince ne dise finalement : « Mon influence est inférieure à celle de mon frère, mes forces militaires sont moindres, et en comparaison aux siennes, mes finances font pâle figure. Mais alors même que j’étais au plus bas, que tout ce dont je disposais était en deçà de ce que mon frère possédait, Frère Lin a décidé de se tenir à mes côtés et de me soutenir dans ma position difficile. Moi, Yang Lin, garderait à jamais gravé dans mon cœur le souvenir de cette gracieuseté qui arriva quand j’en avais le plus besoin. L’histoire nous montre que les rois ont toujours été féroces et ambitieux et, si je m’arrête à cela, probablement que je n’ai pas les qualités requises ; mais si un jour, par la force du destin, je montais réellement sur le trône, je serais un monarque bienveillant qui considère ses ministres comme des frères et ses sujets comme des fils. »

Les mots de Yang Lin le plaçait dans une situation particulièrement défavorable, mais cela ne l’avait pas arrêté. Lin Ming fut immédiatement touché. Il ne s’attendait pas à ce que Yang Lin prononce soudainement une telle allocution.

Il continuait de se tenir à ses côtés malgré les circonstances, préférant s’opposer à la volonté d’Ouyang Dihua, l’Emissaire des Sept Véritables, plutôt que de fouler au pied leur engagement. Rien que pour cela, Yang Lin était quelqu’un qui valait la peine d’être connu.

Si un roi considérait ses ministres comme des frères, alors ils le regarderaient à leur tour comme un frère. En revanche, si le roi ne leur accordait aucune valeur et les traitait avec dédain, alors ses ministres le verraient comme un ennemi.

Dorénavant, Lin Ming était parfaitement décidé à aider Yang Lin à monter sur le trône. Le Royaume du Grand Avenir était son foyer après tout, c’est là qu’habitait sa famille. Quoi de plus naturel que d’aspirer à ce que son propre pays soit dirigé par un roi juste et bienveillant ?

« Oh ? Dois-je comprendre que votre Altesse ne compte pas me confier Lan Yunyue ? » demanda Zhang Guanyu avec le même sourire malicieux.

Mais cette fois, non loin derrière lui, Ouyang Dihua regardait également dans leur direction, le visage glacial.

« Ce prince a déjà dit que mademoiselle Lan n’était plus ici !

– Qu’il en soit ainsi, mais par conséquent, j’imagine que votre Altesse ne voit aucune objection à ce que le palais soit fouillé ?

– Et qui croyez-vous être !?

– Eh ! eh ! Evidemment, je n’en ai pas l’autorité et je ne m’y risquerai pas. Mais, qu’en serait-il si l’ordre émanait de Monsieur Ouyang ? »

Le teint du Prince Héritier pâlit aussitôt. Si Ouyang Dihua souhaitait fouiller le palais, il ne pourrait rien faire pour l’en empêcher.

La tension qui régnait dans la salle à cet instant précis était si intense que tout le monde s’était tu et attendait de voir ce qui allait se passer.

Lin Ming vint rompre ce pesant silence et prit soudainement la parole : « Sir Zhang, je viens de me rappeler que nous devons nous battre en duel. »

Son idée était très simple. Maintenant que Zhang Guanyu avait formé une alliance et trouvé quelqu’un pour se débarrasser de lui, l’avantage irait à celui qui frappe en premier. Il allait affronter Zhang Guanyu ce soir et le mettre en pièce, de telle sorte qu’il ne puisse plus jamais jouer ce genre de petit tour à qui que ce soit.

🏆 Top tipeurs
  • 🥇1. Guillaume
  • 🥈2. Léo
  • 🥉 3. Lionel
  • 4. Alexis
  • 5. Wakou
  • 6. Thomas
  • 7. Martin
  • 8. 94macadam
  • 9. Cédric
  • 10. PascalW
🎗 Tipeurs récents
  • Lionel
  • Thomas
  • Cédric
  • Martin
  • 94macadam
  • guillaume
  • Wakou
  • Alexis
  • Guillaume
  • Léo
  • PascalW


Rejoignez-nous et devenez correcteur de Chireads Discord []~( ̄▽ ̄)~*
Chapitre 146 – Le chagrin de Bai Jingyun Menu Chapitre 148 – Aujourd’hui vaut mieux que demain