Relâchez cette Sorcière | Release that witch | 放开那个女巫
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Chapitre 1168 : Récupération

Chapitre 1168 : Récupération

Tilly pleura pendant près d’une heure avant de s’endormir. Les joues trempées par ses larmes, Roland la déposa sur le canapé et s’aperçut qu’elle tremblait encore.

Comme sa sœur n’aurait certainement pas voulu que les sorcières des Sortilèges de l’île Dormante la voient pleurer ainsi, il demanda à Anna de l’emporter dans la grande chambre située au second étage.

La Reine essuya le visage de Tilly et sentit son souffle s’apaiser peu à peu. De toute évidence, elle était épuisée d’avoir travaillé sans relâche durant des semaines et ce depuis qu’elle avait appris le sacrifice de Cendres mais c’était certainement sa manière à elle d’affronter la douleur : s’immerger dans le travail pour oublier temporairement la cruelle réalité.

– « S’il vous plaît, restez avec elle ce soir », dit Roland avec un soupir. « Elle a besoin de quelqu’un et je pense que vous êtes la mieux placée pour prendre soin d’elle. »

– « Ne vous inquiétez pas, je sais quoi faire, car je devine ce qu’elle doit ressentir », répondit Anna. « Mais vous ? »

– « Je peux aller dormir à la Troisième Ville Frontalière. Comme cela fait déjà quelque temps que j’y loge, cela ne me dérange pas », répondit Roland. « De plus, il faut que j’informe les sorcières du succès de l’opération Flambeau. Cela fait si longtemps qu’elles attendent. »

– « Entendu », répondit la Reine en s’approchant pour déposer un baiser sur sa joue. « Certes, j’aurais aimé que vous restiez, mais il est important de leur faire savoir… »

– « Pardonnez-moi, vous venez à peine de rentrer du front… »

– « Ne dites pas de bêtises, mon Roi. Nous aurons bientôt tout le loisir d’être ensemble. »

Roland était sur le point de partir lorsqu’Anna l’arrêta.

– « J’y pense », dit-elle. « Emmenez Rossignol. Je ne voudrais pas que vous vous mettiez en danger. »

Absorbé par les yeux bleu clair d’Anna, Roland referma la porte derrière lui.

Pasha vint aussitôt saluer Roland et ses gardes.

– « Votre Majesté, comment s’est passée la guerre ? Avez-vous des nouvelles du front ? » Demanda-t-elle en balançant ses tentacules, l’air agitée.

Roland, qui n’avait aucune intention de lui cacher quoi que ce soit, répondit catégoriquement :

– « Nous avons gagné. Les Diables ont été éradiqués des plaines, de même que le Tueur de Magie et la Première Armée a repris Taquila. »

Pasha s’immobilisa aussitôt et, après un moment de silence, demanda, visiblement ravie :

– « Vraiment ? Je vous prie de m’excuser pour mon insolence, Votre Majesté… Je ne remets pas en cause vos paroles, mais je ne sais que répondre. Pourriez-vous m’en dire plus ? »

Sorcière expérimentée âgée de plus de quatre cents ans, Pasha avait développé la capacité de rester imperturbable en toutes circonstances. C’était la première fois que Roland la voyait perdre son sang-froid.

– « Naturellement, mais… »

– « Merci, Votre Majesté. Je vais de ce pas annoncer à toutes la bonne nouvelle! » Dit la sorcière en disparaissant.

Momentanément abasourdi, Roland secoua la tête, résigné.

Il entra dans la salle souterraine et vit, outre Pasha, Althéa, Céline et toutes les Sorcières du Châtiment Divin alignées au centre de la pièce à le regarder, les yeux pleins d’espoir.

Roland allait avoir du mal de leur raconter toute l’histoire…

– « Faites ce que vous pourrez », chuchota Rossignol. « Vous pourriez aussi le dire mentalement à Pasha. »

Le Roi fit un pas en avant et évoqua brièvement la guerre et son issue. Comme il n’avait pas encore reçu de rapport statistique et que Chloris avait omis plusieurs détails en lui relatant l’incident, il ne pouvait pas tout dire mais visiblement, les Sorcières du Châtiment Divin ne s’en souciaient guère. Pour elles qui attendaient depuis quatre siècles, seule la victoire importait.

Lorsque Roland eut terminé son discours, toutes explosèrent de joie. Certaines riaient, d’autres pleuraient, mais toutes les sorcières étaient ravies d’être enfin libérées de l’oppression des Diables.

– « Veuillez pardonner notre insolence et notre grossièreté », dit Althéa en inclinant son principal tentacule. « À compter d’aujourd’hui, le Front Unifié n’est plus nécessaire. Nous vous reconnaissons comme souverain de Taquila et espérons que vous nous aiderez à atteindre notre ultime objectif. »

Ni Pasha, ni Céline ne disaient mot. De toute évidence, elles étaient entièrement d’accord.

Taquila était officiellement devenue partie intégrante du Royaume de Graycastle.

Roland acquiesça et Althéa se redressa.

– « J’ai autre chose à vous dire… » Commença le Roi avant de leur parler de la mort d’Elena.

– « Je vois… », dit doucement Pasha. « Ainsi, c’est elle… »

Le Roi fut un peu surpris de constater que les sorcières ne semblaient pas très affectées par la nouvelle.

– « Vous… vous saviez ? » Demanda-t-il.

– « Non, mais nous y étions préparées », répondit franchement Althéa. « Les Diables ayant décelé notre embuscade, à l’époque de l’Union, nous n’aurions eu aucune chance. Nous avons de la chance de n’avoir perdu qu’une personne. »

– « Vous avez probablement du mal à le comprendre, mais nous sommes habituées à la mort », ajouta Céline. « Sur le point de mourir et après avoir essuyé de nombreuses défaites, nous nous sommes portées volontaires pour transférer notre âme dans ces porteurs. Ce n’est pas la mort que nous redoutons, mais la mort inutile. »

– « Elena a simplement fait le choix que chacune, en pareille circonstance, aurait fait », reprit Althéa. « Ne vous attristez pas outre mesure. »

Roland réalisa que ce n’était pas lui qui réconfortait les sorcières mais plutôt le contraire. Il était ému et à court de mots.

– « Cela ne signifie pas que nous ne sommes pas tristes », expliqua Pasha. « Nous avons simplement appris à contrôler nos émotions. » Elle jeta un coup d’œil aux sorcières toutes joyeuses : « Je le leur dirai tout à l’heure. Pour le moment, laissons-les célébrer la victoire. »

Cinq jours plus tard, à mesure que les soldats rentraient, la nouvelle de cette victoire se répandit à la Cité Sans Hiver.

Bien que les civils n’aient pas assisté à la guerre comme ils l’avaient fait lors des batailles contre les bêtes démoniaques et le Duc Ryan, victoires qu’ils n’avaient pas célébrée à l’époque, ils purent se faire une idée de l’ennemi en écoutant les rumeurs qui couraient dans la ville. Contrairement aux hybrides et chevaliers démoniaques, que beaucoup de gens avaient vu attaquer, cet adversaire leur paraissait tout droit sorti de l’enfer.

Certains détails ayant été exagérés, la population était désormais convaincue que ce Diable était un monstre légendaire de cent pieds de haut et qui crachait du feu. Ce Diable imaginaire devint très vite le principal sujet de conversation dans la ville.

Le fait que l’armée ait triomphée d’un monstre réputé invincible éleva considérablement le moral des masses car si un Diable tout droit sorti des enfers n’avait pu se mettre en travers de la route des soldats, qui le pourrait ?!

De son côté, le Quotidien de Graycastle avait interviewé les soldats et lancé une publication à grande échelle.

En quelques jours, la Cité Sans Hiver vit rapidement augmenter le nombre d’hommes qui souhaitaient s’enrôler dans l’armée et la population lança même un slogan : « élargissons le territoire de Graycastle pour le Roi ».

Ceci dit, les fonctionnaires savaient pertinemment quel était le véritable enjeu.

Depuis que la première pierre tombale y avait été posée cinq ans auparavant, durant les Mois des Démons, cette terre, jadis en friches et envahie de buissons et de ronces, était devenue un cimetière public à l’herbe verdoyante.

À ce jour, il comptait 426 tombes, la plupart vide, car ils n’avaient pu retrouver tous les corps mais aucun des soldats n’avait été oublié. Sur chaque pierre étaient gravés leur nom, leur grade et leurs exploits.

Parmi celles-ci se trouvaient les tombes d’Elena et de Cendres, quasi identiques à toutes les autres à l’exception d’une épée à demi fondue posée devant la stèle de cette dernière.

– « Saluez! » Cria Hache-De-Fer en levant la main.

Tous les fonctionnaires, qui, pour la plupart, avaient un rang beaucoup plus élevé que les soldats ordinaires, exécutèrent un salut militaire.

Ce n’était pas seulement un hommage mais aussi un rappel du long chemin qui leur restait à parcourir avant la Bataille de la Divine Volonté.

La cérémonie terminée, Roland appela Barov :

– « Convoquez ici tous les ministres. J’ai de nouvelles tâches à leur confier. »

Une autre bataille venait de commencer.

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