Une Aventure Pas Si Ordinaire
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Chapitre 1

Encore elle ? Cela faisait déjà cinq fois, cette semaine, qu’est-ce qu’elle voulait cette fois ? Je n’étais pas l’esclave des dieux ! Puis j’avais déjà assez donné, non ? En plus, je n’étais même pas payé ! Pas de Crédit, rien, niet.

Lundi, je l’avais aidée à tuer une gorgone. Elle m’avait raté de peu. J’avais été à ça d’avoir mes parties génitales pétrifiées à jamais.

Mardi, je l’avais aidée à attraper un pégase. 2 537 mètres de chute libre, vous imaginez ? Heureusement que j’avais eu mon coussin d’air sur moi, mais même avec ça, j’avais perdu l’usage de mes deux jambes. “Bien joué !” me dit-elle. Bien joué ? Si je n’avais pas été sous sédatif, je l’aurais cognée.

Mercredi, les jambes plâtrées, elle m’avait forcé à l’aider à négocier avec le roi des géants. Je ne savais même pas pourquoi elle m’avait emmené avec elle. Elle ne m’avait pas laissé le choix, de toute façon je ne pouvais pas lui échapper en chaise roulante.

Jeudi, elle avait apporté une guérisseuse, qui s’occupa de me rendre bipède à nouveau. Tout ça pour quoi ? Pour m’envoyer chercher une olive. Elle aurait pu aller au supermarché mais non ! Madame voulait une olive de son olivier personnel qu’elle avait planté à Athènes dans sa jeunesse. Elle n’avait vraiment pas conscience du prix d’un billet d’avion de nos jours. Elle aurait pu au moins me donner un coup de main en me prêtant le chariot de son frère de lumière ou les sandales du facteur de la famille, mais non ! Me voilà coincé entre un bébé qui pleure et un ronfleur pour les quatre prochaines heures.

Cette fois-ci, j’allais me cacher, et elle n’allait pas me trouver. J’avais acheté un déguisement parfait en Grèce. Je savais qu’elle allait attendre devant chez moi comme toujours. J’enfilai mon camouflage et je me fondis dans la foule du marché.

Voyant que je n’étais pas rentré à l’heure habituelle, elle essaierait sûrement de me repérer avec son familier. Mais cela ne fonctionnerait pas, pas ce jour-là. Et oui, qui dit été, dit fête de Nura !

Je dissimulais toutes les traces de mon énergie et je me mélangeais aux commerçants ravis et aux adolescents pleins de fougue. Autour de moi, des statuettes magnifiques étaient vendues en l’honneur de la déesse Nura. Elles étaient plutôt réalistes, grand buste et une silhouette élancée, c’était elle, en effet. Son visage ? On ne représentait pas le visage des dieux, c’était une question de respect.

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas baladé tranquillement sans monstres à tuer – ou qui voulaient me tuer.

Ce soir, j’allais dormir chez un ami de la fac. Il avait accepté aussitôt de m’aider après avoir entendu mon récit. Au moins, lui, comprenait ma douleur. Heureusement que quelqu’un m’avait donné son numéro, je l’avais perdu après qu’une certaine personne avait détruit mon téléphone en lui marchant dessus “sans faire exprès”.

Et pourtant certains étaient jaloux de moi. Des masochistes ! Jaloux de quoi ? Allez savoir. J’échangerais ma place avec eux, n’importe quand ! D’ailleurs, j’avais déjà essayé de proposer quelqu’un d’autre, pour exécuter ses tâches inhumaines mais à chaque fois, elle refusait, elle préférait me voir souffrir, j’en étais sûr.

Heureusement que lui était là pour moi, il effacerait ma présence et éloignerait cette démone. Je pris le métro, descendis à la bonne station et sonnai à la bonne porte.

Un visage que je ne voulais plus voir se glissait à travers la porte entrouverte. Merde. Une scène passée se rejoua rapidement dans ma tête.

“Tu n’aurais pas le numéro d’Éric ?

– Si, tiens ! Tu le mérites après m’avoir emmenée sur ton dos au sommet de l’Olympe.

– Merci, dis-je avec un sourire crispé.”

Je m’étais fait avoir, par ma mémoire. Je n’avais pas vérifié la source de mes informations. C’était donc ça, d’être un Héros à la retraite ? Je perdais mes bons réflexes.

“Alors comme ça, on essaye de s’enfuir ?

– Je t’assure que non, Athéna.

– Eh bien super, allons à la bibliothèque, il faut que j’amène des livres pour mon père, dit-elle en me montrant une liste infinissable.

– Il faut vraiment que je monte tout ça tout seul ? Il ne peut pas juste utiliser, je ne sais pas moi, le pouvoir du ciel ? Demander à ses enfants de le faire ?

– Non, il compte sur moi, donc, par corrélation, sur toi.

– Pourquoi est-ce que je devrais t’aider ?

– Parce que tu m’apprécies ?

– Je pense que c’est bien la dernière raison qui me vient à l’esprit.

– C’est vexant, dit-elle en faisant la moue. Tu veux bien m’aider ? Juste cette fois.

– Bon, d’accord, mais tu me laisses mon week-end, hein ? Pas comme la semaine dernière, sinon, je rapporte tes méfaits à ton papa.

– Oui, oui, allez, on y va !”



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