Le Chevalier des Elfes
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Chapitre 60 –

Ce que Bastien appelait une créature du Néant était un être ressemblant à une pieuvre, fait de tentacules et d’une énorme tête. Arthur le vampire attaqua avec son épée le crâne de la créature, mais elle se régénéra instantanément. En outre plus Arthur le fort tranchait de tentacules, plus leur nombre augmentait. Le vampire avait de meilleurs réflexes que la bête, mais il ne possédait que deux bras tandis qu’elle disposait de centaines d’appendices. Bien que la créature ait l’air d’avoir la consistance d’une ombre, elle frappait fort.

Une lutte désespérée s’engagea pour Arthur, ce dernier se battit comme un forcené, usa de ses meilleures techniques de combat à l’épée. Mais il s’épuisait progressivement, il devait bouger à une vitesse ahurissante pour parer ou esquiver les multiples assauts de son adversaire. Il n’affrontait qu’un seul intervenant, Bastien fidèle à son tempérament, attendait que son ennemi soit défait avant de commencer à se rapprocher de lui.

Le vampire suait comme jamais, il livrait son combat le plus difficile qui soit. Il tranchait encore et encore, mais il ne parvenait à ne négocier aucun répit. Au contraire il avait l’impression que plus il donnait des coups de sa lame à la créature, plus cette dernière semblait se renforcer. Mais il s’agissait d’une fausse impression, la pieuvre ne faisait qu’user d’un enchantement de doute afin d’implanter des idées pernicieuses dans l’esprit d’Arthur. Mais le vampire surmonta l’attaque mentale, et retrouva un regain d’énergie. Cependant il ne faisait vraisemblablement que retarder l’inévitable. Il se défendait bien, il fut la personne qui tint le plus longtemps parmi les centaines d’opposants à la créature.

Toutefois aussi valeureux soit-il, Arthur demeurait un guerrier avec des limites physiques. Il avait beau se débrouiller comme un chef, et résister depuis plus d’une minute il était confronté à un adversaire capable de tenir tête à une armée entière, de par sa faculté de donner des centaines de coups à la seconde, et ses facultés extrêmes de régénération, même une attaque réussie avec une lame sur la tête ne la gênait pas du tout.

Quand Arthur se ramassa un coup de tentacule, il eut plusieurs os cassés, malgré la protection de son armure. La bête avait un tempérament sadique, quand elle vit que le vampire était hors combat, elle ne l’acheva pas rapidement, elle se contenta de s’approcher très lentement, au point que Bastien perdit patience.

Bastien : Tu commences à m’énerver, dépêches toi de tuer Arthur, je ne vais pas attendre cent dix ans.

Arthur crut déceler de la haine dans les yeux de la créature. Apparemment les relations entre Bastien et la bête étaient loin d’être au beau fixe. Dans les faits la pieuvre rêvait souvent de s’adonner à des actes de sadisme sur son maître, mais elle était victime d’un sort de domination qui entravait ses initiatives. Même si plus elle se mettait en colère, plus elle fragilisait le contrôle mental sur elle.

De son côté Arthur essaya de former des mots mais il ne réussit qu’à tousser du sang. Il se dit que même si le fait d’aligner une phrase par la parole lui était difficile, il ferait mieux d’abandonner. En plus les pensées du fort devenaient confuses, il peinait à organiser de façon cohérente ses idées. Il avait peur que ses mots ne soient un assemblage ridicule qui ne servent qu’à provoquer le rire chez Bastien. Et puis il faudrait une bonne dose de chance pour que les propos d’Arthur le sauvent.

Or ce dernier pensait que sur la question de la veine, il était dans une période néfaste. Son avenir allait sans doute se résumer probablement bientôt à l’état de cadavre. Puis le fort observa un sourire narquois sur les lèvres de Bastien, et il eut une flambée de haine. Il n’avait toujours pas pardonné les outrages infligés du temps où il était esclave. En outre résister jusqu’à la fin serait un bon moyen de contrarier cet ennemi.

Et puis le dieu Proélium appréciait particulièrement les battants qui ne cédaient pas à l’adversité, même dans les phases critiques. Arthur pensa peut-être obtenir une récompense dans l’au-delà s’il faisait front fièrement. Mais sa haine fut plus puissante que son désir de récompense, il n’avait pas besoin de gain pour sortir des mots acerbes. Rien que la possibilité d’ôter de la joie à Bastien était une motivation suffisante pour que le fort ait envie de cracher des propos vexants. Donc le vampire rassembla ses maigres forces et se mit à parler.

Arthur : Au fait qui est le maître la créature ou toi ?

Bastien : C’est évident je suis le dominateur, et la bête me sert. Elle n’est là que pour exaucer mes désirs.

Arthur : Je n’en suis pas tellement sûr, je vais bientôt mourir mais tu me rejoindras d’ici peu dans l’au-delà.

Bastien : Tu racontes n’importe quoi, regarde je peux frapper autant que je veux ma créature, et elle-

Bastien eut juste le temps de pousser un hurlement avant de trépasser, vu que la moitié supérieure de sa tête fut avalée tout rond par son monstre.

Mais en agissant ainsi elle signa son arrêt de mort, en effet un lien de vie unissait Bastien et la bête, si l’un mourrait, l’autre le suivait immédiatement dans la tombe. En outre le trépas de l’adorateur signifiait un effondrement de sa demeure qui commença à lentement se fissurer, puis à tomber complètement en ruines. Arthur le fort n’avait plus que quinze à vingt secondes pour évacuer les lieux. Vu la vitesse à laquelle il se traînait à cause de son état, il risquait d’être enterré vivant, puis il se traita d’imbécile.

Les ennemis du vampire étaient décédés, mais le vampire n’était pas au bout de ses peines. Il parvint sortir du palais en usant de magie, mais il n’alla pas très loin, et surtout il se trouvait dans un sale état, il avait deux jambes brisées, un poumon perforé, la rate écrabouillée. Une des propriétés surnaturelles de l’endroit où gisait le fort, consistait à bloquer les capacités de régénération des vampires. Par conséquent il se remettait de ses blessures à la même vitesse qu’un humain normal. Mais l’environnement d’Arthur était loin d’être propice au rétablissement d’un blessé grave, il se trouvait en pleine nature dans un lieu que les gens évitaient généralement. La situation du fort semblait dramatique, cependant ses ennuis ne faisaient que commencer.

Des rats attirés par l’odeur de sang qui émanait des lésions du vampire se jetèrent sur lui, et commencèrent à le dévorer vivant en s’attaquant à ses pieds. Arthur était horrifié, lui un être qui triompha de monstres redoutables, servait de casse-croûte pour des rongeurs, son incapacité à bouger ses jambes l’empêchait de riposter ou de s’enfuir.

Le vampire avait envie de hurler sa détresse, mais il se rappela le triste état d’un de ses poumons, alors il se tut. Les rats abandonnèrent leur festin, quand ils entendirent un tremblement de terre. Ils déguerpirent à toute vitesse. Le fort eut envie de s’esclaffer, enfin la chance se remettait à lui sourire. Puis il réalisa que les tremblements qu’il percevait, n’étaient pas des secousses sismiques, plutôt des bruits de pas, d’une très grosse bête apparemment. Le vampire eut une vague de désespoir, puis il se dit que ce n’était pas si mal, plutôt que d’être dévoré lentement, il serait tué rapidement.

Vu les sons que l’animal produisait en marchant, il devait être énorme, il pourrait sans doute l’avaler d’un seul coup. Arthur avait raison, un dragon noir adulte et affamé se trouvait près de lui. La créature observait avec intérêt sa proie, elle allait se repaître de lui, quand elle eut le droit à une surprise de taille.

Le fort bloqua avec une main la gueule de son ennemi, et lui expédia un coup de poing qui le sonna presque. Le dragon n’appréciait pas du tout la situation, il allait faire payer à l’insolent son outrecuidance. Il se jeta une nouvelle fois sur lui, mais tout ce qu’il récolta se résuma à une autre frappe tonitruante qui l’assomma presque. La créature remarqua toutefois que les efforts d’Arthur le vidèrent presque totalement de ses dernières forces. Le dragon eut alors un grand sourire, et s’apprêta à déguster sa proie rendue presque inerte, quand un éclair lui transperça la tête.

Arthur ne comprenait pas d’où venait l’attaque électrique qui détruisit son ennemi, il avait un ou deux objets magiques en plus de son épée, notamment une pierre d’orientation, un artefact qui aidait à se repérer dans les lieux complexes, mais rien d’utile pour terrasser un dragon.

Le vampire se demandait s’il ne rêvait pas, ou s’il ne tombait pas dans une situation pire que la précédente. Pourtant il lui aurait suffi d’un peu de discernement pour comprendre qu’il avait un allié.

Puis Arthur ressentit une énergie magique familière, apparemment son ancien maître Merlin vint à la rescousse. Le vampire n’avait même pas besoin de se concentrer. Les effluves mystiques de son mentor étaient très caractéristiques quand il ne prenait pas la peine de se dissimuler.

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