Kirameku Sukafu
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Chapitre 30 – Rencontre avec la salle d’arcade.

— Allô, allô, darling ?

Me réveiller à une heure si matinale, elle tient à sa vie ?

Crie pas l’psychopathe, j’suis claqué…

— Oui ?

— Où veux-tu que l’on se rejoigne aujourd’hui, darling ?

Pourquoi je lui ai proposé ça ? Fais chier…

— Parc ?

— Tu ne pourrais pas faire des phrases, darling ?

Moi, dormir.

— Ne t’endors pas, darling !

Tu ressembles beaucoup trop à Haruka Kotoura, là…

— Je t’attends au parc dans deux heures, tu as intérêt à être là darling !

— Ouais, ouais.

Quel calvaire.

Ces derniers jours, j’ai fait énormément d’efforts par rapport à mon style vestimentaire, ou même à ma coupe de cheveux.

C’est Chizu qui t’oblige, idiot, n’appelle pas ça des efforts…

Pour cette sortie, je préfère rester sur quelque chose de plus décontracté.

Parce que ta sœur dort encore.

Je me regarde dans le miroir avant de partir.

— Je ressemble pas trop à un otaku ?

Tu portes un short en hiver…

J’enfile un jean, un manteau, passe ma main dans mes mèches puis me dirige au parc. J’arrive à mon rendez-vous avec une quinzaine de minutes d’avance.

Elle est déjà là ? Ça fait combien de temps qu’elle m’attend ?

J’admire notre présidente assise sur un banc, habillée d’une jupe à carreaux, d’une veste fine, un livre à la main.

Les filles en 3D ne ressentent pas le froid ?

Je m’avance et tapote son épaule.

— Salut, présidente.

— Salut, darling !

Elle se lève et se tourne sur elle-même.

— Comment me trouves-tu, darling ?

Une jupe en hiver, idiote.

— Ça te va bien.

Elle sourit, rougit, puis me demande.

— Tu as une idée de ce que l’on peut faire, aujourd’hui, darling ?

— J’y ai pas réfléchi.

Elle range son livre, s’approche délicatement de moi et pose sa tête contre mon épaule.

— Alors, restons comme ça. C’est un très bon rencard, là.

Bordel, j’aurais dû y réfléchir… Je dois trouver quelque chose, et vite.

Je balaie l’horizon et remarque une pancarte.

— Regarde, présidente ! On peut aller à la nouvelle salle d’arcade qui vient d’ouvrir ?

— Je pourrais encore t’utiliser comme oreiller, darling ?

Bien sûr que nan, idiote.

— Je plaisante, ne fais pas cette tête, darling ! Je suis partante !

Sur le chemin, Masuko et moi nous taquinons, nous poussons gentiment et nous chamaillons. Je peux rigoler, avec une fluidité et une aisance pareille qu’avec elle.

Si on omet Aneko et Anzu, il n’a pas tort.

Nous arrivons, et observons ce bâtiment gigantesque.

— Regarde le plan, darling !

Quatre salles de jeux, une librairie, un cinéma et une pièce de musique un vrai temple otaku…

— On va où, présidente ?

— À la bibliothèque, darling !

Nous traversons cet amas de personnes pour nous installer à une place libre. Masuko, le front en sueur, attrape ma manche et me murmure.

— Tu vas trop vite, darling , attends-moi !

Elle reprend son souffle, ne lâche aucunement son emprise, et ajoute.

— Je ne veux pas me perdre, darling .

C’est quoi votre problème avec ça ? Vous avez toutes besoin d’un GPS ?

— Accroche-toi bien Masuko, lui dis-je en essayant de sourire.

— Arrête de faire cette tête, tu es effrayant, darling .

Elle a pas tort, tu es aussi terrifiant que Gotô dans le tome sept.

J’adore ce tome en plus…

Nous nous faufilons dans la foule pour rejoindre la librairie.

— Pfiou ! Nous y voilà enfin darling .

— Ouais.

Quel calvaire… on m’a marché dessus au moins trois fois… Je vous maudirais tous autant que Yuji Itadori !

Nous nous asseyons, l’un face à l’autre, et soufflons.

— Tu peux m’attraper un livre, s’il te plaît, darling ?

— Lequel ?

— Au hasard, me répond-elle en haussant les épaules.

Je me lève, prends ce qu’elle m’a demandé sans vraiment choisir. Elle tend ses bras, récupère le roman et d’un sourire joueur, me propose.

— Tu veux qu’on pimente ce rencard, darling ?

Elle me fait flipper.

— Je t’écoute.

— On ouvre le livre ensemble et on regarde une phrase. Une fois que l’on en a repéré une, on se la chuchote à l’oreille ! Ça te va, darling ?

On s’ennuie à ce point là ?

— Ouais, ouais.

Je m’assieds à côté d’elle.

— Approche-toi encore si tu veux voir quelque chose darling .

Encore ?

Elle attrape mon cou et me traîne contre elle.

Mon cœur bat vite.

— Tu es prêt, darling ?

Son odeur est à tomber… j’comprends vraiment pas pourquoi elle se dénigre autant alors qu’elle a tout pour elle, l’intelligence, le charme, l’humour, tout est incroyable chez elle, alors bordel, arrête d’avoir si peu confiance en toi !

Darling ?

— Ouais, j’suis prêt.

Elle ouvre le livre, mes yeux se posent sur une phrase, que je lis.

Le destin est horrible.

Je me tourne vers ma camarade et lui murmure.

— Le destin est horrible.

Elle jette un coup d’œil dans ma direction, puis me chuchote.

— Mais le destin est aussi orné d’imprévus.

Tu crois ?

— Ne fais pas cette tête, darling ! J’ai juste lu une phrase ! Regarde, c’est celle-ci.

Elle pose son doigt sur la phrase qui suivait la mienne.

— Je… Je vois.

— J’y pense, tu avais lu quoi au club de littérature ?

— J’avais lu la phrase, les souvenirs, le trésor d’une vie. Et toi ?

— Moi, j’étais tombée sur une page blanche.

Une page blanche, c’est censé signifier quoi ?

— Hein ?

— Je pense que ça symbolise le fait que je sois maîtresse de mon propre destin, de ma propre histoire, de mes envies, et de mes bêtises.

Être maîtresse de son destin… T’en penses quoi, Chizu ?

Nous ressortons de la salle d’arcade, lorsqu’elle me confie avec gaieté.

— On forme vraiment le duo dont je rêvais, Kinari.

Elle n’a pas tort dans un sens.

Soudainement, elle attrape ma main.

Bordel, elle est douce à tout moment de la journée sa peau ? C’est impossible…

— Qu’est-ce qu’on fait maintenant darling ?

— Quelle est la politique initiée par Tokugawa Leyasu ?

Une politique ultra-isolationniste, les missionnaires chrétiens sont chassés, les navires détruits et personne n’est autorisé à entrer ou sortir du territoire.

Durant l’ère Meiji, quelles sont les principales réformes religieuses ?

Le bouddhisme et le shintoïsme sont dissociés. C’est le shintoïsme qui devient la religion d’État.

Quel est le nom de l’empereur qui a capitulé après les désastres des bombes atomiques lâchées sur Nagasaki et Hiroshima ?

Hirohito.

Elle était facile, celle-ci…

— Une dernière ?

— Je suis prête, darling !

— Pourquoi tu te dénigres autant ?

Elle baisse la tête, rougit, et prononce.

— Parce que j’ai l’impression d’être nulle…

— Mais tu l’es pas du tout ! Si moi je le pense, c’est que tout le monde le pense, tu es première de ta promotion, t’as du charme, tu es jolie, je vois vraiment pas le souci moi !

Elle caresse sa nuque, esquive mon regard et m’avoue.

— Mais je ne t’ai pas, toi.

Aïe…

— Je… je vois…

La pluie commence à tomber. J’attrape alors son poignet, et l’amène sous un abri à quelques mètres.

— Je n’ai pas mon parapluie, je l’ai laissé à la maison, darling !

Sacrée maladroite.

Plutôt que te moquer, raccompagne-là, idiot.

Tais-toi, l’binoclard.

Je tends mon parapluie vers elle et lui propose.

— Tu veux que…

— Oui !

Je n’ai même pas eu le temps de finir…

Sous la pluie battante, son épaule caresse la mienne.

Elle semble si fragile et si douce…

D arling ?

Oui ?

J’ai peur.

Peur ?

Je flippe à mort, vraiment… Si j’intègre Yôdai, je serais heureuse parce que j’aurais réalisé mon rêve, j’aurais mon avenir tout tracé. Mais Yôdai est loin de Yokohama, et on ne se verra quasiment plus, et ça m’angoisse d’en avoir conscience. Le soir, je passe de moins en moins de temps à réviser parce que je me dis qu’au pire des cas, si je rate mon examen d’entrée, je pourrais rester à tes côtés, et ça, j’en rêve aussi.

Elle baisse la tête, caresse sa nuque, laissant ses joues s’empourprer, puis continue.

C’est comme si depuis petite, j’avais un seul rêve, celui d’intégrer cette école. Mais maintenant que tu es dressé dans ma vie, ce rêve se fait persécuter par un autre de mes rêves. Celui d’être pour toujours à tes côtés…

Des larmes coulent le long de ses joues, elle les sèche avec la paume de sa main et ajoute.

Sérieux, comment vais-je faire, moi. Je pourrais venir te voir pendant les vacances, mais je sais très bien que ce n’est pas suffisant, je ne suis pas aussi forte qu’Anzu, je ne tiendrais jamais dix ans sans te voir, c’est impossible, mon cœur se déchirerait c’est certain. Alors qu’est-ce que je suis censé faire ! Qu’est-ce que je dois faire, darling…

Elle pose sa tête contre mon épaule, et déverse des larmes aussi transparentes que mes émotions actuelles et me demande.

— Reste avec moi pour toujours darling !

Le destin est orné d’imprévus…

Haruka Kotoura : Personnage pouvant lire dans les pensées. ( Koutoura-san )

Gotô : Personnage effrayant. ( Parasyte : The maxim )

Yuji Itadori : Personnage devenant maudit. ( Jujutsu Kaisen )

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