Kirameku Sukafu
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Chapitre 26 – Rencontre avec oneesan.

Un mail ? C’est qui ?

La manifestation de vos aînés ne sera pas vaine ! Ce soir, tous les élèves de secondes du lycée Kanagawa Kibogaoka sont conviés à la fête de Noël. Cet événement sera organisé au gymnase de l’école.

Bordel, j’avais oublié ce truc.

Je me suis souvenu que mon harem avait fait une sorte de gage pour savoir qui danserait avec moi lors du bal. Et c’était Anzu qui a reçu cet honneur.

Quelle plaie, en plus de devoir y aller, je vais devoir me mettre en scène…

Alors que je somnole, ma sœur, sans aucune délicatesse, saute dans mon lit.

— Grand frère, on va t’acheter une tenue pour ta fête, lève-toi !

Une sortie en toute tranquillité avec ma petite Chizu, voilà qui comblera ma journée.

Je pose mon coussin sur mon visage et lui réponds.

— Oui, oui si tu veux Chizu.

Après tout, ça fait déjà une longue période que nous ne nous sommes pas promenés seuls ensemble. Je sais qu’elle n’attend que ça, depuis mon entrée au lycée, je ne lui consacrais plus énormément de temps.

Le centre commercial, le repère de l’univers en 3D. À gauche de la foule, à ma droite, même chose.

Mon sanctuaire me manque…

— Bonjour sensei !

Je me retourne et découvre Yoshida, en tenue de serveuse.

— Salut, Yoshida.

Elle tourne son visage vers ma sœur et lui demande

— C’est qui elle, sensei ? Tu m’as déjà trahi !?

Elle a quatorze ans…

— C’est ma sœurette, Yamazaki Chizu.

— Oh pardon !

Elle s’avance vers elle, s’abaisse à sa taille, et lui confie.

— Enchantée, petite sœur de mon sensei .

Elle se relève, puis ajoute.

— Je vous laisse, je dois retourner au travail, à plus tard !

Chizu me lance un coup d’œil glacial.

— J’espère que t’as pas trompé Aneko, grand frère !

Trompé ? Qu’est-ce qu’elle raconte ?

Chizu attrape mon bras et ajoute.

— Regarde en face, c’est une boutique de vêtements, on devrait trouver ton bonheur !

Si tu le dis sœurette…

D’un soupir, j’entre dans le magasin.

— Attends-moi là, je vais récupérer ce dont t’as besoin.

Elle insinue que je n’ai pas le sens de la mode ?

Elle n’a pas tort, idiot.

Ma sœur a sélectionné quelques costumes et est revenue vers moi.

— Enfile ça, tu vas être le plus beau des grands frères !

Je me rends dans la cabine d’essayage la plus proche.

Ces trois tenues ont toutes un style assez classe. C’est ce genre de vêtement que portent les garçons en 3D ? J’en sais rien, mais bordel ça doit être horrible.

Je n’ai jamais posé le moindre pas à une fête de mon existence. J’écoute alors bêtement l’avis de Chizu comme à mes habitudes.

J’essaye les trois costumes et remarque que parmi eux, un seul me plaît. Les deux autres étaient soit pas à mon goût, soit trop serrés. Donc par élimination, j’ai choisi le dernier. Il est assez simple, c’est un costard noir avec…

C’est quoi ce truc qui pend ?

Je sors mon visage et demande à Chizu.

Pourquoi j’ai une ceinture avec le costard ?

Elle pose sa main contre son visage, et soupire.

C’est une cravate, grand frère…

Une cravate ?

ça se met autour de ton col, idiot !

Ton corps d’otaku qui danse là-dedans, je veux pas louper ce passage, ricane Kinari blasé.

J’en ai marre.

J’enfile la cravate autour de mon col et ouvre de nouveau les rideaux de ma cabine.

— Grand frère !

L’expression de ma sœur est incompréhensible.

C’est de l’étonnement ?

— T’es magnifique, je suis tellement fan de toi !

Un sourire se dessine lentement sur son visage.

Sans aucune élégance, je me tourne sur moi-même puis lui demande.

— Ça me va bien, Chizu ?

— Ça, c’est digne de mon sensei !

Yoshida ?

— Elle a raison, t’es le plus bel otaku ! T’as quinze fois plus de charisme qu’ Ayanokôji Kiyotaka, grand frère.

Elle sait comment me complimenter.

— Yoshida ? Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Je travaille juste en face et comme c’est mon temps de pause, j’en ai profité pour m’incruster à cet essayage. Ça te dérange pas, sensei ?

T’es déjà, là, idiote.

— Non, non.

Chizu s’approche de moi et me murmure.

— Pourquoi elle t’appelle sensei ? Elle est bizarre ton amie, non ?

Si seulement tu pouvais imaginer ce que je vis au quotidien…

Nous ressortons de la boutique puis Yoshida nous a proposés.

— Avec cette chaleur, vous ne souhaitez pas boire dans notre maid café ? Je serais votre serveuse !

Un Maid café, rêve Kinari amoureux.

Un Maid café, rêve Kinari otaku.

— Grand frère, c’est quoi un maid café ?

— Un restaurant avec des serveuses qui portent des cosplays.

— L’endroit des otaku, marmonne Chizu.

Brrr, ce cliché me donne des frissons.

J’te comprends, jeune frère.

— Tu veux qu’on y aille, grand frère ?

Évidemment qu’on y va !

— Oui !

Nous entrons dans le maid café puis je balaie le regard à travers la pièce.

Un sacré catalogue. Une serveuse qui joue le rôle de la petite sœur, et l’autre imite les expressions de l’idole.

Nous nous installons autour d’une table, et patientons de nous faire servir.

— Que souhaites-tu, otoutosan ? me demande Yoshida en dressant un sourire brillant.

Et voilà oneesan, rêve Kinari otaku.

— C’est quoi cette tête, grand frère ? Je t’ai jamais vu tirer un visage aussi bête !

Laisse mes désirs, idiote. Tu pourras jamais comprendre les espoirs d’un otaku. Si le vœu des idoles est d’avoir des millions de likes, le mien est aussi stupide, je veux rentrer chaque jour dans un maid café !

— Un lait à la fraise pour moi, avec une omurice !

— Et pour toi, imoutosan ?

— La même chose, s’il vous plaît.

— Je vous apporte ça tout de suite.

Je nage dans un océan de bonheur…

— Arrête de tirer cette, grand frère, tu ressembles à un pervers !

Yoshida nous sert, et ajoute le ketchup sur nos omelettes.

Par maladresse, elle en fait gicler sur ma joue.

— Désolée, otoutosan , ne bouge pas, je m’en occupe.

Elle penche son corps contre moi.

Sa poitrine est à deux centimètres et quatre millimètres de mon nez.

J’inspire et sens son odeur féminine se propager en moi.

Bordel, j’adore ça, elle a un arôme si satisfaisant pour l’odorat !

Tu me répugnes, là.

C’est clair.

Même moi j’aurais pas osé.

T’es pire que Kinari amoureux, j’crois.

Taisez-vous et laissez-moi vivre mon rêve !

Elle se lèche le doigt puis caresse mes pommettes pour enlever la sauce.

Quelle douceur dans le toucher…

— Et voilà, otoutosan , bon appétit !

— Grand frère, retire ce sourire de pervers !

Je nage vraiment dans un océan de bonheur…

Elle est vraiment adorable dans son rôle d’oneesan. Mais comment peut-elle porter autant de personnalités différentes ?

Mon téléphone sonne.

— Allô, allô, Kinari ?

— Oui, Anzu ?

Je suis devant chez toi, t’es sorti ?

Pourquoi la réalité nous rattrape-t-elle si vite ?

— Oui, j’suis avec Chizu au centre commercial. Pourquoi ?

— On doit aller à la fête de Noël de Kanagawa !

Elle est ici, ma fête de Noël…

— J’arrive, j’arrive.

Après une dizaine de minutes, nous sommes de retour à mon sanctuaire.

— Rentre, tu vas attraper froid, Anzu.

— Merci.

Chizu attrape mon bras, et me conduit dans la salle de bain en criant.

— Je m’occupe de lui, Anzu !

Quel calvaire d’être un otaku dans un monde en 3D..

— Grand frère, être bien habillé c’est top, mais je dois aussi coiffer tes cheveux !

Adieu mes jolies mèches.

— Je te fais confiance, Chizu.

— Tu seras le plus beau de toute la fête, grand frère.

Elle plaque ma coupe en arrière puis m’apporte le costume que nous avons acheté un peu plus tôt dans la journée.

Je suis méconnaissable.

Anzu toque à la porte de la salle de bain.

— Vous avez bientôt terminé ?

Chizu ouvre et me présente à l’héroïne des normies.

— Voilà ton cavalier, Anzu !

Ses yeux scintillent autant que son écharpe.

— C’est un cavalier grandiose que tu m’as préparé, Chizu !

J’admire cette fille, face à moi, qui elle aussi, est absolument ravissante.

Elle porte la robe rouge, dentelée que nous avons achetée ensemble et a coiffé ses cheveux en une seule tresse, déposée sur son épaule gauche. Elle me sourit en attrapant ma main, puis nous sommes partis.

Mon cœur bat à la vitesse d’un hayajiro.

Sur le chemin, Anzu contemple le ciel étoilé, puis me demande.

— Tu me trouves jolie ?

— Tu ressembles à la Princesse Kaguya.

N’en fais pas trop, idiot.

— À la Princesse Kaguya ? ricane-t-elle.

— Si elle s’était attachée les cheveux tu te lierai à elle, trait pour trait.

Il en fait trop.

— Masuko a raison. Parfois tu peux avoir la classe…

Ses mots m’ont touché.

— Tu sais, je crois que cette fête sera un petit pas supplémentaire vers l’accomplissement de mon rêve.

— Ton rêve ?

— Celui de t’avoir pour toujours à mes côtés.

Elle est vraiment trop craquante.

— Tu rougis, Kinari !

— C’est toi qui rougis !

Elle est carrément trop craquante.

— D’ailleurs, pour la fête, on a réussi à avoir une table pour nous six !

— Tant mieux.

Attends, pour six ? J’ai que quatre amis, c’est qui la cinquième personne ?

En entrant sur le lieu de l’événement, Anzu s’extasie devant la décoration qu’ont préparée nos aînés. Le sapin est sublime, et les lumières m’éblouissent les yeux.

Digne d’un Noël en 3D..

Je balaie le regard, et remarque Aneko, seule, autour d’une table. Elle porte la même tenue que le jour où elle m’avait invité chez elle.

Triste souvenir.

— Bonjour, chéri !

Toujours ce surnom…

Au loin, nous distinguons Yamaguchi et Maeda qui arrivent accompagnés de Yoshida.

C’est elle la sixième personne ?

Ils nous saluent de la main, le sourire aux lèvres.

Il arrive à sourire malgré qu’Aneko lui ait rejeté ses sentiments ? Il a une force incroyable, lui.

— Salut, sensei !

Toujours ce stupide surnom…

Mon téléphone vibre.

Un message de Masuko, que veut-elle ?

Désolée de ne pas pouvoir venir aujourd’hui, profite de cette fête, darling !

Je déteste ce harem.

Notre présidente étant en classe de première, elle ne pouvait pas participer.

Tout le monde s’installe autour de la table.

C’est quoi ce déguisement ?

— Je dois vous laisser les amis, je dois aller jouer mon rôle de père Noël ! s’exclame Maeda en nous saluant de la main.

Yamaguchi s’approche de Yoshida et lui demande.

— Souhaites-tu danser avec moi ?

Quel gentleman. Je suis à des années-lumière de son audace…

— Oui, si tu veux, otoutosan .

Elle garde son professionnalisme à l’extérieur ? Personne ne fait ça, mis à part peut-être, Sakuranomiya Maika, et encore…

J’aimerais me trémousser le bassin avec oneesan, répète à plusieurs reprises Kinari otaku.

Quand je lui ai donné une nouvelle chance pour qu’elle puisse évoluer, je ne m’attendais pas à un tel résultat. Il était largement au-dessus de mes espérances. C’est comme si elle avait été fabriquée pour moi.

Sacrée femme.

Aneko s’approche de moi et me demande.

— Je sais que j’suis pô ta k’valière ce soir, ch’ri . Mais veux d’sé avec toi !

Ses phrases sont de plus en plus incompréhensibles, quel calvaire.

Je regarde Anzu qui me fait un hochement de la tête, puis me fait signe d’y aller de la main.

T’aurais pu dire non, idiote…

J’attrape la main d’Aneko puis nous rejoignons la piste.

Elle mérite son titre d’héroïne d’eroge, le moindre de ses gestes est d’une finesse exemplaire, comme si elle ne bougeait pas avec moi, mais avec le vent. Une grâce magistrale, j’en suis resté bouche bée.

Elle m’étreint, puis me murmure au coin de l’oreille.

— Je t’aime toujours autant, chéri .

Qu’est-ce qu’elle vient de dire ?

Hein ?

— Je t’aime, je t’aime, je t’aime !

J’ai plus aucune garde.

Je garde le silence, mais mon cœur lui était loin d’être aussi discret.

— Chéri, on pourra refaire du piano ensemble, un jour ?

— Oui ! En plus, tous les soirs je tapote sur mon clavier d’ordinateur pour m’entraîner à tenir le rythme. Tu verras Aneko, je réussirais à te faire vivre un moment mémorable grâce à mon doigté !

Hum, hum, tousse Kinari sérieux.

— Tu… Tu fais tout ça pour moi ?

— Je ferais tout pour que tu puisses réaliser ton rêve !

— J’suis si… reuse, ch’ri…

Des larmes coulent sur ses pommettes pourpres. Je les sèche avec mon doigt, puis lui confie.

— Merci, d’être toi-même, Aneko.

Ses bras se resserrent contre mon buste.

— T’es m’lueur d’spoir, ch’ri !

Elle relâche son emprise puis ajoute.

— On r’tou-tourne av…avec nos amis, ch’ri ?

J’ai carrément plus aucune garde.

Le regard perdu, je m’installe à ma place.

Qu’est-ce que je dois faire vis-à-vis d’elle sérieux… j’en sais rien du tout, et c’est si frustrant !

Cet univers en 3D est plus compliqué que le choix entre Yui et Yukino.

— On fête la nouvelle année chez toi, Kinari ?

Dans mon petit appartement d’à peine trente mètres carrés ?

— Si vous voulez.

Cet appartement est devenu notre base secrète. Tout le monde s’y réfugie pour régler le moindre de ses soucis. Ce lieu est bien plus vivant qu’un an auparavant.

Anzu, à son tour, s’approche de moi.

— Je crois que je n’ai pas le choix que de danser avec mon cavalier, me confie-t-elle en tendant sa main vers moi.

Tu peux toujours repartir.

Je tousse, resserre ma cravate, attrape sa main et lui rétorque.

— Votre cavalier vous fera l’honneur d’accepter.

— Quelle classe sensei , déclare Yoshida en applaudissant.

Elle me conduit à côté du sapin, orné d’une étoile en son sommet, qui illumine cette pièce.

— T’es prêt, Kinari ?

— Oui.

Lorsqu’elle s’est mise à tourner sur elle-même, j’ai contemplé sa robe rouge qui flottait dans l’air. Sa tresse se balance de droite à gauche et son ruban blanc est aussi éclatant que son sourire.

J’en ai des frissons.

Nos écharpes se lient entre elles.

— Kinari ?

— Oui ?

— Aneko va mieux ?

— Je crois, ouais.

— J’espère qu’elle profite pas de sa faiblesse pour te séduire…

— Hein ?

Mais qu’est-ce qu’elle raconte ?

— Rien laisse tomber, en tout cas elle me devancera pas !

— Hein ?

Elle attrape ma main gauche et son second bras se glisse dans mon dos. Ma cavalière progresse précipitamment son visage du mien.

Elle me fait flipper.

La peur m’immobilise et mon instinct m’ordonne de fermer les paupières.

L’arôme de violette se rapproche, il se rapproche très vite, trop vite !

Un électrochoc parcourt l’entièreté de mon corps lorsque j’ai senti ses lèvres se déposer sur ma joue.

— Merci, mon cavalier.

Elle… Elle a embrassé ma joue ?

Nos écharpes n’ont jamais été si liées.

Anzu n’est peut-être pas Sakai, elle n’est peut-être pas non plus l’héroïne des normies. Mais elle est l’héroïne de mon Histoire.

Yui et Yukino : Personnage au centre du triangle amoureux. ( Oregairu )

Sakuranomiya Maika : Personnage principale sadique. ( Blend-S )

hayajiro : Moyen de transport utilisé contre les kabaneri. ( Kabaneri of the Iron Fortress )

oneesan : Grande sœur en japonais

otoutosan : Petit frère en japonais

Ayanokôji Kiyotaka : Personnage principal assez charismatique ( Classroom of the Elite )

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