Kirameku Sukafu
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Chapitre 24 – Rencontre avec des activités inutiles.

Les rayons du soleil éclairent ma chambre. J’ouvre les paupières et réveille Aneko. Elle se lève lentement avec le sourire puis s’étire et déclare d’une voix fatiguée.

— Bonjour, chéri .

— Habille-toi, idiote !

Bordel, elle a vraiment dormi nue, à deux mètres de moi…

— Donne sous-vêtements !

Il manque des mots, là.

On pourrait les garder un peu, rêve Kinari amoureux.

Retourne à l’hôpital, pervers.

— Tiens.

— Merci, chéri .

C’est tentant de jeter un simple coup d’œil, j’en ai le droit ?

C’est tout public ici, idiot.

Mince.

— Je descends, Aneko.

Elle attrape mon bras, et me chuchote.

— Attends-moi.

Quelle plaie.

Après cette péripétie, nous rejoignons ma sœur qui nous a préparé notre petit-déjeuner.

— Tu déjeunes en sous-vêtements ?

— Oui, ça t’dérange pô, chéri ?

Elle a une poitrine énorme. C’est légal d’observer quelque chose de si imposant à une heure pareille ?

Brusquement, la porte s’ouvre.

— T’es prêt, darling !?

Son regard s’est immédiatement posé sur Aneko.

DARLING , qu’est-ce qu’il se passe ici ?!

Bordel, quel calvaire.

— Habille-toi Aneko, on doit partir !

— Oui, présidente !

C’est quoi cette matinée de taré encore… J’suis déjà claqué sans rien faire…

Lors du trajet, je me suis rapproché de Masuko et lui ai chuchoté que je lui expliquerais pourquoi Aneko a dormi chez moi.

La lettre qu’a reçue Aneko m’a intriguée. Nous devons résoudre cette affaire au plus vite. Je ne souhaite pas héberger Aneko indéfiniment et la voir aussi apeurée n’est pas spécialement plaisant.

C’est forcément quelqu’un du lycée qui lui a transmis ça, mais qui ?

Je dois absolument en parler avec Anzu et Masuko, on pourrait trouver le coupable ensemble. Elles doivent en savoir bien plus que moi sur les potentiels ennemis d’Aneko.

— Merci de ton aide pour le journal darling !

— Vous avez réussi à le terminer ?

— Oui. Je vais aller le rendre à ma mère, attendez-moi devant le portail du gymnase.

Elle s’en va en courant.

— J’ai trop hâte de voir la pièce !

— C’est quelle pièce ?

— Une réinterprétation de la Belle au bois dormant. Tu n’as pas regardé le programme, Kinari ?

La Belle au bois dormant, génial.

— Non, et c’est quoi cette après-midi, d’ailleurs ?

— Je crois que c’est un concert organisé par le club de musique.

Et un concert… Bordel quelle journée de merde.

Masuko nous rejoint, puis nous traversons dans le bâtiment.

L’accueil des lycéens s’était préparé par une multitude de rangées de sièges au sein du gymnase. Nous nous sommes assis les uns à côté des autres et avons attendu que le groupement de théâtre fasse leur entrée. Après le lever de rideau, nous avons assisté à la pièce. Ils semblent s’être bien entraînés. Les costumes tissés à la main, un vrai travail de professionnel. Ils n’ont fait aucune erreur et connaissaient leur texte à la perfection.

Les filles s’impatientaient. Elles tapent rapidement avec leurs index sur le côté de leur siège.

Qu’est-ce qu’elles foutent ?

Le garçon qui joue le rôle du prince charmant progresse vers la jeune femme endormie. Il s’approche encore, et encore. Son visage est à cinq centimètres et trois millimètres de celui de sa bien-aimée. Ses lèvres glissent sur celles de la Belle.

Un baiser ?

Aneko m’attrape la main et la serre de toutes ses forces.

— C’est trop mignon, chéri !

Mignon ?

Plus la scène durait, plus elle devenait folle. Sa paume se contracte sans que je ne puisse rien faire. Cette pression m’a fait penser à ce que Chizu m’a raconté.

D’après elle, lorsque deux personnes sont amoureuses, leurs cœurs battent bien plus vite en présence de leur bien-aimé.

Il bat rapidement là, son cœur ?

La représentation théâtrale s’est terminée par de nombreux applaudissements.

Chéri !

— Oui ?

— On peut manger sur le toit ensemble ce midi, s’il te plaît ?

Vu ce qu’elle subit en ce moment, je lui dois bien ça…

— Oui, si tu veux.

Je préviens précipitamment Masuko et Anzu que je déjeunerais seul, avec Aneko. Cette dernière m’a entrelacé les doigts tout le long du chemin.

Dans les couloirs pour nous rendre à notre destination, nous avons croisé Yamaguchi et Maeda que nous n’avons pas vu depuis quelques semaines. Les deux garçons, les bras ballants, tentent d’esquiver autant notre regard que notre présence. Nous ne nous sommes pas salués. Quelque chose était différent, très différent.

Brrrrh, ce regard noir et cette expression effrayante, ils sont pires que Ryūji Takasu.

C’est parce qu’Aneko me tient la main ? J’en sais rien, et j’crois même que dans l’ fond, je m’en fous.

Peu importe, nous devons dans un premier temps résoudre le problème d’Aneko. C’est plus que prioritaire, son attitude et son comportement ont changé. Elle semblait avoir peur de tout le monde, souriant non par bonheur, mais pour camoufler son désarroi.

Nous nous agenouillons pour prendre notre repas. Cette fois-ci, nous avons la même chose à manger. Chizu nous avait préparé deux bentos identiques.

Sœurette, qu’est-ce qu’on ferait sans ta gentillesse.

Je remarquais que nous étions observés, voire même espionnés.

C’est Maeda derrière la porte ? Nan… Impossible, j’dois halluciner. Pourquoi il nous surveillerait ? Ça n’a aucun sens.

Pour faire disparaître mes doutes, je demande à Aneko.

— T’en penses quoi de Maeda-kun et Yamaguchi-kun ?

— Maeda-kun ? soupire-t-elle.

J’ai touché une corde sensible… Génial.

Elle abaisse ses yeux au sol puis ajoute.

— Pendant nos vacances, Maeda m’fait s’déclaration. Mais t’inquiète pô ! Je l’ai rejeté g’timent, parce que celui qu’j’aime… c…

Elle ferme ses paupières, serre ses poings, son visage se contracte, puis elle hurle.

— C’est toi que j’aime, chéri !

Bordel, j’vais m’évanouir… Pourquoi elle crie cette tarée !?

Mon cœur bat vite, il bat vite, trop vite…

Je garde le silence, laissant mon corps frissonner.

J’inspire un grand coup, puis elle continue.

— À partir de là, on ne s’est plus jamais parlé. Désolée de te l’avoir caché… chéri .

Il serait rancunier à ce point ?

L’heure a défilé à toute vitesse. Nous devons nous rendre au gymnase pour la seconde partie du festival.

Darling , tu as vu c’est un karaoké cette après-midi !

Le concert est devenu un karaoké ? soupire Kinari blasé.

On s’en sortira, jeune frère.

D’après notre présidente, le club de musique s’occuperait des instruments pendant que nous chanterions en cœur.

En chœur, idiot.

Le mot “ chœur ” fait trop activité de groupe pour moi.

Les musiques se sont enchaînées. J’ai assez rapidement remarqué que parmi l’ensemble des mélodies, je n’en connaissais aucune.

Zéro pourcent.

Darling , écoute ! C’est pour les otakus ça !

Period, de Chemistry, leur meilleur titre ! s’écrie Kinari otaku.

Finalement, ce karaoké n’est pas si mal. Même un otaku comme moi peut en profiter.

Je me lève, pose mon poing sur mon cœur, puis chante.

Le lien fort qui relie nos cœurs

Est quelque chose que je ne laisserai jamais tomber.

J’ai passé mon temps à chercher, et je suis finalement arrivé

À cet endroit, en cette période.

La chaleur qui s’est mélangée à l’amour remplit tout mon corps.

Mes souvenirs ne s’effaceront jamais plus.

— Tu fais flipper quand tu chantes avec autant de conviction, Kinari.

Tais-toi, l’héroïne des normies.

Le concert s’est lui aussi terminé sous un tonnerre d’applaudissements.

Eux aussi, ils ont bien travaillé.

J’approche discrètement Masuko et Anzu, puis leur murmure.

— J’ai besoin de vous parler de quelque chose.

— Toi ? Nous parler de quelque chose ? ricane Anzu.

Je vais lui faire subir la même torture qu’a éprouvée Kaneki, crie Kinari énervé.

Tu n’aurais pas fusionné avec Kinari otaku, l’psycopathe ?

Me confonds pas avec un cingle pareil !

Nous nous écartons de la foule, puis je leur raconte l’histoire de la lettre et leur fait part de mes soupçons contre Yamaguchi et Maeda.

— Sérieusement ? Maeda serait à ce point incontrôlable ? J’peux pas y croire…

— Je sais que ça paraît fou ! Mais c’est la seule piste que j’ai…

Nous établissons un plan. Anzu et moi irons surveiller la maison d’Aneko, tandis que les deux filles se rendront au parc. C’était le lieu où les deux garçons passaient la plupart de leur temps.

Je pense que c’est le meilleur moyen de confirmer mes soupçons.

— Nous commençons notre filature dès demain, les amies !

— Quelle prestance, l’otaku.

Je crois que c’est ironique.

N’en rajoute pas, l’binoclard.

— Laisse mon darling tranquille, il est trop classe !

La classe… la classe, hein ?

Nous rejoignons Aneko, en pleurs devant son casier. Elle tient une lettre entre ses mains tremblantes. Je jette mon sac au sol, accours vers elle et récupère le papier.

— J’en peux plus, chéri.

Elle s’effondre dans mes bras, pose sa tête contre mon épaule, puis ajoute.

— Je peux, chéri ?

— Vas-y.

Elle déverse des litres et des litres de larmes.

Bordel, j’vais fracasser celui qui lui a envoyé ça .

Je découvre son contenu.

Lâche ce moins que rien, il ne t’aime pas.

Qui peut écrire des horreurs pareilles, putain ça me répugne…

— Je te promets de tout faire pour trouver le coupable et le calmer.

C’est vrai qu’il a parfois la classe, cet idiot.

Period de Chemistry : Chanson du groupe Chemistry.

Kaneki : Personnage principal de l’œuvre Tokyo Ghoul.

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