Kirameku Sukafu
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Chapitre 22 – Rencontre avec Chizu.

J’ai vraiment le droit de revoir Sakai ?

Je repose l’album photo à sa place, et patiente qu’Anzu revienne.

Lui en parler serait une terrible erreur. J’fais quoi…

— Ça va, Kinari ?

— Oui, oui.

— Tu fais une de ses têtes, toi ! T’as vu un fantôme ou quoi !

Bien pire que ça…

— Allez, suis-moi, on va passer à table.

Je regarde mon assiette.

Un curry accompagné de riz, mon plat préféré…

— Tu aimes ça, n’est-ce pas, Kinari ?

— Oui, madame.

Une chose m’a perturbé.

Ce serait un hasard que parmi les nombreux repas potentiels qu’ils pouvaient préparer, ça tombe pile-poil sur ce que j’aime ? C’est bizarre. Trop bizarre.

J’analyse ses parents.

Peut-être vais-je avoir une révélation.

Sa génitrice, belle et gentille a le sourire aux lèvres quatre-vingts pourcent du temps, les autres vingt pourcent viennent du fait qu’elle est bavarde. Elle semblait assez inquiète pour sa fille, pour une raison que je n’arrive pas à lire.

Tout le contraire de ma mère.

Son géniteur était habillé à la perfection.

Un homme d’affaires sans doute.

Une cravate repassée vertueusement bien, très soucieux des détails. Il n’était pas grand parleur, dû au fait que sa fiancée était trop bavarde.

Tout le contraire de mon père.

— Alors, Kina… Yamazaki-kun, tu es dans la même école qu’Anzu ?

Tu le sais déjà, et ceux, avant son inscription. C’est maintenant certain, Akitoki Shimizu, et Ayame Shimizu ont un lien avec les parents de Sakai. Reste à savoir lequel.

— Oui.

Anzu tire ma manche à deux reprises, puis me chuchote.

— T’es sûr que tout va bien, Kinari ?

Que ferais-tu, Shinichi Kudo*, dans cette affaire-là ?

— Oui, oui.

Ce goût de curry possède une saveur bizarre. J’ai déjà goûté à ça…

Tu as découvert ma touche secrète, Yamazaki-kun ? C’est du….

Miel.

— Miel !

Évidemment, tout devient bien plus clair.

Lorsque j’avais mangé chez Sakai, sa mère m’avait préparé un plat, l’arôme dégagé était identique à celui-ci. C’était grâce à ce curry là que j’adorais tant ce plat.

— C’était délicieux, merci pour ce repas !

— Tu peux revenir quand tu le souhaites, Yamazaki-kun.

— Merci.

Anzu attrape mon poignet, puis me chuchote.

— Viens dans ma chambre, j’ai quelque chose pour toi.

Elle veut me l’avouer ? Parfait, tout sera bien plus clair comme ça.

Nous montons tous les deux et nous installons sur son lit. Elle étreint alors l’une de ses peluches puis me l’offre en souriant.

— Elle est pour toi, Kinari.

— Elle compte pour toi, non ?

— Oui.

— T’es sûr de vouloir me la laisser ?

— Oui, ça me tient à cœur de te la donner ! À vrai dire, ça fait aussi parti de mon rêve que tu la tiennes entre tes mains.

Son rêve ?

— Je… je vois.

Ce n’est pas un hasard. Elle souhaite sans doute me faire comprendre qu’elle est Sakai. Mais comment est-ce possible ? J’ai pas eu de nouvelle d’elle depuis plus de dix ans !

Je récupère la peluche, salue les parents d’Anzu puis rejoins mon appartement.

C’était quoi ce bordel ? Je suis perdu.

Moi-même je ne peux l’expliquer, me confie Kinari sérieux.

Revient là l’binoclard ! J’ai pas encore pu aiguiser mon Katana en tranchant ta sale tronche !

Quelle bande d’idiots.

Je suis finalement arrivé devant la porte de mon sanctuaire.

— Chizu ?

Aucune réponse.

Où peut-elle être ?

Chambre, salon, cuisine, tout est vide.

Je connais à la perfection ma petite sœur, l’unique endroit où elle peut être est le parc.

Pourquoi elle va là-bas, toute seule !?

Je traverse les rues à la vitesse de la lumière en surpassant les limites de mes propres muscles.

Plus rapide, beaucoup plus rapide.

J’accélère encore, ne regardant rien d’autre que ma destination au loin.

Cette fois-ci, j’aurais des explications sur ce que je ressentais il y a dix ans. Je dois savoir !

J’arrive en trombe devant ma sœur.

— Grand frère ?

— Chi…

Bordel j’suis épuisé.

J’inhale l’air et reprends ma respiration.

— Chizu ! Sors pas toute seule !

— La balançoire me manquait, grand frère.

Chizu…

Je m’installe à côté d’elle, et commence à me bercer.

— Tu t’es fait du souci pour moi, grand frère ?

— Oui.

— T’as vraiment la classe parfois.

— Ouais…

— Va plus haut, grand frère.

Je prends de l’élan.

— Direction les étoiles, grand frère !

Les étoiles ?

— C’est bien, maintenant saute !

J’obéis.

L’horizon est incroyable.

On aperçoit la mer et des dizaines, des centaines d’habitations qui bordent la plage. Chaque pièce est allumée, comme si c’était un chemin sacré.

— T’as vu à quel point c’est beau, grand frère ?

— C’est pour ça que t’es venue ici ?

— Tu sais, papa et maman me manquent. Alors je me rends encore régulièrement à cet endroit et j’observe les maisons. J’essaie d’imaginer la vie que chacune peut avoir. Elles doivent sûrement nager dans le bonheur, tu crois pas ?

— Sans… sans doute, oui.

— S’ils vivent heureux, je peux être qu’heureuse, non ?

Chizu…

— C’était bien chez Anzu ?

— Ouais… D’ailleurs j’avais quelque chose à te demander.

— Je t’écoute, grand frère.

— Pourquoi mon cœur bat plus vite parfois ?

— Parce que t’es amoureux, grand frère, me répond ma sœur en souriant.

Alors celui d’Aneko et de Masuko…

— Tu te souviens de Sakai ? Je t’en avais déjà parlé, je crois.

— Oui, c’était la fille avec qui tu jouais quand t’étais petit, pourquoi ?

— Je pense que cette fille, c’est Anzu.

— Anzu ? me dit-elle en ricanant.

Je sais bien que ça paraît fou, et pourtant, tout concorde…

— Oui. J’ai retrouvé la même peluche que celle que j’avais offerte à Sakai chez elle. Je suis aussi tombé sur une photo de moi lorsque j’avais cinq ou six ans.

— C’est flippant ton truc, là. Et ton cœur bat plus vite quand t’es avec Anzu ?

— Non. Mais je me souviens qu’il réagissait comme ça quand j’étais petit avec Sakai.

— Tu peux être mignon quand tu le veux, idiot.

N’en rajoute pas, c’est déjà assez gênant comme ça.

— T’as abandonné ton monde d’otaku, grand frère ?

— Depuis que je suis rentré dans le club de littérature, ma vie s’est chamboulée. J’ai découvert des personnes aussi adorables que toi.

— Grand frère…

Laisse-moi finir, idiote.

— Enfin, tout ça pour dire que j’essaie de vivre dans un univers similaire à celui dans lequel mes amis sont bloqués.

— C’est bien la première fois que t’emploies le mot ami , grand frère. Je suis heureuse pour toi !

Je garde le silence et contemple le crépuscule.

Cet univers en 3D… c’est normal qu’il soit si mystérieux ?

— Ça paraît quand même très irréaliste que tu retrouves la fille que t’as connue il y a dix ans. Tu devrais peut-être attendre qu’Anzu te confirme qu’elle est bien celle avec qui tu jouais quand t’étais plus petit, comme ça tu seras fixé.

— T’es sûr, Chizu ?

— Oui, grand frère.

Mais je vais réussir à faire comme si je savais rien ?

— Tu sais grand frère… J’espère vraiment que tu seras quelqu’un de normal un jour. Ça me rendrait tellement heureuse que tu retires ton côté otaku lugubre…

Quelqu’un de normal…

— Bon, ça caille ! On rentre, grand frère ?

— Ouais…

Chizu n’est pas une simple sœur, c’est aussi une merveilleuse conseillère sur mes émotions. Depuis que Sakai était partie, j’avais renfermé mes sentiments sur moi-même et c’est elle, qui enlevait petit à petit, l’ombre qui me recouvrait.

Shinichi Kudo : Personnage principal détective. ( Détective Conan )

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