Chapitre 2 – Défenseur Partie 2
Le voyage entre les mondes de Rintam l’ambitieux, et Gron le gobelin faillit mal se passer. En effet tous deux voulurent quitter la protection offerte par leur bulle de voyage, pour se jeter sur de puissantes tentations. L’ambitieux voulut se rouler sur un tas d’or plus haut qu’une montagne. Tandis que le gobelin vit quelque chose qui hantait ses rêves les plus fous, qui provoquait chez lui un comportement proche de l’hystérie, qui le remplissait d’une joie indescriptible quand il arrivait à s’en procurer un peu. Il s’agissait du mythique shampoing Sior.
Gron le bêta avait à portée de main des dizaines de litres de Sior, donc de quoi avoir des cheveux très beaux pendant des années. Il savait que les autres gobelins se moquaient fréquemment de ses tendances à respecter l’hygiène et sa beauté extérieure. Mais cela n’empêchait pas le bêta, de considérer comme vital d’avoir un corps régulièrement lavé, et des cheveux entretenus. Sior s’avérait un shampoing aux effets surnaturels, il suffisait d’en mettre un peu sur les cheveux pour provoquer la mort des poux les plus résistants. Une application permettait d’être débarrassé pendant des mois des pellicules, il provoquait la repousse des cheveux chez les chauves. Ainsi un individu qui aspergeait le haut de son crâne sans cheveu avec un peu de Sior, pouvait se retrouver quelques heures plus tard avec une chevelure abondante et soyeuse.
Heureusement pour Rintam et Gron, les démons qui essayaient de les pousser à tomber dans un piège mortel, se disputèrent. Résultat les effets de leur sort se dissipa. L’ambitieux et le gobelin virent que l’objet de leur convoitise, s’avérait une illusion bien conçue certes, mais tout de même une illusion. Tous deux purent continuer sains et saufs leur voyage entre les dimensions. Plus tard ils apparurent au milieu d’une plaine avec surtout de l’herbe aux alentours.
Gron : Maître c’est bizarre il me semble que nous ne sommes pas dans le monde de Cérumane.
Rintam : Moi aussi, aurais-je été mal concentré durant l’incantation de voyage surnaturel ?
???? : Si vous êtes perdu je peux vous aider.
Rintam : Je suis Rintam le génie du mal, je recherche le dénommé Cérumane.
???? : Génie du mal c’est un synonyme de méchant ?
Rintam : En effet on peut dire que je suis très méchant, homme masqué.
???? : Dans ce cas là, pouvoir de la justice transforme moi.
L’homme masqué fut enveloppé par une lumière forte, qui obligea Rintam l’ambitieux à baisser les yeux. Puis quand la lumière cessa, l’ambitieux vit que son interlocuteur avait radicalement changé de tenue. À la place de sa veste en lin et de son pantalon en cuir, il avait un costume bleu en coton, et un casque intégral en plastique. L’homme possédait un b brodé au niveau du torse, et au niveau du ventre il y avait un dessin de balance cousu. Le casque était de forme ronde, et aussi de couleur bleue, il comportait une visière du même ton que le costume.
L’homme amplifia son côté ridicule en exécutant une chorégraphie particulière. Il effectua pendant soixante secondes, des mouvements d’une mystérieuse danse, il se mit à marcher sur les mains, et à faire des ronds avec les pieds. Enfin il termina sa prestation spéciale en se remettant debout, en formant une sorte de triangle avec ses mains jointes en les déposant au sommet de sa tête, tout en ponctuant la partie finale de sa démonstration avec le son tada.
Rintam (étonné) : C’est quoi ce délire ?
???? (très fier de lui) : Je suis Baoman bleu, le défenseur du bien. Prépare-toi à mourir vil suppôt du mal.
Rintam : Peux-tu m’expliquer pourquoi tu as gesticulé pendant presque une minute ?
Baoman : Ce que tu appelles des gesticulations, était ma danse de présentation. C’est une tradition destinée à inspirer la peur aux méchants.
Rintam : Tu fais plutôt rigoler qu’impressionner Baoman.
Baoman : Si tu crois que je n’ai pas remarqué ta frayeur, tu te trompes gravement.
Rintam : Boule de feu majeure, brûle mon ennemi.
Baoman malgré son assurance ne parvint pas à esquiver ou à se protéger des flammes. Son corps fut victime d’une attaque de feu qui le transforma des pieds à la tête en torche. Il eut quand même le réflexe de se rouler par terre pour éteindre les flammes, et il parvint à étouffer à la longue le brasier dont il était victime. Son costume demeurait relativement intact, mais la chaleur étouffante suffit à le martyriser. Baoman subit une telle douleur qu’il devrait s’évanouir, mais il eut le temps de prononcer une phrase avant de tomber inconscient.
Rintam eut la satisfaction d’observer un résultat intéressant, non seulement il fit très mal à un ennemi avec du feu surnaturel, mais il ne fut éjecté que sur une distance de deux mètres en invoquant des flammes.
Baoman : Argh ce n’est pas possible, le bien triomphe toujours normalement.
Rintam : Il n’y a plus qu’à retourner au donjon, maintenant que le bouffon bleu est mort. Quoique non je veux voir le visage de Baoman.
Baoman était dans un sale état à cause du sort de Rintam, même si sa tenue ne s’avérait pas trop endommagée. L’ambitieux en ôtant le casque de son ennemi eut un choc, car il découvrit un visage plutôt laid, couvert de cicatrices. De plus le visage se caractérisait par l’absence de nez, de grosses verrues au front, et une bouche déformée. Pendant un moment Rintam se demanda si Baoman était d’ailleurs humain, mais après mûres réflexions, l’ambitieux se dit qu’il avait juste affaire à un homme hideux. Suite à son échec l’ambitieux entreprit de retourner dans son donjon, de remettre à plus tard sa quête de Cérumane. Il rencontra au détour d’un couloir un orque avec une grosse épée mal aiguisée sanglée dans le dos, et dans chaque main un chiffon.
Orque : Maître Rintam, vous êtes plein de poussière laissez-moi vous essuyer.
Rintam : Tu es bien prévenant, au fait es-tu guéri ?
Orque : Je n’ai pas été malade ces derniers temps.
Rintam : Tu faisais une fixation sur la poussière censée te faire devenir riche.
Orque (exalté) : Inutile de faire semblant, une source proche de vous m’a informé de l’origine de vos richesses.
Rintam : Bon tu m’énerves, allez disparais.
L’ambitieux conçut des projets pendant que son orque s’éloignait joyeux.
Rintam (pense) : Il se fait tard, demain Gron et moi on retentera d’aller dans le monde de Cérumane.
Gron après avoir frappé à la porte de la chambre de son maître fut invité à y rentrer le lendemain matin. Cet endroit en plus d’un lit confortable, se caractérisait par un bureau et ses étagères remplies d’ingrédients en rapport avec des sorts de magie noire, des crapauds, des serpents, des os d’humains, des champignons vénéneux, et surtout ses livres de poèmes lyriques composés par Rintam afin de se rendre hommage à lui-même.
Gron : Bonjour maître, vous avez bien dormi ?
Rintam : J’ai fait un cauchemar horrible, où je me comportais comme un bienfaiteur, j’ai failli crier quand je me suis réveillé.
Gron : Ne vous en faites pas, vous êtes le pourri parmi les pourris, même un dieu majeur ne pourrait vous contraindre à être gentil.
Rintam : Tu as raison je suis un grand méchant, je suis destiné à être la crapule la plus crainte de tous les temps.
Gron : Pourtant quand il fait un temps froid vous ressortez souvent une petite laine qui vous ridiculise un peu.
Rintam ne fut déstabilisé que trois secondes, il apprit à développer une certaine résistance à l’étonnement à force d’être confronté aux raisonnements spéciaux de Gron.
Rintam : Gron je suis charismatique peu importe le climat.
Gron : Sauf quand il fait froid.
Rintam : Continue Gron et tu feras connaissance avec monsieur gifle voire coup de poing.
Gron (sincère) : Je n’ai jamais entendu parler d’une personne qui s’appelait gifle, il vient d’un autre pays ?
Rintam (exaspéré) : Continue à faire le mariole Gron et tu auras mal !
Gron (toujours sincère) : Merci de me prévenir que monsieur gifle est très strict.
Rintam hésitait entre se pendre ou gifler Gron, finalement il opta pour la baffe.
Rintam : Il est temps de retenter de voyager dans le pays dominé par Cérumane.
Rintam et Gron voyagèrent de monde en monde, et retombèrent sur la même plaine qu’hier.
Gron : Revoilà le bouffon, il est résistant.
Baoman (joyeux) : Ha, ha Rintam ton heure a sonné, tu vas déguster. Transformation en Baoman rouge.
Encore une fois une danse ridicule fut exécutée par Baoman.
Rintam : Hormis le fait que tu as changé la couleur de ton costume, qu’as-tu modifié chez toi ?
Baoman : Rien, mais je suis quand même sûr de l’emporter, un costume rouge rend beaucoup plus fort que des habits bleus.
Rintam (dépité) : Gron c’est incroyable, j’ai trouvé encore plus débile que toi. Que mes éclairs magiques te transpercent.
Baoman : Argh, j’ai été encore une fois battu, mais la justice finira par triompher.
Rintam : Bon cette fois le bouffon est bien trépassé. Il n’y a plus qu’à retourner au donjon et, à tenter après le repas de midi un nouvel essai de voyage à travers les dimensions.
Gron : Maître vous savez un habit rouge, cela peut effectivement augmenter la puissance musculaire, si l’on respecte certaines autres conditions. Notamment si l’on porte un pantalon jaune, que l’on s’attache les pieds, que l’on a un brocolis moisi dans la bouche, et que l’on a eu des relations sexuelles avec un humain boiteux dans l’heure. Si toutes les conditions sont remplies, la force physique augmente de 0.001% durant dix minutes.
Rintam (ironique) : Pourquoi ne pas boire en plus un litre de vinaigre pur ?
Gron : Je ne suis pas certain que cela soit efficace. Par contre boire un litre d’alcool à quatre-vingt-dix degrés, pourrait augmenter très légèrement les effets positifs de mon rituel.
Rintam : Gron ton rituel est totalement idiot, il va juste te rendre malheureux, et te mettre l’estomac dans un triste état. Je t’ordonne de l’abandonner définitivement.
Gron : J’ai l’impression que vous êtes jaloux, du fait que j’ai inventé une cérémonie magique originale.
Rintam : Pas du tout, autrement quel est le nom de ton rituel complètement bête ?
Gron : La grande et magnifique cérémonie d’amplification extraordinaire et incroyable de la masse musculaire, qui permet de pouvoir soulever beaucoup plus facilement des haltères.
Rintam : C’est un peu long comme nom.
Gron : En fait c’est moins d’un dixième du nom entier de mon rituel.
L’abattement s’abattit telle une chappe de plomb sur Rintam, ce qui permit à Gron de commencer à déclamer le nom entier de son rituel totalement naze. Pendant ce temps l’ambitieux hésitait entre appliquer l’option baffe ou coup de poing sur le gobelin.
Rintam était quand même impressionné par son assistant qui mentionna un rituel avec une appelation de plus de quatre mille mots sans marquer de pause pour respirer. Cependant cet effort n’était pas sans conséquence sur le gobelin, qui était à deux doigts de s’évanouir. Devant ce spectacle la pitié l’emporta sur la colère chez Rintam, donc il n’employerait pas la violence physique contre Gron pour cette fois.
Rintam : Oublie ta cérémonie, on rentre maintenant. Je le répète une nouvelle fois, tu ne récolteras que de la tristesse pour toi et ton estomac si tu mènes jusqu’au bout ton rituel.
Gron : Et si je racontais des histoires drôles à mon estomac ? Cela pourrait combattre les inconvénients de mon rituel.
Rintam : Hein ?
Gron : Les blagues cela aident à annuler la tristesse.
Ainsi Gron pencha son dos pour tenter d’amener sa tête près de son estomac. Rintam qui n’en croyait pas ses yeux en resta bouche bée.
Gron : Alors c’est l’histoire d’une saucisse.
Rintam (se fâche) : Gron cela suffit maintenant. On arrête le délire.
Gron : Vous avez raison.
Rintam : Ah tu deviens enfin raisonnable.
Gron : Je m’étais mal positionné. Je racontais des calembours à mon cœur, et non mon estomac.
Rintam (larmoyant) : Au secours, à l’aide !
