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Chapitre 17-2 – Erreur

Chapitre 17-2 – Erreur

Ainsi une courte poursuite haletante s’engagea. Heureusement pour Rintam si les orques avaient une force jugée comme fréquemment surhumaine selon les critères des hommes, par contre ils courraient quand même souvent à une vitesse comparable à celle de personnes ordinaires.

Néanmoins l’ambitieux commençait à souffrir de son escapade. Il savait qu’il devait continuer à détaler, mais les premiers symptômes gênants commençaient à apparaître, notamment des points de côté. Gron de par son tempérament lâche et son entraînement à la fuite aurait pu aisément distancer son maître. Cependant il se mettait à sa hauteur, car il était la seule protection alliée dont disposait son chef en cas d’altercation.

Certes un gobelin qui brandissait un couteau contre un groupe d’orques beaucoup plus forts physiquement, et dotés d’épées longues et épaisses capables de le décapiter sans problème, c’était un rempart à priori dérisoire à première vue. Mais Gron voulait défendre quand même l’ambitieux. Il avait de nombreux défauts et il avait un tempérament couard, mais il pouvait se montrer dévoué à l’égard de Rintam dans les situations difficiles de par sa fidélité. Cependant cela n’empêchait pas les orques de se rapprocher dangereusement.

L’ambitieux utilisa beaucoup de sa magie aujourd’hui, il n’était plus en état de recourir à un sort puissant. Quant à Gron même s’il avait aussi des pouvoirs magiques, il n’était pas possible pour lui de décimer à coups de flammes surnaturelles, ou d’autres moyens mortels plus d’un dixième de leurs poursuivants. D’ailleurs il s’abstenait de recourir à la magie offensive, pour éviter de rendre encore plus furieux leurs ennemis orques, et aussi de créer une rancune qui rendrait impossible la reconquête du donjon.

Il fallait néanmoins qu’un sacrifice soit opéré pour distraire momentanément les orques. Ces derniers venaient trop près pour qu’ils soient envisageables d’arriver à les semer sans que Rintam ou Gron ne se dévoue pour sauver son compagnon. Il faudrait probablement qu’un des deux camarades choisisse de donner sa vie pour l’autre.

Mais Uphir le démon majeur veillait, il voulait que l’ambitieux soit torturé atrocement, pas qu’il ait le droit à une fin rapide. Aussi Uphir diminua avec un sort de façon subtile mais quand même notable la vitesse de course des orques, offrant un répit salutaire aux poursuivis.

Rintam oeuvra aussi à sa sauvegarde personnelle au moyen de sorts. Il arriva quatre fois sur cinq à générer des crampes d’estomac très douleureuses sur les orques proches de lui. Il eut quelques ratés, mais rien de significatif comparé à ce qui lui arrivait dans le passé.

Rintam (qui court) : Pourquoi allons-nous vers la forêt millénaire ?

Gron : Les orques ont une peur terrible de cet endroit. Même pour toute la viande du monde ils n’oseront pas y pénétrer. Victoire nous sommes à l’intérieur des bois.

Rintam : Gron as-tu dans tes affaires de l’or ?

Gron : Non je n’ai pas pu accéder à la salle au trésor.

Rintam : Incapable quand tu as frappé à ma porte, j’aurais dû te laisser dehors.

Gron : Vous êtes cruel, pour vous je fais plein d’efforts.

Rintam : Sans or je suis condamné à dépérir. Ce métal jaune est essentiel à ma survie, il m’apporte force et réconfort.

Gron : Il ne faut pas exagérer, l’or n’est pas vital pour votre corps.

Rintam : Ah que quelqu’un m’apporte de l’or, et je te vendrai sans remords.

Gron : Permettez-moi de ne pas être d’accord.

Rintam : Pour de l’or, je me ferais une joie de faire de toi un gobelin mort.

Gron : Ce n’est pas la peine de se disputer, cela ne fera qu’aggraver notre sort.

Rintam : Tu es bête mais parfois sensé, comme tu peux encore m’être utile, je ne vais pas te saigner comme un porc. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi a t’on parlé en faisant des rimes.

Gron : Il s’agit sans doute d’une farce des farfadets de la forêt. Ne vous en faites pas les plaisanteries de ces êtres sont inoffensives. Avez-vous faim ?

Rintam : En effet l’appétit me vient.

Gron : Dans ce cas je vais me mettre en chasse. Mon sac contient un peu de viande séchée, mais je pense que vous êtes plus tenté par du gibier frais.

Rintam : Je t’accompagne, tu as certes beaucoup plus d’expérience que moi dans le tir à l’arc. Mais il me suffira de quelques minutes pour te dépasser, étant donné mon incroyable talent pour apprendre.

Gron : Maître malheureusement il y a un domaine où vous n’êtes pas très doué, il s’agit du maniement des armes. Il vous a fallu vingt ans d’efforts soutenus pour viser correctement avec une fronde une cible se trouvant à moins de dix mètres de vous.

Rintam : Je maintiens que je suis capable de devenir très rapidement un virtuose de l’arc.

Gron : Très bien essayez d’envoyer des flèches sur ce gros tronc. Si d’ici une demi-heure vous ne l’avez pas touché, ce sera moi qui m’occuperai de viser les animaux que vous voudrez manger.

Rintam enchaîna les tirs peu glorieux sur l’arbre. Il épargna au végétal le contact avec des flèches. Il voulait battre le record de Gron capable de toucher un pin épais se situant à cinquante mètres de lui. L’ennui venait que cette performance lui était pour le moment inaccessible, donc il se contentait pour le moment de faire des trous dans le sol, ou faucher de l’herbe à coup de projectiles.

Rintam : Zut je n’ai plus de flèches dans mon carquois. Très bien tu as gagné Gron, ce sera toi qui feras l’archer.

Gron : Tout le monde a des faiblesses maître, même un génie comme vous ne peut pas être bon partout.

Rintam : C’est vrai, par exemple toi tu as beaucoup de défauts intellectuels.

Gron : C’est vrai mais je progresse tous les jours grâce à votre influence positive. Par exemple je sais désormais qu’un bâton c’est moins efficace qu’un balai pour déplacer les feuilles des arbres.

Rintam : Tu me fais mal à la tête Gron.

Gron : Moi aussi j’ai souvent mal à la tête, surtout que je passe le balai, je me cogne souvent la tête contre le manche.

Rintam : Tu n’as rien prévu pour être moins maladroit ?

Gron (fier) : Je porte un casque en fer quand je balaye, cela m’évite des désagréments.

Rintam (ton rempli de désespoir) : Et tu es un de mes subordonnés les plus intelligents, je me sens particulièrement las. Tiens un cerf.

Gron : Je n’aperçois rien du tout, le cerf s’est enfui ?

Rintam : Lèves donc le nez en l’air et tu comprendras.

Gron (effrayé) : Enfer un cerf !



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