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Chapitre 24 – Labyrinthe

Chapitre 24 – Labyrinthe

Gron, Rintam et le décurion avaient emprunté une voie souterraine composée de tunnels de pierre grise qui menait là où habitait l’ennemi qui leur avait envoyé, un paladin, des ogres, des nains, une mère aimante. Malheureusement le trio rencontra des problèmes.

Gron : Je sens une très grande puissance magique dans les environs.

Rintam (rempli de peur) : Moi aussi, j’espère me tromper sur l’identité de celui que je détecte, sinon nous sommes morts.

Décurion : Que craignez-vous maître ?

Rintam : J’ai peur de devoir affronter un avatar du Néant, seuls les plus grands héros ou les plus puissants archimages, sont capables de survivre face à cette entité redoutable.

Décurion : Je croyais que le Néant avait été vaincu lors d’une longue et terrible guerre.

Rintam : Le Néant a été battu, mais pas anéanti, son essence a été divisée en plusieurs morceaux. Quelquefois des mages téméraires essaient d’obliger un avatar du Néant à les servir.

Décurion : On pourrait toujours rebrousser chemin pour éviter l’avatar.

Rintam : Malheureusement si j’ai pu sentir l’avatar, cela doit être également son cas. Donc il vaut mieux continuer.

En effet deux minutes plus tard Rintam et ses compagnons tombèrent sur la créature redoutable. Il s’agissait d’un être vivant qui adopta l’apparence d’un chaton, mais d’une taille gigantesque, vu qu’il mesurait la taille d’un tigre adulte. En outre il exsudait une aura ténébreuse, et sa puissance était si intense que même ceux nuls en magie ressentaient le pouvoir surnaturel de l’avatar.

Rintam avait l’impression que s’il regardait plus de trois secondes les yeux complètement noirs de la créature, il verrait son âme aspirer et servir de nourriture à un être âgé peut-être de plusieurs millénaires. L’ambitieux était confronté à une entité capable de dresser des plans si complexes, qu’en comprendre seulement un dixième de ses tenants et aboutissants s’avérait une tâche impossible, même pour les mortels les plus intelligents.

L’avatar semblait peu hostile et même d’humeur plutôt joueuse, ce qui n’était pas forcément une bonne nouvelle. Cela pouvait présager des quêtes et des énigmes impossibles à résoudre, assorties de tortures atroces. Cette créature aimait bien à certains moments proposer des récompenses alléchantes à ses défis extrêmes. Elle pouvait beaucoup promettre, comme des pouvoirs fabuleux, la jeunesse éternelle, une richesse financière incroyable. Mais les gens sensés feraient mieux dans la plupart des cas de chercher à refuser un arrangement avec l’avatar, et de le combattre de manière impitoyable.

En effet cette créature comme beaucoup de ses semblables avait une façon assez particulière de présenter les choses. Elle aimait donner une allure anodine et accessible à des épreuves que même un dieu majeur pourrait dans certains cas avoir du mal à accomplir.

Avatar : Bienvenue pauvres mortels, je suis l’alpha et l’oméga, j’étais là au début des temps, et je survivrai bien après la destruction de cette planète, je suis un avatar du Néant. Comme je suis de bonne humeur je veux bien vous épargner si vous répondez à une énigme. Qui est volontaire pour l’épreuve ?

Gron : Moi je me sens très intelligent aujourd’hui.

Décurion : On est morts ! Gron toi et les énigmes cela fait deux. Content de vous avoir connu maître.

Avatar : Combien font deux plus trois plus six plus neuf plus sept, moins cinq plus un moins quatre etc (trois heures plus tard et quelques milliers d’équations ensuite).

Gron : Un million quatre cent mille.

Avatar : Tu as donné la bonne réponse je te félicite.

Décurion : Gron qui résout une énigme mathématique extrêmement difficile, c’est n’importe quoi, je sais je dois être en train de rêver.

Rintam : Gron est une tête en mathématiques, il est capable de déchiffrer des équations très complexes.

Avatar : Gron en récompense de ta performance, je peux t’accorder un pouvoir, que veux-tu ?

Gron : Je veux avoir la faculté de transformer l’or en eau salée.

Avatar : C’est un vœu inattendu, mais soit. Que Gron bénéficie d’un nouveau pouvoir.

Rintam : Gron espèce d’imbécile, pourquoi as-tu voulu d’une capacité mystique idiote ?

Gron : Les bains d’eau salée sont bons pour mes pieds.

Rintam : Avec de l’or tu peux te payer un long séjour à la mer. De plus l’océan est à moins de deux heures à cheval du donjon.

Gron : Effectivement j’ai peut-être commis une bêtise. (enthousiasme croissant) Quoique, si je transforme les tonnes d’or que vous avez en eau salée, vous subirez une inondation, et vous pourrez toucher une formidable indemnisation grâce à ce contrat, vous recevrez une cuillère en bois en compensation. Or même si un couvert cela paraît un objet anodin, il mérite le plus grand respect parce qu’il s’agit d’un mot sacré.

Rintam : Hein ?

Gron (très joyeux) : Recevoir une cuillère en cadeau en échange de beaucoup d’or c’est un don des dieux, c’est une occasion à ne pas négliger, un signe à respecter. Car le mot cuillère qu’il s’agisse d’un couvert ou d’autre chose c’est sacré, c’est une partie importante d’une catapulte, l’endroit où l’on pose les projectiles. Et la catapulte c’est la vie, la meilleure raison de se lever le matin. Alors maître qui c’est le champion ?

Rintam : Tu es le champion absolu des idiots ! Toutefois je dois te féliciter pour nous avoir tiré d’un terrible guêpier. J’annule les retenues que je pratique sur ton salaire.

Gron : Merci maître.

Rintam et ses camarades arrivèrent tout près du principal accès au Labyrinthe maudit. Il s’agissait d’un endroit très noir, non seulement à cause de l’obscurité ambiante, mais aussi par la faute des murs noirs, ainsi que le plafond et le sol. Il était nécessaire d’avoir une torche ou une autre source de lumière pour éviter de se perdre dans le Labyrinthe. Il mesurait une taille immense vu qu’il était plus grand qu’une ville capable de contenir cent mille habitants. Il se caractérisait par son extrême solidité. Bien qu’il ait plusieurs millénaires, et subi des dizaines de tentatives de destruction, il s’avérait pratiquement totalement intact.

Le Labyrinthe passait pour regorger de trésors, mais les érudits qui connaissaient l’existence de l’endroit invitaient très fortement à ne pas tenter l’aventure d’y pénétrer. Même un groupe de vétérans de la guerre spécialistes des pièges retors et des énigmes vicieuses auraient un mal fou à le traverser.

En effet atteindre la salle des trésors au centre du Labyrinthe relevait presque de l’impossible. Toutefois Rintam et ses camarades n’auront sans doute pas à relever toutes les embûches du lieu, ils affronteront des périls majeurs, mais ils se contenteront d’aller de l’entrée principale du Labyrinthe vers un accès secondaire. Ils s’enrichiront plus tard, leur priorité absolue était d’éliminer le rival de Rintam, celui qui envoya des assassins, et plusieurs armées pour récupérer l’orbe de toute-puissance.

Rintam réfléchit, et il se dit qu’il ferait mieux d’aller seul au-devant du péril. Cela lui apporterait davantage de prestige s’il arrivait à vaincre seul Bombir, son rival. Cependant comme il était de très bonne humeur, il décida de la jouer persuasif, et non autoritaire.

Rintam : Nous sommes devant l’entrée du Labyrinthe maudit, si vous voulez rebrousser chemin, c’est maintenant ou jamais. Je ne vous en voudrai pas, si vous me laissez continuer seul.

Gron : Maître votre proposition est gentille, mais j’ai juré de vous suivre jusqu’aux Enfers s’il le fallait.

Décurion (légèrement sarcastique) : Gentille peut-être, mais aussi intéressée, si vous arrivez à survivre seul maître, vous n’aurez pas à partager les trésors de notre ennemi l’archimage.

Devant le regard furieux de Rintam, Caius changea de sujet.

Décurion : Quelles sont les caractéristiques du Labyrinthe maudit ?

Rintam : Une roulette spéciale doit être activée tous les cent mètres environ. Elle détermine si celui qui pénètre dans le Labyrinthe obtient une récompense, ou doit subir un danger. Il est impossible de voyager dans le Labyrinthe sans déclencher de roulette.

Gron : Maître je souhaite activer la première roulette.

Décurion : Cela ne me semble pas une bonne idée.

Rintam : Les deux premières roulettes du Labyrinthe génèrent des dangers peu périlleux, ou des récompenses très mineures. Donc nous n’avons pas grand-chose à craindre.

Gron : Alors j’ai fait apparaître un traquenard, mais ce n’est pas grave, il s’agit d’un Clazor de niveau un. Je peux neutraliser sans problème la porte piégée qui nous bloque le passage.

Décurion : Gron tu n’as aucune chance d’y arriver.

Gron : Cette fois je suis sûr de tenir mon outil à l’endroit.

Décurion : Oui mais ce n’est pas suffisant pour garantir ta réussite.

Gron : Et pourquoi je vous prie ?

Décurion : C’est plutôt difficile de s’occuper d’un piège avec une cuillère en bois.

Gron (gêné) : Euh, je faisais semblant de faire le pitre.

Décurion : Je crois au contraire que tu étais très sérieux. Bon laisses moi faire.

Le décurion essaya de crocheter la serrure du piège baptisé Clazor, sans se faire électrocuter. Il ne risquait en cas d’échec qu’une légère décharge électrique un peu désagréable. Mais il s’appliqua quand même à neutraliser avec soin le traquenard. Gron de son côté n’aurait pas été contre un échec de la part du décurion. Il se demanda d’ailleurs s’il ne devrait pas comploter pour provoquer un fiasco. Certes il s’agissait d’une attitude mesquine, mais Gron commençait à en avoir sérieusement marre de se faire piquer la vedette par son ami.

D’ailleurs il se questionnait sur l’efficacité de l’outil du décurion, il se demandait si choisir une cuillère n’aurait pas été la solution idéale pour s’occuper du traquenard, plutôt qu’une pince crocheteuse. D’accord la cuillère n’était pas l’outil le mieux réputé pour neutraliser un piège. Cependant après réflexions Gron s’avérait persuadé qu’il aurait été capable de neutraliser en quelques minutes voire même secondes le Clazor avec sa super cuillère.

Il prit de nombreuses précautions pour garantir son triomphe, par exemple il usait tous les jours d’un chiffon propre sur son couvert. Certes la propreté d’une cuillère passait peut-être pour un élément secondaire auprès de nombreux amateurs de crochetage, mais il n’empêchait que Gron était certain d’avoir opéré le bon choix en misant sur une cuillère, plutôt qu’un outil de serrurerie plus traditionnel.

La preuve le décurion mit trente secondes à s’occuper du Clazor, alors que Gron jugeait qu’en moins de deux secondes l’affaire était conclue de manière heureuse avec sa cuillère. Il pensait d’ailleurs s’attaquer aux banques et aux résidences les mieux gardées, avec son couvert. Plus il réfléchissait plus il estimait qu’il avancerait vers le triomphe avec sa cuillère en bois. Surtout que la cuillère était un mot super-béni en lien avec les catapultes, sans cuillère impossible d’employer des rochers ou d’autres projectiles avec une catapulte. Donc Gron pensait formellement défendre le raisonnement intelligent en s’obstinant avec sa fixation sur la cuillère.

La première demi-heure de progression dans le Labyrinthe se déroula sans grand incident, surtout que c’était le décurion qui s’occupait des pièges. Mais la chance cela finit toujours par tourner.

Gron : Le Labyrinthe maudit est plus facile d’accès que je le pensais.

Rintam : Nous avons eu de la chance jusqu’à présent, mais les choses sérieuses vont bientôt commencer à mon avis. Décurion à toi l’honneur de déclencher la roulette.

Décurion : La roulette indique le chiffre cinq cents, qu’est-ce que cela veut dire ?

Rintam : Cinq cents est le degré de difficulté maximale, nous allons être confrontés à un piège très retors, ou à un combattant terrible.

Décurion : Je crois que la roulette a mal fonctionné, tout ce que je vois devant nous, c’est un vieux gobelin avec un seul bras, qui semble aveugle de surcroît. Je m’en charge, pousses toi vieillard je ne veux pas te faire de mal. On résiste très bien, quel est ton nom ? Ah je vois tu n’as pas de langue.

Rintam : Décurion bats-toi à fond, j’ai un mauvais pressentiment.

Décurion : Cela n’est pas nécessaire maître, mon adversaire est inoffensif, argh, ouille.

Le décurion s’était avancé sûr de sa victoire vers son ennemi. Il avait l’intention de lui donner un petit coup de poing pas trop fort afin d’éviter de trop blesser un vieux gobelin nu. Mais il eut la désagréable surprise de subir une cuisante humiliation, non seulement son ennemi bloqua facilement l’attaque du décurion, mais il lui suffit de lui asséner deux baffes pour le sonner à moitié. Son adversaire le gobelin avait beau mesurer seulement un mètre dix soit plus de cinquante centimètres de moins que le décurion, et sembler usé par le temps, il témoigna une vivacité splendide, digne d’un serpent.

Certes il appartenait à une race d’êtres à la peau verte, réputée pour leur couardise, et leur capacité à ressentir la peur dans nombre de situations. Cependant il se caractérisait quand même par un excellent talent de combattant. Il n’avait pas d’armes pour se défendre, mais il pensait avoir plus qu’assez avec un bras valide pour flanquer une raclée à Rintam et ses subordonnés. Il se tâtonna d’ailleurs pour savoir s’il combattrait maintenant en sautillant sur un seul pied, ou s’il fera l’honneur d’user de ses deux jambes contre ses trois adversaires. Finalement le vieux opta pour un minimum de prudence, il ne sautillerait pas sur un pied.

Même s’il était assez certain de ses chances de victoire, il serait peut-être confronté à une surprise de la part de Gron son congénère dans le camp adverse, ou de Rintam le mage. Le vieux sentait que ses ennemis ne lui arrivaient pas à la cheville, cependant si ce combattant survécut jusqu’à un âge avancé de soixante-dix ans, soit un temps d’existence vénérable pour ceux de sa race, cela venait en partie à cause d’un certain sens de la prudence.

Rintam : Cela va bien décurion ?

Décurion : J’ai mal, mais autrement je suis en un seul morceau. Maître vous pouvez m’expliquer comment un aveugle peut parer avec aisance les coups d’un guerrier entraîné qui voit très bien ?

Rintam : Ton adversaire maîtrise sans doute les yeux de l’esprit, une technique de clairvoyance, qui permet aux aveugles de mieux anticiper les coups et les dangers qu’une personne ayant une bonne vue.

Gron : Bon c’est à mon tour, je vais neutraliser à coup de sort, l’ennemi.

Décurion : Vous ne connaissez pas de sorts offensifs utilisables en situation de combat Gron.

Gron : C’est vrai mais je vais quand même l’emporter grâce à ma super capacité spéciale, mon enchantement qui fait tomber les poils déstabilisera mon adversaire.

Décurion : Gron ce sort est complètement inutile. Vous allez vous couvrir de ridicule.

Gron : J’ai réussi à détourner l’attention d’animaux dangereux pour les gobelins, comme les ours grâce à ma faculté. Je ne vois pas pourquoi j’échouerai.

Décurion : Votre adversaire est complètement glabre.

Gron : Ah oui, mon pouvoir risque de manquer d’efficacité dans ce cas, mais j’ai plus d’une corde à mon arc. Peaux de banane apparaissez et envahissez les alentours. Maintenant qu’il y a plein de peaux glissantes, mon adversaire aura du mal à esquiver.

Décurion (bien en colère) : Vous êtes aussi concerné par le sort, triple andouille !

Gron : Yah, aïe, à l’attaque, ouille, prends ça outch.

Le vieux évitait avec grâce et subtilité les peaux de banane sur sa route. Il courrait vite, cependant il arrivait à ne pas tomber, il en profita d’ailleurs pour narguer son adversaire, en lui faisant des signes provocants avec la main. De son côté Gron se plantait littéralement, il était une formidable andouille. Il semblait avoir un don naturel pour tomber quand une peau de banane se trouvait sur son chemin. Il parvint à glisser sur tous les restes de fruit qu’il invoqua, et encore il marchait doucement. Toutefois il avait l’air de vouloir battre le record de chutes constatées dans une journée.

Le pire était que Gron ne le faisait pas exprès. D’un autre côté l’andouille ne se rendait absolument pas compte de son côté ridicule, il voulait d’ailleurs augmenter davantage son handicap, en invoquant un ours qui aura pour ordre de le combattre, d’épauler le vieux. Problème un ver de terre ordinaire, sans faculté particulière, et d’une taille normale, pouvait représenter un formidable défi en matière de chasse pour Gron.

En effet l’andouille s’avérait souvent capable de se faire mal au pied en manipulant une pelle afin de déterrer des vers de terre. Mais tout allait bien d’après l’andouille, car il mit au point un plan imparable pour déstabiliser son adversaire, il découvrit qu’il était capable de tirer la langue sans la mordre avec ses dents. Il ne doutait pas une seconde de causer l’effroi grâce à sa capacité très «spéciale» qui ne lui demanda que trois semaines d’entraînement pour être maîtrisée.

Décurion : Formidable Gron, l’ennemi n’a même pas eu besoin de te toucher, tu t’es fait mal tout seul.

Le décurion réalisa qu’en tutoyant l’assistant de son maître, il comettait une erreur. Donc il se remit au voivoiement, même si sa pitié était grande pour Gron.

Gron : Vous n’y êtes pas du tout, il s’agit d’une stratégie destinée à faire perdre ses moyens à mon ennemi.

Décurion : L’entorse sur votre bras gauche, c’est de la stratégie ?

Gron : Parfaitement, cela aurait été parfait que j’ai une fracture, mais une entorse c’est déjà pas mal.

Décurion : Comment comptez-vous vaincre votre adversaire, tout en subissant une grande douleur ?

Gron : C’est ça l’astuce, en étant diminué, mon ennemi fait moins attention à moi, puis je le surprends et je le mets par terre.

Décurion (atterré) : C’est complètement idiot comme raisonnement, pour battre quelqu’un de redoutable, il est vital de veiller à être en pleine forme !

Gron : Normalement oui, mais mon ennemi fait partie des gens qui ont tendance à relâcher leur attention, face à un antagoniste qui semble faible.

Décurion : Avez-vous déjà rencontré le vieux gobelin qui nous barre le passage ?

Gron : Non c’est la première fois que je le vois.

Décurion : Dans ce cas comment pouvez-vous définir la façon dont il combat ?

Gron : En fait je connais le vieux gobelin, il est le bibliothécaire de mon grand-père.

Décurion : Vous m’avez affirmé que vos grands-parents ne savaient pas lire.

Gron (gêné) : Euh je me suis trompé, mon ennemi est le boucher de ma tante.

Décurion : Votre tante était végétarienne.

Gron (encore plus gêné) : J’ai compris, mon adversaire est le confesseur religieux de ma mère.

Décurion : C’est très étonnant, étant donné que vos parents étaient athées.

Gron : Le gobelin près de nous est la théière de maître Rintam.

Décurion (en colère) : C’est n’importe quoi !

Gron (estomaqué) : Bon sang vous êtes trop fort, mais ce n’est pas grave, j’ai un argument cosmique quiu vous convaincra, impossible à réfuter. Notre ennemi est la cuillère préférée de mes parents.

Décurion : Je suis stupéfait par votre imbécilité !

Gron (sincère) : Mais c’est impossible ? Comment faites-vous ! La cuillère est un outil sacré lié à la catapulte. Comment pouvez-vous être aussi insensible à la beauté incarnée ? A moins que vous soyez le dieu parfait descendu sur ce monde, personne ne peut s’opposer à ma rhétorique ! C’est inconcevable !

Rintam (énervé) : Bon cela suffit la bouffonerie Gron, je me charge de celui qui nous empêche de continuer.

Décurion : Comment comptez-vous vaincre l’adversaire qui nous barre le passage, maître ? Il est rapide, agile, bon combattant au corps-à-corps, et immunisé contre beaucoup de sorts magiques ?

Rintam : Je sens que mon ennemi est orgueilleux, je vais utiliser cette faiblesse à mon avantage. Eh le vieux gobelin essaie de parer les billes qu’envoie ma fronde.

Rintam envoya trois billes grises de métal avec sa fronde, mais le vieux gobelin les attrapa très facilement, cependant l’ambitieux affichait un grand sourire.

Rintam : Surgissez pics.

Le vieux gobelin sentit un poison couler dans ses veines. Il examina sa main droite, et il constata une blessure au niveau de cette partie du corps. Il remarqua que les billes qu’il tenait se couvrirent de pics, et qu’elles suintaient un liquide à l’odeur désagréable. Le gobelin ne comptait pas partir vers l’au-delà sans châtier ses ennemis, alors il s’avança de façon résolue vers Rintam et ses subordonnés. Problème la toxine qui circulait dans ses veines se révélait très puissante. Aussi le vieux sentait ses forces décliner à grande vitesse, il tenta de ralentir le processus d’empoisonnement de son corps en se concentrant, et en adoptant une technique de respiration profonde afin de gagner du temps.

Il lui faudrait tout au plus quelques secondes pour mettre en pièces Rintam et ses subalternes. L’ennui venait que le délai souhaité par le vieux n’était même pas accessible. Ce gobelin tomba très rapidement à genoux, malgré ses efforts désespérés pour se maintenir debout, puis il finit par succomber. Il essaya de lancer un caillou qui trainait près de lui sur ses adversaires, mais il ne réussit qu’une tentative pathétique, la pierre ne bougea que de quelques centimètres.

Décurion : Que s’est-il passé ?

Rintam : Quand j’ai dit « surgissez pics », mes billes de fer se sont transformées, elles se sont couvertes de pics empoisonnés, qui ont provoqué la mort de mon adversaire. Bon il est temps de continuer, il nous reste au moins soixante-dix kilomètres à couvrir.

Pendant que Rintam explorait le Labyrinthe maudit, son rival se mettait en colère. Sa salle du trône était un lien rempli de sombres pensées.

Méchant : Je vais la tuer, la mettre en pièces, la violer, la découper en morceaux, lui faire sentir mon haleine.

Valet : De qui parlez-vous maître ? Ah je sais vous devez en avoir après cette traîtresse d’Ouragan, la mère de Rintam.

Méchant : Exactement. Prépare mes affaires de voyage, et arrange-toi pour que mes troupes soient prêtes d’ici deux jours.

Rintam ne devrait normalement arriver que d’ici trois jours dans le repaire de son rival. Pourra t-il frapper avant que son rival ne parte ?



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