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Chapitre 23-3 – Mater

Chapitre 23-3 – Mater

La chambre d’Ouragan était la plus spacieuse et grande du donjon. Elle contenait des affaires diverses, des livres à l’eau de rose décrivant des histoires d’amour, mais aussi surtout du matériel de magie. Ouragan s’avérait une véritable professionnelle de la manipulation d’énergies surnaturelles. Même si elle se spécialisait dans la magie de l’air, elle avait d’autres domaines de compétences mystiques. Elle était aussi assez douée dans la magie de combat, notamment les sorts de rouille, et de pourriture pour rendre inutilisables les armes et les armures. D’ailleurs elle souhaitait se promener discrètement au sein de l’arsenal de son fils, pour vandaliser son matériel de guerre, aussi bien ses catapultes et ses balistes, que ses épées, ses lances et ses haches.

Ainsi Rintam serait obligé d’abandonner ses rêves de conquête. Ouragan était en train de préparer un rituel magique puissant, pour que pendant plusieurs mois tout le matériel de guerre entreposé dans le donjon devienne rapidement inutilisable. Et s’il prenait l’envie à Rintam de déménager, vu que le sort le suivrait à la trace, un déplacement vers une nouvelle résidence ne changerait absolument pas son problème.

Néanmoins Ouragan n’était pas encore assurée d’arriver à concrétiser son rêve. En effet elle maniait des puissances délicates. Elle avait beau être un mage de très haut niveau ; il lui faudrait encore plusieurs jours de préparation avant de rendre importantes les chances de succès de son rituel. Si elle se précipitait trop, elle était certaine d’échouer, et de causer ainsi un effet négatif pour sa cause. Par exemple elle pourrait augmenter sans le faire exprès les richesses en or de Rintam.

Quand le décurion et Gron arrivèrent à la chambre de leur cible, ils eurent une mauvaise surprise.

Décurion (murmure) : Gron je vais endormir la cible, par le sommeilus que ma victime dorme profondément.

Ouragan : Messieurs que voulez-vous ? Est-ce mon fils qui vous envoie ou, agissez-vous de votre propre initiative ?

Décurion : Votre fils n’a rien à voir avec nos agissements.

Gron : En fait si, notre maître a demandé à connaître vos secrets.

Décurion : Avec vos aveux vous nuisez à notre maître, Gron.

Gron : Ah oui, j’ai commis une boulette. Autrement j’ai une question, comment cela se fait-il que vous ne dormiez pas madame Ouragan ?

Ouragan : En tant que mage, j’ai plusieurs talismans surnaturels qui me protègent des sorts.

Décurion : Je peux quand même vous endormir.

Ouragan : J’aimerai bien voir cela, j’étudiais la magie alors que tu n’étais même pas né.

Décurion : Je ne vais pas utiliser de sort, mais vous étrangler.

Le décurion arriva rapidement à attraper sa cible. En effet sa victime possédait des notions de combat rapproché, mais elle n’était pas de taille contre un champion de la guerre comme le décurion, qui s’illustra à de nombreuses reprises. Il se caractérisait par sa maîtrise très talentueuse dans le domaine de la lutte, la boxe et le judo. Ainsi Ouragan ne parvint pas à s’imposer, au contraire elle se fit dominer dans les grandes largeurs. Elle essaya bien de se débattre pour échapper à la prise de son ennemi, mais elle luttait contre une poigne de fer.

Le décurion prenait très à cœur d’entretenir sa technique de combattant, et de renforcer constamment sa force physique, pas seulement pour porter des objets, mais aussi courir longtemps, ou augmenter sa capacité à broyer avec les mains.

Il pouvait casser des noix avec les doigts. Ouragan quand elle vit qu’elle était largement surclassée, n’abandonna pas la partie. Elle tenta de cracher ou de mordre son antagoniste, problème elle affrontait un professionnel du combat rapproché. Son ennemi qui passa derrière elle, la tenait très fermement, et maintenait une prise suffisamment développée pour anéantir les contre-attaques potentielles de sa victime. Alors Ouragan essaya de recourir à la magie pour se libérer, mais le décurion prit aussi des précautions mystiques pour se préserver des enchantements. Aussi le sort adverse incanté contre lui ne l’affecta pas, il ne s’endormit pas.

Ouragan finit par sombrer dans l’inconscience, malgré ses efforts tenaces pour résister à l’étranglement utilisé contre elle. Elle faillit pousser un juron de contrariété, mais elle se retint. Même dans une situation de grande vulnérabilité, elle demeurait polie.

Gron : Bon notre victime va bientôt se réveiller, il faut vite fouiller dans ses affaires. Ha, ha, j’ai trouvé un message codé. Il est écrit, deux pinceaux, trois rouleaux de tapisserie, quatre pots de peinture.

Décurion : Laissez tomber, il s’agit des courses qu’a faites la mère du maître ce matin. Ce coffret m’a l’air plus intéressant, il contient peut-être des objets compromettants, mais il me faudrait la clé.

Gron : Pas besoin de clé, je suis doué en crochetage, laissez faire le spécialiste.

Décurion : Il y a quand même quelque chose d’important, que vous devriez faire avant de vous attaquer au coffret.

Gron : Quoi donc ?

Décurion : C’est tellement simple que je vous laisse deviner.

Gron : Je donne ma langue au chat.

Décurion: Il faudrait que vous teniez votre outil à l’endroit, et non à l’envers.

Gron : Ne vous faites pas, il s’agit d’une petite expérience.

Décurion : Hein ?

Gron : J’ai envie de voir si mon talent peut triompher de circonstances défavorables.

Le décurion fut tellement estomaqué, qu’il ne trouva pas la ressource mentale de stopper son camarade. Gron se fit électrocuté dès qu’il introduisit sa clé de crochetage, cela ressemblait à une clef ordinaire mais avait le pouvoir de passer outre les dispositifs de sécurité magique. Toutefois même une clé magique avait besoin d’être tenue dans le bon sens pour remplir correctement sa fonction.

Décurion : Cela va Gron ? Vous n’avez pas trop mal ?

Gron : Je vais bien, je vais retenter ma chance.

Décurion : Juste une question, combien de pièges surnaturels avez-vous neutralisé ?

Gron : Beaucoup, je suis un as dans le désamorçage des traquenards mystiques.

Décurion : J’ai du mal à vous croire, quel est votre meilleure performance en matière de désamorçage de piège ?

Gron : À quinze ans, j’ai neutralisé un Clazor de niveau un.

Décurion : Dans ce cas-là assez perdu de temps, on cherche la clé du coffret.

Gron : Mais pourquoi ? Je suis doué pour neutraliser les traquenards.

Décurion : Non vous êtes mauvais, un enfant de trois ans peu débrouillard est capable de désamorcer un Clazor de niveau un. Bon en cherchant dans les poches de notre victime on trouvera peut-être une clé. Bingo j’ai trouvé. Voyons si le coffret s’ouvre. Super cela marche, j’ai obtenu un journal intime. Oh oh le maître sera content.

Ouragan quand elle se réveilla, fut furieuse, elle alla voir rapidement Rintam dans la salle des complots.

Ouragan : Tes sbires Gron et le décurion m’ont attaquée sur ton ordre, qu’as-tu à dire pour ta défense ?

Rintam : Ce serait plutôt à toi de t’expliquer, j’apprends que tu travailles en connaissance de cause pour quelqu’un qui a essayé de me tuer à plusieurs reprises, et que tu avais l’intention de me voler l’orbe de toute-puissance.

Ouragan (triste) : Je vois que je suis découverte, cependant sache que j’ai agi pour te protéger. Si je rapportais l’orbe à mon employeur, celui-ci avait promis de t’épargner. Il est beaucoup trop puissant pour toi. Il a contraint un roi-démon à lui remettre son royaume.

Rintam : Je suis prêt à te pardonner et à continuer à t’aimer, si tu m’apprends tout ce que tu sais sur mon ennemi.

Ouragan : Martin je t’en prie remets-moi l’orbe, ou tu finiras par mourir.

Rintam : Je t’ai donné un ultimatum maman, soit tu coopères avec moi, et mon affection pour toi perdurera. Soit tu t’opposes à moi, et dans ce cas je devrais te considérer comme un adversaire à abattre.

Ouragan (désemparée) : Martin tu es sérieux ?

Rintam : Je compte jusqu’à dix, si tu ne commences pas à déballer tes connaissances d’ici la fin du décompte, je ne voudrais plus jamais te voir.

Ouragan avait l’impression de vivre un véritable cauchemar. Elle était tiraillée entre son désir de continuer à être bien vu par son fils, et sa volonté de le maintenir vivant. Elle doutait franchement des chances de Rintam de l’emporter, même avec l’aide de l’orbe de toute-puissance. Mais elle connaissait suffisamment sa progéniture pour savoir que l’ambitieux serait très difficile à convaincre d’abandonner ses rêves de grandeur. Il devrait poursuivre envers et contre tout sa quête de pouvoir politique, maintenant qu’il disposait d’un atout décuplant sa puissance magique.

Cependant Ouragan avait suffisamment d’informations sur son employeur pour savoir qu’une confrontation directe risquait fortement d’être fatale pour Rintam. Ce dernier gagna quelques manches, toutefois il s’embarquait dans une guerre qui finirait sans doute de manière tragique pour lui selon Ouragan.

Aussi elle pensait que seule la voie de la reddition garantirait la vie de son fils. Certes l’ambitieux renâclerait beaucoup, tempêterait et injurierait probablement toute personne l’invitant à renoncer à ses envies de gloire. Mais Ouragan était prête à courir le risque, elle n’avait comme famille proche que Rintam, pas d’autres enfants, de frère ou sœur, de mari, de père ou de mère. Alors elle refusait catégoriquement que son cher petit s’expose dans un conflit l’amenant vraisemblablement à terme à un seul endroit, un cimetière. Néanmoins le regard chargé de haine de son fils ébranlait progressivement ses convictions.

Ouragan : Très bien ton ennemi est un nain qui excelle dans la magie, il habite une tour très sévèrement gardée. Passer par la porte d’entrée principale est un suicide. Par contre il existe un passage secret qui mène à la chambre de mon employeur, je ne crois pas que mon supérieur hiérarchique connaisse son existence. Cependant tu dois savoir que de nombreuses embûches t’attendent, notamment le Labyrinthe maudit.



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