Mode Nuit Mode Jour

Mutagen
A+ a-
Chapitre 482 : Enlèvement Furtif, Troubles à la Nouvelle Colonie d’Infanta
Chapitre 481 : L’Arrivée de Tan Sitong, Vice-Chef de la Branche Chinoise d’Auraboros Menu à suivre...

Jour 125 – 20:47 – Nouvelle Colonie d’Infanta, Banugao, Infanta, Quezon

La Nouvelle Colonie d’Infanta constituait le plus vaste refuge de survivants de la province de Quezon.

Elle était née de la fusion de deux campements à la suite du désastre survenu près de deux mois auparavant. Désormais, en dépit des difficultés initiales, leur situation s’était nettement améliorée.

La colonie accordait la priorité à l’agriculture, les terres alentour ayant déjà été préparées à cet effet. En privilégiant des cultures à croissance rapide, ils pourraient entamer les moissons d’ici une semaine environ.

La verdure tapissait les secteurs sud et est du campement. Ce tableau laissait à penser qu’ils s’en sortaient plutôt bien en cette ère apocalyptique. Du moins, si l’on faisait abstraction des apparitions incessantes d’infectés mutés et d’animaux évolués. Mais à la longue, ils s’y étaient accoutumés.

Malheureusement, des ombres rôdaient en cette nuit. Ils auraient sans doute préféré que les ennuis viennent frapper à leur porte en plein jour. Cependant, la menace à laquelle ils faisaient face avait choisi d’agir dans le plus grand des silences.

Des individus en toge grise filaient à travers les ténèbres, dérobés à tous les regards. Ils progressaient prestement depuis le sud-ouest, le long des berges de la rivière Agos.

Quelle raison les poussait à s’introduire en ces lieux ?

L’ordre émanait de leur chef, Tan Sitong.

Dans deux jours, ils commenceraient à encercler le Féth Fíada. Ils devaient donc se mettre en mouvement sitôt les directives reçues.

L’ordre était clair : capturer des humains, autant qu’ils le pourraient. Ils ignoraient les desseins de leur chef, mais cela ne les regardait en rien. Leur devoir se résumait à obéir aux instructions de leurs supérieurs hiérarchiques au sein de l’organisation. Rien d’autre n’avait d’importance.

Mais où trouver des humains en abondance dans cette région ? Ce campement placé sous autorité militaire était la seule réponse.

Ayant pris connaissance de ce fait, Tan Sitong avait dépêché deux de ses adjoints, investis d’une mission distincte de celle du reste de la troupe.

Les colonies militaires du monde entier partageaient un point commun : elles abritaient les installations dédiées à la recherche depuis le début de l’apocalypse. De ce fait, tout matériel scientifique ou chercheur constituait une ressource inestimable pour quiconque. Leurs découvertes actuelles pourraient être exploitées d’une manière ou d’une autre.

Tirer parti de tout ce qui a de la valeur. Telle était l’une des doctrines que Tan Sitong avait embrassées après sa mort. Ressources, individus, et même grades. Tant qu’une chose possédait une valeur, il l’utilisait. Lorsque cette valeur s’étiolait, l’heure était venue de s’en débarrasser.

Ainsi, Chaaya et Huo Long Yue s’étaient séparés pour accomplir leurs missions respectives.

Chaaya se chargeait de la collecte d’Infectés Mutés, tandis que Huo Long Yue devait rassembler les humains dont ils avaient besoin.

Dans les champs cultivés de la Nouvelle Colonie d’Infanta, de multiples ombres filèrent à toute allure : soixante-quinze membres d’Auraboros fondaient sur le campement. Ils esquivèrent les lampes à huile disposées çà et là pour éclairer la zone et en faciliter la surveillance. Ces dispositifs nocturnes comptaient parmi les mesures qui renforçaient la sécurité de la colonie.

Néanmoins, ils ne se montraient efficaces que contre les infectés décérébrés et les bêtes dotées d’une faible intelligence.

Quant aux membres d’Auraboros, ils les contournèrent avec une aisance déconcertante. Parvenus au pied des murailles fraîchement érigées, qui n’atteignaient pas même trois mètres de haut, leurs ombres se hissèrent le long des parois et les franchirent sans encombre.

Certains ouvrirent la marche et surgirent dans le dos des sentinelles postées sur les remparts. Les soldats perçurent leur présence et le danger imminent l’instant d’après. Mais il était déjà trop tard. Bien que certains eussent eu le temps de se retourner, tous sombrèrent dans l’inconscience. Les ombres les frappèrent violemment à la nuque, les foudroyant sur place.

Ils traînèrent ensuite les corps hors des murs, les emportant vers la berge de la rivière, à bonne distance.

Tandis qu’ils repartaient avec leurs proies, les autres plongèrent droit vers les habitations. Hommes ou femmes, vieillards ou enfants, ils arrachaient tous les humains qui croisaient leur chemin.

Les membres d’Auraboros accumulèrent les captifs sans la moindre difficulté au fil de leurs allées et venues. En un rien de temps, ils avaient déjà rassemblé une centaine de personnes.

Comparé à la population de la colonie, qui se comptait en milliers d’âmes, ce chiffre restait dérisoire. Mais tous ces gens avaient été enlevés à l’insu de l’armée. Ils opéraient avec autant de silence que d’efficacité.

Sur le flanc nord, Huo Long Yue et ses deux assistants bondissaient de toit en toit dans un silence de mort. Ils se dirigeaient vers l’école primaire où était établi le campement militaire. Les laboratoires, à n’en point douter, se trouvaient dans ce secteur de la colonie.

Sitôt qu’ils atterrirent dans l’enceinte, ils neutralisèrent les gardes sans l’ombre d’une hésitation. Cinq sentinelles qui patrouillaient devant les grilles de l’école s’effondrèrent dans une mare de sang, la gorge tranchée.

— C’est un jeu d’enfant.

Lâcha Huo Long Yue en léchant le sang sur sa main et en repoussant du pied le cadavre du soldat qu’il venait d’abattre.

À ses yeux, les humains ordinaires n’étaient que des êtres chétifs. Ceux qui s’en remettaient à l’armée et se terraient dans la peur lui inspiraient un profond dégoût. La force était la seule chose dont on avait besoin. Or, nul ne pouvait l’atteindre en s’appuyant sur autrui pour survivre. Quant à ces soldats, les gens les redoutaient pour leurs fusils. Sans ces armes, ils n’étaient rien.

Huo Long Yue s’avança, laissant les cadavres derrière lui. Mais soudain, un frisson de danger le parcourut.

Une fumée noire l’enveloppa brusquement, lui et ses deux acolytes. Ils tentèrent de s’en extraire d’un bond, mais la fumée les suivit comme douée d’une volonté propre. Elle les repoussa les uns contre les autres, comme pour les engloutir d’une seule bouchée.

Le frisson que ressentit Huo Long Yue à la vue de cette fumée lui rappela quelque chose. Il tira aussitôt un médaillon de sa main.

L’objet émit alors un éclat aveuglant dans la nuit, déployant une barrière de lumière autour de Huo Long Yue et des deux assistants.

Dès que la fumée entra en contact avec la barrière, elle commença à se dissiper. Cette vue rasséréna Huo Long Yue. Toutefois, l’effort semblait avoir exigé son tribut : une petite entaille était apparue sur la tranche du médaillon.

Huo Long Yue rangea l’artefact et se tourna vers l’avant. Ses deux adjoints se tenaient devant lui, en position de combat.

Face à eux se tenait la silhouette impassible d’un homme, dont les yeux d’un rougeoyant éclat les fixaient intensément.

Huo Long Yue ne parvenait pas à saisir la situation. Il ne faisait aucun doute que cet individu était un ennemi. Dès lors, s’il les avait repérés, pourquoi n’avait-il pas donné l’alerte à la colonie ?

Cependant, il n’y avait pas de place pour les questions. Les deux assistants bondirent tels les cadavres sauteurs qu’ils étaient. Ils chargèrent l’homme avec une agressivité farouche.

En voyant agir ses adjoints de la sorte, Huo Long Yue comprit une chose : cet adversaire était redoutable.

Des Jiangshi : voilà ce qu’étaient ces deux acolytes, tout comme leur chef. Cependant, contrairement à lui, ils étaient dépourvus d’intelligence et s’apparentaient davantage à des marionnettes. Dénués d’émotions, ils n’attendaient que les ordres de ceux habilités à les commander.

Une seule chose pouvait susciter leur réaction : la perception d’un danger. Ce simple fait faisait de ces deux-là des ennemis redoutables. Puisqu’ils réagissaient à la menace, il était fort difficile de porter un coup au but. Même Huo Long Yue serait incapable de placer une attaque s’il devait les affronter de front.

Mais il ne pouvait rester là à regarder. Puisque les deux assistants passaient à l’offensive, il valait mieux qu’il en fît de même.

Les deux Jiangshi agitèrent prestement les bras à l’unisson. À chaque mouvement, un petit couteau jaillissait de leurs manches, filant à la vitesse d’une balle vers l’homme qui se tenait devant eux.

TANG ! TANG ! TANG !

Une pluie de bruits métalliques résonna dans la cour de l’école : plus d’une douzaine de couteaux furent parés sans la moindre difficulté. L’homme maniait son épée comme si les balles ne lui faisaient ni chaud ni froid, sans même parler de ces vulgaires lames.

Mais à la vue de ladite épée, Huo Long Yue perdit son sang-froid.

C’était cette même arme qui l’avait dépouillé de la sienne.

Il comprit alors. Cet homme était le responsable de tous leurs déboires de ces derniers jours.

Avant même que Huo Long Yue ne pût hurler sa rage, l’inconnu disparut subitement.

TANG !

Un son métallique retentit tout près des oreilles de Huo Long Yue. Un frisson lui parcourut l’échine. Le bruit était clair et perçant. En tournant les yeux vers son origine, il aperçut la lame de l’étrange épée à un pouce à peine de son visage. Ce qui l’avait sauvé n’était autre que l’un des assistants censés mener la charge. Le Jiangshi brandissait à présent une épée courte sortie de nulle part.

Huo Long Yue bondit en arrière pour battre en retraite.

C’était moins une. Il avait perdu son sang-froid pour une raison obscure et avait failli y laisser la vie.

— Tsk.

Huo Long Yue entendit l’homme faire claquer sa langue. Cela lui fit l’effet d’une révélation. Son accès de fureur soudain était sans doute l’œuvre de cet individu.

« Une attaque mentale ! »

Il déglutit. Huo Long Yue n’y était nullement préparé. Jamais il n’aurait cru croiser le fer avec un expert en attaques mentales dans un pays aussi arriéré.

Il prit alors une profonde inspiration. Son énergie interne afflua vers son esprit, dissipant toute influence étrangère et ramenant sa psyché à son état normal.

L’assaillant fronça les sourcils et bondit en arrière pour esquiver l’assaut du second assistant. L’un maniait une épée, l’autre un fouet à chaîne. Ils bondissaient avec une rapidité et une précision chirurgicales pour faire face à l’ennemi.

Harcelant leur adversaire sans répit, les deux Jiangshi ne lui laissaient pas le moindre répit. De surcroît, à chaque contre-attaque, ils esquivaient avec une perfection absolue. Même lorsque l’homme disparaissait pour ressurgir dans leur dos et frapper un angle mort, ils paraient le coup. C’était comme s’ils avaient des yeux derrière la tête.

Les deux acolytes s’en sortaient bien mieux que Huo Long Yue. Toutefois, là n’était pas le plus préoccupant dans l’immédiat. L’affrontement avait fini par attirer l’attention.

BANG ! BANG ! BANG !

Des coups de feu retentirent à travers la colonie, en provenance de la zone résidentielle. Il semblait que certains survivants aguerris eussent fini par repérer les membres d’Auraboros en plein rapt.

CLANG ! CLANG ! CLANG ! CLANG !

Le son d’une cloche s’éleva peu après. C’était le signal d’alarme signalant la présence d’intrus.

Les soldats jaillirent de leurs quartiers en un éclair. Armés jusqu’aux dents, ils étaient prêts à en découdre.

C’est alors que la garnison de l’école remarqua l’agitation dans la cour.

— Halte ! HAUT LES MAINS ! hurla un soldat en braquant son arme sur les quatre combattants.

Mais son injonction s’acheva dans un râle, les yeux écarquillés de stupeur. Un couteau avait déjà fendu l’air pour se ficher dans sa gorge.

— De quel droit m’ordonnez-vous quoi que ce soit ? cracha Huo Long Yue, le visage tordu de dégoût.

Il posa ensuite son regard sur les assistants qui tenaient l’ennemi en respect. Quant à lui, il décidait de s’occuper des soldats qui affluaient.

— Ces misérables vermisseaux n’ont rien à faire sur un champ de bataille, déclara-t-il, les sourcils froncés par le mépris.

BANG ! BANG ! BANG !

RATATATATATA !!!

La mort de leur camarade déclencha la fureur des autres soldats. Sans un mot de plus, ils ouvrirent le feu sur Huo Long Yue.

En guise de réponse, celui-ci fonça droit sur eux. Faisant tournoyer ses mains devant lui, il attrapa au vol les balles destinées à le faucher.

Une fois sa poigne pleine, il renvoya une volée de projectiles vers les tireurs.

Un à un, ils s’effondrèrent, terrassés par cette contre-attaque inattendue. Certains parvinrent à esquiver, mais Huo Long Yue se tenait déjà devant eux.

Il frappa légèrement le torse d’un soldat du bout des doigts. Un coup d’une grande douceur en apparence. Pourtant, malgré le gilet pare-balles qu’il portait, le malheureux s’écroula, la cage thoracique entièrement enfoncée.

À cet instant précis, la panique s’empara des autres soldats présents dans la cour.

Puis, Huo Long Yue dut bondir en arrière à deux reprises. Deux attaques fulgurantes venaient de le prendre pour cible. La première fut une liane verte, épineuse et fleurie, qui tenta de lui entraver les chevilles en traître. La seconde fut un coup de poing décoché par un autre adversaire.

Après avoir esquivé, il regarda devant lui. Sur le balcon du premier étage se tenait une fillette aux cheveux verts. Et juste devant lui, un grand homme de type caucasien posait un genou à terre, la main enfoncée dans un cratère qu’il venait de creuser d’une simple frappe au sol.

❤️Soutenez le novel sur Tipeee https://www.patreon.com/moonkissedtrad


Rejoignez-nous et devenez correcteur de Chireads Discord []~( ̄▽ ̄)~*
Chapitre 481 : L’Arrivée de Tan Sitong, Vice-Chef de la Branche Chinoise d’Auraboros Menu à suivre...