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Le conte du cultivateur regressé | A Regressor’s Tale of Cultivation | 회귀수선전
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Chapitre 58 – Tonnerre Céleste (5)
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Auteur : Thremendous

Traductrice : Moonkissed

J’ai pu rendre visite à mes disciples sur le territoire du Clan Jin avec la permission de Kim Young-hoon.

Cette vie ne différait pas beaucoup des précédentes.

Kae-hwa a donné naissance à deux enfants.

Man-ho est devenu père et enseigne à ses enfants. Ils semblent être de bons parents.

Les talents de sculpteur de Nok-hyeon ont bien davantage progressé que dans la vie précédente.

Il a aussi pris une nouvelle épouse, une femme que je ne connaissais pas — sans doute rencontrée sur le territoire du Clan Jin.

Cheong-ya tisse toujours la soie, et la soie qu’elle produit est d’une qualité extraordinaire.

Hee-a a épousé Kwak-gi, mais ils n’ont pas encore d’enfants.

Ce sont toutes des relations familières des vies passées, mais…

Il y a de légers changements dus à l’effet papillon.

Ils vont tous bien, et…

Aucun d’eux n’est mort.

Après avoir secrètement visité le village où ils vivent, je quittai le territoire avec Kim Young-hoon.

— Ça fait du bien de voir que tout le monde se porte bien.

— Tu connais ces gens ?

— …Si je les connais, je les connais. Si je ne les connais pas, ce sont des étrangers.

— Puis-je demander quel lien tu as avec eux ?

Quel lien…

Après un court instant de réflexion, je répondis…

— Juste un lien.

Quel que soit le nom qu’on donne à un lien une fois tissé, à quoi sert-il ?

Ce n’est qu’un lien.

Même si ce n’est pas une relation de maître à disciple, ce sont des liens que je n’oublierai pas dans mon cœur…

— Juste un lien…

Kim Young-hoon paraissait curieux, mais, sentant la complexité de mes pensées, il n’insista pas.

Il m’escortait vers la sortie, et nous eûmes plusieurs conversations.

Ce que j’avais fait ces quarante dernières années, si j’avais rencontré des difficultés en apprenant les arts martiaux.

Comment j’avais maîtrisé à ce point méthodes de cultivation et arts martiaux…

— J’ai beaucoup appris au pays de Byeokra. Comme toi, Hyung, je me suis réveillé un jour dans un endroit totalement différent.

— Ha ha, vraiment ? Quand je me suis réveillé, la langue de Yanguo et des arts martiaux inconnus s’étaient gravés dans mon esprit, alors je n’ai pas eu de grandes difficultés.

— …J’ai vécu la même chose. Ce doit être l’œuvre de ces monstres du Chemin de l’Ascension, non ?

J’attribuai au bon vouloir des cultivateurs célestes du Chemin de l’Ascension les connaissances que j’avais transmises à Kim Young-hoon pour survivre.

— …Tsk, même après avoir enlevé nos collègues pour nous infliger ça… enfin, le passé est le passé. Je ne peux rien y faire maintenant.

Il claqua de la langue et soupira, et nous échangeâmes diverses intuitions sur les arts martiaux.

Dans les terres frontalières de l’ouest de Yanguo…

Là, je reçus trois livres de Kim Young-hoon.

— Le Registre des Voies Surpassants et des Arts Martiaux, un système d’arts martiaux que ces monstres m’ont mis en tête. C’est le même livre, mais avec des intuitions ajoutées au fil d’essais et d’erreurs pour atteindre le prochain royaume. Ça pourrait t’être utile aussi.

— Hmm, le titre est toujours Registre des Voies Surpassants et des Arts Martiaux ?

Je le lui demandai en recevant la version enrichie.

Mais Kim Young-hoon ne fit que claquer la langue avec autodérision.

— Pourquoi changer le titre ? Ce n’est qu’un recueil de tentatives stupides que j’ai ajoutées en m’y accrochant. Honnêtement, je doute même qu’il existe un royaume au-delà du Pinacle Ultime. C’est comme un journal où je me cogne bêtement jusqu’à ce que quelque chose en sorte.

Parfois, je me demande si le Pinacle Ultime n’est pas la limite qu’un artiste martial peut atteindre.

— Pff.

— …Qu’est-ce qui te fait rire ?

Je ne pus m’empêcher de rire à ces mots.

La limite que peut atteindre un artiste martial ?

Combien de fois ai-je entendu ça de la bouche de Kim Young-hoon ?

Et pourtant, il a sans cesse créé des royaumes au-delà de cette limite, fracassant les frontières. Il n’a cessé de devenir plus fort et d’aller plus haut.

C’était Kim Young-hoon.

— …Au-delà des montagnes, des montagnes sans fin, et au-delà des voies, des voies sans fin.

Je récitai lentement le proverbe.

— Il y a peut-être quelque chose au-delà de ce que tu prends pour la fin. Si c’est toi, Hyung, tu iras forcément plus loin. Si tu ne comptes pas changer le titre, je l’accepterai donc comme Registre des Voies Surpassants et des Arts Martiaux.

— …La flatterie ne t’emmènera nulle part… Bon, enfin, tu vas vraiment à Shengzi ?

— Oui. Il y a quelque chose que je dois y trouver.

La Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré, dans les montagnes de l’ouest de Shengzi.

Je comptais la chercher pour rassembler plus d’informations sur la Porte d’Ascension.

— C’est dommage… J’espérais que tu resterais pour croiser le fer avec moi encore un peu.

— J’aimerais aussi, mais j’ai quelque chose à trouver.

— D’accord, je comprends. Passe me voir de temps en temps.

Je lui adressai en silence un salut du poing.

Kim Young-hoon me rendit le salut, et nous nous séparâmes brièvement.

***

Shengzi est aussi appelé la Terre des Écritures.

Elle regorge de toutes sortes d’écrits et d’érudition, et en tant que terre de lettrés, d’innombrables poèmes et recueils parsemaient les rues.

Bien que ma connaissance de la langue de Shengzi fût mince, je l’appris à la parler couramment grâce aux capacités mentales accrues d’un cultivateur.

Après avoir appris la langue, j’arpentai diverses régions de Shengzi pour rassembler des informations.

Le pays était gouverné par un total de sept clans de cultivateurs.

Cependant, la présence de ces clans ne les rendait pas nécessairement supérieurs à Yanguo ou à Byeokra.

Le Clan Jinlu, légèrement plus puissant que les clans Makli et Jin pris séparément, dominait la moitié du pays.

L’autre moitié était contrôlée par une coalition de six clans plus petits : Ha, Geo, Joon, Yeoljeon, Ori et Jeon.

Nation foisonnant de clans de cultivateurs, chaque clan y apportait ses philosophies et ses travaux savants, en faisant une terre sainte d’écritures et de savoir.

C’était là l’essence de Shengzi.

Je sillonnai le pays, glanant des informations.

Un an après mon arrivée à Shengzi.

Après m’être renseigné auprès des cultivateurs subalternes et des familles-branches des clans,

Je découvris la meilleure source d’informations concernant la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré.

— Si vous cherchez des informations sur l’illustre Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré, les Archives Impériales de Shengzi devraient en regorger.

— Les Archives Impériales…

Fait remarquable, la famille royale de Shengzi n’est la branche d’aucun clan : elle est composée de simples mortels.

Dans une situation où plusieurs clans maintenaient un délicat équilibre des pouvoirs, si la famille d’un clan montait sur le trône, une lutte sanglante entre clans — comme à Yanguo — éclaterait immanquablement. Ainsi, les sept clans convinrent de laisser des mortels fonder la lignée royale.

Pendant leurs sept cents ans de règne, bien qu’incapable de collecter de précieuses méthodes de cultivation, la dynastie Nan rassembla sans relâche des textes historiques, que les cultivateurs jugeaient secondaires.

De ce fait, les Archives Impériales seraient riches en histoires de diverses sectes de cultivation, et notamment en vastes documents secrets sur l’ancienne et suprême Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré.

Le problème, toutefois, était d’accéder aux Archives Impériales.

— Les cultivateurs sont interdits de palais, et a fortiori d’archives… !

Cette restriction avait été instaurée par les sept clans afin d’empêcher des cultivateurs d’autres clans de contrôler la famille royale.

Ainsi, non seulement les chefs des sept clans, mais aussi les cultivateurs errants et les ermites de montagne étaient bannis, et une puissante barrière était dressée à l’intérieur du palais.

— Hmm, fâcheux. Impossible d’entrer si je ne peux briser la barrière.

Je demandai des précisions au cultivateur de bas rang devant moi.

— Donc, cela signifie qu’il n’y a absolument aucun cultivateur à l’intérieur du palais ? Totalement inaccessible pour eux ?

— Ah, ce n’est peut-être pas tout à fait exact, aîné. J’ai entendu dire qu’il y a quelques cultivateurs de haut niveau au stade du Raffinement du Qi qui servent comme gardes royaux. Ils reçoivent des talismans spéciaux des sept clans pour résister à la barrière, afin de protéger la famille royale en cas d’urgence, ou pour remplacer l’empereur si la famille royale va à l’encontre de la volonté des sept clans.

— Donc, on peut y entrer, en somme ?

— Oui, c’est exact.

— Hmm…

Il me fallait juger par moi-même en voyant la barrière.

Arrivé à Jinjing, capitale de Shengzi, j’observai l’agencement du palais et le flux de l’énergie spirituelle alentour.

D’après le savoir des formations appris de mon maître et les témoignages de divers ermites, la barrière entourant le palais n’avait pas pour but d’empêcher les cultivateurs d’entrer, mais de supprimer leur pouvoir spirituel une fois à l’intérieur.

Autrement dit, un cultivateur à l’intérieur de la barrière, sans talisman spécial des sept clans, ne valait guère mieux qu’un simple mortel.

— …Ce que ça signifie, c’est…

Je souris en coin, irradiant d’énergie de sabre, tout en observant les allées et venues au palais et les artistes martiaux à l’intérieur.

— Je peux simplement entrer à pied.

Que mon pouvoir spirituel soit bridé ou non m’était indifférent.

La barrière n’empêchait pas totalement l’entrée de ceux qui possédaient du pouvoir spirituel ; elle le réprimait une fois dedans.

Or j’avais d’autres atouts que ceux d’un cultivateur.

Fouuush !

Après avoir coupé les perceptions grâce au Registre de Transcendance de la Cultivation et d’Épuisement des Arts Martiaux, j’entrai sans façon par la grande porte du palais.

Grrrumble !

À l’intérieur, je sentis bien mon pouvoir spirituel étouffé, mais ma conscience, mon énergie interne et mon Noyau interne demeuraient intacts.

Après tout, si les artistes martiaux ne pouvaient pas utiliser leurs techniques sous la barrière, il serait impossible de gérer les urgences au palais.

— D’ailleurs, les cultivateurs autorisés à user de leur pouvoir ne sont qu’au stade du Raffinement du Qi…

En cas d’incident, il semblait possible de renverser le palais royal et de s’éclipser sans problème.

Je flânai dans le palais à la recherche de la bibliothèque royale et m’y glissai.

— Voyons… des livres sur la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré… des livres…

Je me mis à lire dans cette mer d’ouvrages.

En lisant les livres consacrés à la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré, j’appris un fait stupéfiant.

La secte fut fondée il y a la bagatelle de 123 000 ans.

Cent vingt-trois mille ans !

Un chiffre si insensé qu’il en devient risible.

— Quel est ce nombre délirant ?

Je le pris pour une légende et consultai d’autres livres.

Pourtant, d’autres ouvrages conservés au palais royal, écrits en langues de Yanguo ou de Byeokra, dataient eux aussi l’émergence de la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré aux environs de 123 000 ans.

Il y avait bien de légères divergences d’années, mais tous désignaient la même époque.

— Serait-ce réel ?

Après tout, même un cultivateur céleste jouit d’une longévité dépassant allègrement les deux mille ans.

— Sachant qu’il ne s’est écoulé qu’un peu plus de deux mille ans depuis l’Ère Commune sur Terre, ces monstres à l’espérance de vie millénaire…

À y réfléchir ainsi, même ce chiffre absurde de 123 000 ans paraissait relativement plausible.

— Hein ? Et cette secte, la Vallée du Fantôme Noir… 500 000 ans ? Ce sont des chiffres jetés au hasard, ou bien…

Je chassai vite de mon esprit les exagérations concernant la Vallée du Fantôme Noir et revins aux informations sur la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré.

Garder de tels nombres en tête ne ferait qu’embrouiller.

Je fouillai les informations dans les ouvrages au sujet de la secte.

Ce qui était recoupé par plusieurs livres était tenu pour crédible.

Ce qui n’apparaissait que dans un ou deux était traité comme folklore.

Ainsi, je rassemblai des données fiables sur la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré :

La secte fut fondée il y a environ 123 000 ans par un cultivateur taoïste nommé Yang Su-jin.

Je ne trouvai aucune trace de ce Yang Su-jin dans les archives royales.

Il semblait sorti de nulle part.

Cependant, un registre singulier à son propos mentionnait le phénomène de Rejet du Ciel.

— Le même que celui que j’ai vécu… !

Au 7e Étoile du Raffinement du Qi, lors du Rituel des Sept Étoiles.

De sombres nuages couvrirent le ciel, refusant son acceptation.

Mais contrairement à moi, qui avais dû déchirer les nuées avec une Sphère de Gang pour achever le rituel, l’immense talent de Yang Su-jin lui permit de surmonter seul le Rejet du Ciel.

Nulle mention du genre de talent qu’il possédait.

— Fascinant… quelqu’un d’il y a 123 000 ans a aussi subi un Rejet du Ciel…

Et l’étrangeté ne s’arrêtait pas là.

De façon surprenante, à l’époque de Yang Su-jin, il y eut environ cinq ou six autres cas de Rejet du Ciel.

— Cinq ou six autres…

Hélas, nulle information sur qui ils étaient ni comment ils surmontèrent le phénomène.

L’un d’eux, dit-on, échoua et mourut de vieillesse.

Quoi qu’il en soit, l’apparition de tant de porteurs de ce rare phénomène au même moment, dans une même ère, posait question.

— C’est préoccupant…

Mais sans indice décisif, impossible de conclure hâtivement.

L’enregistrement le plus singulier concernant Yang Su-jin touchait à la fondation de la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré.

— « Et ainsi, lorsque l’Ancêtre tendit la main vers le ciel, les cieux s’ouvrirent et une porte de lumière s’ouvrit au-dessus de la capitale Gacheon du Saint Royaume de l’Esprit Central. Par elle tomba l’artefact divin de la secte. Nommant la secte du titre taoïste de Yang Su-jin et du nom de l’artefact, il établit la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré. Les gens du Saint Royaume, en révérence, érigèrent un sanctuaire à Gaecheon pour vénérer la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré… »

— Une porte de lumière… ?

Je jugeai ce récit crédible après recoupement avec d’autres livres.

J’examinai attentivement les descriptions de cette « porte de lumière » dans divers ouvrages.

— C’est… la Porte d’Ascension.

J’en étais certain.

— Et le pays appelé Saint Royaume dans de nombreux livres…

Existait il y a 123 000 ans.

— Il y a 123 000 ans, le Désert Fouleur des Cieux n’était pas un désert, mais une terre ruisselant de lait et de miel. Ainsi, la Porte d’Ascension dans ce désert se trouvait au centre du Saint Royaume, et le sanctuaire de pierre sur le Chemin de l’Ascension date de 123 000 ans… ?

Ces fragments de pierre remontaient à 123 000 ans.

Ils paraissaient anciens, oui, mais je n’aurais pas cru à ce point.

— Des pierres ordinaires qui durent si longtemps ? Douteux… mais dans un monde où existent des immortels volants, ce n’est pas si farfelu.

Après avoir réuni ces pièces, j’arrivai à une conclusion.

— La Porte d’Ascension a dû être créée par Yang Su-jin, le fondateur de la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré…

Était-ce lui qui nous avait amenés ici ?

— Non, cela ne colle pas.

Le Rejet du Ciel vécu par Yang Su-jin au stade du Raffinement du Qi.

Et les cinq ou six autres à la même époque.

Puis moi et mes collègues.

Aucun lien décisif n’apparaissait entre ces événements.

Pourtant, je sentais confusément que Yang Su-jin était lui aussi un jouet des cieux.

— La région où Yang Su-jin ouvrit la Porte d’Ascension était à l’origine instable, truffée de failles spatiales.

Cela aussi était confirmé par plusieurs ouvrages.

La capitale du Saint Royaume de l’Esprit Central était Gaecheon.

On disait que son nom venait du phénomène d’ouverture et de fermeture fréquente de l’espace dans le ciel.

— S’il y avait seulement des informations plus détaillées…

Sans doute parce que ces faits remontaient à 123 000 ans, même la bibliothèque royale, pourtant riche en écrits de cultivateurs, manquait des circonstances détaillées.

La plupart des informations relevaient d’on-dit à propos d’événements d’antan.

— Alors, qu’est-ce donc que l’artefact divin de la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré… ?

Je fouillai encore, mais tout ce que je trouvai fut : « L’artefact divin de la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré est un secret central de la secte, non divulgué au public. »

On savait seulement que chaque membre de la secte entretenait un lien étroit avec l’artefact dans sa cultivation. L’artefact y était grandement révéré et transmis uniquement au chef de secte, de génération en génération.

— Bien sûr… c’est un artefact divin ; il est logique qu’il soit traité avec le plus grand soin et transmis au sommet de la hiérarchie !

C’était si évident que c’en était frustrant.

Je continuai de feuilleter, mais nulle trace de plus d’informations sur l’artefact dans la bibliothèque royale.

Ce n’est pas parce qu’on y trouvait des documents d’il y a 123 000 ans qu’elle possédait tous les livres de toute cette période.

Il n’y avait que des ouvrages relatant des événements très célèbres sur des millénaires.

L’incident où Yang Su-jin ouvrit la Porte d’Ascension et fonda la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré était trop fameux ; on le documenta abondamment.

— Hmm, serait-ce un recueil de folklore ?

En fouillant, je tombai sur un autre recueil de folklore au sujet de la secte et me mis à le lire.

Le recueil fourmillait de récits intéressants mais peu fiables.

L’un d’eux portait sur la manière dont Yang Su-jin ouvrit la Porte d’Ascension.

Il spéculait que Yang Su-jin n’avait pas reçu l’artefact du ciel le jour où il ouvrit la Porte.

Au contraire, il serait monté au royaume supérieur en tant qu’Être Céleste, y aurait obtenu l’artefact, puis aurait créé une faille en redescendant dans ce monde avec lui.

— Voilà qui expliquerait bien pourquoi la Porte d’Ascension mène au royaume supérieur.

Une faille créée lors d’une descente depuis le royaume supérieur, donc reliée à lui.

Cependant, une étrangeté se glissait dans cette spéculation folklorique.

— Si c’est vrai, alors Yang Su-jin avait une raison de s’élever au royaume supérieur en tant qu’Être Céleste, puis de revenir en ce monde ?

Je me mis à chercher désespérément des informations sur les dernières années de Yang Su-jin.

De façon générale, les récits s’accordaient, mais sa mort était étrangement rapportée différemment d’un livre à l’autre.

Certains disaient qu’il s’était suicidé.

D’autres, qu’il était remonté au royaume supérieur.

D’aucuns prétendaient qu’il avait sombré dans la démence, proférant des inepties avant d’entrer dans une faille spatiale.

D’autres qu’il était mort de vieillesse, son temps écoulé.

Et certains simplement qu’il avait disparu.

— Pourquoi ces versions si divergentes ?

Une chose, toutefois, était claire : Yang Su-jin était soit mort, soit évanoui.

— Quel personnage singulier.

Ni sa naissance ni sa mort ne sont claires.

Le problème ne venait pas de l’imprécision des archives anciennes, mais plutôt d’une absence pure et simple d’informations.

— Pour d’autres chefs de la Vallée du Fantôme Noir ou de grandes sectes de la même époque, on trouve au moins des conjectures sur leurs origines. Pour Yang Su-jin, rien du tout.

Peut-être était-il…

Je suspendis mes pensées et repris la lecture d’autres livres, les relisant encore, dans l’espoir d’arracher quelque nouvelle bribe sur la Porte d’Ascension ou autre chose…

***

Ma longévité touchait rapidement à sa fin.

Je restai caché dans la bibliothèque royale, lisant sans cesse et compilant des informations. Je n’interrompis jamais la pratique des Cinq Voies Surpassants de la Cultivation.

En extrayant l’énergie spirituelle de terre et en appliquant le principe des Cinq Éléments à tous mes méridiens spirituels, j’achevai l’étape des Cinq Éléments en un peu plus de trois ans et passai au 10e Étoile du Raffinement du Qi, stade des Quatre Images.

Le stade des Quatre Images consistait à scinder la puissance spirituelle du bagua à l’intérieur du corps en canaux yin et yang, selon la logique des Quatre Images.

J’en avais déjà saisi toute la teneur par la Compréhension avant Percée et, mon objectif principal étant de guider la puissance spirituelle, l’expérience acquise en entraînant l’énergie interne me permit d’anticiper suffisamment cette étape.

Kougou-goung !

Grâce à une application implacable, niché au cœur du palais royal — sanctuaire riche en énergie spirituelle — et en m’exerçant assidûment avec pour guide le Registre des Voies Surpassants et des Arts Martiaux, je maîtrisai le stade des Quatre Images en dix-huit mois à peine. Cela ouvrit la voie à ma progression vers le 11e Étoile du Raffinement du Qi, stade de l’Unité des Trois Talents.

L’Unité des Trois Talents consistait à fortifier davantage les méridiens spirituels pour relier les voies des trois dantians — inférieur, médian et supérieur.

Après encore trois ans et demi, je parvins tout juste à briser le verrou des Trois Talents et entrai au 12e Étoile du Raffinement du Qi, stade de l’Unification du Yin et du Yang.

— Ciel, Terre et Homme ne font qu’un…

Les Trois Talents ne font qu’un.

Telle fut l’illumination que j’en tirai.

Bouung, bouung, bouung…

Parallèlement, je compris que ma Sphère de Gang avait elle aussi changé sous l’effet de cette illumination des Trois Talents.

— Quoi donc ? J’ai l’impression de presque comprendre…

Pourquoi Kim Young-hoon scinde-t-il toujours une Sphère de Gang en trois, puis ces trois en neuf ?

Ne pourrait-il pas forger neuf Sphères d’emblée ?

— Il me manque une illumination à un cheveu près… mais elle m’échappe.

Quelle illumination me manque-t-il ?

— Ciel, Terre et Homme ne font qu’un…

Quoi qu’il en soit, j’achevai l’Unité des Trois Talents du 11e Étoile et entrai au 12e Étoile du Raffinement du Qi, Unification du Yin-Yang.

Le stade de l’Unification du Yin-Yang consistait à faire circuler sans cesse la puissance yin et yang dans les méridiens séparés, pour fusionner ces deux canaux en un unique canal unifié.

La clé de l’Unification yin-yang était la circulation constante de l’énergie spirituelle — à l’instar de l’énergie interne —, ce qui permettait d’avancer plus vite que dans les étapes précédentes.

Pourboure-beong !

En six mois environ, j’achevai l’Unification yin-yang et passai au 13e Étoile du Raffinement du Qi, stade de l’Origine Unifiée.

Et puis…

Ma longévité était presque à bout.

Uuung !

Ce jour-là encore, je sortis un livre et sentis le flux de l’énergie spirituelle en moi.

Le 13e Étoile du Raffinement du Qi, Origine Unifiée, consiste à faire circuler rapidement la puissance spirituelle unifiée dans les méridiens et à la concentrer en un point unique dans le dantian.

Cela nécessitait également une compréhension de l’unité de la puissance spirituelle et demandait de l’illumination.

Je savais que j’étais proche d’achever le 13e Étoile.

Dans cette vie, je ne verrais peut-être pas le 14e Étoile, limite du Raffinement du Qi, mais dans la prochaine, j’y parviendrai certainement.

Mais…

— Le stade d’Édification du Qi est un problème.

Le chemin vers le 14e Étoile, Infini, me paraissait solide : mon maître me l’avait bien enseigné.

Atteindre l’Édification du Qi, cependant, était un autre sujet.

Même des cultivateurs dotés de Véritables Racines Spirituelles doivent fournir des efforts immenses pour atteindre l’Édification du Qi.

Ce n’est réaliste que pour ceux qui possèdent des Racines Spirituelles Célestes d’accéder à l’Édification du Qi par la seule cultivation.

Voilà pourquoi des élixirs comme les Pilules d’Édification du Qi — faites au prix de vies humaines — circulent partout.

Mais…

— Je ne peux pas prendre de Pilules d’Édification du Qi.

L’idée même d’avaler une chose aussi répugnante me révulse.

Manger des pilules broyées à partir d’êtres humains ?

— Il doit bien exister une ligne morale minimale que l’humanité ne doit pas franchir…

Or, réalistement, avec mes Racines Spirituelles Mixtes, atteindre l’Édification du Qi est presque impossible.

— Que faire…

En fouillant la bibliothèque royale de Shengzi, j’ai longuement parcouru les livres sur la Secte de la Foudre Céleste du Divin Doré et d’autres ouvrages, pendant plus d’une décennie.

J’ai tenté de trouver des cas d’ascension à l’Édification du Qi sans Pilules.

Ceux qui y parvenaient sans pilules possédaient soit des constitutions hors norme, soit des Racines Célestes. Ou bien ils étaient des porteurs exceptionnels de Véritables Racines.

Aucun cas de porteur de Racines Mixtes atteignant l’Édification du Qi sans Pilules.

— …Que faire ?

Ma longévité touche maintenant réellement à sa fin.

Jusqu’ici, je n’ai atteint que le 13e Étoile du Raffinement du Qi, après deux vies d’efforts.

Et encore, je ne le dois qu’à la rencontre du plus grand maître et à un labeur sans fin, jour et nuit.

Pour un quidam obtus, atteindre ce stade aurait été pratiquement impossible.

Alors…

Puis-je vraiment atteindre l’Édification du Qi ?

— Le temps m’est compté.

Pourquoi une vie ne dure-t-elle qu’environ cinquante ans ?

Pourquoi est-ce aussi strictement prédéterminé ?

S’il ne me restait qu’un peu plus de temps, je pourrais faire un peu plus.

— Juste un peu… de temps…

L’Édification du Qi.

Ma vie est trop courte pour l’atteindre.

Mais de nouvelles durées de vie ne sont accordées qu’à partir de l’Édification du Qi.

Que faire ?

Sarak—

Soudain, en feuilletant un livre, je tombai sur une théorie intéressante au sujet de la longévité.

— « On dit que la longévité humaine est décidée par les cieux. Par conséquent, si l’on veut la dépasser, il faut réussir l’Édification du Qi pour recevoir une nouvelle durée de vie. Mais je pense autrement.

Il se peut que les cieux ne donnent pas la longévité. Les cieux ne font qu’ enregistrer la durée prédéterminée et assigner un destin pour empêcher l’homme de dépasser cet enregistrement. En d’autres termes, si quelqu’un acquiert la puissance suffisante pour défier même le destin envoyé par les cieux,

Alors les cieux réenregistrent le destin de cette personne. La longueur de cette nouvelle inscription est d’environ trois cents ans. Si cette personne acquiert encore le pouvoir de dépasser ces trois cents ans, les cieux, en hâte, inscrivent à nouveau une nouvelle longévité.

C’est peut-être là le véritable sens de l’idée selon laquelle les cieux accordent la longévité. »

— Ho…

Je pris cette page en note.

C’était l’un des arguments les plus saisissants que j’aie lus.

— Pourquoi… cela est-il en tête d’ouvrage ?

Il y a longtemps.

L’histoire d’un homme qui, au cœur de l’hiver, fit fondre la glace de son corps nu pour attraper une carpe destinée à sa mère, et d’autres exemples de — quand on veut, on peut.

Cette phrase figurait au début d’un recueil de contes classiques qui contenait de telles histoires.

— On dirait… que l’auteur — ou le compilateur — de ce recueil, qui adhère à l’idée que les cieux accordent la longévité, a pourtant eu cette intuition.

Je retournai le recueil de folklore dans tous les sens.

Toutefois, aucun nom d’auteur n’apparaissait, et ce n’était qu’un recueil sans titre.

Les deux recueils — celui de la bibliothèque royale et celui de la bibliothèque du Clan Cheongmun — étaient identiques en tout point, hormis la couverture et la préface.

J’essayai de stimuler le papier de diverses manières : en y insufflant énergie interne et puissance spirituelle, en le chauffant au feu, en l’humectant d’eau.

Mais le livre ne fit que s’abîmer, sans rien révéler.

— Un effort vain…

Je cliquai de la langue et remis le recueil de folklore en place.

L’argument était intrigant, mais ni prouvé ni plus que l’opinion personnelle du compilateur.

— Mais si c’est vrai, c’est une idée très intéressante.

D’après cette thèse, même sans atteindre l’Édification du Qi, si l’on possède la puissance de défier tous les destins conférés par les cieux, les cieux réinitialisent votre longévité.

Alors…

En tant qu’artiste martial parvenu au Pinacle Ultime, possédant la puissance des premiers stades de l’Édification du Qi,

Puis-je surmonter ma longévité ?

— C’est certain, dans ma vie précédente, j’ai vécu un jour de plus que la durée qui m’était impartie…

Les cieux me provoquèrent une crise cardiaque, mais je comprimai de force mon Gang Qi pour stimuler mon cœur et parvins à rester en vie jusqu’au lever du soleil.

Bien sûr, ce ne fut qu’un jour, et je ne sais si cela compte comme dépasser ma longévité.

Néanmoins, cela signifie que, si l’on a la puissance, il est possible de la vaincre, ne fût-ce que d’un cheveu.

— Puis-je… surpasser ma longévité… ?

D’une façon ou d’une autre, la théorie avancée par ce compilateur anonyme me hantait.

Ses mots résonnaient en moi.

Il me reste environ un mois et demi à vivre.

Quelqu’un qui a atteint le Pinacle Ultime pourrait-il obtenir, en termes de longévité, l’équivalent de l’Édification du Qi ?



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