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Le conte du cultivateur regressé | A Regressor’s Tale of Cultivation | 회귀수선전
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Chapitre 49 – Arbre géant
Chapitre 48 – Interdit (4) Menu Chapitre 50 – Premier jour du septième cycle

Auteur : Thremendous

Traductrice : Moonkissed

— Quel non-sens ! Quoi qu’il en soit, vous avez envahi la terre de Yanguo, appartenant aux clans Jin et Makli ! Je vais vous juger moi-même !

— Juger… ? Comment un simple gamin ose-t-il parler de jugement… Ne l’ai-je pas dit ? Tant que la veine-dragon englobe cette zone, c’est la terre des Trois Clans.

En matière de veines-dragon, de formations et de sorts fondamentaux, personne à Byeokra, Yanguo ou Shengzhi ne peut m’égaler, moi, Cheongmun Ryeong. Qu’en sais-tu, pour débiter pareilles inepties ?

— Ha ! Balivernes… Soit, Cheongmun Ryeong. J’ai entendu ce nom.

Makli Jun ricana et poursuivit :

— Parmi les cultivateurs de l’Édification du Qi, il est trois grandes figures : Makli Yun-ryeon en alchimie, Gongmyo Cheon-saek en forge d’artefacts, et toi, Cheongmun Ryeong, en formations et sorts de base. J’ai jadis enquêté sur ces personnages révérés.

Je me suis demandé comment quiconque osait se comparer à notre Yun-ryeon du clan Makli. Gongmyo Cheon-saek est peut-être un rustre, mais ses compétences sont indéniables.

Quant à toi, après des centaines d’années d’entraînement, tu n’es encore qu’au début de l’Édification du Qi. Et encore, à la queue (尾) et non au van (箕) ? À quel point faut-il être lent, idiot et fainéant pour ne même pas parachever le début de l’Édification du Qi ?

Il éclata d’un rire moqueur, dévoilant son intention meurtrière.

— Tel maître, tel disciple. J’ai entendu dire qu’à la maison principale du clan Cheongmun, il y a une créature inutile qui ne fait que manger et rien d’autre, étudiant des sorts fondamentaux, “comprenant avant la percée”, assise à ne rien faire. L’imbécile là-bas, qui a cherché l’enseignement d’un tel déchet, doit être aussi stupide, lent, paresseux et sans valeur que ce déchet.

Ici serait la terre des Trois Clans ? Alors si je vous tue, la veine-dragon se retirera, et elle redeviendra notre terre.

Kugugugugu !

De sombres nuées se tordirent au-dessus de sa tête.

De l’énergie Yin jaillit de lui, teintant les environs.

Je levai les yeux vers ces nuages sombres.

Des nuages qui barricadaient le ciel.

La volonté des cieux me rejetant.

— …Maître.

— Parle.

— Votre disciple… a vécu une vie sans rien accomplir. C’est honteux.

Le Maître serra le poing.

Il s’interrompit pourtant un instant, comme pour écouter ce que j’avais à dire.

— Mais… Maître. Je connais votre force. Après l’affrontement avec ce cultivateur de l’Édification du Qi, j’en suis d’autant plus certain.

Vacillant, je me redressai et m’approchai de mon maître.

— Bien que vous soyez au début de l’Édification du Qi, j’ai compris que vous pouvez assurément vaincre cet homme. N’est-ce pas la preuve que… tout ce que vous avez fait a du sens ? Que les années de vos efforts ont de la valeur ? Maître. Je sens que ma vie touche à sa fin et je vous supplie humblement.

Je me mis à genoux derrière lui et fis ma demande.

— Les enseignements que vous m’avez donnés… toutes les épreuves que vous avez endurées dans votre vie ont du sens… Je veux le voir de mes propres yeux. Faites regretter ses paroles à cet insolent. Vous ne devriez pas subir un tel manque de respect.

— …Très bien.

Le Maître se retourna enfin vers moi.

Il me serra dans ses bras, puis me prit la main.

Rugueuse et calleuse.

La peau d’une vie passée à s’entraîner durement.

— Bien sûr, j’en avais l’intention. Mon disciple.

Kuuuuu !

Un dragon de nuages dévala du ciel sur nous.

— Garde ton mélodrame pour après ta mort !

Flash !

Boum !

D’un geste, le Maître fit exploser le dragon de nuages.

Il me tourna de nouveau le dos et toisa Makli Jun en disant :

— D’abord, il y a quelques points à corriger dans ton charabia.

Kugugugugu !

Une énergie spirituelle verte jaillit à nouveau autour du Maître.

L’élément Bois (木).

— Primo, comme tu l’as dit, je suis bel et bien un déchet lent, stupide et paresseux. Cependant… mon disciple, lui, ne l’est pas. Les lents, ce sont ces imbéciles qui s’en remettent à leurs dons innés et paressent dans l’effort.

L’énergie du Bois se mit en mouvement, traçant un diagramme de formation autour du Maître.

— Secundo, mon disciple n’est pas idiot. Il lui manque peut-être du talent, mais comment un idiot pourrait-il apprendre les arts martiaux et franchir la barrière de la cultivation ?

Le sol, saturé de vert, s’illumina.

— Tertio, mon disciple n’est pas paresseux. Il a récité des incantations jusqu’à s’en érailler la gorge, formé des sceaux jusqu’à s’en faire saigner les mains, et, en plus, a sans cesse pratiqué son escrime propre. Il n’est assurément pas paresseux.

L’énergie verte afflua de toutes parts, et des pousses jaillirent du sol.

Dans un rayon d’une dizaine de zhang (env. 30 m), le domaine du Maître se déploya, des myriades de pousses spirituelles éclatant de terre.

L’obscurité du ciel semblait repoussée par la lumière qui montait du sol.

— Quarto, mon disciple n’est pas un déchet. Il a peiné plus dur et m’a témoigné plus de respect que ces rejetons gâtés de la lignée principale aux dons naturels mais sans discipline. Si un tel homme est un déchet, qui ne l’est pas, en ce monde ?

— Ha, comme pour prouver que tu n’es pas un insecte, te voilà à défendre ardemment ton disciple insectoïde.

— Quinto…

Paaah !

Des arbres d’énergie verte poussèrent autour du Maître.

Une forêt faite entièrement de puissance spirituelle prit forme.

— Tu peux me traiter d’insecte… Mais le clan Cheongmun ne fonde pas sa hiérarchie sur la seule lignée.

Le clan Cheongmun vénère le Dao du Combat. Nos rangs se décident lors de l’Assemblée du Combat Immortel, tenue tous les quelques ans. Les bas classés sont relégués aux domaines extérieurs, les mieux classés ont droit de séjour à la maison principale. Et moi… cela fait près de cent cinquante ans que j’y recherche et développe des techniques.

— Et alors ? Tu n’es toujours qu’au premier palier de l’Édification du Qi. Moi, je suis au second. Avec l’aide du cultivateur du troisième palier qui s’apprête à écraser cet ancien extérieur du clan Jin, tu n’as aucune chance !

— Sexto.

Flash !

La forêt d’énergie grandit soudain démesurément.

Kugugugugu !

— Toute une vie vouée à “Comprendre avant la Percée”… Les enseignements que j’ai transmis à mon disciple… n’ont jamais été erronés !

D’innombrables arbres fusionnèrent en un arbre géant, dressé vers le ciel.

— Disciple, je suis un maître incapable. Je n’ai rien pu faire pour toi, ni rien te donner. Mais… les enseignements que je t’ai inculqués, tout ce que tu as appris…

Kuoooo !

Des dragons de nuages convergèrent et rugirent vers l’arbre géant.

— Qu’ils n’étaient pas faux, qu’ils n’étaient pas vains… c’est tout ce que je peux te montrer.

Disciple… Toi et moi.

Nous n’avons jamais eu tort.

Alors, l’arbre géant se mit en mouvement.

Kwagwagwagwa !

Ses branches s’étendirent.

Soudain, des rameaux épineux jaillirent vers le ciel, piégeant les dragons de nuages.

‘Est-ce le principe de l’Incantation d’Entrave Terrestre ? Non, c’est…’

Sous le choc, j’observai de près l’arbre géant.

Ce n’était pas un simple amas d’énergie spirituelle.

Des centaines, des milliers, des millions, des milliards même d’incantations et de sorts composaient l’arbre géant.

D’innombrables incantations et runes formaient l’arbre.

Et, en même temps, des sorts commencèrent à jaillir de l’arbre.

Kwagwagwang !

Un déluge de lumière monta.

Des milliers de sorts tirés par l’arbre géant commencèrent à cribler le ciel.

Les nuées sombres se déchirèrent, découvrant la nuit étoilée.

— Qu’est-ce que…

— “Comprendre avant la Percée”, “Percée puis Compréhension”… On en parle comme si c’était équivalent… “Percée puis Compréhension” sonne grandiloquent, mais n’est-ce pas juste une manière chic de dire qu’on s’appuie sur le talent inné pour grimper aisément ?

Makli Jun s’empressa de déployer ses sorts et techniques.

L’énergie Yin s’amassa, et la pluie commença de tomber.

Mais l’arbre géant irradia la lumière.

Du sommet de l’arbre, mon Maître forma des sceaux à une vitesse impossible à suivre et tonna :

— Parvenir à l’ascension à force d’incantations, de sorts et de sceaux répétés sans fin : voilà “Comprendre avant la Percée”. Ceux qui jettent des sorts par pur instinct, sans compréhension… Face à nous qui maîtrisons tous les sorts et nous élevons sur cette base, comment pourraient-ils être notre égal !!!

Les sorts de l’arbre géant s’entrechoquèrent maintes fois avec les techniques du dragon de nuages.

Chaque fois, l’air vibrait et des houles de puissance balayaient le ciel et la terre.

— Quand je parviens à un royaume par la “Compréhension avant la Percée”, je suis certain d’écraser quiconque du même royaume !

À chaque impact contre le dragon de nuages, la silhouette de l’arbre se métamorphosait.

Peu à peu, l’arbre devint humain.

La figure de bois balaya l’air de ses bras.

L’énergie Yin du dragon de nuages s’abattit du ciel.

Zzeeeong !

Des tourbillons hurlèrent, et les nuages enroulèrent des cercles.

Le dragon de nuages de Makli Jun fut mis en pièces, et la figure de bois se précisa.

Un géant de bois, à l’image du Maître, se dressa.

Enraciné au plus profond de la terre, tendu vers le ciel.

C’était le Maître.

Le Maître était l’arbre géant.

Boumm… boumm…

Ah… C’est magnifique.

Dans le même temps, mon cœur se mit à battre étrangement.

Le jour où je devais mourir.

L’heure de ma mort approchait.

‘Ne puis-je vivre ?’

Je ne comprenais pas pleinement ce que mon Maître me montrait.

Comment pouvait-il déjà être temps de mourir ?

C’était si injuste.

‘Cieux, vous ne m’avez rien donné, et pourtant, pourquoi m’ôtez-vous si cruellement la vie…’

Boumm… boumm…

Je compris soudain que mon cœur manifestait des symptômes anormaux.

‘Crise cardiaque… !’

Mon corps avait beau être blessé au combat, il gardait encore de la vitalité.

Mes organes étaient atteints, mais non mortellement.

Comment les cieux prendraient-ils ma vie ?

Ce serait une mort subite, semble-t-il.

‘Est-ce ainsi que tout se termine ?’

Ma vision se troubla ; j’essayai de me concentrer sur le combat du Maître.

‘Maître, votre indigne disciple…’

L’indignation me prit.

Mon Maître se battait pour moi de toutes ses forces.

Et moi ?

À cause d’un simple décret du destin.

Fallait-il partir sans recevoir jusqu’au bout le dernier don du Maître ?

Les humains ne peuvent-ils vraiment pas défier leur destin ?

— Non, impossible !

Et la cultivation, alors ?

Et ces élixirs forgés par le clan Makli ?

‘Puis-je défier mon destin par de tels élixirs… ?’

Je refusai de l’accepter.

Quitte à mourir, je graverais cette scène dans ma mémoire.

Le dernier combat de mon maître !

J’acheminai de la puissance spirituelle dans ma main.

Cette force que les cultivateurs de l’Édification du Qi appellent Force Spirituelle Pure.

Je plaquai ma main, gonflée de force, contre mon cœur, et y poussai la force de force.

— Ughhh !

C’était atroce !

Mon cœur semblait sur le point d’éclater !

Pourtant, stimulé par l’énergie, il se remit à battre.

Boumm, boumm, boumm…

— Cieux, que ferez-vous maintenant ? Mon cœur bat de nouveau !

Je ne mourrai pas tout de suite !

Kugugugugu !

Soudain, un arbre derrière moi se rompit et tomba sur moi.

— Ugh… !

Ignorant la douleur, je roulai, évitant de justesse l’arbre.

Crash !

— … !

Au moment où je touchai terre, un serpent venimeux surgit d’un trou et me mordit le bout des doigts.

Un poison puissant, à en juger par ses motifs.

— Le destin veut donc qu’un mourant doive mourir ?

Foutaises.

Je ne mourrai pas ainsi !

Shiiiek !

Je manœuvrai mon énergie interne pour expulser le venin infiltré dans mon sang, le forçant à ressortir par les doigts.

Boumm, boumm, boumm !

Et quand les cieux, n’ayant pu me tuer de plusieurs façons,

arrêtèrent à nouveau mon cœur,

je continuai de le stimuler par l’énergie.

— Mon cœur… n’obéira pas… !

Sans cette douloureuse stimulation, il s’arrêterait aussitôt.

Mais !

— C’est maintenant !

Boumm !

Mon cœur bat.

En ce jour, à cette heure, à cet instant !

Je devais être mort !

Mais !

— Je suis… vivant !

Forçant mon cœur à battre par l’énergie !

Même si je mourrai lorsque ma puissance spirituelle sera épuisée…

Je suis encore, encore vivant, pour l’instant.

— Cieux… je suis en vie. Quand bien même je mourrais bientôt… j’embrasse cet instant !

Malgré la douleur atroce, je suivis le combat du Maître.

L’arbre géant ressemblait de plus en plus au Maître.

Enfin—

Flash !

L’arbre se transforma tout entier en l’image du Maître.

— Ma formation est achevée.

Mon Maître, devenu géant d’arbre, commença à former des sceaux.

Paaah !

Le géant de bois, démesuré, forma lui aussi des sceaux à une vitesse stupéfiante.

Exactement la vitesse habituelle du Maître.

Autour du géant de bois, des sorts encore plus vastes se mirent à apparaître.

— Quoi… qu’est-ce… Ce n’est pas fini… !

Kugugugugu !

De nouveau, des milliers de sorts.

Cette fois, agrandis, ils fondirent sur Makli Jun.

Son dragon de nuages ne faisait pas le poids face aux sorts fondamentaux du géant de bois.

Et il y avait plus.

Une vive clarté jaillit, et un diagramme de formation s’étendit autour du géant-Maître.

La chaîne de montagnes voisine entra dans son emprise.

— N’est-ce pas… n’est-ce pas l’ampleur de formation d’un cultivateur de Formation du Noyau… ?!

— Active !

Le Maître forma un sceau, le géant de bois l’imita.

Simultanément, les pousses aux alentours devinrent arbres.

Puis, les arbres fusionnèrent, montant haut dans le ciel.

L’arbre géant perça les nuages.

— Disperse !

D’une force titanesque, l’arbre géant sembla déchirer en anneaux les nuages sombres de Makli Jun.

La splendide voûte étoilée, dissimulée derrière les nuées, se révéla.

— Conclus !

Au même instant, bourgeons, fleurs et fruits jaillirent aux extrémités des branches.

Les fruits brillèrent comme des étoiles.

Les petites pousses nées de la terre scintillaient à présent telles des étoiles au ciel.

— Partez !

Les fruits chutèrent.

Je le savais.

Chacun de ces fruits était une condensation d’innombrables sorts !

— Ah… aaah…

Makli Jun, hébété, regarda la pluie de fruits s’abattre sur lui, balbutiant des sons inarticulés.

Kwagwagwang !!

Une tempête de lumière balaya tout.

Une explosion sphérique gigantesque survint, et ce fut la fin.

Au cœur de l’explosion, aucune trace de Makli Jun, pas même ses vêtements ou ses biens.

— Allez !

Ce n’était pourtant pas fini.

Les fruits restants, flottant doucement, volèrent vers le cultivateur tardif de l’Édification du Qi du clan Makli, qui combattait au loin.

— Qu… quoi… !

Kwaaaaang !

Makli Goon fit un geste, une immense vague d’eau verte se dressa, bloquant apparemment les fruits.

Mais Kim Young-hoon, profitant de l’ouverture, vola sur lui et déchaîna une grêle de Sphères de Gang.

— Ah, non…

En un éclair,

un brin de Gang Qi de Kim Young-hoon perça le cœur de Makli Goon, qui s’effondra au sol.

Quelques fruits restants tombèrent encore à l’endroit où il gisait.

Kwaaaaang !

Une autre explosion colossale engloutit la zone.

Boumm… boumm…

Le corps de sort du Maître, haut comme le ciel, commença à s’effriter.

Boumm… boumm…

Et je sentis, dans le même temps, ma puissance spirituelle toucher à sa fin.

— Encore un peu… juste un peu…

Je devais faire mes adieux au Maître.

Convertissant toute mon énergie interne et spirituelle en force, je forçai mon cœur à battre.

Mes méridiens s’emmêlèrent, mon corps était en lambeaux, mais, toussant le sang, je saluai mon Maître.

Redescendu au sol, le Maître paraissait pâle.

— …Je me suis peut-être un peu trop dépensé. Mais je t’ai tout montré.

Voyant son teint, je demandai :

— Vous avez entamé votre énergie vitale.

— Hmph ! J’aurais pu l’abattre à l’usure, en l’asséchant. Pousser la Technique de l’Homme de Bois à son comble, puis tenter une seconde métamorphose, aurait suffi pour gagner confortablement. J’ai seulement abrégé parce que, de toute évidence, tu ne pouvais plus tenir longtemps.

— Haha… Merci, Maître.

— ……

Boumm, boumm…

— …Mon disciple, tu es ma fierté. Les rejetons du clan vinrent chercher mes enseignements, mais aucun ne supporta mes réprimandes et mes critiques.

Toi, pourtant… tu es resté obstinément jusqu’au bout, et tu as reçu tout mon enseignement de “Comprendre avant la Percée”…

Le Maître s’avança, posa la main sur mon épaule, puis sur mon front.

— C’est tout ce que je peux faire pour toi. Tout ce que je peux te donner, c’est le savoir que tu n’as pas pu apprendre…

Woooong !

Un flot de connaissances entra dans mon esprit.

Une technique qui insuffle directement le savoir dans la conscience.

Je reçus les sorts que le Maître venait d’employer et les techniques d’Édification du Qi qu’il avait maîtrisées.

— Cela paraîtra vain pour un disciple sur le point de mourir… mais c’est mon cœur. Si ce n’est pas un fardeau, prends-le.

— …La grâce du Maître.

Je souris, me levai, et fis face à l’aube.

Au loin, l’aurore colorait le ciel.

Forçant mon cœur à battre, j’avais vécu un jour entier de plus que ma longévité fatale !

Mais, il semblait que ce fût la fin.

Toute mon énergie interne et spirituelle était épuisée.

C’en était fait.

Le soleil du matin inonda les montagnes.

Boumm…

À présent, vraiment la fin.

‘Mais en tant que disciple, je ne peux pas finir ainsi.’

Si je ne fais que recevoir du Maître sans même exprimer ma gratitude, quel disciple serais-je !

Boum !

Bien que totalement à sec, je me frappai la poitrine de toutes mes forces.

La marque de mon poing s’imprima sur mon torse.

À chaque coup, j’obligeais mon cœur à battre.

Boum, boum, boum !

‘Si je dois mourir, que ce soit plus douloureux.’

Le Maître, comprenant, trembla des lèvres, prit sa décision et s’assit en méditation.

Je me prosternai devant lui, assis en tailleur.

Une fois, deux fois, trois fois…

Mon cœur s’arrêta encore, mais je continuai à le relancer à coups de poing.

Quatre, cinq, six fois…

Goutte, goutte…

Pourquoi tout restait-il d’un bleu sombre autour de moi, alors que les nuages s’étaient dissipés ?

Pourquoi pleuvait-il encore ?

— Ah, ce ne sont pas des nuages.

C’étaient la tristesse et les larmes du Maître.

Sept, huit, neuf fois…

J’accomplis les neuf prosternations.

Les neuf prosternations ne sont pas de simples inclinations répétées : elles représentent neuf manières de se prosterner.

Une tradition née dans les arts martiaux et devenue méconnaissable.

Mais même déformée, elle ne suffisait pas à dire mes sentiments.

Dans un rite, l’important n’est pas l’origine, mais la capacité à exprimer le cœur.

Pour la dernière fois, encore une.

Après dix prosternations, je m’adressai au Maître d’une voix rauque :

— J’ai reçu une grâce incommensurable du Maître. Merci… et adieu.

— Va, alors. Adieu.

Des larmes coulèrent.

Je crus qu’elles venaient du visage du Maître, mais elles tombaient aussi de mes propres yeux.

— Repose-toi, mon disciple bien-aimé.

Sur ces mots, je fermai les yeux.

Lorsque l’aube peignit le ciel,

un maître, ayant reçu les prosternations de son disciple, versa des larmes sur le corps désormais froid de celui-ci.

— Tu étais l’arbre géant de mon cœur.

Au départ, une petite pousse importune,

Mais dix, vingt ans passèrent,

La pousse devint arbre.

Encore et encore, il grandit,

Devenant un arbre irremplaçable,

Un pilier soutenant le cœur de Cheongmun Ryeong.

À présent, cet arbre géant n’était plus.

— Repose en paix.

Un disciple qui s’est acharné toute sa vie.

Cheongmun Ryeong souhaita la paix posthume de son disciple et déposa avec soin le corps mort en se prosternant.

Il sortit de sa bourse une graine et la posa sur la poitrine du disciple.

Y insufflant l’énergie de l’élément Bois, il la fit réagir.

Paaah !

Kugugugugu !

La graine germa à toute allure, couvrit le corps du disciple, et devint un arbre géant.

Bientôt, l’arbre grandit plus haut que tous ceux de la forêt voisine, et ce n’est qu’alors que Cheongmun Ryeong retira la main.

C’était un cognassier.

Caresseant l’arbre qui lui rappelait son disciple, Cheongmun Ryeong murmura :

— Je ne t’oublierai pas.

Whoosh !

Comme si l’âme de Seo Eun-hyun s’élevait, un vent puissant monta du pied du cognassier vers le ciel.

Cheongmun Ryeong leva les yeux à travers les branches vers la voûte.

C’était le septième retour de Seo Eun-hyun.



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