Le Maître des Secrets | Lord of the Mysteries | 诡秘之主
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Chapitre 139 – Réception au bureau du gouverneur général
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Chapitre 139 – Réception au bureau du gouverneur général

L’Amiral Amyrius Rieveldt… Un vrai demi-dieu…

Lorsqu’il entendit la révélation de Bilt, quelques mots se formèrent aussitôt dans l’esprit de Klein :

Je suis désolé. Au revoir !

Voyant Gehrman Sparrow hausser légèrement les sourcils, Bilt s’empressa d’expliquer :

– « Cela n’influencera pas la difficulté de la mission.

« Il n’est pas nécessaire que quelqu’un fasse étalage des pouvoirs d’un demi-dieu tant que durera celle-ci. »

Il se racla la gorge et força un sourire :

« Pour rendre la mission moins difficile, Son Excellence a pris des dispositions spéciales pour, durant quelques jours, inspecter la base navale d’Oravi. De cette façon, il n’aura pas à rester au quartier général de la marine de la Mer de Sonia centrale, à savoir Bayam, la Cité de la Générosité. Il évitera ainsi le Roi des Mers Jahn Kottman et George Negan, le gouverneur général de l’Archipel de Rorsted. Il évitera la plupart des subordonnés qu’il connaît, ainsi que sa famille qui exploite là-bas le domaine familial. Il évitera également sa maîtresse, qui est celle qui le connaît le mieux.

« En d’autres termes, vous n’aurez pas à affronter de demi-dieux ni à subir l’épreuve des foules.

« Il n’y aura là que trois personnes qui connaissent bien Son Excellence. La première est son secrétaire, le lieutenant-colonel Luan. Il appartient au MI9 et est chargé de superviser Son Excellence. Il utilise probablement plusieurs noms et j’ignore lequel est le vrai. La seconde personne est la maîtresse locale de Son Excellence, une belle dame du nom de Cynthia. On raconte que ses ancêtres étaient des nobles que l’on a dépouillés de leur titre et que sa famille a été exilée ici. Vient enfin Aston Rieveldt, le gouverneur général d’Oravi qui est aussi le plus jeune frère de Son Excellence. Le comte Rieveldt de la Chambre des Lords est leur frère aîné ».

Cela n’a pas l’air trop difficile. De plus, d’après ma divination, ce n’est pas trop dangereux… Klein resta quelques secondes silencieux, puis hocha doucement la tête.

– « J’ai besoin d’informations détaillées sur Amyrius Rieveldt. »

– « Nous avons tout prévu. Voici sa photographie. Voici le détail de ses signes particuliers cachés et là, ce sont les particularités de son accent. Vous avez là une liste des termes qu’il utilise le plus souvent et ici, ses différentes réactions et attitudes face à différents sujets. Là, ce sont des informations détaillées concernant ses interactions avec Luan, Cynthia et Aston… », expliqua Bilt, ravi, en faisant état de toutes les informations qu’il avait reçues de l’amiral Amyrius Rieveldt.

Klein prit d’abord la photo. Elle représentait un homme d’âge moyen aux cheveux noirs et aux yeux bleus. Il avait l’air strict et vieux jeu, et sa chevelure était beaucoup plus volumineuse que celle de la plupart des hommes de Loen.

Il hocha imperceptiblement la tête et leva les yeux.

« Je sais que cela fait beaucoup d’informations, mais à mon avis, vous les aurez toutes mémorisées d’ici deux jours. Il faut être très professionnel dans ce domaine… »

Avant même qu’il n’ait fini de parler, Bilt recula instinctivement d’un pas. L’homme qu’il avait devant lui n’était plus Gehrman Sparrow mais Amyrius Rieveldt ! Son air strict et le sentiment d’arrogance qui émanait de lui était exactement les mêmes que ceux du véritable amiral !

« Saint Seigneur des Tempêtes, c’est…c’est presque un miracle ! » s’exclama Bilt, stupéfait, en le regardant de haut en bas. « Cela dit, vous pourriez mesurer trois centimètres de plus et vos jambes pourraient être plus fortes. Mais rien de grave, il n’y a pas urgence. Son Excellence arrivera après-demain avec la Première Flotte Centrale de Sonia de la Marine Impériale. Il inspectera la base navale d’Oravi dans la matinée et assistera à un banquet organisé au bureau du gouverneur général. J’ai une invitation et je peux vous y emmener. Vous pourrez ainsi observer Son Excellence et la façon dont il interagit avec les différentes personnes présentes. »

Tout en parlant, il prit les 500 Livres que Sothoth venait de sortir du coffre et les tendit à Klein en disant : « J’espère que nous aurons plaisir à collaborer ! »

Klein pesa l’argent, y jeta un ou deux regards et répondit :

– « Moi de même. »

Backlund, rue Williams…

En tant que membre discret des Gants Rouges, Léonard Mitchell, appuyé contre le mur extérieur d’une maison, attendait la fin de l’enquête préliminaire.

Sa jambe droite légèrement relevée qui ne reposait que sur ses orteils lui donnait un air décontracté.

Au bout d’un moment, il vit revenir son coéquipier, une expression complexe sur le visage. Il était à la fois excité, perplexe, dans l’expectative et nerveux.

Le cœur de Léonard s’emballa et il se pencha vers lui en souriant.

– « Une conclusion, Thomson ? »

– « Oui », répondit Thomson en hochant la tête et en toute franchise. « Les deux camps ont dit la vérité. Ils n’ont aucun moyen de mentir en rêve. »

Thomson, qui avait une chevelure fine, remit son haut-de-forme.

– « Leurs récits concordent. Sous cette rue se trouvent des ruines appartenant à la dynastie Tudor de la Quatrième Époque. L’entrée est bien cette chapelle abandonnée et pour le moment, nul ne sait s’il en existe une autre. »

– « Je vois… »

Léonard n’entra pas dans les détails. Il échangea quelques mots avec son coéquipier puis se mit à l’écart et à nouveau, prit appui contre le mur.

Il regarda autour de lui et étouffa sa voix.

– « C’est votre domaine, mon vieux. Il y a ici des ruines cachées de la famille Tudor. »

Une voix âgée résonna dans son esprit.

– « Vous êtes de plus en plus impoli. À notre époque, manquer de respect à des personnes de haut rang revenait à finir sacrifié vivant.

« De plus, il est impossible qu’il n’y ait qu’une seule ruine de la famille Tudor à Backlund. »

– « Mentiraient-ils ? » demanda Léonard à voix basse.

La voix âgée gloussa et répondit :

– « Non, simplement, ils n’en savent pas assez. Si mes hypothèses sont exactes, ces ruines devraient appartenir à l’Empire Uni Tudor-Trunsoest. »

– « Quoi ? » s’exclama Léonard, stupéfait.

Il s’agissait d’une ancienne dynastie dont il n’avait jamais entendu parler.

La voix légèrement âgée émit un petit rire.

– « Quel enfant ignorant ! Après sa destruction, l’Empire de Salomon fut remplacé par l’Empire Uni Tudor-Trunsoest. Son double consul régnait sur tout le Continent Nord. »

– « Un double consul… »

La voix soupira.

– « Il devrait y avoir, dans ces ruines souterraines, 41 chandeliers inversés à gauche et 40 à droite. Deux d’entre eux semblent appartenir au trône d’un géant, et… Héhé, c’est peut-être là qu’Alista Tudor est devenu l’Empereur de Sang. »

Léonard fronça légèrement les sourcils, puis eut un sourire détendu :

– « Il doit y avoir pas mal de secrets cachés là-dedans. »

– « Certes, mais vous n’êtes pas qualifié pour le savoir », répondit la voix avec un petit rire.

Léonard retroussa imperceptiblement les lèvres :

– « Il s’agit maintenant d’explorer ces ruines. »

La voix fit entendre un petit rire, puis se tut.

Une minute plus tard, Léonard vit l’Archevêque Saint-Antoine et l’Archevêque Horamick de l’Église de la Vapeur mettre fin à leur conversation et retourner dans leurs camps respectifs.

Immédiatement après, Horamick ordonna à tout le personnel de la Conscience Collective des Machines de quitter les lieux, laissant ainsi le champ libre aux Faucons de Nuit de l’Église de la Déesse.

Que se passe-t-il ? se demanda Léonard, perplexe.

C’est alors que tous les Faucons de Nuit entendirent la voix de l’Archevêque Saint-Antoine.

– « Que tous les Gants Rouges se rassemblent. Les autres Faucons de Nuit, quittez le monde miroir. Trouvez un motif pour évacuer tous les habitants du secteur et promettez-leur un dédommagement pour leurs biens.

« Lorsque tout le monde aura été évacué, les Gants Rouges et moi-même détruirons ces ruines issues d’une époque maléfique !

« Interdiction d’y entrer. Tout sera aussitôt détruit !

« Que la Déesse nous bénisse tous. »

Mais… Léonard ne s’attendait pas à ce que les choses se passent ainsi.

Dix-neuf heures trente, bureau du gouverneur général d’Oravi.

Klein, qui avait pris l’apparence de Sothoth, suivit Bilt dans la salle de réception. Il portait une queue de pie et un nœud papillon noirs.

À l’intérieur régnait une température printanière. Un gigantesque lustre de cristal aux innombrables bougies scintillantes éclairait la pièce comme en plein jour.

Dans le coin à droite, des musiciens vêtus de gilets et arborant des nœuds papillons jouaient un air entraînant. Sur la gauche, on pouvait voir de longues tables sur lesquelles trônaient, entre autres mets délicats, du poulet rôti, du foie gras poêlé, du ragoût d’agneau, de l’oie rôtie à la Backlund, des langoustes Odora au beurre et au fromage.

Malgré la distance, Klein pouvait sentir le parfum qui s’en dégageait.

Il s’apprêtait à aller se remplir une assiette lorsque Bilt tira discrètement sur son col, pencha la tête et dit en étouffant sa voix :

– « N’oubliez pas l’étiquette requise lors de telles réceptions.

« Notre objectif étant d’observer le comportement de Son Excellence, une simple coupe de vin suffira.

« Il y a ici du champagne brumeux, du vin de raisin d’Aurmir et du vin rouge de Southville. Tous sont de célèbres vins que vous verrez rarement en dehors d’ici. Vous pouvez boire, mais pas trop. Nous devons rester suffisamment sobres. Efforcez-vous de boire machinalement, pour le geste. »

Klein détourna le regard et acquiesça.

Tous deux prirent, sur le plateau d’un serveur en livrée rouge qui passait à proximité, une coupe de champagne doré dont les bulles, minuscules, ressemblaient à de la brume. Ils se dirigèrent ensuite vers le point culminant de la réception, l’endroit où se tenait Amyrius Rieveldt, vêtu de son uniforme bleu sombre d’amiral de la marine.

Leur statut ne leur permettant pas d’approcher l’amiral, force leur fut d’observer de loin ses moindres faits et gestes.

La silhouette d’Amyrius est normale. Il n’a pas l’air très robuste. Les coins de sa bouche tombent un peu, ce qui indique son âge réel…

Il n’a pas de barbe. Ses yeux bleus semblent dissimuler une autorité que l’on ne peut rejeter ou contre laquelle on ne peut se défendre…

Son uniforme d’amiral est bien amidonné. De son épaule part un cordon rouge qui rejoint sa poitrine et où d’où pendent toutes sortes de médailles…

Ses manches sont ornées de boutons de manchette dorés qui mettent en valeur ses épaulettes de la même teinte…

Ses épaulettes sont divisées en trois parties. On peut y voir, en partant de l’extérieur, une couronne incrustée de rubis, le sceptre et l’épée croisés, quatre étoiles faites de diamants…

Klein, qui s’était mis à l’observer, utilisa ses pouvoirs de Sans-Visage pour mémoriser dans le détail toutes les caractéristiques de l’amiral et l’attitude qu’il adoptait en fonction des différentes personnes auxquelles il s’adressait.

Ce faisant, il ne prit qu’une gorgée de champagne sans même s’attentionner à son goût.

Lorsqu’il eut réuni suffisamment d’informations, le jeune homme soupira et laissa son esprit se reposer.

L’importante énergie déployée lui ayant donné faim, il déposa son verre sur le plateau d’un serveur avec l’intention d’aller se chercher à manger.

C’est alors que Bilt se pencha vers lui et lui dit :

– « Son Excellence m’a donné le signal. Nous devons le retrouver à l’endroit convenu. »

« … »

Klein détourna son regard du poulet rôti et regarda froidement le patron du bar.

Ce dernier frissonna et se retournant précipitamment, il entraîna Gehrman Sparrow vers la haute porte-fenêtre qui menait au jardin.

Lorsqu’ils eurent marché près d’une minute sur le sentier isolé, il s’arrêta et pointa du doigt le visage de Klein.

– « Vous pouvez prendre l’apparence de Son Excellence.

« Faites comme si vous étiez ce clochard qui lui ressemblait. »

Klein acquiesça doucement et passa la main sur son visage.

Il entendait dissimuler les écœurantes vrilles et granules qui pouvaient se former sur sa peau tandis qu’il changeait d’apparence.

Lorsque sa main retomba, Bilt vit un homme d’âge moyen qui ressemblait assez à Amyrius Rieveldt.

– « Très bien. »

Ils s’approchèrent de l’entrée d’une salle ou étaient entreposés divers objets et Bilt poussa la porte qui n’était pas verrouillée.

Amyrius Rieveldt, toujours vêtu de son uniforme d’amiral, se tenait près de l’entrée et de la fenêtre, observait le jardin.

Il tourna la tête à leur entrée et jeta un regard à l’homme qui lui ressemblait.

Devant l’indescriptible impression de puissance qui se dégageaient du personnage, Klein, instinctivement, baissa la tête.

Le regard d’Amyrius Rieveldt ne s’attarda pas et se reporta sur Bilt. Sans la moindre émotion, il lui dit :

– « Ce n’est pas là le clochard dont vous m’aviez parlé.

« C’est un Transcendant. »

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