Les Chroniques d’un Pilleur de Tombes | Grave Robbers' Chronicles | 盗墓笔记
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Chapitre 25 – Le Cratère Volcanique
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Chapitre 25 – Le Cratère Volcanique

De l’obscurité surgit la voix de Shunzi :

― Mon peuple adore cet insecte comme s’il était un dieu car il peut vivre très longtemps. Après la mort d’un individu, son corps attire de nombreux congénères. Soyez donc particulièrement prudents en marchant, ne marchez sur aucun d’entre eux. Non seulement l’écraser serait répugnant, mais cela pourrait également causer notre mort.

Il alluma ensuite sa lampe de poche et la mer d’étoiles vertes disparut immédiatement dans l’obscurité.

Nous continuâmes à grimper aussi calmement et lentement que possible. Lorsque nous traversâmes la zone des sources chaudes, les mille-pattes se firent de plus en plus rares, jusqu’à disparaître complètement. Une fois que nous n’eûmes plus à craindre de marcher dessus, nous reprîmes de la vitesse, toutefois l’obscurité au-dessus de nous semblait toujours illimitée. Notre voyage s’étirait sans qu’une quelconque fin ne soit visible.

Le Gros demanda en grimpant :

― Grand-père Chen, laissez-moi vous demander quelque chose. Quel est ce cercueil porté par neuf dragons dont vous avez parlé à la gare et dont je ne vous ai pas entendu parler depuis ?

Chen Pi s’arrêta et le regarda. Puis il regarda le moine Hua qui expliqua :

― Nous ne savons pas non plus ce que c’est. Toutes les informations dont nous disposons proviennent du poisson de bronze. Il pourrait s’agir d’une forme de sépulture oubliée depuis longtemps. Le texte original semble dire que le cercueil de l’empereur Wannu était porté par neuf dragons qui gardaient son corps afin que personne ne puisse s’en approcher. Mais le dialecte jurchen est devenu si obscur que je ne sais pas si ma traduction est vraiment exacte.

― Peut-être s’agit-il d’une métaphore et de quelque chose comme neuf dragons gravés au fond du cercueil, dit Le Gros, s’il y avait vraiment un dragon, nous pourrions faire fortune. Nous pourrions l’attraper, le ramener et le mettre dans le Palais Impérial. Je vous garantis qu’il y aurait une foule énorme. Rien que la vente des billets nous rapporterait plusieurs millions.

― Tu ne penses qu’à l’argent, raillai-je, seul un roi des singes peut vraiment attraper un dragon et je n’ai jamais vu un roi des singes avec un corps aussi gros que le tien.

Outré, Le Gros s’écria :

― Et alors quoi si je suis gros ? Je me fie à ma graisse partout où je vais. Je secoue un peu mon corps et les situations changent en une fraction de seconde. Quand je tremble, la terre bouge… oh merde !

Une rafale de vent s’abattit sur la falaise et faillit faire basculer Le Gros dans le vide. Je l’attrapai rapidement et le ramenai à l’abri. En regardant devant moi, je vis que les marches s’arrêtaient. Avions-nous atteint le monde extérieur ? Dans le noir absolu qui nous entourait, il était impossible de le savoir.

En silence, nous nous regroupâmes sur le bord des marches. Le moine Hua alluma une fusée éclairante, mais nous ne pouvions rien voir. Il lança la fusée sur le côté de la falaise et nous la regardâmes tomber tout droit, devenant de plus en plus petite, jusqu’à ce qu’elle touche le sol et ne devienne qu’une minuscule étincelle de lumière.

― Allumez une plus grande fusée, ordonna Chen Pi.

Hua obéit et, comme une étoile filante, la fusée décrivit un long arc de cercle sur une distance d’environ 165 mètres avant d’entamer sa descente. Une sphère de flammes blanches éblouissantes remplit l’air et illumina les ténèbres devant nous. Il y avait un gigantesque cratère volcanique d’au moins un kilomètre de diamètre, ressemblant à un énorme bol de pierre fait de basalte gris. Il était rempli d’une forêt d’arbres morts.

― Putain de merde, qu’est-ce que c’est ? hurla Le Gros.

Le moine envoya encore deux fusées. Sous leur feu, nous pouvions apercevoir au milieu des arbres un grand nombre de bâtiments magnifiques, comme une immense forteresse noire. Était-ce là notre destination, le tombeau que nous cherchions ? Le Palais dans les Nuages avait-il été construit au milieu d’un volcan ?

L’échelle de ces bâtiments était énorme, au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer. Si ces bâtiments en contrebas étaient bien le palais, ils avaient la taille du mausolée de l’empereur Qin.

D’après les images que nous avions trouvées dans le tombeau sous-marin, le véritable Palais dans les Nuages devait se trouver au-dessus de nos têtes, pourtant, après l’avalanche que nous avions vue sur ces peintures, le sanctuaire spirituel s’était peut-être effondré dans ce cratère.

Les fusées perdirent en intensité et s’éteignirent. Une fois de plus, nous nous retrouvâmes dans l’obscurité, avec pour seul éclairage nos faibles lampes de poche. Tous nos visages, à l’exception de celui de Shunzi, étaient empreints de l’avidité et de l’excitation que ressentaient tous les pilleurs de tombes lorsqu’ils étaient confrontés aux richesses des défunts :

― Laissez tout ce dont nous n’aurons pas besoin et préparez les cordes. Nous allons voyager léger, dit Chen Pi à Hua.

Nous triâmes notre matériel et laissâmes la plupart de nos affaires sur les marches. Mettant nos masques à gaz, nous entamâmes notre descente vers le fond du cratère, utilisant nos cordes d’escalade pour gravir les parois de la falaise pas à pas.

Une odeur étrange s’élevait de la forêt morte en contrebas, si forte qu’elle pénétrait nos masques à gaz. Alors que nous atteignons le fond, Grande-Gueule nous prévint :

― C’est un puits de la mort. Nous devons nous dépêcher ou nous mourrons par manque d’oxygène. J’en ai entendu parler quand j’étais soldat, même les oiseaux ne peuvent pas survoler ce genre d’endroit sans plonger vers la mort. C’est le gaz toxique du soufre du volcan qui fait ça.

Le moine Hua alluma une petite torche qui révéla un chemin de pierre pavé d’ardoise, assez large pour que deux voitures puissent l’emprunter côte à côte. C’était l’allée sainte du mausolée, qui nous conduirait jusqu’à l’entrée principale du tombeau. Nous apercevions vaguement une ombre noire géante au bout de l’allée.

― Où allons-nous maintenant ? demanda Hua.

― Le long de la Voie sacrée. Nous y réfléchirons plus longuement après être entrés dans le mausolée, répondit Chen Pi.

Passant devant plusieurs arbres tombés qui jonchaient le Chemin, nous arrivâmes bientôt à une haute porte de pierre. C’était la Porte du Ciel, le premier portail d’un tombeau impérial. Après l’avoir franchie, nous savions que nous verrions de nombreuses sculptures de part et d’autre de l’allée sainte.

Dès le franchissement de la Porte du Ciel, Chen Pi nous mit en garde :

― N’oubliez pas de marcher à reculons lorsque nous partirons d’ici. Ne tombez pas dans le piège de la Porte de la Décapitation.

J’avais lu cela dans le journal de mon grand-père. La Porte du Ciel avait une fonction sinistre. C’était là que l’équipe funéraire et les porteurs de cercueils avaient été tués. Après que le cercueil fut placé dans le mausolée et que toutes les cérémonies requises furent accomplies, tous ceux qui sortirent par cette porte eurent la tête tranchée. Ainsi, quiconque entrait comme nous venions de le faire devait sortir en marchant à reculons, afin d’éviter la lame d’exécution.

De l’autre côté de la Porte, nous vîmes des statues de pierre représentant des hommes et des chevaux tous les cinq mètres de part et d’autre du Chemin Sacré. Dans notre hâte, nous fonçâmes sans leur accorder plus d’un regard, sachant qu’elles étaient trop lourdes pour être emportées avec nous.

Alors que nous avancions en courant, Le Gros s’arrêta d’un seul coup ; je le percutai et l’entraînai presque dans ma chute :

― Qu’est-ce que tu fabriques, Gros-lard ? bafouillai-je.

― On dirait qu’il y a quelqu’un sur le bord du chemin, chuchota-t-il. Les gars en tête firent demi-tour en nous voyant arrêtés.

― Qu’est-ce qu’il y a ? s’écria Grande-Gueule.

Le Gros leur raconta ce qu’il avait vu. D’un air dubitatif, Grande-Gueule dit :

― Ce n’est sans doute qu’une statue. Tu as encore des visions ?

Le Gros secoua la tête :

― Ca a brillé devant moi alors que je passais en courant. On aurait dit une femme, mais je ne peux pas en être sûr. Je courais trop vite pour bien voir.

Nous pointâmes nos lampes vers les six ou sept statues qui se trouvaient derrière nous. Aucune ne ressemblait à une femme.

― Monsieur, devrions-nous revenir en arrière et jeter un coup d’œil ? C’est peut-être la femme de l’autre expédition, dit le moine.

― Il parle de Ning, dis-je, mais comment est-ce possible ? Son groupe arrivait par l’entrée principale du Palais dans les Nuages, ils devraient être en train de creuser un tunnel de pilleurs au-dessus de nos têtes en ce moment même. Il est impossible qu’ils nous aient rattrapés.

― Ce n’était certainement pas elle, grommela Le Gros, je reconnaîtrai cette salope d’un seul coup d’œil.

― Toi et les autres, continuez à avancer, ordonna Chen Pi. Il tapota l’épaule de Shunzi :

― Vous venez avec moi et vous serez mes yeux.



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