En 2009, le prix des villas dans le quartier de Fuhua atteignait déjà plus de 2 600 euros le mètre carré.
La villa de la famille Wang Teng faisait 800 mètres carrés. À l’époque, son acquisition avait coûté plus de 2 millions d’euros, et après les travaux de rénovation, l’investissement total dépassait les 2,6 millions d’euros.
En entrant dans la maison, il fut accueilli par un hall spacieux.
Deux domestiques étaient en train de faire le ménage.
Dans la cuisine, sa mère, Li Xiumei, préparait le repas.
Issue d’une famille d’érudits, elle avait été une étudiante brillante et reconnue à l’université, mais cela ne l’empêchait pas de s’impliquer dans les tâches domestiques. Bien au contraire, elle excellait en cuisine, et les plats qu’elle préparait faisaient l’unanimité auprès de son mari et de son fils.
C’est pourquoi, chaque jour, elle préparait elle-même les repas, attendant patiemment que son mari et son fils rentrent pour dîner ensemble.
Wang Teng resta un instant immobile à l’entrée de la cuisine, observant la silhouette occupée de sa mère et humant l’odeur familière des plats qui mijotaient.
Il ouvrit la bouche, hésita, puis finit par parler après un long silence.
“Maman, je suis rentré.”
“Ah, te voilà !”
Li Xiumei se retourna en souriant.
“Attends un peu, ton père ne devrait plus tarder. On mangera ensemble quand il sera là.”
“D’accord ! Je vais me laver le visage.”
Sans attendre, Wang Teng monta précipitamment à l’étage et se réfugia dans la salle de bain.
“Ce garçon… Que lui arrive-t-il aujourd’hui ?” murmura sa mère en secouant la tête.
Dans la salle de bain, Wang Teng ouvrit le robinet, laissant l’eau froide couler sur son visage.
Il était de retour.
Il n’aurait jamais imaginé avoir une seconde chance de revenir dans cette maison après dix ans.
Dans sa vie passée, après la chute de la famille Wang, son père, Wang Shenguo, avait été piégé et assassiné. Peu de temps après, sa mère, Li Xiumei, avait sombré dans la tristesse et fini par s’éteindre de chagrin.
Wang Teng releva la tête et passa une main sur son visage. En voyant son propre reflet dans le miroir, il s’aperçut que ses yeux étaient légèrement rouges.
Dix ans… Tant de choses avaient changé au court de ces dix dernières années.
Il n’était plus l’homme qu’il avait été.
Dans sa vie précédente, son cœur s’était endurci, forgé par la souffrance et les épreuves. Mais au fond de lui, il restait encore des fragments de douceur, des émotions qu’il avait simplement refusé d’affronter jusqu’à maintenant.
Inspirant profondément, il sécha son visage, quitta la salle de bain et ouvrit la porte de sa chambre.
L’intérieur lui était familier. Rien n’avait changé.
Les posters de joueurs de la NBA étaient toujours accrochés aux murs. Les étagères croulaient sous les CD de musique et les romans. Son bureau était placé près de la fenêtre, non loin du lit, et un ordinateur y était posé.
Le modèle semblait neuf, un MacBook argenté à la finition élégante et au design fin.
Encore un détail qui ne correspondait pas à la réalité de 2009.
Son regard se posa sur l’ordinateur, et un souvenir lui traversa l’esprit.
Il fouilla dans son sac et en sortit un téléphone.
Un iPhone 8.
Un modèle qui n’existait absolument pas en 2009.
Wang Teng s’y était préparé et resta impassible en entrant son mot de passe.
Heureusement, il n’avait jamais changé de code en dix ans, une vieille habitude qui s’avérait bien utile aujourd’hui.
Il parcourut les applications installées : Meituan, Ele.me, WeChat, Douyin…
Toutes ces applications étaient apparues bien plus tard. En 2009, elles n’existaient même pas encore.
Il se souvint alors de ses ambitions initiales en découvrant sa réincarnation. Il avait imaginé pouvoir exploiter ses souvenirs du futur, devenir un entrepreneur visionnaire, forcer Jack Ma et Pony Ma à lui rendre hommage…
Mais tout cela était désormais hors de portée.
Il soupira, posa son téléphone et alluma son ordinateur.
Il devait en avoir le cœur net.
Si la technologie avait tant évolué, il était impossible qu’Internet soit resté figé en 2009.
L’un n’allait pas sans l’autre.
Une fois l’ordinateur allumé, il fut immédiatement surpris.
Le système d’exploitation n’était pas Windows 10, mais la onzième version.
Ce monde n’était pas une copie conforme de 2019. Il y avait des différences.
Il lui fallut quelques instants pour s’adapter.
Il ouvrit son navigateur et tapa “disciple martial” dans la barre de recherche.
Les résultats s’affichèrent en masse.
Une heure plus tard, Wang Teng referma le navigateur et s’adossa à sa chaise, sous le choc.
Il y a trente ans, des fissures spatio-temporelles étaient apparues dans le monde entier, reliant la Terre à un autre univers : le Continent Xingwu.
Un monde où l’Énergie Originelle existait, permettant à tous de devenir des guerriers martiaux.
Ces guerriers possédaient une puissance inimaginable.
Les plus faibles pouvaient briser des rochers à mains nues et trancher l’eau d’un coup de lame. Les plus forts pouvaient raser des montagnes et bouleverser les mers.
C’était… complètement absurde.
Les scientifiques terrestres avaient étudié cette mystérieuse “Énergie Originelle” et étaient arrivés à la conclusion qu’il s’agissait probablement d’une forme exploitable de matière noire.
Mais pourquoi les êtres vivants du Continent Xingwu pouvaient-ils absorber cette énergie et évoluer, alors que les humains et les animaux terrestres en étaient incapables ?
Personne ne le savait.
Puis, avec l’apparition des fissures, la Terre elle-même sembla se transformer.
Les plantes devinrent plus grandes et luxuriantes. Certaines espèces disparues refirent surface. Les animaux grandirent, leurs caractéristiques physiques se renforcèrent : griffes plus acérées, crocs plus robustes, carapaces plus résistantes.
Pire encore, certains animaux développèrent des mutations et acquirent des pouvoirs élémentaires liés au feu, à l’eau, au vent ou à la terre.
Quant aux humains, ils ne furent pas épargnés par cette évolution.
Leur vitesse augmenta, leur endurance se renforça, leur espérance de vie s’allongea.
Même ceux qui avaient soixante-dix ou quatre-vingts ans à l’époque vivaient encore en parfaite santé, affichant une vitalité comparable à celle de personnes de cinquante ans.
L’humanité entière fut plongée dans la stupeur.
Les nations du monde entier mirent de côté leurs conflits et organisèrent une conférence internationale.
Une décision fut prise : envoyer des équipes d’exploration à travers les fissures spatio-temporelles.
Après avoir confirmé l’absence de danger immédiat, des soldats et des scientifiques furent déployés sur le Continent Xingwu.
Ils furent appelés les Pionniers.
Au lieu d’envahir par la force, ils adoptèrent le “principe de coexistence pacifique” et instaurèrent des relations diplomatiques avec les habitants du Continent Xingwu.
Les échanges commerciaux et culturels s’intensifièrent rapidement.
Puis, un jour, les Pionniers ramenèrent sur Terre les techniques de cultivation martiale.
Après des recherches approfondies, il fut confirmé que les humains vivant sur terre pouvaient également pratiquer ces techniques et cultiver l’Énergie Originelle.
Ainsi débuta l’Ère des Arts Martiaux.
L’histoire avait pris un tournant irréversible.
À noter, c’est un point clé du programme du lycée, cela tombera sûrement à l’examen.
(NDT : à lire comme une page d’un manuel)
La plus grande force de l’humanité résidait dans son intelligence. Grâce à la cultivation, les humains progressèrent à une vitesse fulgurante. En l’espace de quelques années, d’innombrables guerriers martiaux d’exception émergèrent à travers le monde.
Certains rejoignirent les forces armées, d’autres furent intégrés aux gouvernements. Beaucoup furent recrutés par les grandes familles et conglomérats, formant ainsi des alliances puissantes. Enfin, certains guerriers refusèrent d’être liés à une quelconque organisation et fondèrent des dojos de cultivation, offrant aux citoyens ordinaires un moyen d’apprendre les arts martiaux.
C’est précisément grâce à ces guerriers martiaux que les puissantes bêtes mutantes furent repoussées aux abords des villes, empêchant ainsi la civilisation de sombrer sous leur menace.
Cependant, devenir un guerrier martial restait une voie exigeante, réservée aux individus dotés d’un certain talent. Ce n’était pas un domaine accessible à tous.
Pour atteindre le rang de guerrier officiel, il fallait d’abord endurcir son corps et établir des bases solides.
Ce stade préparatoire était connu sous le nom de disciple martial.
Une base solide était indispensable pour pouvoir absorber l’Énergie Originelle et la stocker dans le corps, devenant ainsi un véritable guerrier martial.
Si l’Énergie Originelle pouvait être comparée à de l’eau, alors le corps humain en serait le récipient. Le processus d’absorption revenait à remplir ce récipient. Plus celui-ci était large, robuste et stable, plus il pouvait contenir d’énergie.
En résumé, tel était le principe fondamental de la cultivation martiale.
Les disciples martiaux étaient classés en trois niveaux selon leur force physique, leur vitesse et leurs capacités générales :
Disciple martial débutant
Disciple martial intermédiaire
Disciple martial avancé
(NDT : fin du manuel)
La jeune fille qu’il avait croisée devant le lycée, He Manrong, était une disciple martiale avancée, à un pas seulement du statut de guerrier officiel.
Mais ce pas était un obstacle que bien peu parvenaient à franchir.
Il existait une différence fondamentale entre ceux qui avaient absorbé l’Énergie Originelle et ceux qui ne l’avaient pas fait.
Un guerrier martial officiel, maîtrisant l’Énergie Originelle, pouvait sans effort écraser dix disciples martiaux avancés.
La transition entre ces deux stades semblait infime, mais en réalité, c’était un gouffre infranchissable pour la majorité des pratiquants.
De plus, les arts martiaux nécessitaient d’importantes ressources.
“Les arts martiaux sont le privilège des riches.”
L’entraînement exigeait des ressources rares et coûteuses. Les familles modestes étaient désavantagées dès le départ et peinaient à suivre le rythme des clans influents.
En fin de compte, malgré une population massive, les véritables guerriers martiaux restaient une minorité. La plupart des gens n’étaient, au mieux, que légèrement plus forts que la moyenne.
Mais cela n’empêcha pas les guerriers martiaux de devenir la norme.
Leur rareté et leur importance ne firent que renforcer leur statut privilégié et leur position dominante dans la société.